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PROGRAMME
Pour que vive la France
Les propositions : la France à nouveau
Chapitre 10 : DES LAURIERS POUR L'ECOLE

L'école est l'un des lieux privilégiés où se forge l'avenir de notre pays. De par sa mission d'instruction, elle forme les générations nouvelles et détermine le visage de la société de demain. En ce sens, sa fonction consiste à transmettre notre héritage de civilisation. La connaissance, la culture, les valeurs, la mémoire, les disciplines intellectuelles et morales, tout ce trésor de vérités et de références transite par l'institution scolaire et universitaire pour se conserver, se reproduire et se développer au fil des décennies et des siècles qui passent.
Si l'école ne constitue pas le seul instrument propre à préserver notre civilisation et à assurer sa pérennité, elle en est cependant, avec la famille, le principal. Ne contribue-t-elle pas essentiellement à la préservation de "cet enracinement culturel qui, rappelle Pierre Chaunu, fonde une bonne part de l'équilibre nerveux et intellectuel de chacun d'entre-nous"? C'est dire l'importance que l'école revêt à nos yeux car, si le système éducatif n'assurait plus sa mission, non seulement nos enfants ne seraient plus correctement formés, mais progressivement, à mesure que leur ignorance grandirait, c'est notre civilisation elle-même qui s'éteindrait.

Non à la régression scolaire

Aujourd'hui, hélas, une telle perspective ne relève pas du simple cauchemar : l'école est bel et bien en pleine déroute. Incapable désormais de remplir sa mission, l'éducation dite nationale s'est muée en un monstre d'inefficacité, générateur d'un gâchis humain et financier sans précédent.
Le ministère de l'Éducation dévore chaque année des masses considérables de crédits qui représentent maintenant 20 p. cent des dépenses de l'État, son plus gros budget, plus important que celui de la Défense. Il a bénéficié, au cours des dernières décennies, d'une priorité financière absolue. Et pour quel résultat? La régression qualitative est incommensurable : aujourd'hui, 20 p. cent des enfants qui entrent en sixième ne savent pas lire et il y a encore 12 p. cent d'illettrés à l'entrée en troisième. Même constat d'échec en ce qui concerne la maîtrise de la langue française, la connaissance de l'orthographe ou de l'histoire.
La situation s'est à ce point délabrée qu'il faut de plus en plus de moyens pour obtenir un résultat de plus en plus médiocre. Depuis 1969, l'enseignement français a produit chaque année en moyenne quatre mille neuf cent bacheliers supplémentaires. Parallèlement, cinq mille personnes sont venues annuellement grossir les effectifs d'enseignants. Pour former un bachelier de plus, il a donc fallu recruter un professeur supplémentaire!
L'inefficacité est devenue la nouvelle règle de ce dinosaure bureaucratique que constitue le ministère de l'Éducation nationale où la mauvaise administration va de pair avec le fiasco pédagogique. Sur un million trois cent mille agents que compte l'Éducation nationale, il n'y a en réalité que sept cent mille enseignants dans le public! Comment s'étonner dès lors que l'école, au lieu de former les citoyens de demain, fabrique désormais de nouveaux barbares?

Non au gâchis pédagogique

Tout se passe en effet comme si cette déculturation était voulue et programmée. Ainsi, pour les "pédagogues" qui dirigent la rue de Grenelle, l'école n'a plus vocation à instruire, c'est-à-dire à transmettre des connaissances, mais à rééduquer, c'est-à-dire en réalité à normaliser les élèves pour créer "l'homme nouveau" cher aux idéologues. Dans les IUFM chargés de former les maîtres, la pédagogie prime de loin les connaissances. Et la volonté d'imposer aux enseignants trente-cinq heures de présence effective auprès des élèves vise à les faire passer du statut de professeur à celui d'endoctrineur.
Ainsi, la réduction des heures de mathématiques, le refus d'enseigner la démonstration des théorèmes, l'abandon de la dissertation française vont dans ce sens. L'instruction cède le pas à l'apprentissage d'un vague savoir-faire pratique pour aborder les situations de la vie courante.
Pareille évolution constitue, à l'encontre de l'intelligence et de la culture française, une véritable agression dont les conséquences peuvent se révéler catastrophiques pour nos enfants comme pour l'avenir de notre civilisation. Ainsi, l'école a cherché à ouvrir les établissements sur le monde et ce sont la violence, la drogue et la délinquance qui s'y sont engouffrées. Au lieu d'être ces lieux privilégiés et protégés où nos enfants reçoivent une instruction, les écoles deviennent de plus en plus des endroits où se cristallisent toutes les dérives et tous les dérèglements de la société.
De ces "innovations" il est résulté une baisse de niveau dans toutes les filières d'enseignement. Ainsi le baccalauréat s'est trouvé progressivement dévalorisé comme une monnaie sous l'effet de l'inflation. Alors qu'il permettait naguère de trouver un emploi, aujourd'hui la licence suffit à peine. Car la dégradation a touché également l'université où beaucoup d'étudiants poursuivent des études spécialisées alors même qu'ils sont incapables de rédiger et souvent sans même posséder un minimum de culture générale.

