Communiqués
Agenda
Discours
Événements
Élections
Audio-Vidéo

Fil directeur
Programme
Dossiers
Ouvrages
De A à Z

Organisation
Fédérations
Trombinoscope
Adhésion / Soutiens
Images

Contacts
Tracts
Affiches
Magazines
Associations
Boutique



   Inscrivez-vous     OK
   Vous êtes ici : Accueil > Discours
DISCOURS
Quimper - 27/08/00 - Discours de Bruno MEGRET
Rétablir la sécurité
Discours à l'université d'été du MNR

Avec cette université d'été, nous donnons le coup d'envoi de la première grande offensive politique du MNR depuis sa création. Avec cette réunion, ici, dans cette belle terre française de Bretagne, notre mouvement commence sa mobilisation pour des échéances majeures.

D'abord celle du référendum contre le quinquennat qui va nous voir nous battre contre le système politicien, contre la pensée unique et le politiquement correct, contre cet établissement qui, une fois de plus, voudrait imposer sa façon de voir aux Français.

Ensuite, et surtout, nous nous engageons dans la campagne municipale et cantonale où nous serons présents massivement. Puisque nous le serons dans plus de quatre cents villes où nos chefs de file sont déjà désignés et ont commencé à constituer leur liste. Mais aussi parce que nous aurons des candidats dans la quasi-totalité des cantons. Car, comme tout grand mouvement politique, nous sommes présents partout à chaque échéance.

Et cette offensive politique, nous la lançons avec la vigueur d'un mouvement jeune qui a l'avenir devant lui, qui croit en lui, qui sait qui il est, où il va et ce qu'il veut pour la France et les Français.

La meilleure preuve en est que, dans un mois exactement, nous adopterons notre programme qui a déjà été débattu par notre comité national. Nous serons alors le seul mouvement politique français à disposer d'un programme complet, élaboré, qui ne ressemble en rien à de l'eau tiède et autour duquel tout le mouvement se rassemble. Nous lançons notre offensive forts des difficultés que nous avons traversées et que nous avons surmontées.

Tenez, un exemple parmi tant d'autres : alors que nous étions encore couverts de dettes, le propriétaire de notre siège nous avait donné congé et nous étions sur le point de nous retrouver à la rue au mois de mai dernier. Nous avons alors décidé de lui acheter notre siège et, je puis vous l'annoncer, c'est aujourd'hui chose faite. Nous avons mobilisé pour ce projet plus de deux millions cinq cent mille francs et le contrat a été signé il y a quelques jours.

Les Verts qui ont voulu en faire autant ont échoué car leur souscription ne leur a rapporté que deux cent cinquante mille francs. Les malheureux !

Nous lançons notre offensive avec la certitude de réussir car nous sommes la réponse qu'attendent les Français. Nous le faisons au moment où se multiplient les fléaux qui accablent les Français.

Car le moins que l'on puisse dire est que les choses ne s'arrangent pas dans notre pays. Certes, les médias, les officiels, tout le monde nous dit le contraire. Le chômage diminue ! Donc tout est réglé. Il n'y a plus de problèmes, le sort des Français, l'avenir de notre pays ne peuvent qu'être radieux car l'indice fétiche, le taux sacré, celui du chômage, est en baisse. C'est donc que tout est résolu.

Faut-il qu'ils soient coupés des réalités, coupés du peuple pour penser cela! D'abord parce que les chiffres sont truqués et que la baisse n'est pas aussi significative qu'on nous le dit. Ensuite, parce que le nombre de Français frappés par le chômage est encore considérable. Et surtout parce que tous les problèmes ne se réduisent pas au chômage, un drame dont je connais évidemment la gravité qu'il revêt pour beaucoup de Français.

