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PROGRAMME
Pour que vive la France
Les propositions : la France à nouveau
Chapitre 3 : LA SOUVERAINETE C'EST LA VIE

La France, parce qu'elle est une ancienne nation habituée aux rôles de premier plan, ne peut vivre sans la souveraineté. Son génie l'a poussée de tout temps à intervenir dans le monde et à peser sur son destin. À chaque époque, elle s'est trouvée au cœur des grands événements qui ont façonné l'Europe et le monde, parfois en situation dominante, parfois en position défensive, mais toujours en tant qu'acteur privilégié sur la scène de l'histoire. Aujourd'hui, pour rester fidèle à elle-même, il lui faut de nouveau pouvoir agir librement.
Car sans souveraineté, il n'y a pas de liberté pour un peuple. La souveraineté c'est la capacité d'une nation à jouir de son libre arbitre, à décider elle-même de son avenir, à choisir en toute autonomie sa politique, ses amis et ses ennemis. S'il n'est plus souverain, un peuple ne peut plus que subir ce que d'autres décident à sa place.

Exister à l'échelle de la planète

Aussi, la France doit-elle à nouveau chercher à faire prévaloir ses vues. Elle ne peut pas se recroqueviller frileusement à l'intérieur de ses frontières. En tant que grande nation, elle ne peut se contenter de développer en son sein un modèle propre d'organisation sociale, elle doit aussi disposer d'assez d'énergie et de prestige pour le faire accepter par d'autres. La France doit donc respirer l'air du grand large et se porter au-delà de l'horizon. Elle ne doit pas oublier qu'elle demeure une grande puissance, sans doute parmi les huit premières du monde et qu'elle n'a pas vocation à jouer un rôle mineur. Il lui faut donc une politique étrangère pour exister à l'échelle de la planète.
Aujourd'hui, hélas, notre pays semble avoir renoncé à la souveraineté et sa présence dans le monde n'est plus que fantomatique ou symbolique. Avec les dirigeants de la classe politique, elle a cessé d'être un acteur pour n'être plus qu'un figurant sur la scène internationale. Comme chaussés de bottes trop grandes pour eux, ceux-ci, sans doute embarrassés par le passé éclatant de la France, se révèlent incapables de prendre les initiatives qui lui permettraient d'influer sur le monde. Jouets et non plus maîtres des événements, ils se livrent à des gesticulations médiatiques et diplomatiques, mais ils ne pèsent plus, ils n'agissent plus, ils n'existent plus.

S'adapter au monde multipolaire

Il est vrai que les bouleversements internationaux depuis la disparition de l'Union soviétique semblent donner l'impression à certains que les nations seraient en train de sortir de l'histoire. En tout cas, les pays européens sont maintenant confrontés à l'émergence de grands blocs de puissance. Déjà, on le voit, la Chine fait son entrée en force sur la scène mondiale. Grâce à sa main-d'œuvre industrieuse et à ses prix de revient dérisoires, elle cherche à acquérir une forme de monopole de la fabrication des produits manufacturés au point qu'on l'appelle déjà l'usine du monde. Et ce qui est vrai pour la Chine l'est aussi pour l'Inde. Ce grand pays n'est pas constitué, comme on nous le décrit trop souvent, d'une multitude de miséreux. Certes, il connaît encore beaucoup de pauvreté, mais il possède une immense classe moyenne très productive et des élites capables d'en remontrer dans bien des domaines aux Occidentaux. Cette aptitude nouvelle au développement et à la compétition propre à la Chine et à l'Inde se retrouve également, dans une moindre mesure, sur le continent sud-américain et dans le monde islamique.
En réalité, la scène internationale change de structure. N'étant plus organisée par l'antagonisme Est-Ouest et l'affrontement idéologique entre le capitalisme et le communisme, la planète a cessé d'être bipolaire et tend à devenir multipolaire.