Pour un renouveau scolaire

Ubuesque, la situation apparaît donc lourde de menaces, d'autant que les gouvernements qui se sont succédé n'ont rien voulu ou rien pu faire. Pis, en cherchant dans les maux mêmes qui frappent l'enseignement - égalitarisme, pédagogisme et massification - les remèdes propres à assurer sa guérison, les socialistes n'ont contribué qu'à aggraver sa maladie. Et, dans cette funeste entreprise, ils ont souvent été précédés, approuvés ou relayés par une droite parlementaire incapable de penser ou d'appliquer un programme d'enseignement qui lui soit propre. Tous se sont contentés de multiplier des réformettes qui n'ont eu, pour seul résultat, que d'aggraver un peu plus l'état déjà lamentable de l'école dans notre pays.
C'est pourquoi, en rupture totale avec les évolutions actuelles, le Mouvement national républicain veut engager une profonde rénovation du système éducatif français.

L'éducation, responsabilité des parents

Pour ce faire, nous préconisons d'abord de remettre l'école à sa juste place. Le système scolaire n'a en effet pas vocation à s'approprier les jeunes Français et à se substituer aux parents pour leur assurer une éducation étatique qui viendrait remplacer ou contrarier celle des familles. Ainsi est-il par exemple tout à fait anormal que les établissements de l'Éducation nationale s'arrogent le droit de distribuer la "pilule du lendemain" aux jeunes filles mineures à l'insu de leurs parents.
Pour le MNR, l'éducation des enfants relève de la responsabilité exclusive des familles et nous entendons réaffirmer ce principe en direction du ministère de l'Éducation nationale qui devrait prendre le nom de ministère de l'Enseignement national. L'école n'ayant pas à se préoccuper d'éducation, sa mission, d'ailleurs essentielle, se limite à l'instruction des jeunes Français, c'est-à-dire à leur formation intellectuelle et physique par la transmission des savoirs qui constituent notre patrimoine de civilisation.
Pour le reste, les parents sont responsables de l'éducation de leurs enfants et doivent pouvoir choisir librement, sans contraintes financières, l'école à laquelle ils les confient. Tel est d'ailleurs le sens de l'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui affirme que "les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants". Si l'on veut rétablir la prééminence des familles en matière d'éducation et éviter que les enfants ne soient les otages d'un système éducatif confisqué, il faut à tout prix rendre aux parents ce droit, à nos yeux essentiel, qu'est la liberté scolaire.

L'école, propriété de la nation

Aujourd'hui, en effet, l'école n'appartient plus à la nation et n'est plus au service des enfants. Elle est devenue un enjeu pour les syndicats tout-puissants qui imposent leurs vues à tous, y compris bien souvent au gouvernement. Bien qu'il ait subi des soubresauts internes, le pouvoir du syndicalisme enseignant reste en effet sans limite. Coupé de la nation, mais protégé, soutenu et enrichi par l'administration, ce monstre d'un autre âge réussit à survivre en parasitant l'État. Refusant l'évidence des faits, enfermés dans leurs fausses certitudes, ses dirigeants sont largement responsables du fiasco du système éducatif. Car c'est bien dans la toute-puissance syndicale et dans l'idéologie qu'elle véhicule que le mal qui le ronge aujourd'hui trouve sa racine.
Pour reconstruire l'école et la remettre au service de la nation, le Mouvement national républicain veut donc la libérer de l'emprise totalitaire du syndicalisme enseignant.