Il y en a hélas bien d'autres : l'insécurité, l'immigration, les impôts, la perte de liberté et de souveraineté, l'inversion des valeurs. Et, sur toutes ces questions, la classe politique agit contre l'intérêt des Français. Si bien que nous subissons aujourd'hui les effets de deux phénomènes néfastes qui se conjuguent pour créer en France un terrible désordre. Il y a d'un côté les problèmes qui se multiplient, mais il y a de l'autre la politique du pouvoir socialo-communiste et l'attitude de la classe politicienne qui les aggravent encore.

Ainsi en est-il par exemple de l'insécurité. L'insécurité qui devient l'un des principaux problèmes de la société française. L'une des principales causes de souffrance et de mal-être de beaucoup de nos compatriotes. Eh bien! non seulement cette insécurité se développe toujours davantage, non seulement le gouvernement ne fait rien pour la combattre mais, pis encore, il l'encourage. C'est vrai des socialo-communistes mais aussi de toute la classe politicienne, y compris au RPR et à l'UDF.

Car enfin, la seule initiative qui ait été lancée avant les vacances sur la question de l'insécurité a pris la forme d'un rapport parlementaire sur les prisons. Et pour dire quoi ? Pour s'apitoyer sur le sort des détenus, comme si ces gens-là constituaient une catégorie parmi d'autres de déshérités, à côté des handicapés, des SDF, des chômeurs ou des malades. Il est vrai que, dans la grande croisade du système contre les exclusions, ces gens-là, en effet, sont des exclus. Et nos politiciens veulent dès lors leur venir en aide. On a même vu Mme Boutin, que l'on croyait pour la défense des valeurs, s'apitoyer sur leur sort et demander qu'on n'oublie pas qu'ils sont des hommes. Eh bien! nous demandons, nous, qu'on n'oublie pas que ce sont aussi des criminels, des trafiquants de drogue, des violeurs ou des voleurs.

Alors, bien sûr, nous sommes dans un pays civilisé et nous entendons que le système carcéral français soit digne d'un pays civilisé. Mais je dis que c'est d'ores et déjà le cas et que la priorité aujourd'hui en France, alors que les crimes et les délits se multiplient, ce n'est pas le sort des criminels, c'est celui des victimes. Je dis que le principal problème, ce n'est pas le nombre de détenus dans les cellules, le principal problème ce sont les victimes qui sont de plus en plus nombreuses et qui obtiennent de moins en moins justice.

Car la sollicitude des politiciens pour ceux qui bafouent nos lois est telle qu'ils veulent maintenant, après avoir supprimé la peine de mort, remettre en cause les longues peines et a fortiori la perpétuité. Mme Guigou n'a-t-elle pas proposé, avec l'appui de Mme Boutin, la libération de Patrick Henry, l'assassin d'enfant ! On croit rêver ! Encore une fois, la délinquance et la criminalité augmentent et tout ce qu'on propose c'est de réduire la durée et la sévérité des peines.

Ainsi va notre pays ! Mais, répétons-le, il n'y a à cela aucune fatalité. On a connu en d'autres périodes de l'histoire de France des époques peut-être encore moins sûres et, chaque fois, on a su rétablir l'ordre et la sécurité.

Car les solutions existent. Et notre université a d'ailleurs été l'occasion de les étudier, de les expliquer, de les proposer. Et c'est notre mission de le dire aux Français : ne cédez pas au désespoir, on peut remettre de l'ordre en France, on peut rétablir la sécurité, c'est possible ! Nous pouvons le faire, comme ont commencé d'ailleurs à le faire dans leur ville avec les petits moyens que leur laisse l'État les maires de Marignane et de Vitrolles-en-Provence. Alors passez le mot d'ordre : la sécurité, c'est le MNR.

Et le désordre, c'est la classe politicienne. Car l'inversion des valeurs dont sont aujourd'hui victimes les simples citoyens touche tout le monde, même les élus. Puisque maintenant les élus dans l'exercice de leurs fonctions peuvent être poursuivis pénalement et pas seulement parce qu'il y a eu un accident, des blessés, voire des morts. Non, même quand ils ont voulu faire le bien de leurs compatriotes. Lorsqu'ils ont voulu aider les familles de leur peuple, encourager la natalité des Français. C'est le cas, vous le savez, de Catherine, mon épouse, et de Hubert Fayard qui sont poursuivis devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence et menacés de prison pour avoir fait voter par le conseil municipal de Vitrolles-en-Provence une prime de naissance pour les familles françaises ou européennes. Là encore, on croit rêver.