Attention au choc des civilisations

La période qui s'ouvre sera donc celle d'un monde organisé en plusieurs pôles, chacun d'entre eux correspondant peu ou prou à l'une des grandes civilisations de notre planète. On peut ainsi parler de la civilisation chinoise, de celle du Japon, mais aussi, malgré sa diversité interne, de la civilisation indienne. Il y a également, bien que plus difficile à délimiter sur le plan géographique, la civilisation musulmane, que certains réduisent à l'ensemble arabo-irano-turc. Il faut d'autre part citer deux entités aux caractéristiques moins évidentes, mais implantées chacune sur un continent à l'identité très marquée, l'Amérique latine et l'Afrique. Enfin, il reste l'Occident, composé d'une civilisation nord-américaine et d'une civilisation européenne, que certains subdivisent encore en distinguant l'Europe occidentale de la Russie. Dans ce contexte, les conflits, loin de disparaître, vont changer de nature et prendre la forme d'antagonismes entre grands blocs. Le monde multipolaire débouche sur le choc des civilisations. Un choc qui n'est pas nécessairement violent mais qui s'exprime déjà par des rivalités économiques, culturelles et politiques.
Cette évolution, qui n'est pas en soi négative et qui pourrait même se révéler bénéfique et riche de possibilités pour l'avenir, se trouve aujourd'hui obérée voire occultée par l'idéologie mondialiste.

Non au mondialisme

Pour certains, en effet, la terre serait engagée sur la voie d'une unification inéluctable. Une unification qui serait bénéfique et salutaire pour l'humanité. La planète serait devenue un village. Les frontières entre les nations seraient donc amenées à disparaître, les barrières qui séparent les peuples destinées à s'effondrer. Les échanges devraient donc se multiplier, les mélanges de population, de culture et d'idées se généraliser. Et ce grand brassage servirait la paix et l'harmonie. Rien cependant n'est moins sûr. Car la doctrine mondialiste mélange l'observation de faits incontestables avec la propagation d'opinions subjectives. La mondialisation, qui correspond au rapetissement de la terre, lié au perfectionnement des moyens de transport et de télécommunication, constitue bien une réalité que personne ne peut nier. Mais rien ne permet d'en conclure que ce processus serait naturellement bénéfique et qu'il faudrait dès lors le développer dans toutes ses conséquences, sans retenue ni précaution. Le MNR considère donc que la politique étrangère de la France ne doit pas se fonder sur les présupposés idéologiques du mondialisme. Elle doit s'appuyer sur d'autres principes.

L'intérêt national d'abord

À cet égard, le Mouvement national républicain entend fonder l'action internationale de la France sur trois principes essentiels dont le plus important est la référence à l'intérêt national. Dans le monde complexe de ce début du XXIe siècle, la politique extérieure doit être déterminée en toute circonstance par la réponse à une question simple : est-ce bon pour la France? Et si ça n'est pas mauvais pour elle, est-ce bon pour l'Europe ? Seul ce qui lui est bénéfique doit être entrepris, tout ce qui lui est néfaste, écarté. Comme en politique intérieure, tel est donc le critère qui, selon nous, doit guider les gouvernants. Un principe qui peut sembler sommaire et dont c'est pourtant la simplicité qui fait la force et l'efficacité.
"La grande politique n'est que le bon sens appliqué aux grandes choses", disait Napoléon. Rien n'est plus vrai s'agissant des relations internationales.