La liberté d'instruction

À cette fin, nous proposons de mettre en œuvre une décentralisation du système éducatif qui permette à la fois de court-circuiter la bureaucratie envahissante de la rue de Grenelle, où les syndicats sont omnipotents, et de rétablir les prérogatives légitimes des parents vis-à-vis de l'école.
Dans ce but, le MNR supprimera la carte scolaire afin que les parents puissent choisir librement l'école de leurs enfants. Nous doterons par ailleurs les établissements d'une certaine autonomie destinée à susciter entre eux une saine émulation. Ainsi, par exemple, la direction de chacun d'eux disposera d'une réelle marge de manœuvre pour recruter ses enseignants parmi les fonctionnaires du ministère, ainsi que pour choisir les élèves à inscrire lorsque leur nombre dépasse celui des places disponibles.
De la sorte, la qualité générale du système d'instruction pourra s'améliorer dans notre pays. Ainsi, certaines écoles, de par l'excellence de leur enseignement et le bon encadrement dont bénéficient les enfants, seront plus appréciées que d'autres et les parents se presseront pour y inscrire leurs enfants. Il appartiendra alors aux établissements moins cotés de faire les efforts nécessaires pour égaler les meilleurs. Ce ne seront donc plus les oukases idéologiques des syndicats qui prévaudront, mais le choix des parents dans l'intérêt des enfants. L'école sera libérée.

La paix scolaire

Elle le sera d'autant plus que l'émulation entre les écoles du service public sera étendue au secteur privé. Le MNR est en effet partisan d'instaurer un chèque scolaire qui sera proposé aux parents désireux d'inscrire leurs enfants dans une école privée. Représentant les frais d'instruction que l'État consacre à chaque élève du secteur public, ce chèque prendra la forme d'une allocation versée par l'État à l'établissement privé choisi par les parents et constituant tout ou partie des frais de scolarité de leur enfant.
Pareil système instaure donc une véritable égalité devant l'école, qu'elle soit privée ou publique. Les parents peuvent en effet exercer leur choix, non seulement au sein du système public, mais aussi entre l'école d'État et l'école privée. Le chèque scolaire règle donc définitivement la question de l'école libre et place les deux systèmes d'enseignement sur un même plan, mettant fin une fois pour toutes à la guerre scolaire. D'autant que nous entendons renforcer encore cette égalité de traitement entre les établissements par l'abrogation de la loi Falloux qui empêche de façon illégitime les écoles privées de recevoir des subventions d'investissement comme celles qui sont actuellement dévolues aux écoles publiques.
Dans le même esprit, le MNR supprimera le système des zones d'enseignement prioritaire (ZEP), à la fois coûteux et inefficace. En accordant plus de crédits et plus de moyens à certains établissements au motif qu'ils sont situés dans des secteurs à forte population immigrée, le mécanisme des ZEP crée en effet dans notre pays une discrimination positive qui a d'ores et déjà échoué et qui surtout se révèle contraire au principe d'unité de la république et d'égalité des citoyens devant la puissance publique.
Ainsi libéré et refondé sur des principes sains, nous voulons que le système d'instruction serve de nouveau la formation et l'épanouissement des jeunes Français mais contribue également au renforcement et au développement de la communauté nationale.

