Ce n’est pas la force mais la persévérance qui fait les grandes œuvres

18 avril 2009

Temps de lecture : 6 minutes

Lille – 18/04/09 – Discours de Annick Martin

Notre courant poli­tique est arrivé à la croisée des chemins : un cycle se ter­mine, celui du lep­énisme et c’est à nous qu’il appar­tient désor­mais de déter­min­er l’avenir de ce que j’ap­pelle par com­mod­ité de lan­gage « la famille nationale ».

Notre réu­nion aujour­d’hui, à Lille, est la preuve qu’une volon­té émerge de toutes parts pour trans­former cette famille nationale émi­et­tée et dis­per­sée en une véri­ta­ble force d’avenir. Et je suis à la fois fière et heureuse au nom du MNR que j’ai l’hon­neur de représen­ter, de par­ticiper à ce que je crois être la nais­sance d’un grand pôle national.

Mais avant de crier vic­toire, je veux rap­pel­er quelque chose de fon­da­men­tal. Un rassem­ble­ment, une alliance, un regroupe­ment, appelons cela comme on veut, cela ne se décrète pas d’en haut, en imposant tel ou tel cadre, selon des négo­ci­a­tions menées par les seuls dirigeants, loin des mil­i­tants et du ter­rain. Non. Le vrai rassem­ble­ment se fait par la base, par la volon­té des mil­i­tants, par la con­fi­ance acquise ou retrou­vée dans le tra­vail en com­mun, sur le ter­rain, face aux difficultés.

Agir ensem­ble, agir groupés, tra­vailler à des objec­tifs com­muns, c’est ain­si que nous allons con­stru­ire ce pôle nation­al solide et effi­cace. Et je dis bien con­stru­ire et non recon­stru­ire. Il ne s’ag­it pas en effet de recon­stituer un FN bis, ni dans le fonc­tion­nement, ni dans la tac­tique, ni dans les dérives programmatiques.

Con­stru­ire une nou­velle force poli­tique nationale ? Les scep­tiques me diront que ce n’est pas pos­si­ble, que les for­ma­tions en présence sont éparpil­lées, trop nom­breuses et trop var­iées : le MNR, le Par­ti de la France, la NDP, le Front région­al de PACA, les iden­ti­taires, les amis de Jacques Bom­pard, les clubs de réflex­ion… je suis per­suadée au con­traire que la mul­ti­pli­ca­tion des courants et des for­ma­tions n’est pas un obsta­cle majeur à la créa­tion d’une vraie force et que face à nos adver­saires, plus nous serons nom­breux, plus nous serons puissants.

Nous pou­vons faire de cette var­iété un atout for­mi­da­ble qui nous per­me­t­tra de coller à la réal­ité soci­ologique ou régionale. Mais pour cela nous devons tra­vailler ensem­ble en com­plé­men­tar­ité et non en rivalité.

Je suis con­fi­ante, il n’y aura pas de cacoph­o­nie car en ce qui con­cerne les con­vic­tions qui nous ani­ment, je n’ai aucun doute !

Je sais que nous avons tous à coeur de défendre notre peu­ple, même s’il nous déçoit par­fois, de faire reculer le mon­di­al­isme et son cortège de con­séquences néfastes : immi­gra­tion, islami­sa­tion, délo­cal­i­sa­tions, désin­dus­tri­al­i­sa­tion, chô­mage, perte de notre iden­tité et recul de nos valeurs. Je n’ai aucune inquié­tude à cet égard. Et les élec­tions européennes vont prou­ver que nous sommes capa­bles de tra­vailler main dans la main.

Oui, ces élec­tions européennes sont cap­i­tales, cer­taine­ment pas par leurs résul­tats, puisque nous savons déjà que les Français écoeurés par le traité de Lis­bonne imposé par Sarkozy alors qu’ils avaient dit NON au TCE, vont boy­cotter ce scrutin ; mais elles sont cap­i­tales parce qu’elles vont être pour nous l’oc­ca­sion de tester notre capac­ité à tra­vailler ensem­ble sur un objec­tif pré­cis, dans un esprit de cama­raderie et d’entraide.

