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Dossier du 21/09/03
Turquie : les cinq non
Les cinq raisons majeures de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Europe

Pour rejeter l'idée d'une adhésion de la Turquie, les arguments ne manquent pas. Sans même parler des conséquences économiques ravageuses qu'entraînerait l'adhésion d'un pays de 70 millions de ressortissants dont le PIB par habitant est de 5 000 dollars contre 20 000 dollars en moyenne dans l'Europe des Quinze, on voit mal ce qui peut justifier l'adhésion d'un pays non européen. Car, si estimable soit-elle, la Turquie n'est pas une nation européenne : plus de 97 % du territoire turc se trouvent en Asie et 99 % de ses habitants sont musulmans. Si la Turquie adhère à l'Union, alors quelque 70 millions de musulmans bénéficieront de la liberté de circulation dans une Europe qui se découvrirait des frontières communes avec l'Iran, l'Irak, la Syrie, l'Azerbaïdjan... Laisser adhérer la Turquie c'est accepter que l'Union européenne n'ait plus aucune identité et aucune limite géographique. Bülent Ecevit, Premier ministre turc à l'époque du sommet d'Helsinki, ne déclarait-il pas : ''Maintenant que la Turquie est reconnue comme candidate possible, plus rien ne s'oppose à ce que l'Europe s'étende plus à l'Est, vers le Caucase, finalement vers l'Asie centrale et le reste de l'Asie."

Pour la communauté de civilisation européenne
Il y a donc clairement différentes façons de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Il y a ceux qui s'y opposent pour des raisons conjoncturelles en estimant que la Turquie n'a pas encore fait suffisamment de progrès sur la question de la démocratie, des droits de l'homme ou de la rigueur économique. Ceux-là disent aujourd'hui ''non'' à l'adhésion turque, mais demain ils pourraient tout aussi bien lui dire ''oui.'' Et puis il y a ceux qui, considérant que l'Europe est davantage qu'un simple traité économique ou une vague référence aux droits de l'homme, jugent que la Turquie n'a pas vocation à y adhérer. C'est très clairement à ce second groupe qu'appartient le MNR. Et c'est pourquoi, en tant que défenseur de l'identité française et de la communauté de civilisation européenne, il s'opposera toujours et de toutes ses forces à l'adhésion de la Turquie.

Les cinq raisons de dire non à la Turquie

La mise en cause de notre identité
Ce seul argument devrait suffire : la Turquie n'est pas une nation européenne. Géographiquement la Turquie est tournée vers l'Asie et culturellement vers... La Mecque ! Accepter l'adhésion de la Turquie c'est briser l'homogénéité culturelle de l'Europe et ne plus fixer aucune limite à son élargissement. ''Si la Turquie fait son entrée, écrivait récemment Alain Duhamel dans le quotidien Libération, alors pourquoi pas les républiques musulmanes de l'ex-URSS, les pays du Maghreb ou Israël ? Cela n'aurait rien d'impossible en soi. Les liens historiques de maints pays d'Afrique ou du Proche-Orient avec l'Europe sont même nettement plus fort que ce n'est le cas avec la Turquie.'' Laisser la Turquie adhérer à l'Europe, c'est donc admettre le principe d'un élargissement sans fin.

L'aggravation de l'immigration
L'adhésion de la Turquie provoquera une vague d'immigration sans précédent dans l'histoire de l'Europe. La Turquie compte en effet une population de 70 millions d'habitants, presque tous musulmans, qui seront 88 millions en 2025 du fait d'une démographie galopante. Comme la libre circulation des personnes est une règle de base de l'Union européenne, il est clair que ces populations, attirées par la protection sociale et le niveau de vie européen émigreront en masse vers l'Europe.

L'islamisation de l'Europe
L'adhésion de la Turquie favoriserait l'islamisation de l'Europe. Quelque 99 % des 70 millions de Turcs sont de confession musulmane. La tentative de Mustafa Kemal Atatürk d'européaniser la Turquie a finalement échoué comme l'a démontré de façon éloquente la victoire des islamistes turcs lors des dernières élections législatives. Sous une mince couche de vernis laïc, la Turquie et les Turcs restent profondément musulmans. Cela n'a rien de méprisable. Mais cela ne donne pas vocation à entrer en Europe.

L'augmentation du chômage
L'adhésion de la Turquie représenterait un suicide économique et social. Le PNB par habitant de la Turquie est évalué à moins de 5 000 dollars contre 20 000 dollars pour l'Union européenne. De plus, son taux d'inflation oscille autour de 100 % par an contre 1,4 % en moyenne chez les Quinze. Avec de telles disparités, la facture de l'adhésion de la Turquie serait lourde pour les travailleurs français et européens. Non seulement ceux-ci se verraient concurrencés sur leur propre sol par la main-d'oeuvre bon marché des immigrés turcs, mais de nombreuses entreprises françaises et européennes ne résisteraient pas à la tentation de délocaliser leurs activités vers le paradis fiscal et social turc. L'adhésion de la Turquie se solderait donc par l'explosion du chômage pour les travailleurs français et européens.

L'explosion de la fiscalité
L'adhésion de la Turquie aurait aussi un coût fiscal considérable, car elle impliquerait l'instauration d'un véritable ''plan Marshall'' européen pour aider ce pays à combler son retard économique. Or ces flux financiers ne pourraient se faire qu'au détriment des contribuables français et européens. Non seulement ils seraient sommés de financer les milliards d'euros qui se déverseraient sur la Turquie, mais de nombreuses aides européennes qui bénéficiaient jusqu'ici à la France seraient nécessairement réorientées vers les Turcs. L'adhésion de la Turquie signifierait donc, pour la France, encore moins de subventions européennes et encore plus d'impôts !

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