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DISCOURS
Paris - 15/11/03 - Discours de Bruno MEGRET
Les lignes de fracture
Intervention au Conseil national du MNR

Nos travaux s'achèvent et je vous remercie de l'attention et de l'ardeur avec lesquelles vous y avez participé. Sachez que c'est dans les épreuves que l'on mesure la trempe de chacun. Eh bien ! vous qui êtes le noyau dur du MNR, vous êtes à la hauteur des exigences de notre combat, vous êtes au niveau de ce qu'exigent les grandes réalisations historiques. Vos convictions, votre ténacité, votre courage, votre détermination me remplissent d'espoir et de confiance.

Et je suis convaincu que l'avenir nous récompensera de tout ce dévouement et de toute cette force. S'il y a des listes sur lesquelles ce sera demain un honneur d'avoir figuré, ce sont bien celles que nous sommes en train de monter pour les échéances de mars prochain. Car dans quelques années, lorsque nous aurons réussi, nous pourrons dire avec fierté : au plus creux de la vague, les régionales de 2004, moi, j'y étais.

Et de tout cela je vous remercie. Grâce à vous, nous serons présents aux élections régionales de mars 2004. Nous nous sommes fixé comme objectif de présenter une liste dans la plupart des régions françaises et cet objectif, grâce à vous, nous le tiendrons.

Non pas à la manière de gens obtus qui s'entêteraient dans une voie sans issue. Non, notre démarche est tout autre, car nous sommes simplement des combattants intelligents qui ont compris que la partie n'est pas jouée et que, malgré les apparences, ils peuvent la gagner.

Car, mes chers amis, c'est bien de cela qu'il s'agit. Pour nous, tout demeure possible. Non pas par le jeu de nos propres forces qui aujourd'hui, je le reconnais, sont limitées. Non, tout demeure possible en raison des faiblesses de nos adversaires et surtout à cause de l'évolution inquiétante des événements.

La période que nous vivons est en effet marquée par des signes inquiétants. Observez-vous ces fissures qui s'élargissent dans toutes les constructions officielles ? Entendez-vous ces craquements sinistres qui retentissent dans tout notre édifice national ? Ces phénomènes qui ne sont pas vraiment nouveaux étaient maîtrisés jusqu'à présent, mais, demain, ne risquent-ils pas d'échapper au contrôle de nos dirigeants?

Il y a tout d'abord le phénomène de l'islamisation de notre pays. Il n'est plus maintenant de jours sans que les médias s'en fassent l'écho. Et cela dans tous les domaines. Un jour c'est le port du tchador à l'école. Le lendemain c'est le voile au guichet des administrations. Puis on apprend qu'un chef d'entreprise a été condamné par les tribunaux pour avoir voulu renvoyer une femme, chargée de clientèle, qui refusait d'enlever son tchador. C'est maintenant la Mairie de Paris qui entre en conflit avec une employée musulmane pour le port du voile pendant ses heures de service. Un autre jour, on apprend que les hôpitaux connaissent des difficultés croissantes avec les femmes qui refusent de se laisser soigner par des médecins hommes. Une autre fois, ce sont les magasins de certains quartiers de banlieue qui cessent de vendre les alcools et les produits à base de porc. L'été dernier il s'agissait des horaires d'ouverture de piscines pour les femmes musulmanes. Bref nous sommes en butte à un processus délibéré et orchestré d'islamisation de notre pays.