La neutralité de l'enseignement

Encore faut-il, pour atteindre cet objectif, que le contenu de l'enseignement soit revu entièrement en fonction du respect de l'impératif identitaire. Telle est la volonté du MNR qui entend refaire de l'école un instrument de la conscience et de la cohésion nationale Or, actuellement, l'éducation a cessé d'être "nationale" puisque la neutralité de l'enseignement n'est plus assurée. Conduisant une espèce de révolution culturelle à la chinoise, les doctrinaires des syndicats de l'éducation se sont employés à détacher nos enfants de la civilisation et de la nation à laquelle ils appartiennent pour les passer au moule du mondialisme érigé en idéologie officielle.
Déjà, Harlem Désir, grand maître en son temps de la pensée cosmopolite, avait été admis dans les écoles pour y tenir de véritables séances de propagande. Et, si M. Désir a passé, les idées sont restées. Programmes et manuels scolaires en témoignent. "Je suis un citoyen du monde", "la planète est mon village", "l'immigration, une chance pour la France", proclament les ouvrages scolaires, qu'ils soient d'histoire, de géographie ou d'instruction civique.
Il est vrai que l'école est victime elle aussi de l'immigration et qu'elle en subit un dommage considérable. Dans de nombreuses classes, les petits Français de souche, devenus minoritaires, se trouvent plongés dans un environnement qui les déracine. Pis, le ministère de l'Éducation recourt à des maîtres auxiliaires étrangers. Comment s'étonner dès lors de l'incapacité de nombre d'enfants à maîtriser correctement le français? D'autant que la priorité est donnée à des pratiques pédagogiques "d'éveil" ou "d'ouverture sur la vie" qui n'ont rien à voir avec l'apprentissage des humanités et sombrent dans le vulgaire et le commun de la vie courante.

Transmettre un savoir élémentaire

Le Mouvement national républicain veut donc donner un coup d'arrêt à cette grave dérive et assigner de nouveau à l'école la mission d'enseigner aux enfants les grands acquis de notre civilisation. Car notre héritage ne se limite pas, loin s'en faut, aux droits de l'homme. Il remonte notamment à la Grèce, qui a élevé le Vrai, le Beau et le Bien au rang de valeurs universelles, repères intangibles au travers desquels les hommes peuvent approfondir leur savoir et perfectionner leurs talents. L'enseignement doit donc s'inscrire de nouveau dans cette vision humaniste et traditionnelle de notre culture.
C'est pourquoi nous voulons assigner à l'école la mission première de transmettre un savoir élémentaire : lire, écrire, compter et s'exprimer correctement dans sa langue. Face aux carences actuelles du système éducatif, ces objectifs, pour simples qu'ils soient, représentent une priorité d'ampleur nationale. Patriotisme, devoir, respect d'autrui, politesse, honnêteté, goût du travail, sens de la famille, nous souhaitons aussi que l'institution scolaire redonne aux enfants, par le biais des cours d'instruction et de morale civique, le sens de ces valeurs qui fondent notre société.

Enraciner les programmes dans notre culture

Au-delà, il appartient à l'école d'assurer la transmission de notre héritage culturel et de notre identité. À cet égard, le MNR entend privilégier certaines matières telles que la maîtrise de la langue, la connaissance de l'histoire et de la géographie, ainsi que la compréhension des disciplines artistiques. À condition toutefois qu'elles ne soient pas détournées de l'objectif culturel et identitaire qu'elles doivent poursuivre.
Dans cet esprit, nous souhaitons que la connaissance du français aille plus de pair avec l'initiation aux grands auteurs de notre littérature, y compris la poésie et le théâtre. L'histoire à apprendre est d'abord celle de la France et de l'Europe avec une vision chronologique permettant aux élèves de se situer dans une continuité temporelle. De même, l'enseignement de la géographie doit les aider à se repérer dans l'espace et donc porter d'abord sur la connaissance du territoire national et de celui des pays voisins. Quant aux disciplines artistiques, elles méritent selon nous d'être développées car l'initiation à l'histoire de l'art est également une formation de l'esprit et un enracinement dans notre culture.
Certains feront valoir qu'en ce début du XXIe siècle, une telle conception se trouve totalement décalée par rapport à la mondialisation qui prévaut partout. Il s'agit là d'un argument à rejeter car, pour le MNR, le rôle de l'école consiste au contraire à reconstruire les repères qui font par trop défaut aux jeunes générations. Et, si certains ont pu critiquer la méthode des instituteurs de la IIIe République qui n'hésitaient pas à enseigner "nos ancêtres les Gaulois" dans les écoles de nos colonies africaines, il serait malheureux qu'aujourd'hui, dans celles de la France métropolitaine, les petits Français apprennent qu'ils ne sont les descendants de personne et que leur seule demeure est le monde entier.

