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Dossier du 26/06/03
Référendum en Corse
Le MNR et Bruno Mégret appellent à voter non

Le référendum proposé aux Corses par MM. Sarkozy et Raffarin est un nouveau rideau de fumée qui abuse les Corses, ne résoudra aucun des problèmes de l'île et constitue de nouvelles concessions aux indépendantistes.

1 - Un référendum pour rien
Ce référendum qui vise à instaurer un nouveau statut de l'île ne sert en réalité à rien. Il s'agit du quatrième statut de l'île en vingt et un ans, après le statut Deferre (1982), le statut Joxe (1991) et le statut Jospin (2002). La Corse subit donc une réforme institutionnelle en moyenne tous les cinq ans, dont le rythme d'ailleurs ne cesse de s'accélérer. Or, l'expérience a montré qu'aucune des réformes structurelles n'a, dans le passé, résolu les vrais problèmes de l'île de Beauté. Il n'en est résulté aucune amélioration de la sécurité publique et aucun renouveau dans le développement économique. Il est clair que cette quatrième réforme connaîtra le même sort et ne changera rien à rien. Sarkozy fait perdre leur temps aux Corses et les mène en bateau.

2 - Un référendum qui ne simplifie rien mais complexifie encore plus
La réforme proposée par le gouvernement Raffarin est, au demeurant, d'une grande complexité qui n'assurera aucune lisibilité claire aux nouvelles institutions.
On crée une Assemblée territoriale alors qu'il en existe déjà une. On annonce la suppression des deux départements tout en annonçant la création de deux conseils territoriaux pour se substituer à eux et on maintient les plaques minéralogiques 2A et 2B. Ajoutons que la région Corse n'avait pas encore obtenu de bénéficier dans la pratique de toutes les compétences pourtant déjà octroyées par le statut Joxe qui date de 1991. Gageons qu'avec la nouvelle réforme, si elle était adoptée, il en irait de même. Ajoutons qu'avec cette réforme supprimant les conseillers généraux, les Corses n'auront plus d'élus de proximité pour diriger l'île et que cela la placera sous la coupe des grandes formations qui ont souvent bien d'autres préoccupations que l'intérêt de la Corse.

3 - Avec ce référendum, le gouvernement manipule les Corses
Ce référendum s'avère donc n'être qu'une simple opération de communication pour laisser croire que le gouvernement prend en compte les préoccupations des Corses. Mais dans la pratique, cela ne changera rien. Pis encore, ce référendum qui est présenté aux Corses comme une occasion de choisir eux-mêmes leur destin n'est qu'un leurre, car la réalité institutionnelle de ce référendum est celle d'une consultation dont le résultat ne s'imposera pas au gouvernement qui peut ensuite s'y conformer ou le modifier. En fait, il ne s'agit que d'un simple avis, comme le prévoit d'ailleurs la loi qui stipule qu'''Une consultation est organisée (...) afin que les électeurs de nationalité française inscrits sur les listes électorales de Corse donnent leur avis sur les orientations proposées pour modifier l'organisation institutionnelle de la Corse.''

Cela est si vrai qu'après le référendum, le projet de statut sera débattu et éventuellement amendé, pour décision, par le Parlement. Or le texte soumis à référendum est tellement peu clair que chacun peut y trouver de petits motifs pour le soutenir mais ensuite le gouvernement fera ce qu'il veut. En réalité, il demande un chèque en blanc.

4 - Un référendum qui divise les Corses
Ce référendum aura, de surcroît, comme conséquence néfaste de diviser profondément les Corses, leurs élus et leurs formations. L'UMP est divisée, puisque José Rossi défend le oui, quand Jérôme Polverini se démène pour faire capoter le référendum. A gauche, la division est encore plus forte : Emile Zuccarelli et Nicolas Alfonsi font campagne pour le non, alors que Paul Giacobbi et Simon Renucci se mobilisent pour le oui. Cette cacophonie n'est nullement un phénomène politicien, elle prouve que ce référendum ne répond à aucune aspiration profonde et qu'une fois mis en oeuvre, il ne pourra engendrer que de nouveaux mécontentements et pourquoi pas, à court terme, le projet d'un énième statut. En clair, c'est la politique de Gribouille.

5 - Un référendum qui fait l'unité des indépendantistes corses
Seuls les indépendantistes se déclarent massivement favorables au référendum, car ils considèrent que le nouveau statut va les servir et enclencher un processus de séparation progressive de la Corse et de la métropole. Cette perspective est particulièrement néfaste, car ce sont les séparatistes et leurs composantes activistes qui sont principalement à l'origine des troubles que connaît l'île depuis maintenant de nombreuses années et qui obérent son développement économique. Un référendum qui va dans leur sens va donc dans le mauvais sens. D'autant que comme cela a été pratiqué en Nouvelle-Calédonie, rien ne garantit qu'un nouveau référendum allant demain encore plus loin ne sera pas soumis aux électeurs jusqu'à obtenir l'indépendance pure et simple.

6 - Le MNR de Corse vote non au référendum
La fédération MNR de Corse se prononce donc pour le non au référendum et invite tous les Corses à rejeter le projet du gouvernement avec les arguments suivants :
- il ne réglerait ni le problème du marasme économique,
ni celui de la crise démographique et de son corollaire, l'immigration extra-européenne
ni celui de l'insécurité,
- ce serait un premier pas vers l'indépendance,
- il traduit un mépris du pouvoir à l'égard des Corses.

7 - Le MNR favorable à une autre voie
Si le MNR souhaite le rejet du référendum, il considère qu'il faut suivre en Corse une autre voie pour redonner toute leur place aux Corses et à l'île de Beauté au sein de la communauté nationale.

L'une des priorités est celle du développement économique de l'île dans le respect de son environnement, de ses traditions et de ses sites. Pour ce faire, un véritable ''plan Marshall'' d'équipement et d'investissements devrait être engagé au bénéfice de la Corse.

L'autre priorité est de rétablir la sécurité en cessant d'accorder des faveurs à ceux qui la troublent en permanence. Au lieu d'organiser ce référendum-bidon, on attend de M. Sarkozy qu'il fasse procéder à l'arrestation de M. Colonna, pour commencer. Le droit, la loi et l'ordre républicain doivent prévaloir en toutes circonstances.

Il faut, comme d'ailleurs dans les autres régions françaises, mettre en oeuvre une authentique décentralisation qui ne consiste pas à changer le nom des assemblées, leur mode d'élection ainsi que la liste de leurs compétences, mais qui assure aux responsables territoriaux des pouvoirs réels qui soient garantis par des financements autonomes, sans que l'Etat ne vienne retirer de sa main financière et administrative ce que sa main législative et institutionnelle a accordé.

Enfin, dans ce cadre qui redonnera des perspectives de développement véritables à l'île de Beauté, les Corses pourront retrouver toute leur fierté et maintenir vivantes leurs traditions et leur identité.

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