Et il ne faut pas se tromper sur la nature de ce phénomène. La religion a en réalité peu de chose à voir dans cette affaire. Comment se fait-il en effet que les musulmans nous expliquent ici chez nous que le port du tchador est indispensable à leur pratique religieuse, alors qu'il est interdit dans certains pays musulmans comme la Turquie sans que cela pose le moindre problème ? Les musulmans présents en France peuvent pratiquer librement leur religion. Rien ne le leur interdit et nous sommes bien d'accord pour que ce droit essentiel leur soit scrupuleusement garanti. La question n'est donc pas la. En réalité, il s'agit d'une question politique. L'islamisme qui se développe dans notre pays est une entreprise à caractère politique. Il y a maintenant clairement un parti islamiste qui cherche à développer son emprise sur la société française. Un parti qui dispose d'innombrables organisations de militants, qui possède un programme avec la charia. Un parti qui possède des locaux avec la plupart des mosquées, qui bénéficie de bases arrière dans de nombreux pays musulmans étrangers et qui mène des opérations d'agit-prop comme celles de ces militantes islamiques utilisant le port du tchador pour organiser des opérations médiatiques de provocation.

Cette situation tout à fait nouvelle transforme la nature même du problème de l'immigration. Nous arrivons en effet au terme du processus migratoire puisque, après la période des immigrés venant pour travailler, après celle des familles venant s'installer, après celle de la prétendue intégration, vient maintenant le processus d'islamisation. Un processus qui s'affirme maintenant, pratiquement sans fard, comme une entreprise de colonisation à rebours. Or, cette offensive, je le crois, va changer la donne politique dans notre pays. Car elle va cette fois rencontrer une opposition de plus en plus forte.

Beaucoup de ceux qui nous combattaient vont se retrouver à nos côtés contre l'islamisme. Ainsi en est-il d'une large fraction de la gauche, y compris les syndicalistes de l'Éducation nationale, de nombreux militants de l'ancien lobby pro-immigrés et une partie des politiques de gauche. Ainsi en est-il également de nombreuses organisations juives victimes de l'antisémitisme islamique. Et nous qui représentons le seul mouvement politique en pointe dans ce combat, nous nous trouvons maintenant, non pas isolés, mais dans la position tout à fait exceptionnelle d'être les seuls à affirmer clairement ce que pense une très large majorité de Français. Cette situation est lourde de bouleversements à venir et, s'il peut en sortir en effet le pire, il peut aussi en résulter le meilleur, c'est-à-dire un sursaut identitaire, une prise de conscience de notre civilisation et une volonté de la sauvegarder face à l'entreprise islamiste.

Il est une autre ligne de fracture qui semble se dessiner progressivement et de façon, disons-le, relativement inattendue. C'est la détérioration de la situation économique, financière et industrielle de notre pays. Déjà, l'endettement de la France atteint un niveau record dans l'histoire de notre pays. Plus de mille milliards d'euros, ce qui représente près de 400 000 F par contribuable français. Un chiffre colossal qui pèse d'un poids déjà considérable sur le budget de l'État puisque la charge de la dette représente deux fois le budget de l'Éducation nationale.

Or, les finances publiques se trouvent par ailleurs systématiquement grevées de très lourds déficits. Celui du budget de l'État qui représente 50 milliards d'euros, soit 20 % du montant total du budget, mais aussi celui de la sécurité sociale qui atteindra cette année 10 milliards d'euros et 15 milliards l'année prochaine, des niveaux historiques. Sans parler de celui des nombreuses entreprises publiques. Les finances de la nation sont catastrophiques et on peut dire que la France est proche du dépôt de bilan. Déjà l'État éprouve des difficultés à assurer le paiement de ses dépenses courantes. L'État providence qui dispensait généreusement et souverainement toutes sortes de subsides à toutes sortes de catégories pour éviter les mécontentements et acheter des soutiens électoraux est donc à bout de souffle.

Si l'on ajoute à cela le processus de désindustrialisation de notre pays qui se développe de façon particulièrement agressive et destructrice, on mesure à quel point la richesse de la France est aujourd'hui menacée. Ce ne sont plus en effet seulement les industries traditionnelles qui se délocalisent ou déposent leur bilan. Ce sont aussi les entreprises de pointe, les fleurons de notre technologie. Il y a donc là un vrai danger de décrochage pour notre pays qui est déjà passé au cours de la décennie précédente du deuxième au douzième rang pour la richesse par tête d'habitant.