Protéger les classes de l'immigration

Ce réenracinement de notre enseignement dans la culture française ne sera cependant pas possible si les classes restent surchargées d'enfants étrangers. Aussi est-il essentiel, en ce domaine également, de maitriser au plus vite l'immigration. Dans l'immédiat, nous devons tout entreprendre pour que nos enfants ne soient pas victimes d'un véritable déracinement culturel.
Le MNR entend donc limiter strictement le nombre de jeunes étrangers par classe en dessous du seuil au-delà duquel les enfants français sont pénalisés dans leurs études. Dans le même esprit, nous voulons proscrire clairement le port du tchador comme toute autre manifestation ou revendication religieuse ostentatoire, qu'elles soient liées aux vêtements, aux aliments, à la nature ou au contenu des cours, et nous voulons que toute contravention à ce règlement soit suivie d'expulsion. Il en effet intolérable que soit imposée aux écoliers français la manifestation ostensible d'une religion étrangère porteuse d'une civilisation qui n'est pas la nôtre.
La question revêt d'ailleurs une dimension éminemment symbolique. Ainsi, dans toute nation indépendante, les étrangers se soumettent comme les citoyens aux coutumes du pays qui les accueille. En terre d'islam, par exemple, les chrétiens acceptent de se déchausser pour pénétrer dans une mosquée et se plient aux lois locales, même lorsqu'elles sont draconiennes comme en Arabie saoudite. Si les immigrés installés en France refusent de respecter nos règles, comme celle de la laïcité, et cherchent à nous imposer leurs normes, c'est qu'ils se placent déjà dans une logique de colonisation à rebours. Il est donc essentiel de ne pas céder.


Pour l'école de l'excellence

Pour le reste, le Mouvement national républicain veut rétablir le principe de l'excellence, principe seul capable de briser le cycle infernal de l'échec et de la baisse continue du niveau scolaire.
À la base de cette régression dramatique, il y a en effet la croyance insensée que, placés dans les mêmes conditions socio-éducatives, les élèves obtiendront nécessairement les mêmes résultats. D'où les utopies socialistes du collège unique et des 80 p. cent de bacheliers par classe d'âge. Mais, comme le postulat selon lequel l'égalité des chances déboucherait nécessairement sur l'égalité des résultats est totalement faux, les apprentis sorciers de l'Éducation nationale, renonçant à le mettre en œuvre par le haut, ont entrepris de le réaliser par le bas. Pour assurer l'égalité des résultats, il leur faut donc accepter ou faciliter une baisse générale et continue du niveau des études, donnant ainsi tristement raison à cette formule de Jean Cocteau : "La France a toujours cru que l'égalité consistait à trancher ce qui dépasse."
Pour ce qui nous concerne, nous entendons mener une politique exactement contraire. Chaque enfant possédant des capacités qui lui sont propres, il revient précisément à l'école de les découvrir et de permettre à l'élève de les développer au maximum de leur potentialité. Pour cela, nous voulons réhabiliter l'effort et le travail et les encourager par l'émulation, la récompense du mérite et la reconnaissance du talent. Nous entendons ainsi généraliser les notes, les classements, les examens, les concours et les prix, conformément à la tradition occidentale, tels que les Jeux olympiques par exemple les instaurèrent il y a deux mille huit cents ans.
La compétition qui en résultera, loin d'être néfaste, donnera au contraire à chacun la possibilité d'aller aussi loin que ses capacités le lui permettent et d'obtenir un diplôme et une formation correspondant à son travail et à ses talents. Nous somme en effet partisans de la sélection républicaine, celle qui s'effectue selon le critère des aptitudes et des talents. Car elle seule permet de prendre en compte la diversité des dispositions naturelles des enfants. Elle seule permet à chacun de valoriser ses dons et de trouver sa juste place dans la société.

