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Dossier du 04/10/04
Contrer les délocalisations
Pour gagner la guerre économique, le patriotisme économique européen

La question des délocalisations constitue maintenant l'un des principaux sujets du débat public. Il n'est pas de semaines, sinon de journées, sans qu'on annonce de nouvelles vagues de licenciements pour cause de délocalisation. Et chacun de se trouver confronté à ce défi majeur qui provoque, chez nous comme dans le reste de l'Europe, chômage, précarité et régression sociale.

Or, ce processus, qui représente la conséquence la plus importante et la plus néfaste de la mondialisation, est vécu comme une fatalité à laquelle on ne pourrait rien. Les pays asiatiques et tout particulièrement la Chine sont reconnus comme ayant vocation à devenir le réceptacle de l'industrie planétaire. Et ce phénomène est censé se développer toujours davantage puisqu'il est lié à la libéralisation des échanges internationaux qui, elle aussi nous dit-on, doit aller toujours plus loin.

Pourtant, si rien n'est fait, c'est à terme la désindustrialisation complète qui menace les pays européens. On nous avait annoncé en effet que ces délocalisations vers les pays émergents seraient limitées aux fabrications à faible valeur ajoutée mais que les pays industrialisés pourraient compenser ces pertes de substance par le développement des productions de haute technologie. À l'évidence, ce mécanisme de compensation ne fonctionne pas car la haute technologie est aussi l'apanage des nouveaux pays industrialisés.

Face à cette situation inquiétante, la classe politique française a renoncé à s'attaquer aux causes du phénomène et se contente d'en traiter les conséquences. Pour des raisons idéologiques, elle considère la mondialisation comme un dogme intangible que l'on ne pourrait que pieusement encourager et dont il ne faudrait parler que de façon positive. Dès lors, elle ne s'attaque pas aux délocalisations, elle se contente de mesures sociales pour en atténuer les effets : aides à l'emploi, subventions aux entreprises, plans de conversions industrielles. Pourtant, cette politique qui est pratiquée depuis des décennies a déjà échoué. Elle a offert de gros avantages financiers aux entreprises qui chassent les primes et elle a permis de réduire les statistiques du chômage en maintenant artificiellement des emplois non viables mais elle n'a nullement enrayé le processus de délocalisation.

Est-ce à dire que plus rien n'est possible et que notre pays va subir une décadence industrielle qui ne peut conduire qu'à la décadence tout court ? Certainement pas, car des solutions existent. Mais elles nécessitent une forte volonté politique et surtout elles exigent de se placer dans une logique de puissance pour notre nation et notre continent. Sans doute est-ce politiquement peu correct, pourtant, ce n'est que par cette démarche qu'un redressement est possible.

Pour sauver notre industrie, il faut en effet instaurer une régulation des échanges économiques internationaux. S'il n'est pas question de nier la réalité de la mondialisation, il ne doit pas être interdit d'en dénoncer les aspects néfastes et de tenter d'en minimiser les effets. En d'autres termes, rien n'empêche de chercher à domestiquer la mondialisation. Car les méthodes existent pour y parvenir. Il faut mettre en place des écluses douanières aux frontières de l'Europe comme à celles des autres continents. Des écluses qui n'empêcheraient nullement les échanges internationaux, mais qui permettraient de les réguler. Ainsi les grands ensembles économiques de la planète pourraient continuer à échanger sans s'en trouver déstabilisés. Chacun pourrait se développer selon sa logique et son rythme propre sans subir comme c'est le cas actuellement des bouleversements sociaux majeurs.

Cette régulation économique est d'ailleurs déjà pratiquée de façon partielle, hypocrite et sauvage par de grands pays industriels comme les États-Unis d'Amérique ou le Japon et aussi par les pays émergents du Sud-Est asiatique. Chacun connaît la législation dite du super 301 qui permet aux Américains de prendre unilatéralement des mesures de protection lorsqu'un secteur de leur économie est menacé. Pourquoi ce qui est pratiqué par certains grands pays du monde ne le serait pas par l'Europe ? Et pourquoi ce qui est admis aujourd'hui de façon sournoise ne serait pas demain "légalisé" et reconnu au grand jour ? La mondialisation est un fait incontournable, mais, au lieu de la laisser se développer de façon sauvage, on peut la réguler et freiner ainsi le processus de délocalisation.

Cette disposition défensive n'a cependant de sens que si elle s'accompagne d'une démarche offensive. C'est pourquoi il faut développer à l'échelle de la France, mais aussi à celle de l'Europe, une stratégie audacieuse dans chacun des grands secteurs industriels. Il faut cesser de croire que l'économie se développe harmonieusement par le seul jeu des forces du marché. Les succès et les échecs industriels résultent aussi de décisions stratégiques majeures qui ne peuvent pas être prises au seul niveau des entreprises. D'ailleurs, les pays qui ont réussi, notamment dans le Sud-Est asiatique, ont adopté une démarche industrielle de ce type, à la fois technique et patriotique, qui vise à faire triompher l'économie de leur pays.

Pour surmonter les défis de la mondialisation et enrayer les délocalisations, la France et l'Europe doivent donc adopter une attitude similaire. Celle-ci a d'ailleurs déjà été mise en oeuvre dans le secteur aéronautique et a débouché sur le remarquable succès d'Airbus. La décision politique de créer un secteur aéronautique européen a en effet permis la constitution d'une entreprise qui s'est imposée comme le numéro un mondial de l'aéronautique civile et dont tous les établissements industriels sont implantés en Europe. Dès lors, pourquoi ce qui a été réussi dans le domaine de l'aéronautique ne le serait-il pas dans les autres grands secteurs industriels ?

Il est par exemple consternant de constater que les téléviseurs à écran plat qui vont remplacer les téléviseurs classiques utilisent comme composant principal une "dalle" de technologie très sophistiquée qui n'est actuellement produite que dans trois pays asiatiques. Or, les usines de fabrication de ces composants sont automatisées et leur implantation dans les pays asiatiques ne se justifie nullement par le faible coût de main-d'oeuvre. Pourquoi l'Europe a-t-elle laissé échapper ce créneau particulièrement profitable et pourquoi a-t-elle été incapable de mettre en place un projet d'envergure pour reconquérir le marché de l'électronique grand public ?

Il est temps de développer dans chaque secteur des stratégies industrielles volontaristes en associant aux grands industriels concernés tous les services de l'État qui gèrent la réglementation et la fiscalité mais aussi les services de renseignement et les services diplomatiques afin de mettre au point des plans d'action pour la conquête ou la reconquête de marchés entiers.

La mondialisation n'est pas un mécanisme abstrait et désincarné qu'on ne pourrait que subir. Elle est la nouvelle arène dans laquelle se déroule aujourd'hui le jeu immémorial de l'affrontement et de la compétition entre les puissances. Nous ne connaissons plus de grandes guerres classiques, mais nous sommes engagés dans une guerre économique mondiale qui voient les nations s'affronter sans merci. Si nous refusons d'en prendre conscience et d'agir en conséquence, nous serons vaincus et la désindustrialisation ira jusqu'à son terme.

Pour éviter ce désastre, il faut retrouver un esprit de battant qui allie la volonté de gagner à l'amour de son pays. Afin de remporter la guerre économique internationale et éviter la désindustrialisation, nous devons donc inventer, à l'échelle de l'Europe, un nouveau patriotisme économique européen.

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