L'indépendance pour la France

Et, dans ce domaine, le MNR veut fixer comme objectif essentiel à notre pays la poursuite de l'indépendance nationale et européenne, principe trop souvent oublié ou méprisé de nos jours, mais qui représente pourtant une nécessité impérieuse pour la France et l'Europe. L'indépendance constitue pour un peuple le bien le plus précieux. C'est elle qui lui assure son autonomie et sa sécurité. C'est grâce à elle qu'il est en mesure de choisir son destin et de prendre la route de ses intérêts. Nous voulons donc que la politique étrangère de notre pays se fixe pour première mission d'assurer l'indépendance de la France. D'autant que cet impératif de liberté est aujourd'hui plus facile à réaliser qu'à l'époque de la guerre froide où deux superpuissances se partageaient la domination du monde. Avec la dislocation de l'URSS et l'éparpillement des conflits, la France se trouve plongée dans un univers plus mouvant et plus éclaté où elle dispose d'un poids relatif plus fort et d'une marge de manœuvre plus étendue, capables de lui conférer une plus large autonomie.
Pourtant, nombreux sont ceux pour qui l'indépendance serait désormais une notion dépassée. Ne vivons-nous pas dans un monde interdépendant où chacun dépend des autres et réciproquement? De nos jours, il est vrai, les liens entre les nations sont tellement resserrés qu'aucun pays développé ne peut vivre replié sur lui-même et coupé des autres. Certes, mais faut-il pour autant renoncer à l'indépendance? Évidemment non! Car, s'il est incontestable que l'indépendance par l'autarcie n'est plus possible, rien n'empêche cependant de la conquérir par la puissance. Telle est en tout cas la voie choisie par les grands pays, à commencer par les États-Unis qui, bien qu'en étroite liaison avec le reste du monde, conservent une totale indépendance. En effet, les liens qui existent par exemple entre la France et l'Amérique ne sont plus aujourd'hui, en réalité, que des relations de dépendance s'exerçant au profit du plus puissant. Pour le MNR, l'objectif d'indépendance passe donc par la puissance.

L'impératif de puissance

Cet impératif répond d'ailleurs à la réalité des relations internationales, lesquelles ne consistent pas seulement en un échange harmonieux entre les nations mais également en un affrontement entre des volontés et des intérêts antagonistes. Nous voulons donc que la France soit aussi capable de se placer en situation de supériorité quand elle le peut. Car, loin de se réduire au seul jeu des relations diplomatiques, la politique étrangère doit permettre à notre pays de relever les défis que lui lancent ses adversaires ou ses partenaires. De ce point de vue, la diplomatie n'est que l'un des moyens de la politique étrangère, laquelle doit aussi se développer dans une logique de puissance.
Avec la recherche de l'intérêt national et la préservation de l'indépendance, le renforcement de la puissance constitue la troisième condition que nous nous fixons pour assurer la souveraineté et la grandeur de notre pays. Pour satisfaire à cette triple exigence, encore faut-il que la France se dote des moyens requis par l'ampleur du projet. Et la force militaire est à cet égard pour le Mouvement national républicain une nécessité évidente et impérieuse.

Sauver l'armée française

Or, l'armée française a été délibérément démantelée par les gouvernements successifs, qu'ils soient PS-PC ou RPR-UDF, ainsi que par M. Chirac qui, bien que chef des armées, a aggravé l'affaiblissement de l'appareil militaire de la France. Sous couvert d'une professionnalisation des forces, le pouvoir a en réalité réduit massivement les crédits, diminué les effectifs, dissous d'innombrables unités, différé la plupart des programmes d'équipement, fermé de nombreux arsenaux et démobilisé l'industrie d'armement. Quant aux personnels militaires, ignorés du pouvoir, ils subissent des sujétions de plus en plus difficiles à supporter qui conduisent à une dévalorisation de leur fonction tant sur le plan de leur statut social que de leur rémunération.
Aussi, les forces conventionnelles sont-elles aujourd'hui très largement sous-entraînées, sous-équipées et sous-dimensionnées. Leur potentiel est si réduit que la France serait sans doute incapable de se mesurer seule à un pays de la taille de la Syrie ou de l'Iran. En clair, si rien ne change, la défense de notre pays ne sera bientôt plus assurée. Seule la dissuasion nucléaire, bien qu'affaiblie, permet encore de garantir la sécurité du territoire.