Je sais que nous sommes capa­bles de le faire dans le respect de la diver­sité et de l’i­den­tité de cha­cun. Nous sommes capa­bles aus­si, pour la France, pour les valeurs que nous défendons, de faire taire les rancœurs et les déceptions.

Ici, dans la cir­con­scrip­tion du grand Nord-Ouest, notre tête de liste est Carl Lang. Nous avons con­fi­ance en l’homme, nous avons con­fi­ance en ses con­vic­tions. Déjà les cadres du MNR du NPC ont com­mencé à tra­vailler avec les cadres du Par­ti de la France pour coor­don­ner nos efforts, sans ostracisme. C’est en don­nant l’ex­em­ple que nous ver­rons venir à nous d’autres for­ma­tions. Au moment où le mon­di­al­isme induit une crise sans précé­dent et que l’on nous pro­pose pour remède encore plus de mon­di­al­isme, per­son­ne ne reste indif­férent. Tous ceux qui avaient posé le sac ou qui étaient restés en marge se réin­ve­stiront si nous sommes capa­bles de pro­pos­er une voie nou­velle et auda­cieuse, si nous sommes capa­bles de rompre non seule­ment avec le sys­tème mon­di­al­iste mais aus­si, et peut-être est-ce le plus dif­fi­cile, avec des habi­tudes passéistes. Il faut tra­vailler en per­ma­nence à la mise à jour de nos propo­si­tions. (Rap­pelons-nous du con­cept de « préférence nationale » dévelop­pé par Jean-Yves Le Gal­lou, qui est devenu obsolète du fait du nou­veau code de la nation­al­ité). C’est pourquoi le MNR n’a jamais cessé le tra­vail poli­tique et à l’heure de la com­mu­ni­ca­tion , sans chang­er notre ligne fon­da­men­tale, il faut savoir faire des propo­si­tions inno­vantes et adap­tées à l’évo­lu­tion du con­texte social, nation­al et européen.

Ain­si, tout dernière­ment, nous avons pro­posé une véri­ta­ble révo­lu­tion sociale con­sis­tant à abolir les charges sur les salaires et à les rem­plac­er par une taxe sur le CA. D’un coup on reval­orise le pou­voir d’achat de 15 à 20% et on soulage les entre­pris­es qui emploient, en tax­ant au pas­sage les pro­duits d’im­por­ta­tion. C’est un exemple…

À chaque scrutin, notre mou­ve­ment s’est effor­cé de revoir et de rénover son pro­gramme lorsque cela était nécessaire.
Ain­si, en ce qui con­cerne l’Eu­rope, nous ne nous sommes pas con­tentés de cri­ti­quer, avec plus d’un Français sur deux, l’Eu­rope de Brux­elles. Nous avons con­stru­it un pro­jet européen, fait des propo­si­tions précises.

Le MNR est favor­able à l’ex­is­tence d’une Europe qui ne soit ni une case­mate, ni un hall de gare, mais la mai­son com­mune des peu­ples européens. Dans un monde mul­ti­po­laire en guerre économique, voire en guerre armée, une Europe européenne, indépen­dante et puis­sante est non seule­ment néces­saire, mais indispensable.

Une Europe européenne, cha­cun com­prend ce que cela sig­ni­fie : une Europe fondée sur une civil­i­sa­tion européenne aux racines gre­co-romaines et chré­ti­ennes, dans un ter­ri­toire européen.
À ce titre, il n’est pas ques­tion d’ad­met­tre la Turquie. Comme il n’est pas ques­tion de con­tin­uer à admet­tre des flux inin­ter­rom­pus d’im­mi­grés extra-européens. (Et je pour­rais repren­dre les pro­pos d’Aimé Césaire qui a util­isé l’ex­pres­sion  » géno­cide par sub­sti­tu­tion  » pour un phénomène iden­tique dont, selon lui, étaient vic­times les Antillais…).

Nous savons tous à quel point l’i­den­tité européenne est en dan­ger et en France tout par­ti­c­ulière­ment, où Sarkozy a choisi comme nou­veau Min­istre de l’im­mi­gra­tion et de l’i­den­tité, le social­iste Besson, et, comme con­seiller Attali qui a remis à l’or­dre du jour les pré­con­i­sa­tions de l’ONU con­cer­nant l’im­mi­gra­tion africaine en Europe.

