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Dossier du 25/09/13
Hélie Denoix de Saint-Marc : un chevalier des temps modernes

Après une vie tourmentée durant laquelle il participa aux grandes tragédies de notre histoire récente, le Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc vient de nous quitter à l'âge de 91 ans. Il restera comme un symbole de ce que Vigny appelait '' Servitude et Grandeur militaires ''. Il incarnait parfaitement l'Honneur et la Fidélité, vertus suprêmes du soldat. Il était né en 1922 à Bordeaux au sein d'une famille de notables, aristocrate de robe catholique dont le père s'était illustré en 14-18. Il fit ses études chez les jésuites et hésita entre prononcer ses voeux ou le service des armes. Il admirait des auteurs comme Kipling, Conrad, Stevenson, le combat des chouans pour Dieu et le Roi, les pionniers de la colonisation, l'esprit chevaleresque d'un Guynemer (dont il adoptera la devise '' faire face '') ou d'un Mermoz. En 1940, il assiste stupéfait à la débâcle et voit à Bordeaux le gouvernement en fuite qui s'y était réfugié et l'armée déconfite. Ce fut un premier choc. Il décida, dès février 41, d'entrer en résistance comme agent de liaison et fut arrêté sur dénonciation le 14/07/43. Déporté à Buchenwald puis dans le terrible camp de Langenstein (où le taux de mortalité atteignit 90%), il survécut, entre autre, grâce à l'aide d'un mineur letton. A l'arrivée des américains en avril 45, il gisait inconscient dans la baraque des mourants et mit plusieurs jours à retrouver la mémoire. Il fut l'un des 30 survivants d'un convoi de plus de 1000 déportés ! Cette expérience inhumaine le marquera à jamais : '' l'homme qui a vu l'autre côté du monde ne peut plus vivre à bon compte ''. A son retour, rétabli, il fait St-Cyr et s'engage en décembre 47 avec la Légion (3e REI) en Indochine. Affecté à la frontière chinoise, il mène avec ses partisans vietnamiens une contre guérilla mais 18 mois après, sur ordre, il est contraint d'évacuer ce poste et de les abandonner ainsi que les villageois amis à l'ennemi. Il devra faire frapper à coups de crosse sur leurs mains accrochées aux ridelles des camions militaires qui se retiraient. Ceci restera sa '' blessure jaune '' qui ne se refermera jamais. Il revint en Indochine en 52-53 avec le 2e BEP (Bataillon étranger parachutiste) après la tragédie de la RC 4 et fera un dernier séjour en 54 avec le 1er REP où il mènera les derniers combats. Beaucoup de ses compagnons ne reviendront pas mais pour lui '' lorsqu'ils meurent à vingt ans, les hommes poursuivent leur course sans changer de visage. Ils sont comme des astres morts dont la lumière vous éclaire encore alors que le coeur s'est éteint ''. Puis, il débarque à Oran fin 54, il combat dans les Aurès avec le 1er REP, participe à l'expédition de Suez en 56 et aux côtés du Général Massu à la célèbre bataille d'Alger avant de rejoindre l'état-major du général Challe. En avril 61, avec le 1er REP qu'il commande par intérim, il participe au putsch des généraux. Après l'échec, refusant la clandestinité, il préfère se constituer prisonnier. Au Haut Tribunal Militaire, il dira qu'il refusait d'abandonner ses harkis : '' j'avais accepté de finir fusillé dans les fossés de Vincennes '' et déclarera : '' le soldat est toujours là où il faut mourir. C'est sa grandeur, mais il ne peut supporter le mensonge ''. Devant la trahison gaulliste, il affirmera : '' j'ai préféré le crime de l'illégalité au crime de l'inhumanité '' et encore '' on peut demander beaucoup à un soldat, même sa vie, mais on ne peut pas lui demander de se parjurer ''. Il écrira plus tard : '' un homme doit garder la capacité de résister, de s'opposer et de dire non ... vivre ce n'est pas exister à n'importe quel prix ! ''. Bien sûr, cette grandeur d'âme ne fut pas du goût des juges aux ordres qui le condamnèrent à 10 ans de réclusion criminelle. Il passa 5 ans à la prison de Tulle avant d'être gracié à la Noël 66. Il fit ensuite carrière dans l'industrie comme directeur du personnel dans une entreprise métallurgique. En 1978, il est réhabilité et recouvre ses droits civils et militaires. En 1980, paraît sa biographie écrite par son petit neveu Becarria qui connaît un grand succès. Il décide alors de témoigner  '' au nom de ses hommes qui ont emporté avec eux ce qui fut leur raison d'être et qui n'ont pas été compris '' et publie son autobiographie '' Les Champs de braises '' qui obtiendra le Fémina, suivront '' Les Sentinelles du soir '', '' Indochine notre guerre orpheline '', '' Notre Histoire 1922-45 '' : conversations avec August von Kageneck, officier allemand de panzers, '' Toute une vie '', '' L'Aventure et l'Espérance '' ouvrages d'une haute élévation d'âme, interrogations sur la guerre, Dieu, le sens de la vie et de la mort magnifiquement écrits et qui susciteront respect et admiration même de ses adversaires. En 2011, suprême et tardive reconnaissance, il fut fait Grand Croix de la Légion d'Honneur lors d'une émouvante cérémonie aux Invalides par le Président Sarkozy. Il écrivait '' si je rencontrais demain, au coin d'une rue, l'adolescent que j'ai été, je voudrais qu'il n'ait pas à rougir de ce que je suis devenu. Je sais à présent combien il est difficile de vivre une existence  simplement honorable , au sens de Montaigne, sans trahir les idées de ses 20 ans '' .
Sa vie '' chacun la joue jusqu'à la dernière seconde '' (on pense à Venner qui,lui aussi, combattit en Algérie).Elle fut à la hauteur de ses espérances, il a traversé tous '' les champs de braises '', toutes les tragédies de la deuxième partie du siècle dernier, sentinelle qui jamais ne manqua à sa parole, avec la noblesse d'un chevalier gardant en dépit de tout l'espérance chevillée au coeur:  '' Les citadelles de l'esprit restent debout plus longtemps que les murailles de pierres ''. A juste titre, il a pu dire '' je n'ai pas de ressentiment, j'ai mené une vie passionnante. J'ai été aux avant-postes de l'Histoire. Je crois que j'ai été fidèle à moi-même et à mes convictions et c'est peut être cela l'honneur de vivre ''.


Bernard BRES
Septembre 2013

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