Or, une telle situation tout à fait unique depuis la seconde guerre mondiale pourrait entraîner un bouleversement politique de grande ampleur. Car ce qui a été toléré lorsque la France était prospère ne le serait plus si le niveau de vie baisse et si la misère ou la précarité s'étendent. La faillite de l'État providence, en empêchant les pouvoirs publics de déverser de l'argent chaque fois qu'un problème se pose, laisserait béantes toutes les plaies de la société et bloquerait complètement le fonctionnement du système actuel. Nos compatriotes qui sont prêts à beaucoup supporter dès lors que leurs revenus ne sont pas atteints et que l'on règle les problèmes à coups de compensations financières, ne supporteraient plus les dysfonctionnements de notre pays si leurs conditions matérielles se trouvaient mises en cause. On ne pourra plus alors occulter les problèmes véritables. Il faudra affronter la réalité et prendre enfin les mesures énergiques qui s'imposent.

Il est enfin une troisième ligne de rupture qui commence à se dessiner. Je pense à celle de l'Europe. Car nous allons connaître dans les quelques années qui viennent les effets de l'élargissement de l'Union. L'Europe va passer de quinze à vingt-cinq pays. Or ces nouveaux membres ont un niveau de vie nettement inférieur à ceux d'Europe occidentale. Leur population, fraîchement sortie du bloc soviétique, a une mentalité très différente de celles de l'Ouest. Il y a notamment chez ces peuples un attachement à leur identité, à leurs traditions qui s'est hélas affaibli chez nous. Le processus d'intégration européenne, telle qu'il a été pratiqué jusqu'à présent par Bruxelles se heurtera donc inéluctablement aux opinions de ces pays. Déjà, on l'a vu, la Pologne est montée avec force au créneau des négociations intergouvernementales pour essayer d'obtenir l'inscription dans le préambule de la constitution d'une référence à la tradition chrétienne de notre identité européenne.

Ce phénomène sera encore renforcé par le grippage des institutions bruxelloises qui, à l'évidence, ne pourront plus fonctionner à vingt-cinq comme elles fonctionnaient à quinze. L'Europe bruxelloise telle qu'elle s'est développée jusqu'aujourd'hui risque donc de connaître un coup d'arrêt. Des changements d'envergure pourront donc survenir. La volonté d'uniformisation et de normalisation de Bruxelles, menée de façon totalement frénétique depuis des années, va se heurter à cette réalité particulièrement contraignante et pourrait donc bien être stoppée net. De même, le principe d'une Europe où tous les États doivent rentrer dans le même moule pourrait bien voler en éclats et céder la place à une autre organisation de l'Europe respectant mieux les nations et assurant des coopérations à la carte. En clair, c'est l'Europe de Bruxelles, celle que nous combattons, qui pourrait bien être mise à mal et les principes de l'Europe des nations qui pourraient s'affirmer à cette occasion.

Face à ces lignes de fracture, l'UMP paraît complètement dépassée. Malgré sa toute-puissance institutionnelle, le gouvernement semble incapable de maîtriser quoi que ce soit. Les événements l'interpellent par des défis majeurs et il répond par l'anecdote, hésitant entre Ubu et Kafka.

L'affaire du temps de travail est à cet égard exemplaire. Le gouvernement et les députés UMP sont montés au créneau pour dénoncer les 35 heures comme une calamité à l'origine de tous les problèmes économiques de la France. Fort bien, sauf que cette loi n'est plus seulement une loi Aubry, c'est une loi Aubry modifiée Fillon. Il ne faudrait pas l'oublier. M. Fillon a fait voter un texte d'assouplissement des 35 heures. Cette loi est donc maintenant également celle de l'UMP. Et d'ailleurs Raffarin a finalement décidé de ne pas y revenir. On a donc affaire à un gouvernement qui se contente d'assouplir ce qui ne va pas et qui constate ensuite que ça ne va toujours pas pour ensuite décider que ça ira quand même.