Faire face aux menaces

L'armée reste pourtant le garant essentiel de la survie, de la souveraineté et de la grandeur de la nation. Nous voulons donc mettre un terme à cette politique suicidaire et criminelle qui consiste à brader notre défense et, dans cette perspective, nous engagerons un effort de grande envergure pour reconstruire l'armée française.
Encore faut-il que les structures de notre outil de défense soient adaptées aux menaces. Aujourd'hui celles-ci sont plus diffuses qu'à l'époque de l'Union soviétique. Pour autant elles n'ont pas disparu et même si elles peuvent venir de partout dans le monde, elles sont aujourd'hui plus précises en provenance du sud. Certains pays d'Afrique et du Moyen-Orient représentent en effet aujourd'hui un danger potentiel pour la France et pour l'Europe, danger qui a d'ailleurs déjà trouvé sa concrétisation sous la forme du terrorisme et d'une certaine forme d'immigration. De part et d'autre de la Méditerranée, deux mondes antagonistes risquent de s'affronter un jour prochain : le dynamisme démographique et la pauvreté des pays du Sud, conjugués avec la vitalité d'un islamisme conquérant, font peser sur une Europe riche et vieillissante une menace qui pourrait prendre demain la forme d'une agression militaire.
Aussi nos forces armées doivent-elles pouvoir répondre avec efficacité à un nouveau type de menaces, moins classiques, plus floues et susceptibles de trouver leur origine au sud, voire sur notre sol ou dans d'autres parties éloignées du monde, en un mot partout où les intérêts nationaux sont en jeu. Le MNR veut donc renforcer le potentiel de notre armée en fonction de deux priorités : l'intervention extérieure et la défense du territoire.

La force d'intervention

Un renforcement et une restructuration importante des forces armées sont aujourd'hui nécessaires si l'on veut que celles-ci soient en mesure d'intervenir avec puissance et rapidité sur notre sol, sur le continent européen ou, au besoin, à des milliers de kilomètres de la métropole. À cette fin, nous voulons qu'elles puissent mettre en œuvre une véritable force d'intervention polyvalente dotée d'une puissance de feu maximale et d'un système d'information et de commandement performant. Dans sa composante terrestre, cette force devrait être particulièrement bien équipée en hélicoptères de combat, en missiles et blindés. La flotte de chasseurs et de bombardiers doit également être développée de façon significative. Et la marine ainsi que l'armée de l'air doivent être dotées de moyens de transport à grande capacité et à long rayon d'action susceptibles d'assurer de façon autonome l'acheminement de fortes unités de combat à des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres de notre territoire.
Dans le même esprit, la marine doit être équipée au plus tôt d'un deuxième porte-avions lui conférant une capacité permanente d'intervention et de présence outre-mer. Quant à l'arme nucléaire stratégique, elle doit rester selon nous le cœur de notre système de défense et, à ce titre, doit être remise à niveau et renforcée. En outre, il conviendra de développer des armes nucléaires miniaturisées, surtout à rayonnement neutronique, pouvant être utilisées ponctuellement non pas en dissuasion contre des villes, mais en défense face à des forces agressives. Enfin, le retour à la puissance militaire exige que notre pays acquière, par une coopération européenne, la maîtrise de l'espace et se dote des réseaux de satellites indispensables aux systèmes de guidage, de transmission et de renseignement.

La protection du territoire

La seconde priorité du MNR concerne la protection et la sécurité du territoire. Il convient pour cela de prévoir la mise en place, en coopération avec nos voisins européens, d'un système de défense anti-missile à la manière du système prévu par les Américains pour protéger leur propre territoire.
Par ailleurs, pour renforcer massivement la défense du territoire, particulièrement sensible tant que seront présentes sur notre sol de fortes communautés étrangères, nous voulons créer une garde nationale susceptible de mobiliser plusieurs centaines de milliers d'hommes. Composée de volontaires assurant un service court d'environ six mois et de réservistes effectuant des périodes d'entraînement régulières, cette force correctement équipée et entraînée aura pour mission d'assurer la sécurité du territoire et des populations. Elle pourra être mobilisée lors des crises graves, mais aussi à l'occasion des catastrophes naturelles ou en cas de dérèglements majeurs des services publics. Constituant des unités militaires à part entière, les escadrons de la garde nationale agiront en liaison étroite avec la gendarmerie dont les effectifs sont par ailleurs à renforcer.
Enfin, nous proposons de créer un organisme nouveau qui aura pour mission la défense des frontières et le contrôle des populations étrangères. Rassemblant sous une même autorité des responsabilités aujourd'hui dispersées entre la Police de l'air et des frontières, les Renseignements généraux et la Direction de la surveillance du territoire, cet organisme se verra assigner pour tâche de rendre les frontières étanches à l'immigration clandestine et de contrôler les étrangers présents sur le territoire national. Ainsi renforcée et réorientée, l'armée française pourra de nouveau jouer un rôle décisif pour la défense et la puissance de la nation.