Que l'on conteste politiquement cette mesure, passe encore, bien qu'il faille être particulièrement malsain pour considérer comme néfaste une aide à la natalité française à l'heure où les générations ne sont plus renouvelées. Passe encore.

Que l'on estime cette mesure illégale ou anticonstitutionnelle passe encore, à la limite, à l'extrême rigueur, bien qu'une telle conception reviendrait à admettre que les lois françaises ne peuvent plus être faites pour le bien des Français. Passe encore.

Mais que l'on veuille sanctionner par la prison les élus qui ont décidé cette mesure. Alors là, cela dépasse l'entendement! C'est la preuve que nous ne sommes plus en démocratie, qu'il n'y a plus de liberté, plus de considération pour les élus et donc pour le peuple.

C'est pourquoi, en défendant nos élus, nous ne défendons pas seulement Catherine Mégret et Hubert Fayard, nous défendons tous les élus, nous défendons la démocratie, la liberté et la république quand la classe politique les bafoue.

Nous défendons aussi les valeurs et les valeurs les plus sacrées qui fondent notre civilisation européenne et chrétienne. Je pense par exemple au film Baise-moi qui était un film d'une pornographie et d'une violence inouïes. Nous nous sommes opposés à la promotion dont il a bénéficié et à la campagne clairement orchestrée pour banaliser la pornographie et la débauche, pour casser toutes les barrières de la moralité la plus élémentaire et pour accélérer la décomposition des normes et des communautés traditionnelles telles que la famille. Et, là encore, cette opération a été menée avec l'appui du pouvoir, avec le soutien du gouvernement Jospin, avec l'aide militante de Mme Tasca, ministre de la Communication, qui a même tenté de ne pas appliquer la décision du Conseil d'État.

Tout cela va d'ailleurs de pair avec le scandaleux projet de porter de dix à douze semaines le délai légal pour l'avortement. Car enfin, pourquoi cette mesure ? Comme s'il n'y avait pas suffisamment de moyens contraceptifs ! Comme si d'ailleurs le même pouvoir ne venait pas de légaliser la pilule du lendemain !
Et tout cela allant de pair avec l'instauration du PACS, avec la promotion de la Gay Pride, avec le débat qui s'ouvre sur l'adoption d'enfants par les couples homosexuels.

Mais dans quel pays est-on ? Et qui sont donc ces politiciens qui prétendent nous gouverner pour mettre ainsi en cause, contre la volonté d'une majorité de Français, les valeurs traditionnelles de notre pays ? Car là encore, quel est le problème numéro un de la France ? Ce n'est pas la liberté du cinéma ou le statut de tel ou tel groupe, le problème numéro un c'est la dénatalité, c'est le fait qu'il n'y a plus assez de petits bébés français. Et bien, là encore, au lieu d'agir pour encourager les familles, pour favoriser les naissances, la classe politique multiplie les mesures propres à détruire l'institution familiale et à empêcher la naissance de jeunes Français.

