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Dossier du 09/10/08
A propos de la crise financière
Un éclairage de Bernard Bornette sur la crise économique et financière

Les raisons premières de cette crise viennent de loin : elles se trouvent dans la dérégulation monétaire consécutive à la décision prise en 1973 ( ça ne date pas d'hier...) par les USA de s'affranchir de l'obligation de lier la création monétaire par référence à l'économie réelle et à l'or. C'étaient les fameux 35$ /l'once d'or, un ratio datant des années 30. En 1973, c'était la guerre du Vietnam et les USA ont eu besoin de se libérer des contraintes monétaires. Et comme les autres monnaies étaient calées sur le dollar, la porte était alors grande ouverte pour la création monétaire sans réserve . Avec d'ailleurs des conséquences inflationnistes bien réelles.

A cela s'ajoute la libéralisation progressive des transferts de capitaux autorisés par un traité passé inaperçu du grand public : '' L'acte Unique '' signé par les européens, y compris la France de Mitterrand/ Jospin, qui complétait la libéralisation des transferts de dollars. Jusqu'à lors les mouvements de devises étaient soumis au Contrôle des changes géré par la Banque de France et le Trésor qui n'autorisaient que les opérations fondées sur des décisions économiques tangibles. La spéculation était donc de fait impossible, et la seule liberté concernait les '' euro dollars '', situés hors du système Français. Ce contrôle des changes était évidemment très mal vu car il s'opposait à la liberté des transactions . C'est pourtant sous ce régime que nous avons connu l'ère de prospérité des '' 30 glorieuses ''.

A cette suppression du contrôle des mouvements de capitaux, s'est ajoutée la liberté totale de l'endettement. Les structures étaient donc en place pour l'explosion du système : endettement faramineux des états, les USA et la France bien sur, mais également les états européens . (Selon le mot de Pierre DAC : '' Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites...)

Les agents économiques - entreprises et particuliers - s'en sont également donné à coeur joie, incités en cela par '' l'effet de levier '' . L'effet de levier consiste à s'endetter lorsque les taux sont faibles pour amplifier le profit tiré d'un investissement. Imaginons en effet un projet coûtant 100 et prévu pour raporter 10% . Si l'investisseur le finance sur sa trésorerie propre il recevra une rentabilité de 10%. Mais s'il le finance pour moitié sur emprunt il recevra 10 pour 50 investis soit un rendement de 20% ( moins les frais de l'emprunt ) . Or la politique de ces 10/20 dernières années était de maintenir des taux d' intérêt faibles, en particulier sur le dollar, ce qui a largement favorisé le développement de cet '' effet de levier ''. Un grand merci à Alan Greenspan, le patron de la Federal Reserve, qui n'est pas pour rien dans la crise actuelle.

Cette crise à été déclenchée par ces fameux '' subprims '' US, résultant eux même de la combinaison de taux bas et de la croyance des prêteurs en l'augmentation indéfinie de la valeur des actifs immobiliers. Quand le système a coincé sous le double effet d'un relèvement des taux et de la baisse de valeur de leurs logements, les particuliers ne pouvant plus rembourser se sont trouvés expulsés par leurs prêteurs qui se sont eux même retrouvés possesseurs de biens invendables. A la ruine des particuliers s'ajoutait donc la déconfiture des banques et sociétés de crédit, mais également des assurances. Car, pour compléter le tableau, des compagnies d'assurances garantissaient les obligations '' titrisées '' résultant des crédits octroyés.

La '' titrisation '' est un mécanisme nouveau par lequel un prêteur regroupe des créances en '' paquets '', ces paquets étant achetés par d'autres agents financiers, selon leurs disponibilités,. Ceci a pour effet de créer un mécanisme largement aveugle avec la difficulté , pour le détenteur de ces '' titres '', d'en connaître la valeur réelle. D'où le développement d'un sentiment de méfiance entre établissements, quant à la valeur des titres qu'ils détiennent, et par voie de conséquence , à l'égard de leurs confrères.