Abolir le collège unique

Plus concrètement, le MNR abolira le collège unique de façon que chaque élève puisse suivre jusqu'à son terme l'enseignement le plus adapté à ses capacités propres.
L'enseignement maternel et primaire qui permet d'acquérir les savoirs fondamentaux doit rester unique. Mais nous voulons qu'à l'entrée en sixième, les 30 p. cent d'élèves qui ne savent toujours pas correctement lire, écrire ou compter soient dirigés vers un cycle complémentaire de deux ans où tout sera entrepris pour qu'ils comblent ces lacunes. L'illettrisme pourra dès lors être éradiqué dans notre pays et personne ne sortira du système scolaire sans maîtriser les savoirs fondamentaux. À l'issue de ce cycle, les élèves, ainsi munis des connaissances minimales, pourront soit rejoindre le collège dans les classes de quatrième, soit entrer dans la filière des études professionnelles pourvus d'un certificat.
Un peu plus tard, au sortir de la classe de troisième, un second carrefour se présentera aux élèves du collège : soit l'entrée au lycée pour trois années d'études couronnées par le baccalauréat, soit obtenir un brevet et s'engager dans les études professionnelles. Dans tous les cas, nous souhaitons que chaque sortie de cycle soit concrétisée par un examen, certificat, brevet ou baccalauréat, de telle sorte que chacun achève ses études primaires ou secondaires non par un échec mais par un succès sanctionné par un diplôme.
Dès lors, personne ne sera plus exclu par le système scolaire et, grâce à la diversité des filières et des niveaux d'enseignement, chaque élève, correctement orienté par la sélection, sortira de l'école avec une profession et un rôle à jouer dans la société.

Valoriser les études professionnelles

Car, si les talents sont inégaux, ils sont divers et tel élève qui ne brillera pas dans les matières intellectuelles pourra exceller dans les métiers techniques et inversement. C'est pourquoi le MNR estime indispensable de valoriser les études professionnelles afin qu'elles retrouvent une place à part entière dans notre système d'instruction publique et qu'elles puissent fournir à la France les techniciens et les professionnels de qualité dont elle a besoin.
Cette évolution est en effet d'autant plus nécessaire que les entreprises connaissent par ailleurs une réelle difficulté à recruter des salariés qualifiés. Victime des options idéologiques des syndicats enseignants hostiles à toute coopération avec le monde économique, pénalisé par la lourdeur de l'appareil éducatif qui ne parvient pas à suivre l'évolution rapide des techniques, l'enseignement professionnel s'est trouvé progressivement marginalisé. Les lycées professionnels qui recrutent leurs élèves non par le choix de ceux-ci mais sur le constat d'une situation d'échec donnent ipso facto l'impression de délivrer un enseignement de seconde zone.
Quant à l'apprentissage, pourtant mieux considéré, il n'intéresse qu'un nombre très limité de jeunes gens : 350 000 sur 8,5 millions de jeunes de seize à vingt-cinq ans. L'apprentissage, voie dans laquelle on ne peut s'engager avant l'âge de seize ans, transforme par ailleurs le jeune élève en salarié et le fait sortir du monde scolaire. Aussi, à cette orientation, souvent vécue comme une éviction de l'école, beaucoup d'adolescents préfèrent la filière de l'enseignement professionnel, au risque de suivre des formations sans débouchés.

Généraliser les études en alternance

Le MNR entend donc mettre un terme à ces graves errements et rénover l'enseignement professionnel par la généralisation du système des études en alternance assortie d'une incitation financière ou fiscale pour les professionnels qui accueillent des apprentis. Nous voulons en effet réintroduire l'apprentissage dans le cursus scolaire pour qu'il retrouve son prestige et qu'il puisse commencer avant seize ans. À l'inverse, nous proposons de faire bénéficier l'enseignement professionnel actuel des avantages de la présence dans une entreprise ou chez un artisan.
La nouvelle filière ainsi créée pourra alors trouver toute sa place à côté des formations générales. Et c'est donc dès le début de l'enseignement secondaire que la voie des études professionnelles sera proposée aux élèves. Ainsi placée sur un pied d'égalité avec les autres filières, celle-ci cessera d'apparaître comme réservée aux exclus du système.
Nous proposons dans ce cadre que la formation s'effectue sur le principe de l'alternance entre la formation théorique et scolaire et la formation pratique dans une entreprise, qu'elle soit industrielle, artisanale ou de service. Mettant en contact direct les jeunes avec les exigences et les réalités du monde du travail, les études en alternance offrent de surcroît la garantie d'une adaptation permanente aux mutations techniques. Elles permettent aux jeunes gens, passé l'âge de seize ans, de choisir un statut scolaire assorti du versement d'une indemnité s'ils participent à la production de leur entreprise ou d'adopter d'emblée un statut de salarié à mi-temps.
Inscrit à part entière dans le cursus scolaire et bénéficiant pleinement des avantages de la formation en entreprise, le système des études professionnelles en alternance que nous entendons généraliser rendra leurs lettres de noblesse aux métiers, et notamment au travail manuel, tout en offrant aux jeunes Français une formation qu'ils pourront valoriser sur le marché de l'emploi et dont ils pourront être fiers.

