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Dossier du 26/04/07
Les erreurs de Marine Le Pen
Analyse des résultats décevants de la droite nationale

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2007 sont plus que paradoxaux : jamais les idées de la droite nationale n'ont été aussi présentes et jamais le score de son candidat n'a été aussi faible.

Une situation paradoxale
Pendant cette campagne les Français ont en effet exprimé un rejet du système tellement fort que tous les candidats, même ceux de la classe politique, cherchaient à se positionner en rupture avec lui. Pour répondre à leurs aspirations, les candidats ont presque tous été amenés à reprendre certains thèmes de la droite nationale et à droitiser leur discours. Une droitisation généralisée de la scène politique française qui s'est concrétisée dans les résultats. L'extrême gauche connaît, avec à peine 9% des voix, un de ses scores les plus modestes. La gauche, toutes tendances confondues, plafonne à 36% pendant que la droite atteint 45% et que le centre passe à 18%. On assiste donc à un déplacement du centre de gravité politique de notre pays vers la droite et l'évolution du positionnement de l'UMP en est le signe le plus patent.

Les circonstances étaient donc favorables au candidat de l'Union patriotique, d'autant que plusieurs événements survenus pendant la campagne plaçaient les préoccupations traditionnelles de la droite nationale au coeur de l'actualité. Ainsi en est-il des incidents violents de la gare du nord le 27 mars, de ceux de la foire du trône le 9 avril, des crimes odieux survenus à Nantes et ailleurs ainsi que le souvenir des émeutes de l'automne 2005.

Or, malgré ces circonstances éminemment favorables, le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen est plus que décevant. Non seulement il n'accède pas au deuxième tour, mais il doit se contenter de la quatrième place sans faire le plein de ses voix personnelles qui s'élevaient à 16,9 % en 2002, ni a fortiori de celles de son courant qui s'établissait, avec le score de Bruno Mégret, à 19,3 %.

Pourquoi ce paradoxe ? Chacun l'a compris, c'est le positionnement droitier de Nicolas Sarkozy et sa campagne visant à reprendre à son compte les thèses de la droite nationale qui sont à l'origine de cette situation. Pourtant il n'y avait aucune raison technique à ce qu'un tel basculement de voix se produise dès le premier tour car jamais la qualification de Nicolas Sarkozy pour le deuxième tour n'a été mise en cause et le vote utile en sa faveur n'avait donc pas de sens.

Les causes de l'échec : la direction de campagne, pas le candidat
L'explication de cette déconvenue doit donc être recherchée dans la manière dont la campagne du candidat national a été menée. Et de ce point de vue il faut être clair : la stratégie de campagne concoctée par la directrice stratégique de la campagne est la principale cause du recul tristement spectaculaire du candidat national.

Jean-Marie Le Pen lui-même est pourtant resté égal à lui-même et ses prestations médiatiques ont été de qualité. Sa stature, son expérience et sa culture le positionnaient mieux que Royal, Bayrou et même Sarkozy à la hauteur des enjeux de la présidentielle. Malheureusement la ligne directrice qui lui a été imposée par sa fille, se comportant comme une vice-candidate omniprésente dans les médias, a été, à tous égards, catastrophique.

La banalisation du discours
La première erreur a consisté à confondre l'impératif de dédiabolisation avec la banalisation. Le MNR a toujours été partisan d'éviter la diabolisation. Mais la dédiabolisation consiste à renoncer aux dérapages, aux provocations verbales et aux jeux de mots douteux. Elle ne consiste pas à banaliser le discours pour l'aligner sur celui des responsables de la classe politique et faire plaisir aux médias. Si on demande à Jean-Marie Le Pen de parler comme les dirigeants de la classe politique au moment où certains d'entre eux commencent à parler comme Jean-Marie Le Pen, il n'est pas étonnant que de nombreux électeurs ne s'y retrouvent pas et en tirent des conclusions électoralement néfastes. Ainsi y a-t-il eu sur la question, pourtant centrale, de l'immigration un brouillage des idées du candidat. Le discours ferme de l'immigration zéro a en effet été parasité par des initiatives hasardeuses visant à récupérer les voix de certains immigrés. Lorsque Marine Le Pen organise un déplacement à Argenteuil au cours duquel le candidat se place à la gauche du ministre de l'Intérieur pour défendre les immigrés face aux propos de Sarkozy sur le Karcher, elle délégitime complètement le discours de son candidat tout en confortant celui de son adversaire.