Et le pire c'est qu'elle ne nie pas le problème démographique. Non, les politiciens reconnaissent que la France manque d'enfants, mais ils en tirent argument non pas pour mener une grande politique familiale mais pour mener une grande politique migratoire. Les immigrés, voilà la solution ! ''Il y en a, ils resteront, il en faut, il en faudra encore, il en faudra beaucoup plus''. Et ne croyez pas que j'exagère, c'est ce que disent les dirigeants de notre pays et ceux de l'Union européenne. Je sais, l'événement est passé un peu inaperçu en pleines vacances, mais à la fin du mois de juillet s'est tenu à Marseille un conseil européen ''justice - affaires intérieures'' qui a traité la question.
Eh bien ! je vous cite des extraits des déclarations faites au nom de l'Union européenne par la présidence française : ''Un peu plus de 79 millions d'étrangers seront accueillis dans l'Union européenne au rythme actuel de l'immigration d'ici 2050.'' ''Il faut admettre et indiquer clairement à l'opinion que l'Europe deviendra un lieu de métissage.'' On a même ajouté ''qu'il ne faut en nourrir aucune inquiétude'' car cette immigration s'inscrit dans des limites, je cite, ''clairement établies : nos principes, nos lois et le modèle de citoyenneté auxquels nous sommes attachés''. Quand on sait comment ces immigrés respectent nos principes et nos lois, on est en effet fondé à ne concevoir aucune inquiétude !

Mais faut-il que nos dirigeants soient coupés des réalités pour affirmer de telles inepties ou faut-il qu'ils soient totalement pervers pour proférer de tels mensonges! Car enfin, il suffit d'ouvrir les yeux pour voir les ravages causés par l'immigration. Tenez, puisque ce sommet s'est tenu à Marseille et que l'on a beaucoup parlé de sécurité routière cet été, voici ce que les Marseillais ont pu lire il y a quelques semaines dans la Provence, journal très politiquement correct, très tendancieux et très socialiste. Il s'agit d'un reportage sur l'insécurité routière dans le département des Bouches-du-Rhône et la Provence donne la parole à un spécialiste de la DDE : ''Ce qu'on a réalisé c'est que dans ce département, de forte immigration, de fort brassage ethnique, nous étions confrontés à une sorte d'importation et de contagion des comportements qui sont la règle dans d'autres pays.'' En clair, précisait la journaliste, ''de plus en plus de gens dans les Bouches-du-Rhône conduisent comme on le fait au Maghreb ou en Turquie''. Et les spécialistes de la DDE de poursuivre : ''Ce qui nous préoccupe, c'est que cette situation pourrait s'étendre à d'autres départements. On pensait jusqu'ici que les Bouches-du-Rhône, en matière de sécurité routière, étaient une poche d'arriération. On se demande maintenant si ce qui se passe ici ne préfigure pas une situation qui demain pourrait se généraliser.'' Tout est dit, la tiers-mondisation de notre pays est actuellement en marche et, si elle touche la circulation routière, elle va tout submerger.

Et voilà pourquoi, nous, nous disons non ! Voilà pourquoi nous allons tout faire pour inverser le processus ! Et nous le ferons contre cette classe politique qui trouve urgent et indispensable de faire de la France un lieu de métissage, comme le préconisent, au nom de l'Europe, MM. Jospin et Chirac. MM. Jospin et Chirac qui, en agissant ainsi, trahissent notre peuple et bafouent ses libertés, ainsi que la démocratie dont ils ont pourtant plein la bouche en permanence. Car comment peuvent-ils oser imposer cela aux Français sans même leur demander leur avis ? Il s'agit pourtant de leur avenir le plus primordial, celui qui concerne leur destin de peuple et de nation et ils osent en disposer sans même les consulter !

Il est vrai qu'ils usent à leur aise du destin de notre peuple et des grands principes qui fondent la nation et la république. L'affaire de la Corse, par exemple, est à cet égard scandaleuse. Car voilà un gouvernement qui, pour régler un problème d'ordre public, entreprend de brader le principe essentiel de la souveraineté du peuple français, de l'unité de la nation et de l'indivisibilité de la république. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Accepter de transmettre à une assemblée corse une partie des pouvoirs législatifs, c'est accepter de priver le peuple français en tant que tel d'une partie de sa souveraineté. Déjà, celle-ci a été amputée par l'Europe de Bruxelles, si elle est maintenant rognée par l'échelon régional, autant dire que notre peuple ne pourra plus se diriger lui-même et que cet éclatement de sa souveraineté le fera voler en éclats aussi sûrement que l'immigration qui le dénature.