Enfin, j'exagère puisque finalement il décide quand même de réduire le temps de travail annuel et tout cet imbroglio se termine par la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié. C'est en tout cas ce qu'on avait cru comprendre. Mais, au bout du compte, ce sera férié pour les administrations mais pas pour les entreprises qui pourront choisir de supprimer un autre jour chômé. On croit rêver. Les Français travaillent 250 heures de moins que les Allemands, 550 heures de moins que les Japonais et le gouvernement ne parvient même pas à supprimer clairement un jour férié!

Au demeurant, ce n'était évidemment pas la bonne solution. Et, d'ailleurs, quand on voit comment les choses évoluent, on peut même se demander s'il ne s'agit pas plutôt de supprimer un jour férié chrétien pour créer demain un jour férié musulman. C'est d'ailleurs ce qu'a déjà demandé le président du Conseil français du culte musulman, M. Dhalil Boubakeur.

En effet, face à l'islamisation, là aussi, le gouvernement paraît totalement dépassé par les événements. Il faudrait taper du poing sur la table et rappeler aux militants islamistes qu'ils sont en France, dans une nation vieille de 1 500 ans, porteuse d'une civilisation qui remonte à plus de 4 000 ans. Et qu'ils doivent respecter nos coutumes, nos normes, nos règles et nos lois. Mais, au lieu de cela, M. Raffarin s'est rendu à la mosquée de Paris pour dire aux islamistes qu'ils les comprenaient, qu'il était à leur côté, qu'ils avaient toute leur place chez nous et qu'ils pouvaient compter sur lui et sur le soutien du gouvernement. Quant à la question du tchador, M. Raffarin a montré le degré de sa fermeté et de sa clairvoyance : il est contre le tchador ostentatoire mais pour le voile discret. On croit rêver.

M. Raffarin est pitoyable et son gouvernement avec lui. Sur toutes les grandes questions, il n'ose pas agir, choisir, trancher et décider. Et, comme tous les faibles, il n'ose pas affronter les difficultés et n'agit que là où c'est facile. Plutôt que de contrer les syndicats, la fonction publique, les islamistes ou les voyous, il s'en prend aux automobilistes et aux fumeurs. Et là, sa détermination est totale, la répression est féroce. Vous roulez à 60 km/h là où la limite est à 50 km/h, c'est la sanction ! Et pour être sûr d'être encore plus efficace, on n'hésite pas dans ce domaine à bafouer les libertés fondamentales et à mettre en place des radars qui verbalisent automatiquement comme dans les films de politique fiction sur les systèmes totalitaires du futur.

Le pire c'est que, même dans ce domaine, le gouvernement se ridiculise. Les radars sont détruits par les voyous, les bureaux de tabac sont braqués par les gangsters et bientôt le haschisch coûtera moins cher que les cigarettes. Jean-Pierre Gribouille ne vaut pas mieux qu'Ubu Raffarin !

Car même lorsqu'il s'en prend aux cigarettes, le pouvoir se trouve ramené aux vrais problèmes. Je pense à l'opération de police qui a eu lieu il y a quelques jours dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il ne s'agissait pas de grand-chose. On ne recherchait pas des trafiquants de drogue, ni des immigrés clandestins, encore moins des voleurs à la tire. Non, la police s'en prenait aux vendeurs à la sauvette de cigarettes. Eh bien ! ça a été l'émeute. L'affaire se déroulait pourtant non loin du commissariat de police et mettait en lice une trentaine de douaniers et de policiers. Au bout d'un quart d'heure, plusieurs dizaines de personnes se sont regroupées autour des forces de l'ordre. Et très vite elles ont été près d'un millier. L'affaire a alors tourné à l'émeute avec jets de projectiles et cris du genre '' vive Ben Laden '' ou '' Allah Akbar ''. Après avoir appelé des renforts, les forces de l'ordre ont fini par se dégager et trois personnes ont été interpellées pour outrage. Ridicule. Et, plus que les forces de l'ordre, c'est le gouvernement qui démontre ainsi son impuissance. Même pour des cigarettes.