Les moyens de la défense

Encore faut-il que les moyens financiers soient mobilisés en conséquence. C'est pourquoi le Mouvement national républicain entend mettre en œuvre un plan budgétaire de rattrapage des crédits militaires permettant de retrouver progressivement le niveau qui prévalait dans les années soixante-dix jusqu'à l'arrivée de M. Mitterrand au pouvoir. Le budget des armées doit cesser d'être la variable d'ajustement du budget général et la programmation militaire doit être rendue plus réaliste. S'agissant des personnels civils et militaires, le MNR veut qu'ils bénéficient d'une rémunération et d'une considération dignes de leur mission, qu'ils puissent à nouveau agir avec efficacité au service de notre pays et recevoir en retour le soutien du pouvoir et de la nation. Parallèlement, nous voulons préserver l'industrie française de l'armement aujourd'hui menacée et dont l'existence est essentielle à l'indépendance de notre pays et au maintien du haut niveau technologique français. Les entreprises concernées devront poursuivre leur restructuration au besoin dans un cadre européen de façon à s'imposer à l'échelle de la planête. Leurs activités de recherche seront favorisées et se verront dotées des commandes importantes nécessaires aux armées.
Enfin, la reconstruction de notre appareil militaire resterait vaine si elle n'allait pas de pair avec la modernisation et le renforcement des moyens de collecte du renseignement. Dans un monde de plus en plus dominé par la technologie, celui qui ne dispose pas des informations est handicapé quand il n'est pas purement et simplement disqualifié. Le MNR souhaite donc que la France renforce considérablement ses services de renseignements et les dote au besoin, dans le cadre d'une coopération européenne, des outils les plus modernes, notamment les satellites d'observation et les moyens d'écoute électroniques dont les Américains ont actuellement le quasi-monopole.
Nous considérons par ailleurs que tous ces efforts de redressement doivent être accompagnés d'un renouveau de l'esprit de défense indispensable à l'efficacité de nos armées. Le patriotisme, les valeurs de courage et de service propres à l'engagement militaire seront donc valorisés dans l'esprit public, notamment par le biais des écoles. Quant aux anciens combattants, qui constituent la mémoire vivante des sacrifices consentis par les Français pour leur pays, nous voulons qu'ils connaissent un surcroît de considération.

Sortir de l'otan

Sous ces conditions, l'armée française pourra à nouveau offrir à notre pays la puissance qui lui est nécessaire pour retrouver son indépendance et suivre le chemin de ses intérêts. Encore faut-il que la France se désengage complètement de l'Otan qui constitue aujourd'hui au plan militaire l'instrument principal de la tutelle américaine sur l'Europe. En effet, cette organisation, qui tirait sa légitimité de la menace soviétique contre laquelle elle avait été mise sur pied, a perdu l'essentiel de sa raison d'être lors de la disparition du pacte de Varsovie. Si donc les Américains cherchent à tout prix à préserver cette alliance, c'est qu'elle représente pour eux le moyen privilégié de maintenir l'Europe occidentale sous leur domination. Avec ce dispositif, ils font en effet coup double : ils empêchent la constitution d'une puissance militaire propre aux pays européens et placent les armées du vieux continent sous leur contrôle direct.
Le MNR est donc partisan, pour mettre un terme à cette situation dangereuse, de rompre avec la politique actuelle qui fait de notre pays le supplétif de l'oncle Sam et de dénoncer l'Otan. Que la France et, avec elle, les autres pays du continent se retirent de cette organisation et créent ensemble une alliance militaire européenne!