Quant au projet de rendre la langue corse obligatoire en Corse, il constitue lui aussi une très grave atteinte à l'unité de la France. Car de tout temps, et en tout lieu, la langue a été un facteur d'unité et d'identité. L'un des ciments de la France, c'est la langue française, c'est notre langue nationale et, à ce titre, elle est la seule à devoir être enseignée de façon obligatoire en France. Mettre en cause ce principe, c'est remettre en cause l'unité de notre nation. Alors bien sûr, nous sommes, nous, les champions de la défense de notre identité et nous savons que celle-ci est riche de ses réalités provinciales, réalités que nous voulons d'ailleurs valoriser et vivifier comme nous l'avons prévu dans notre programme. Mais si nous voulons rompre avec un certain jacobinisme, si nous voulons assurer l'épanouissement des provinces françaises et de leur identité et notamment de la Corse, nous voulons le faire dans le cadre de la nation et de la république, dans le respect de l'unité et de la souveraineté de son peuple. Nous sommes donc pour une décentralisation plus poussée et une organisation territoriale plus enracinée. Mais nous rejetons cet autonomisme que le pouvoir veut instaurer en Corse.

D'ailleurs cet autonomisme est absurde car il n'y a pas de mi-chemin : ou l'on est dans la nation, ou l'on est en dehors. Si la Corse va au-delà de la décentralisation, elle va vers l'indépendance. Comme le veulent d'ailleurs les soi-disant nationalistes. Et le pire est que pour quelques-uns, idéalistes et très naïfs, qui y croient, les autres ne sont mus que par des motivations mafieuses. Et le pire est que ce bradage par Jospin et ses amis des principes de la nation et de la république ne va rien régler puisque les soi-disant nationalistes veulent l'indépendance et qu'ils en voudront toujours plus. Cela ne va rien régler puisque la violence est le plus souvent le fait de milieux mafieux dont l'existence ne dépend en rien du statut de la Corse. Cela ne va rien régler car on ne voit pas en quoi l'apprentissage obligatoire du corse ou une assemblée corse souveraine pourraient permettre aux Corses de mieux se protéger du mondialisme économique, de l'immigration clandestine, du chômage et de l'insécurité. Au contraire, ils seront plus faibles et sans protection. En un mot, ils seront soumis aux mafias. Et d'ailleurs, ils le savent bien puisqu'à plus de 83%, les Corses ne veulent pas de l'indépendance et souhaitent rester partie intégrante de la république et de la nation.

Alors je dis qu'il est scandaleux de voir les socialo-communistes user ainsi d'un sentiment identitaire dévoyé pour affaiblir encore notre pays et nos institutions. Et le comble c'est que Jospin et ses amis n'envisagent même pas, pour prendre des décisions aussi graves, de consulter le peuple par référendum. On l'avait pourtant fait pour la Nouvelle-Calédonie lorsqu'il s'est agi d'en changer le statut. Et quelles que soient l'amitié et la considération que nous portons aux Français de ce territoire, la Corse est un tout autre enjeu. Eh bien ! non, le pouvoir ne compte même pas traiter les Corses comme l'ont été les Kanaks !

Et c'est dans ce contexte catastrophique, où tous les principes sont mis en cause, que M. Chirac prend une grande initiative. La France va mal, l'insécurité se développe, l'immigration prend une ampleur jamais atteinte, la république et l'unité nationale sont mises en cause. Et que fait le président de la République ? Il décide de consulter le peuple ! Jusque-là, tout va bien. Dans une démocratie, la souveraineté vient du peuple. Si la situation est grave, c'est sur lui qu'il faut s'appuyer pour redresser la barre. On aurait donc pu s'attendre à ce M. Chirac consulte les Français sur la question majeure de l'immigration ou sur celle de l'insécurité ou encore sur celle de la souveraineté ou de l'unité de la nation. Eh bien ! non, M. Chirac consulte les Français sur la durée du mandat présidentiel ! Il leur demande s'ils sont d'accord pour le faire passer de sept à cinq ans. C'est pitoyable !