Les choses sont donc claires : l'UMP est totalement incapable de faire face à la situation. Depuis plus d'un an, la démonstration a été faite qu'elle est une organisation centriste incapable de prendre les mesures qui s'imposent. Sur toutes les grandes questions, elle continue de se soumettre, contre toute raison et contre tout intérêt, au politiquement correct et aux censeurs idéologiques d'une gauche pourtant en pleine déroute. À l'évidence, l'UMP ne constitue pas ce nouveau mouvement politique qu'attendaient les Français pour assurer le renouveau de la droite. C'est un machin sans âme, sans référence, sans idée et sans projet qui s'est constitué exclusivement par intérêt électoral. Cette UMP est donc une organisation politique mort-née.

Le FN quant à lui est maintenant un parti "mort-vivant". À l'évidence, le FN est arrivé au terme de sa vie politique. C'est maintenant une structure sans aucune vitalité propre. Il suffit pour s'en convaincre de constater ce phénomène tout à fait anormal d'un parti dont le candidat parvient au deuxième tour de l'élection présidentielle et qui ne connaît aucun renouveau, aucune dynamique, aucun ralliement, aucun regain. Au lendemain des élections législatives tout est redevenu comme avant.

C'est si vrai que, pour les élections régionales où il est assuré d'obtenir des élus, il manque à ce point de candidats qu'il ne parvient pas à pourvoir l'ensemble de ses postes éligibles. Une situation tout à fait unique dans l'histoire politique qui montre en réalité que le FN n'existe déjà plus. Il existe encore à travers Le Pen dans le vote de nos compatriotes. Mais déjà ce vote a totalement changé de nature. Autrefois, ce vote incarnait un espoir pour ceux qui y voyaient l'embryon d'une force de rénovation capable de changer les choses dans notre pays. Aujourd'hui, les électeurs du FN ne se font plus aucune illusion. Ils savent que le FN n'est pas un vrai parti politique. Ils n'en attendent plus rien, ils ne s'intéressent d'ailleurs plus à ce qu'il dit. Ils se servent simplement de ce vote comme d'un moyen pour exprimer leur mécontentement. Le Pen c'est le bras d'honneur des électeurs en colère. Ce n'est plus un homme politique, ce n'est plus un parti, ce n'est plus un projet, ce n'est plus un espoir. Ce sont les cinq lettres que l'on lance par dépit.

Entre le parti mort-né et le parti mort vivant, nous incarnons la vie et l'espoir, et la formule n'est pas que de circonstance car nous manifestons une vitalité extraordinaire. Nous sommes barrés, bloqués, étouffés, torpillés, occultés et pourtant nous réussissons à survivre, à vivre, à tenir et à durer et, dès qu'une occasion se présente, nous réoccupons l'espace comme nous l'avons fait aux élections partielles avant l'été aussi bien dans l'Allier où Michel Ville a fait 12 % que dans les Bouches-du-Rhône où Gilles Lacroix a réalisé 25 %.

Si nous rencontrons aujourd'hui des difficultés, ce n'est donc pas parce que nos idées seraient complètement passéistes condamnées à être submergées par la marche du temps et l'évolution du monde. Ce n'est pas non plus parce que nos idées seraient utopistes, qu'elles relèveraient du rêve et qu'elles ne pourraient pas être atteintes dans un avenir proche à l'échelle d'une génération. Non, pas du tout, nous sommes au contraire en harmonie avec notre époque.

Car nous sommes portés par des courants de fond qui traversent notre société et, au-delà, la scène internationale. Ces courants, disons-le, vont dans notre sens car ils véhiculent nos idées, notre projet et nos valeurs. Si l'on schématise, en effet nous sommes ceux qui combattent le socialisme et le mondialisme, or l'un et l'autre sont aujourd'hui en régression.