Créer l'alliance militaire européenne

Une telle alliance permettra en effet de rassembler et de coordonner les forces des États membres sans pour autant mettre en cause leur souveraineté comme c'est le cas avec les initiatives actuelles du genre de l'eurocorps où les armées des nations sont amenées à se fondre en une utopique armée internationale. Le projet que nous proposons procède au contraire de la méthode traditionnelle de l'alliance, déjà pratiquée avec succès au cours de notre histoire. Elle respecte la souveraineté des États et l'intégrité de leurs armées, mais elle permet d'additionner des forces pour combattre ensemble un ennemi commun. L'objectif est de coordonner les différentes armées d'Europe, de standardiser leurs structures, leurs équipements, leurs armements, leurs modes d'engagement ainsi que leurs procédures tactiques et d'instituer un commandement commun.
Nous voulons que les forces militaires concernées restent sous l'autorité de leurs gouvernements respectifs qui pourront les utiliser comme ils l'entendent et à leur seule initiative. Ce n'est qu'en cas de menace contre le territoire ou les intérêts d'un pays européen, et à sa demande, que l'Alliance pourra être amenée à jouer un rôle opérationnel en mobilisant et en coordonnant les moyens nécessaires.
On mesure alors le formidable avantage que représentera un tel outil militaire européen. Alors que leurs forces armées conserveront leur caractère national et les prérogatives qui s'y rattachent, les pays européens pourront disposer, globalement, en toute autonomie, d'une puissance militaire comparable à celle des États-Unis. À travers cette alliance, le poids de la France dans le monde se trouvera considérablement renforcé. Avec les nations d'Europe, notre pays recommencera à compter sur l'échiquier international et sera à nouveau en mesure de faire prévaloir ses vues et ses projets.

La cause des peuples

Dès lors, la France disposera d'une plus grande facilité pour prendre des initiatives à l'échelle de la planète. Elle pourra ainsi chercher à se faire le champion de la cause des nations.
Aujourd'hui, en effet, sous couvert de mondialisation et en se drapant de la prétendue légitimité d'une hypothétique "communauté internationale", certaines puissances s'efforcent de limiter la souveraineté des nations et notamment des plus faibles. Le MNR propose que la France dénonce cette pratique et prenne la tête d'une croisade internationale pour le respect de la souveraineté des peuples.
Pour ce faire, nous voulons que la France se fasse l'avocat d'un nouveau concert des nations. Il s'agit, face aux conceptions mondialistes, de reconnaître le fait national comme incontournable, de rétablir le principe bénéfique des frontières et de militer pour une régulation générale des échanges. Alors que les tenants du mondialisme vont dans le sens du nivellement et du brassage, nous préconisons le respect des différences et des identités.
Concrètement, ce projet français œuvrera pour une régulation des mouvements de capitaux, des échanges commerciaux et des courants migratoires. Nous préconisons dans les trois cas de mettre un terme à une libéralisation excessive pouvant conduire à de graves distorsions, sinon à des conflits majeurs. La France proposera donc d'instaurer des mécanismes de contrôle de ces différents courants d'échange de telle sorte qu'ils ne s'opèrent pas contre la volonté d'une nation et qu'ils cessent de provoquer des déséquilibres humains ou sociaux.

La France avec les nations

Ainsi, en brandissant l'étendard de la défense des nations, la France sera appelée à jouer un rôle planétaire. Une telle entreprise n'est-elle pas dans la droite ligne de sa vocation historique? N'a-t-elle pas maintes fois au cours des siècles constitué un modèle pour d'autres peuples ou indiqué la voie à suivre à d'autres nations? Une démarche de cette nature contribuera grandement au prestige de la France. En outre, elle fournira à notre pays l'occasion de remettre en cause les institutions internationales néfastes à ses intérêts, sans courir le risque de se retrouver isolé sur la scène diplomatique. En proposant une autre vision de l'organisation du monde et en ralliant à cette cause de nombreuses nations, la France s'attirera la sympathie de plus d'un peuple et gagnera l'appui de nombreux États. Ayant acquis ainsi une dimension internationale considérable, notre pays sera en mesure d'exiger, dans un rapport de force favorable, la modification ou l'abrogation de pratiques internationales aussi contestables que le libre-échangisme mondial.