La gauchisation du positionnement
Par ailleurs tout le discours sur les questions économiques et sociales reposait sur l'idée fausse que l'électorat de la droite nationale se retrouve exclusivement dans les catégories les plus pauvres et les plus déshérités de la population et qu'il fallait donc tenir à leur intention des propos socialisants voire gauchisants. Or l'électorat de la droite nationale est beaucoup plus complexe et se trouve composé notamment d'une majorité de représentants de la classe moyenne qui souffrent de l'assistanat, de la bureaucratie et de la fiscalité autant si ce n'est plus que du chômage et de la précarité. Il ne fallait donc pas abandonner à Sarkozy la thématique de la réhabilitation du travail.

Le sabotage de l'Union patriotique
Autre erreur particulièrement désastreuse de la directrice stratégique de la campagne : le sabotage de l'Union patriotique. Alors que Jean-Marie Le Pen avait lancé cette Union, sa fille Marine n'a eu de cesse de la vider de toute substance, de minimiser ceux qui en faisaient partie en cherchant à tout prix à les occulter et à les écarter de la campagne. Ce faisant elle a empêché qu'une dynamique se mette en place, une dynamique qui aurait pu naître d'un grand meeting de fondation au cours duquel tous les leaders de la droite nationale se seraient exprimés et cela à un moment où Bayrou n'avait pas encore fait sa percée et où les autres camps n'étaient pas encore en ordre de bataille. Pis, en donnant le sentiment que les ralliements et les soutiens n'étaient pas les bienvenus, elle a fait passer dans l'électorat le message que son candidat ne cherchait pas à rassembler, ce qui est l'inverse de ce qu'il convient de faire dans une campagne électorale.

L'absence de campagne de terrain
Cette attitude a eu comme seconde conséquence d'accentuer une autre faiblesse de la campagne liée à l'absence d'actions de terrain. Alors que les autres candidats sillonnaient la France, la campagne dirigée par Marine Le Pen semblait se limiter aux prestations médiatiques. Ce qu'il aurait pourtant été nécessaire et que les leaders du FN auraient pu faire, c'est multiplier des actions de terrain symboliques et militantes ayant une forte signification sur les questions d'immigration, de délocalisation, d'insécurité ou d'islamisation.

Le manque de contre-attaque face à Sarkozy
Une telle offensive aurait dû s'inscrire dans une stratégie de riposte à Sarkozy. Or par rapport au candidat de l'UMP, la directrice de la campagne n'a nullement pris la mesure du danger, allant même parfois jusqu'à faire les yeux doux à l'intéressé. Comme si elle était désireuse de faire apparaître son candidat comme plus modéré que Sarkozy, elle n'a pas orchestré l'attaque de fond qui aurait été nécessaire pour dénoncer l'imposture du discours de Sarkozy. Aucun matraquage n'a été fait sur les propositions du candidat de l'UMP visant notamment à instaurer la discrimination positive, à assurer le financement public des mosquées, à accorder le droit de vote aux étrangers, comme rien n'a été fait pour démolir le bilan de Sarkozy au ministère de l'Intérieur et montrer que ses actions sont toutes en trompe-l'oeil.

La monopolisation des médias
Enfin la directrice de campagne a cherché à monopoliser les médias. Ecartant tous les autres leaders, s'imposant de façon omniprésente à la télévision, elle s'est comportée en vice-candidate. Mais lorsqu'un homme politique n'est soutenu que par sa fille, autant dire qu'il n'est soutenu que par lui-même.

La directrice stratégique de la campagne de Jean-Marie Le Pen aurait dû comprendre que la présence de son candidat au deuxième tour n'était nullement acquise et que la priorité n'allait pas à la banalisation destinée à améliorer le score du deuxième tour par rapport à celui de 2002.

En se trompant de tour et de stratégie Marine Le Pen est la principale responsable de la déconvenue électorale de la droite nationale.

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