Jusqu’aux Le Pen qui sont allés faire la  » retape  » auprès des immi­grés d’Ar­gen­teuil désignés comme  » branch­es de l’ar­bre France « …
Quant au prob­lème de l’en­trée de la Turquie dans l’Eu­rope, Sarkozy tient un dou­ble lan­gage puisqu’il ne s’est pas opposé à l’ou­ver­ture de nou­veaux chapitres de négo­ci­a­tions en vue de l’en­trée de la Turquie dans l’Eu­rope alors qu’il vient nous dire qu’il a tou­jours été opposé à son adhésion.

Une Europe indépen­dante : pour nous cela entend la con­sti­tu­tion d’une alliance armée indépen­dante de l’OTAN, qui n’a plus de rai­son d’ex­is­ter depuis la dis­pari­tion du bloc sovié­tique. Out­re l’indépen­dance mil­i­taire, l’Eu­rope doit être indépen­dante moné­taire­ment et l’Eu­ro doit devenir une mon­naie de change et de réserve, les con­trats d’ex­por­ta­tion doivent être négo­ciés en euros et non en dol­lar. L’Eu­rope doit s’af­franchir de la main-mise américaine.

Enfin, une Europe puis­sante, cela implique que les aya­tol­lahs de la Com­mis­sion européenne cessent de tir­er con­tre l’Eu­rope au nom de la lutte con­tre les pra­tiques anti­con­cur­ren­tielles que nous sommes les seuls au monde à appli­quer avec une telle rigueur. Une Europe puis­sante doit met­tre en œuvre une véri­ta­ble préférence européenne et par con­séquent un sys­tème d’é­clus­es douanières aux fron­tières et non le libre-échange total prévu par le traité de Lis­bonne (pour rap­pel, le MNR pré­conise la créa­tion de tax­es anti-dump­ing fis­cal, social, envi­ron­nemen­tal et d’une taxe énergé­tique en fonc­tion de l’éloigne­ment du lieu de production).

De grands pro­jets indus­triels européens doivent être mis sur pied, par­al­lèle­ment à des pro­grammes de recherche sci­en­tifique à l’éch­e­lon du continent.

Je vous ai présen­té les grandes lignes de notre pro­jet car il est d’ac­tu­al­ité, mais c’est à Carl Lang de nous par­ler des enjeux de l’élec­tion européenne de juin et des propo­si­tions que nous allons soutenir à cette occa­sion. Je ne m’é­tendrai donc pas sur ce sujet.

Pour con­clure, j’ai souhaité, en quelques mots, vous rap­pel­er que tous ici, avons de l’ex­péri­ence et des com­pé­tences. Nous for­mons des équipes courageuses et volon­taires et dans ce rap­proche­ment des dif­férentes com­posantes de la famille nationale cha­cun trou­vera sa place, selon ses affinités et sans renon­cer à son identité.

C’est pour moi une des prin­ci­pales clés du succès.

Par ailleurs, nous avons une occa­sion his­torique unique : dans ce con­texte de crise du mon­di­al­isme, les deman­des des Français sont de plus en plus pres­santes et il est impos­si­ble au gou­verne­ment de les sat­is­faire, du fait même de la mon­di­al­i­sa­tion. Nos com­pa­tri­otes com­men­cent à se pos­er des ques­tions sur le bien-fondé de telle ou telle poli­tique d’im­mi­gra­tion ou de san­té, pour ne citer que ces exem­ples. Jusqu’à présent on a réus­si à détourn­er leur atten­tion sur les para­chutes dorés des patrons, des faits divers sor­dides ou les nou­velles plaques d’im­ma­tric­u­la­tion ! Mais on ne pour­ra pas indéfin­i­ment mas­quer les problèmes.

Nous devons donc être prêts et pro­pos­er un pro­jet poli­tique glob­al, ten­ant compte de la sit­u­a­tion de crise inter­na­tionale, à brève échéance.

Le MNR a un rôle cap­i­tal à jouer dans cette refon­da­tion : il l’as­sumera avec loy­auté et détermination.

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