La France sans les États-Unis

Pour atteindre cet objectif, la France doit impérativement revoir la nature de ses relations avec les États-Unis d'Amérique. Aussi le MNR veut-il qu'elle rompe le lien de dépendance qui la soumet trop souvent aux décisions de Washington et que notre nation se dégage de l'influence américaine. D'autant que les gouvernements d'outre-Atlantique ne se comportent plus depuis la mort de l'URSS comme des alliés mais souvent comme des concurrents et parfois comme des adversaires stratégiques, n'hésitant pas, pour affaiblir l'Europe, à favoriser l'islam sur le vieux continent ainsi que le montre leur volonté de faire entrer la Turquie dans l'Union européenne. Leur but est de vassaliser les pays européens en affaiblissant les Etats du vieux continent et en diluant l'Europe pour empêcher qu'elle s'érige en puissance.

Pour l'amitié avec les peuples de l'est européen

À l'inverse, la politique étrangère française voulue par le MNR doit chercher à organiser l'ensemble de notre continent en une communauté de civilisation puissante, indépendante et fière de son identité.
Dans cet esprit nous voulons que la France noue des relations étroites d'amitié et de coopération avec les peuples de l'Europe de l'Est qui, plus que d'autres, ont conservé la flamme du sentiment national. Ainsi en est-il de la Russie avec laquelle la France devrait pouvoir nouer des liens privilégiés pour contrebalancer la puissance américaine et rééquilibrer l'ensemble européen.

Pour l'entente avec le monde arabe

Notre pays doit aussi se préoccuper d'accroître son crédit en direction des États du Sud, dans le cadre d'une nouvelle politique de coopération. Les pays situés au sud de la Méditerranée représentent, il est vrai, d'incontestables menaces pour la France et pour l'Europe. Aussi est-il nécessaire de prendre les précautions militaires indispensables. Cette légitime vigilance n'implique cependant pas que la France se crispe dans une attitude défensive et hostile. Bien au contraire, nous souhaitons qu'elle intensifie sa politique de présence au sud, accroisse son aide aux pays moins développés et recherche l'amitié de leurs peuples. En prenant la défense des nations, la France peut d'ailleurs se trouver naturellement en convergence d'intérêts avec certains de ces pays, et notamment avec les pays arabes qui pratiquent la laïcité, qui respectent les libertés et qui se modernisent.

Pour la coopération avec l'Afrique

Plus globalement, nous souhaitons que soit lancée en direction du Sud une politique de coopération rénovée qui doit se fonder non pas sur une prétendue culpabilité coloniale de la France, mais sur le principe du respect mutuel entre États souverains. Elle ne peut donc pas s'appliquer sans discernement au bénéfice de toutes nos anciennes colonies car la France n'a pas à favoriser les pays qui lui sont hostiles, mais se doit d'accorder son assistance aux peuples qui s'affichent comme ses amis et sont prêts à l'aider en retour pour régler le problème de l'immigration selon les méthodes prévues par ailleurs par le MNR.
Sous cette condition, la France pourra s'engager activement sur le continent africain et y mener des actions de coopération respectant l'identité et les traditions des pays concernés. Car, pour rétablir dans ces États les équilibres humains, économiques et sociaux, nous préconisons de les aider à trouver un modèle de développement adapté à leur peuple et à leur culture et non calqué sur les schémas occidentaux. La France n'hésitera cependant pas à intensifier par ailleurs sa présence directe dans ces pays afin d'y assurer le fonctionnement des services essentiels à la population et d'éviter qu'on n'en arrive à des situations à la somalienne ou à la rwandaise.