Former des élites

L'école, dont le rôle est d'assurer à tous la meilleure formation possible, doit aussi se fixer comme objectif l'émergence des élites. Des élites qui doivent leur titre à leur travail, à leur mérite et à leur talent, et non à leur origine sociale, à la "combine" ou à l'argent. Des élites au demeurant diversifiées car elles peuvent exister dans le domaine de la recherche la plus avancée comme dans celui de la mécanique la plus complexe. À cet égard, la qualification dans le métier importe plus que le métier lui-même. Mieux vaut un bon mécanicien qu'un mauvais chercheur!
L'émulation et la sélection nous apparaissent donc nécessaires dans tous les domaines si l'on veut que les plus doués puissent se révéler. Sous cet angle aussi, la compétition est fructueuse car, si l'on peut déplorer que les hommes ne soient pas tous égaux, on doit néanmoins tenir compte de la diversité des talents comme d'une implacable réalité. À ignorer celle-ci, on crée des systèmes égalitaristes qui, en pénalisant les meilleurs, suscitent l'injustice et l'inefficacité sociale. Le MNR veut donc que les plus talentueux puissent donner le meilleur d'eux-mêmes et reçoivent en conséquence une instruction adaptée. En retour, ils doivent servir la communauté car, si le talent mérite d'être récompensé, il impose des devoirs envers la nation.
L'École polytechnique, par exemple, inculque à ses élèves l'idée, éminemment juste et bénéfique, qu'en contrepartie de leur réussite, il leur incombe une obligation de service pour leur pays. Pourquoi ne pas généraliser dans le système scolaire et universitaire et, au-delà, dans la société, cette nécessaire hiérarchie du mérite qui correspond à une élite du service? Seules les grandes nations sont capables de sécréter de telles aristocraties, aussi voulons-nous que la France, qui a su le faire pendant longtemps, retrouve le sens de cette éthique.

Autonomie et sélection pour l'université

Cet esprit d'élitisme doit s'imposer tout particulièrement à l'université, laquelle nécessite des réformes d'envergure pour sortir de la crise qui la frappe. Aujourd'hui, en effet, le spectacle qu'offrent les établissements universitaires est très inquiétant. Les étudiants, dont beaucoup n'ont ni le niveau ni la motivation indispensable pour obtenir des diplômes, s'entassent dans des facultés parkings au décor crasseux, où les plus capables d'entre eux se trouvent alors dans la quasi-impossibilité de travailler.
Bureaucratisation du fonctionnement, massification des enseignements, inefficacité des méthodes, tiers-mondisation des étudiants, dépréciation du niveau des études, dévalorisation des diplômes, l'université française est, à bien des égards, le lieu où se cristallisent tous les maux de notre société. Une situation d'autant plus grave que l'avenir de notre pays dépend dans une large mesure de la qualité du niveau intellectuel et scientifique dans les facultés. Aussi le MNR souhaite-t-il que l'université renoue avec sa vocation et redevienne un lieu d'excellence.
À cette fin, nous voulons doter les établissements universitaires d'une très large autonomie, de façon qu'ils puissent se fixer leurs propres règles en ce qui concerne aussi bien le recrutement des étudiants et des professeurs que la dévolution des diplômes, et qu'ils se trouvent donc placés dans un processus de compétition, gage de qualité croissante. Dans le même esprit, le MNR entend introduire le principe de la sélection à l'entrée des universités, car refuser cette épreuve revient à tolérer qu'elle se pratique clandestinement selon des critères absurdes comme le "piston" ou le hasard des files d'attente. "La seule garantie de la vraie démocratie, c'est la sélection", disait Paul Guth.
L'indépendance des facultés, outre qu'elle répond à la grande tradition universitaire, facilitera la synergie entre le monde des universités et celui des entreprises, améliorant ainsi la préparation des étudiants à leur profession tout en valorisant les travaux universitaires auprès des milieux économiques. Elle permettra aussi, au besoin après des regroupements d'établissements, que se dégagent quelques grandes universités françaises capables d'acquérir une renommée mondiale et de rivaliser avec celles des pays anglosaxons. Cette autonomie permettra d'ailleurs que s'établisse une hiérarchie entre les établissements qui, jointe au système des grandes écoles, offrira une diversité de filières et de niveaux où chacun pourra trouver la formation qui lui convient et pousser au plus loin ses potentialités. Car tel est l'intérêt de la sélection : elle n'élimine pas, elle oriente chacun vers sa juste place.