Ce n'est pas tout : on a constaté un fort développement des '' ventes à découvert ''.. Cela consiste à vendre au prix du jour un produit que vous ne détenez pas - actions, pétrole, devises, matières premières ou alimentaires etc.... - en espérant que lorsque vous devrez le remettre à votre acheteur (dans un délai de un à trois mois ), sa valeur aura baissé, et que donc en achetant cette action (par exemple ) au comptant pour la '' livrer '' à votre acheteur vous réaliserez une plus value, amputée du coût de l'argent que vous aurez dû subir pour '' emprunter '' cette action que vous ne déteniez pas. Ces opérations de vente à découvert sont évidemment facilitées par les possibilités d'endettement, et les bas taux d' intérêt mentionnés ci dessus.

Elles sont pratiquées par les '' hedge funds '' , dont c'est la spécialité, mais également par des institutions financières - banques, compagnies d'assurance...- lorsqu'elles se lancent sur ces opérations forcement risquées. Ce mécanisme est à l' origine des déboires de la Société Générale, début 2008, et de diverse institutions qui font l'actualité du jour.

Mais ce n'et pas tout, et c'est là que réside le principal risque économique. Il faut en effet savoir que les banques doivent respecter des ratios réglementaires entre d'une part le niveau des crédits qu' elles peuvent accorder d'autre part leurs '' fonds propres '' , c'est à dire, grosso modo, le total de leur capital et de leurs bénéfices mis en réserve. Si ces bénéfices chutent, du fait des risques excessifs qu'elles ont pu prendre, leurs possibilités de prêter se réduisent, handicapant les particuliers et les entreprises avec donc risque de contraction de l'activité économique.

Ce phénomène est encore accentué par la méfiance des banques à l'égard de leurs consoeurs, dont la solidité peut être incertaine. D' où réduction des prêts interbancaires et donc amplification du risque de réduction de l'offre de crédit.

Et d'où la dégringolade de la bourse qui a perdu 30% depuis le début de l'année, les investisseurs se détournant d'entreprises dont le futur leur paraît incertain. Cette dégringolade a en outre un aspect pervers : les organismes financiers ont l'obligation - introduite ces dernières années, bien à tort - de valoriser dans leurs bilans leurs '' actifs '' - participations, actions etc ...- non plus au coût d'acquisition, mais à la valeur du jour. On comprend donc que la dégringolade des bourses entraîne une perte de fonds propres des banques, et donc affectent leurs capacités de prêt.

Tous ces mécanismes se cumulent aujourd'hui. Ils sont devenus incontrôlables sous l'effet de la mondialisation et de la survenance de nouveaux acteurs - la Chine et les fonds souverains - qui disposent librement de ressources financières considérables générées par les errements des politiques occidentales.

Face à cela, la question des rémunérations astronomiques et scandaleuses des dirigeants de banques et d'entreprises ne sont que peu de choses. Cela fait néanmoins la Une des médias qui seraient mieux inspirés de rappeler les erreurs monumentales de nos politiques qui ont laissé se développer un tel système.

Alors ont voit soudainement nos hommes politiques s'agiter et prendre dans l'urgence quelques mesures ponctuelles, telle l'interdiction (pour 3 mois...) des ventes à terme , ou le rachat précipité des actifs ( prêts et autres) détenus par les banques pour prévenir leur déconfiture.

Quant à la garantie des dépôts des particuliers - les fameux 70.000 Euros dont nos politiques nous rebattent les oreilles - elle est largement illusoire : le fonds de garantie censé les couvrir détient moins de un millième des dépôts en cause. Quant à les faire garantir par l'état ce n'est évidemment pas envisageable.

En ce qui nous concerne, au MNR, nous nous sommes depuis longtemps élevés contre cette mondialisation et cette politique de suppression des frontières et des contrôles en tous genres qui est à l'origine de la crise actuelle. S'il est légitime de blâmer les '' gens de la finance '' qui ont pris des risques inconsidérés, il est encore plus légitime de blâmer une classe politique qui a institué un tel système et l'a laissé dériver.

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