Pour des alliances dans le monde

Au-delà, le MNR souhaite que la France se constitue dans les autres continents un réseau d'alliances pour défendre ses intérêts, renforcer sa puissance et étendre son rayonnement. En Amérique du Sud et en Asie, où la France est traditionnellement moins présente, nous proposons de choisir quelques pays avec lesquels pourront être développés des liens étroits d'amitié et de coopération. Pour que notre pays ne disperse pas inutilement ses efforts, ces États devront être en nombre réduit mais, pour peu, naturellement, qu'ils y trouvent leur intérêt, ils offriront à la France la possibilité de rayonner puissamment à partir de leur territoire.

La puissance maritime

Afin de donner toute son ampleur à cette politique de puissance et de rayonnement de la France, le MNR souhaite par ailleurs que notre pays mette à profit les atouts qui lui sont propres et qu'il néglige aujourd'hui.
Ainsi, notre nation dispose d'un domaine maritime considérable qui fait de lui potentiellement l'une des toutes premières puissances maritimes mondiales. Aussi voulons-nous doter la France d'une politique capable de valoriser ce patrimoine. À cette fin, nous entendons renforcer la flotte militaire, favoriser, par le régime fiscal dit des quirats, le renouvellement et le développement de la flotte de commerce et encourager les activités de la pêche française. De même, notre pays doit accentuer, sous toutes les latitudes, la mise en valeur de ses richesses maritimes, qu'elles soient piscicoles, minérales ou pétrolières. La France ne doit plus tourner le dos à la mer mais retrouver sa vocation maritime et, avec elle, se forger un nouvel instrument pour assurer son avenir.

L'atout des dom-tom

Dans le même esprit, notre pays doit miser sur ses départements et collectivités d'outre-mer dont le destin est lié au sien souvent depuis des siècles. Nous souhaitons donc valoriser ces terres lointaines grâce auxquelles la présence française est garantie dans les Amériques, dans l'océan Indien et dans le Pacifique. Avec elles, la France dispose de points d'appui stratégiques qui peuvent contribuer à son rayonnement et à sa puissance. Aussi ces collectivités doivent-elles bénéficier des moyens permettant un meilleur épanouissement de nos compatriotes d'outre-mer. Encore faut-il que les méthodes utilisées soient plus respectueuses des réalités locales et assurent un développement équilibré conduisant les habitants à rester chez eux et à y vivre harmonieusement.

Le rayonnement par la francophonie

Enfin, le MNR veut raviver le sentiment de solidarité qui devrait animer les peuples de langue française à travers le monde, qu'ils se trouvent en Amérique ou en Afrique. Pour ce faire, nous voulons unifier et renforcer les diverses instances aujourd'hui dispersées de la francophonie afin de lui redonner une nouvelle dimension culturelle et politique.
En particulier, nous proposons que la France tisse des liens étroits avec les populations francophones européennes ou d'origine européenne. Le Québec notamment doit être l'objet de toute la sollicitude du peuple français : pourquoi ne pas lui proposer la création de liens institutionnels avec la République dans la perspective de son indépendance? Et pourquoi ne pas établir des relations analogues avec les Wallons? Ou, mieux encore, pourquoi la France ne ferait-elle pas savoir qu'en cas d'indépendance de la Flandre, elle serait prête à accueillir la Wallonie au sein de la nation française?

Le retour de la grandeur

Ainsi, en défendant son indépendance, en reconstruisant son armée, en se faisant le champion de la cause des peuples, en militant pour une Europe indépendante et puissante, en développant une politique de coopération rénovée et en tissant un réseau d'alliances à travers le monde, la France assurera son avenir, et retrouvera sa liberté. Elle se mettra ainsi dans la meilleure position pour défendre ses intérêts, mais, ce faisant, elle œuvrera à la paix du monde et à l'épanouissement des peuples. En un mot, elle renouera avec la grandeur.



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