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Dossier du 10/03/03
Irak et nouvelle Europe
Et si la guerre d'Irak engendrait une nouvelle Europe:

La crise irakienne ne sera certainement pas une péripétie dans l'histoire contemporaine de notre planète. Au-delà des conséquences directes, majeures et par ailleurs imprévisibles de ce conflit, notamment sur l'équilibre du Moyen- Orient, elle peut être l'occasion d'un renouveau européen de grande ampleur et, par là même, d'un bouleversement de la scène internationale, des concepts idéologiques qui la régissent et du rapport de force qui y prévaut.

A la surface des choses, le mouvement d'opposition à la guerre n'a été que l'expression d'une divergence quant aux moyens à utiliser pour désarmer l'Irak. M. Chirac n'affirmait-il pas à tout propos que la guerre est la pire des solutions, mais que son objectif était le même que celui affiché par M. Bush?

En réalité, ces événements ont une tout autre portée. Pour la première fois, en effet, les Etats-Unis, communément considérés comme l'hyper-puissance mondiale depuis la chute de l'Union soviétique, se trouvent contestés et isolés sur la scène internationale. Plus intéressant encore, l'Europe cesse d'être globalement et inconditionnellement à la remorque de Washington et ce sont trois grandes nations européennes, la France en tête, qui ont pris l'initiative de cette opposition aux Américains. Dès lors, chacun a découvert que le monde n'est plus voué à passer sous la tutelle d'une unique puissance, fût-elle démocratique et libérale. Et les Européens se sont rendu compte qu'ils peuvent jouer un autre rôle que celui de supplétifs dociles des Etats-Unis.

Certes, les institutions de Bruxelles apparaissent toujours divisées, paralysées et neutralisées. Mais, si la Grande Bretagne ou l'Espagne n'ont pas suivi la France et l'Allemagne, il n'en a pas été de même de leurs peuples qui se sont opposés à l'alignement pro-américain de leur gouvernement. Cette crise peut donc, telle un révélateur ou un déclencheur, provoquer une prise de conscience et un réveil des peuples européens. Elle permet en effet à chacun de mesurer le rôle et le poids qui peuvent être à nouveau ceux du vieux continent et de comprendre que nous sommes en présence d'une nouvelle donne susceptible de rendre possible ce qui était jusqu'à présent inenvisageable. L'Europe peut s'imposer comme un vrai pôle de puissance capable de réaliser ce que quarante ans de démarches bureaucratiques, diplomatiques et politiciennes n'ont pas réussi à faire: assurer l'union de l'Europe, rompre sa dépendance à l'égard de l'Amérique, tout en maintenant évidemment une étroite collaboration avec ce grand pays et ériger notre continent en une réelle puissance indispensable à l'équilibre du monde.

Tout désormais devient possible. A l'occasion de cette crise, notre continent peut se réveiller et une nouvelle Europe s'organiser. Encore faut-il transformer cette prise de conscience presque fortuite en une politique volontariste. Car, pour jouer un rôle, l'Europe doit enfin se donner les moyens de s'affirmer de façon autonome et de rompre avec l'atlantisme. Gageons d'ailleurs que la crispation des Américains et leurs éventuelles représailles contre certains pays européens jugés trop indépendants devraient faciliter les choses. Car il faudra bien prendre les moyens de se dégager d'une tutelle qui deviendrait ouvertement contraignante ou hostile.

Ainsi, le temps est venu de constater que l'Otan, qui a d'ailleurs montré son incohérence lors de cette crise, n'a plus de raison d'être depuis l'éclatement du pacte de Varsovie. Les Européens devraient donc maintenant la mettre en cause et lui substituer une alliance militaire européenne. Notre continent doit se doter globalement d'une puissance armée capable de contrebalancer celle des USA, ce qui est d'ailleurs parfaitement possible, puisque l'Europe dispose d'une population et d'un PNB comparables sinon supérieurs à ceux des Etats-Unis.
L'Europe doit en outre être capable de se dégager de ses autres liens de dépendance à l'égard des Américains.

Déjà, avec l'euro, elle dispose d'un instrument de puissance en mesure de faire contrepoids au dollar, mais elle doit aussi renforcer considérablement ses atouts industriels et technologiques. Il y a par exemple urgence à concrétiser le système européen de localisation par satellite Galiléo de façon à ne plus dépendre du seul système américain GPS. Plus globalement, l'Europe doit développer son potentiel de recherche et favoriser son infrastructure industrielle dans tous les domaines stratégiques.

Pour accomplir enfin cette affirmation d'existence, l'Europe doit comprendre qu'il ne sert à rien de multiplier des mécanismes institutionnels toujours plus complexes, mais qu'il faut s'appuyer sur les réalités historiques et ancestrales que constituent les nations et qui ont fait leurs preuves dans cette crise. Il est absurde de vouloir tout harmoniser jusque dans le moindre détail et de rester, sur les questions majeures, à la remorque de l'Amérique. Mieux vaut laisser aux Etats une large autonomie pour ce qui est de la vie quotidienne des citoyens et assurer la cohésion des nations d'Europe autour d'une volonté de rayonnement mondial et d'indépendance. Les peuples ont besoin, pour exister et s'unir, de se sentir utiles et grands.

L'Europe et les Européens ont beaucoup à gagner à ce renouveau. Mais, si nous nous engagions dans cette voie, c'est aussi le monde qui y gagnerait car la planète a besoin d'une Europe forte et fière de sa civilisation. Notre monde ne sera libre et épanoui que s'il redevient multipolaire et qu'une nouvelle Europe s'impose comme une grande puissance pacifique et bienveillante, capable par sa force et par ses valeurs universelles de contrebalancer et de tempérer les Etats-Unis d'Amérique pour permettre la paix et l'harmonie entre les nations du monde.

La guerre d'Irak est en soi une calamité, mais si elle permet aux peuples européens de comprendre comment ils peuvent à nouveau exister et peser dans le monde, un grand bien sortira de ce mal. La guerre d'Irak doit engendrer une nouvelle Europe.

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