Pour le socialisme c'est particulièrement évident. Il a connu à l'occasion des élections présidentielles un échec cinglant qui était bien un échec idéologique. Aujourd'hui d'ailleurs, les politiques de gauche se trouvent dans une impasse et on le constate quotidiennement: ils n'ont plus rien à dire, ils n'ont plus de discours ni de langage clair. Que peuvent-ils en effet proposer ? Les 30 heures après les 35 heures ? La retraite à 40 ans ? La couverture logement universelle ? La couverture nourriture universelle ? Tout cela n'est pas possible.

Dans le registre "gagner toujours plus en travaillant toujours moins" et en bénéficiant de prestations gratuites toujours plus importantes, nous sommes allés au bout du bout de ce qui était possible. Sur ce plan on peut dire que le socialisme est arrivé à son terminus. Tout le monde descend. Il touche à la fin de son cycle historique. Cette idéologie qui a fait rêver tant de générations n'a aujourd'hui plus rien à proposer.

Pour les hommes de gauche, il n'y a donc plus que deux solutions. Première solution : ils se réenracinent dans le réel mais alors ils seront amenés à défendre des thèses de droite. C'est d'ailleurs ce que font un certain nombre d'intellectuels. Je pense par exemple à des hommes comme Alain Finkielkraut qui était clairement classé comme un intellectuel de gauche et qui développe maintenant des idées et des thèses qui sont celles que nous avons toujours défendues. Et pas seulement sur des questions politiciennes mais sur la question de fond des valeurs.

Écoutez ce qu'il dit par exemple sur notre nation et notre identité : ''Quant à la prétendue injustice que représenterait l'application du calendrier catholique, alors que coexistent précisément toutes sortes de religions, il s'agit du coeur du problème, à savoir la mutation progressive de la France, qui est de moins en moins une nation et de plus en plus une société. La société est une collectivité qui vit au présent, composée de groupes affirmant chacun ses revendications et ses droits. Une société ne compte que des plaignants, une nation, que des citoyens héritiers et dépositaires d'un passé. Ce passé, la France l'ouvre à tous. Mais ce passé est, en effet, partiellement catholique. Et c'est précisément de ce catholicisme que la laïcité s'est séparée trop rigoureusement, de telle sorte que l'on ne comprend rien aux oeuvres de culture si l'on ne veut rien savoir de leur substrat catholique. Il est très dangereux d'avoir une vision exclusivement contemporaine de la collectivité dans laquelle nous vivons. Nous ne sommes pas seulement une société, nous devons être aussi une nation'' Avec des propos comme ceux-là, ce n'est donc pas un hasard si Alain Finkielkraut et certains intellectuels de gauche qui pensent comme lui sont aujourd'hui traités par leurs anciens congénères de nouveaux réactionnaires.

Il est vrai qu'il y a une deuxième possibilité pour la gauche, diamétralement opposée à la démarche courageuse d'Alain Finkielkraut. Elle consiste à se dégager totalement du réel et à plonger dans l'utopie. C'est la voie que propose l'extrême-gauche et le succès qui est le sien actuellement n'est pas le signe d'une bonne santé ni une forme de renouveau de la gauche mais au contraire la preuve d'une crise très grave et d'une régression de ses idées.

Or, si les idées de gauche déclinent, cela signifie que les idées de droite que nous incarnons vont progressivement occuper le terrain. Et je ne parle pas de celles purement matérielles et politiciennes de l'UMP, je parle des idées de fond que nous incarnons, des idées philosophiques qui définissent la droite de tout temps.

Sur le plan international, nous assistons à un autre phénomène particulièrement intéressant : le mondialisme est en train de marquer le pas. Au lendemain de l'effondrement du mur de Berlin, lorsque l'Union soviétique s'est effondrée, nous avons cru que l'on allait passer du monde bipolaire, Est contre Ouest, à un monde unipolaire totalement dominé par les États-Unis d'Amérique selon le schéma du nouvel ordre mondial. Et à l'époque on pouvait craindre que notre nation et notre civilisation ne se trouvent totalement englouties par cette vague monstrueuse du grand melting-pot international mêlant les races, les religions, les cultures et les nations.