Autorité et prestige pour les enseignants

Pour atteindre ces objectifs dans l'université, mais aussi dans l'enseignement secondaire et primaire, le MNR s'emploiera par ailleurs à réhabiliter la fonction des maîtres et des professeurs. Ceux-ci, parce qu'ils jouent un rôle essentiel dans notre société, devront bénéficier d'une amélioration de leur statut et de leur rémunération. Leur formation sera revalorisée par la suppression des IUFM et la mise en place de réelles filières universitaires adaptées et accompagnées de stages enseignants. Nous voulons également rétablir leur autorité, car celui qui a la charge d'enseigner ne doit pas s'abaisser à jouer au "copain des élèves", mais s'affirmer comme celui qui sait par rapport à ceux qui apprennent. Aussi est-il essentiel à nos yeux de restaurer la hiérarchie maître-élève qui correspond à la hiérarchie du savoir et de rétablir le prestige de la connaissance qui va de pair avec l'humilité de celui qui apprend.

Discipline et sécurité à l'école

Il s'agit d'ailleurs là de la première condition nécessaire si l'on veut ramener la sécurité dans les collèges et les lycées. Car, à quoi sert-il de faire pénétrer la police dans les établissements scolaires si les enseignants ne sont pas réhabilités dans leur légitimité et leur autorité? Aussi le MNR entend-il rétablir à l'école des règles strictes de discipline, avec des sanctions au besoin sévères pour ceux qui les transgressent. Et, pour imposer ces règles essentielles, nous proposons de généraliser les postes de censeurs au sein des établissements. Chargés de la discipline, spécialement formés à cet effet, entourés de surveillants et dotés de tous les pouvoirs nécessaires, les censeurs pourront ramener la paix et la sérénité dans les écoles tout en déchargeant au maximum les enseignants des questions de discipline.
Leur action sera d'ailleurs d'autant facilitée qu'étant incapables de suivre le moindre enseignement, les fauteurs de troubles, qui sabotent le bon déroulement des classes, seront exclus et rassemblés dans des établissements spécialisés où ils seront encadrés selon des méthodes et par des personnels adaptés.
Telles sont à nos yeux les réformes sans lesquelles ne pourra s'accomplir le redressement du système d'instruction dans notre pays.

Un nouveau printemps scolaire

Ajoutons qu'une majorité des enseignants qui subissent aujourd'hui de plein fouet la crise aspirent au fond d'eux-mêmes aux profonds changements que nous préconisons. Prolétarisés par le pouvoir socialiste qu'ils ont soutenu et qui les a trahis, ils savent que l'école est en faillite et beaucoup d'entre eux en font quotidiennement le constat avec un sentiment d'amère impuissance. Sous l'écume des protestations de pure forme, ils ne pourront donc qu'approuver la politique de bon sens proposée par le MNR. Une politique qui restaurera leur prestige, leur autorité, leur efficacité pédagogique, rétablira leur niveau de vie et redonnera un sens à leur vocation d'enseignants.
La crise qui frappe l'école est à coup sûr très grave, mais nous pensons que, du pire pouvant naître le meilleur, notre système d'instruction peut être reconstruit et l'école connaître un nouveau printemps



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