Aujourd'hui il apparaît que les choses ne vont pas se passer comme nous avions pu le redouter. L'heure est au contraire au choc des civilisations. Encore faut-il bien sûr ne pas avoir une image caricaturale de cette réalité. Celle-ci ne se réduit pas en effet à un choc entre l'islam et l'Occident. Les choses sont plus complexes. L'Occident n'est pas unique. Il est composé des États-Unis et de l'Europe qui sont deux réalités bien distinctes. Par ailleurs, de l'autre côté, il n'y a pas que l'islam. Il y a aussi par exemple la Chine qui a montré récemment, avec ses exploits spatiaux, qu'elle a bien la volonté de s'imposer dans le monde comme une force et une puissance. Il y a aussi le sous-continent indien, sans oublier bien sûr l'Amérique du sud et l'Afrique.

Cette réalité des chocs de civilisation peut déboucher sur le pire comme le meilleur mais elle constitue indéniablement un coup d'arrêt au processus de mondialisation. Le monde va conserver sa diversité. Les civilisations vont survivre. Et cela doit bien sûr nous conforter et nous encourager. Car nous qui sommes les champions de la défense de notre identité, nous devons nous réjouir de cette évolution.

Sans doute, il est vrai, les choses ne ressembleront-elles pas au passé et la défense de la nation ne doit-elle plus s'exprimer comme au XIXe siècle ou au début du XXe siècle. S'il y a choc des civilisations, cela signifie en effet que les nations qui procèdent d'une même civilisation doivent se rapprocher, s'entendre, coopérer, s'organiser pour défendre ensemble leur commune civilisation et pour la transformer politiquement en un pôle de puissance. C'est au fond l'idée qui a toujours été la nôtre qui va apparaître comme le modèle naturel en réponse aux évolutions objectives du monde.

Aussi notre mouvement n'est-il pas dépassé. Sous sa forme actuelle ou sous la forme qu'il conviendra de lui donner dans l'avenir, il répond aux aspirations d'une grande fraction de la population française, aux défis de notre époque, ainsi qu'aux grands problèmes de notre temps.

Aussi devons-nous nous affirmer avec force, sans complexe et nous tourner vers les Français pour leur montrer qui nous sommes et ce que nous voulons.

Et c'est l'objet des prochaines élections régionales et européennes. Au-delà des résultats électoraux et des combinaisons politiciennes, notre objectif est de toucher à nouveau le grand public pour lui faire comprendre combien nous sommes différents des autres. Combien nous sommes la solution pour ceux, de plus en plus nombreux, qui sont déçus par l'UMP ou qui ne croient plus au FN.

Nous incarnons la vraie droite, sans laxisme et sans extrémisme, et nous allons proposer aux Français de nous rejoindre pour combattre les quatre fléaux majeurs qui compromettent leur vie quotidienne, mais aussi leur avenir en tant que personne et en tant que peuple.

Nous allons nous battre d'abord contre l'islamisation de notre pays. C'est évidemment un enjeu majeur qui conditionne la survie même de notre mode de vie mais aussi le maintien des valeurs qui sont les nôtres et l'avenir de notre civilisation. Nous allons nous battre contre l'islamisation au nom de la république et de la laïcité. Et nous réclamerons une loi pour interdire le port du tchador à l'école, dans les administrations et dans les entreprises.

Dans les régions, nous demanderons que soient exclus des financements régionaux toutes les organisations liées de près ou de loin au parti islamiste. Nous exigerons que dans les lycées, qui sont de compétence régionale, le port du tchador soit interdit et qu'aucun tabou alimentaire ne soit imposé. Nous demanderons également que tout équipement public financé par la région soit en permanence accessible à tous sans distinction de sexe et de religion.

En second lieu, nous allons nous battre contre le déclin économique. Contre cette évolution délétère qui conduit ceux qui travaillent à être de moins en moins nombreux, de plus en plus taxés et de plus en plus pénalisés au bénéfice de ceux qui profitent et qui recoivent tout gratuitement sans apporter la moindre contribution à la collectivité nationale. Les profiteurs, ça suffit ! Il faut maintenant récompenser le travail et tel sera notre mot d'ordre.

Il faut maintenant mettre en cause l'État providence et libérer les énergies. Nous voulons pour cela revoir entièrement le système économique et social en le refondant sur les principes de la liberté et de la responsabilité. Par exemple, en lieu et place des 35 heures, instaurons un système souple : que ceux qui veulent gagner plus puissent le faire en travaillant plus ! Que ceux qui veulent travailler moins puissent le faire en gagnant moins ! Et de même pour les retraites : que chacun puisse prendre sa retraite à l'âge qui lui convient, ceux qui partent tard bénéficiant d'une plus forte retraite et inversement.

Dans les régions, nous voulons obtenir une diminution des impôts régionaux de l'ordre de 30 % en recentrant les conseils régionaux sur leurs prérogatives et en réduisant massivement les subventions innombrables actuellement versées aux associations qui ne servent à rien et aux entreprises qui n'en ont pas besoin. Nous voulons aussi promouvoir le travail en remettant la formation professionnelle au service des professionnels, des salariés et des entreprises. Enfin, nous voulons favoriser le travail en recentrant le Conseil régional sur l'équipement du territoire afin de créer un environnement propice au développement des activités.

Troisième priorité, nous combattrons la crise scolaire en remettant de l'ordre à l'école. Là aussi ça ne peut plus durer ! Car l'école ne transmet plus un savoir mais cherche à ''socialiser'' les jeunes pour les fondre dans le moule du ''citoyennement correct''. Résultat : ils n'apprennent plus, et la violence, le racket et la drogue se développent.

Il faut donc rétablir quelques principes essentiels comme la notion de travail, de discipline, la récompense du mérite et de l'effort. À cette fin il faut supprimer le collège unique et rétablir des cursus et des filières diversifiées adaptées aux goûts et aux capacités de chacun.

Dans les régions, nous entendons mettre fin aux innombrables actions éducatives subventionnées qui distraient les élèves de l'essentiel, à savoir : apprendre. Nous voulons organiser la protection et la sécurité des établissements. Mener une action très ferme contre le trafic et la consommation de drogue. Et favoriser l'émulation et le mérite en créant des prix régionaux pour les meilleurs élèves.

Enfin, quatrième priorité, nous voulons nous battre contre le mal vivre et défendre la vie, la famille et l'environnement. Nous voulons préserver la France des nouveaux barbares qui, pour quelques dollars de plus, polluent l'air, l'eau et l'espace et compromettent notre héritage, notre cadre de vie, notre environnement. Un patrimoine façonné par le génie des générations qui nous ont précédés, paysans, artisans, ouvrier, bâtisseurs de châteaux et de cathédrales.

Nous voulons aussi rétablir les valeurs familiales, celle de la vie et de la solidarité entre les générations. Celles sans lesquelles notre pays dépérira, faute de petits-enfants pour remplacer les anciens. Celles sans lesquelles notre civilisation sombrera dans le matérialisme le plus sordide.

Au plan régional, nous voulons dans ce but multiplier les structures d'accueil pour les mères seules ou en difficulté. Nous voulons, et c'est capital, donner une priorité au logement des familles de trois enfants et plus par des prêts régionaux à taux zéro. Nous voulons aider les femmes à concilier activité professionnelle et vie familiale en encourageant le télétravail et en maillant le territoire de bornes de connexion à haut débit. Nous voulons aussi que la région s'investisse dans la lutte contre les pollutions, dans la protection de nos sites urbains et ruraux, dans l'enfouissement des câbles EDF et Télécom et aussi dans le développement des transports et notamment des transports non polluants.

Les régionales, je le crois, peuvent être pour les Français, mais aussi pour le MNR, une étape, un premier point d'anc

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