C'est pitoyable parce que ce n'est pas, mais alors pas du tout le problème du moment. C'est pitoyable parce que ce n'est ni le problème des Français, ni celui de la France. M. Chirac une fois de plus est complètement à côté de la plaque car il ne répond à aucune des attentes des Français. Cela ne veut pas dire pour autant que cette question soit secondaire ou sans importance. Je le précise car, à entendre M. Chirac, on a l'impression que c'est le cas. ''Sur le quinquennat, a-t-il dit aux Français, vous votez oui, c'est bien, vous votez non, c'est bien aussi.'' On se demande d'ailleurs, si c'est bien quoi qu'il arrive, pourquoi il ne tire pas la réponse à pile ou face.

Alors, moi, je le dis, si c'est oui ce n'est pas bien, c'est même très grave. Car, soyons simples. Plus le mandat est long, plus le président a de pouvoir, moins il est long, moins il en a. C'est évident. Quelqu'un à qui l'on donne un mandat long est quelqu'un à qui l'on veut donner le champ libre pour mener dans la continuité et la stabilité l'action que l'on attend de lui. Ce n'est pas un hasard si le gouverneur de la Banque centrale européenne est nommé pour huit ans, c'est parce qu'on a voulu lui donner la hauteur de vue, la crédibilité et l'autorité nécessaire. Donc, réduire la durée du mandat présidentiel, c'est affaiblir le président, c'est affaiblir l'exécutif, c'est affaiblir le pouvoir.

Or, est-ce aujourd'hui une priorité, affaiblir le pouvoir? Sommes-nous gênés par un pouvoir français trop fort ? Bien sûr que non, c'est même tout le contraire. Le problème de la société française, c'est qu'il n'y a plus d'autorité à la tête de l'État, une autorité capable de juguler l'insécurité, de maîtriser l'immigration, de défendre les intérêts de la France face aux forces du mondialisme, face au pouvoir bruxellois. Et ce qu'il nous faut, c'est donc le contraire de ce que veut faire M. Chirac, ce qu'il nous faut, c'est de nouveau une force et une autorité pour diriger la France. Or, avec le quinquennat, on continue à affaiblir notre pays et ses institutions.

Alors, je sais, on m'objectera que, quand le président est mauvais, cinq ans, c'est mieux que sept. Oui, c'est vrai, mais dans ce cas, cinq ans c'est encore trop long, il vaut mieux quatre, trois, deux, un an pourquoi pas ? Comme ça, on élirait un président à chaque printemps ou au moment des soldes, on en changerait comme on change de chemise. Par contre, si cinq ans c'est encore trop long pour un mauvais président, cinq ans c'est trop court pour un bon président, pour un président qui voudrait comme nous le voulons remettre de l'ordre dans notre pays. Pour s'installer, prendre en main les rouages de l'État et lancer les grandes réformes indispensables, il faut déjà trois ans et ensuite, il n'est pas trop de quatre ans pour les mettre en oeuvre afin qu'elles commencent à porter leurs fruits.

Voilà pourquoi, chers amis, nous sommes contre le quinquennat. Alors, je sais, on me répond : oui, mais avec le système actuel, c'est sans cesse la cohabitation qui affaiblit encore plus le pouvoir. Certes, la cohabitation est détestable mais ce n'est pas le septennat qui en est la cause ! D'abord parce que le quinquennat n'empêchera pas la cohabitation. Ensuite parce que la cohabitation n'est pas le produit des institutions, elle est le fruit amer de la classe politique. Si en effet les Français votent une fois à droite, une fois à gauche, c'est parce qu'ils savent bien qu'il n'y a pas de différence entre la gauche et la droite institutionnelle et qu'un pouvoir de gauche, un pouvoir de droite ou un pouvoir de cohabitation, de toute façon, cela ne change rien, c'est la même politique. Rappelez-vous, au début de la Vème République, lorsqu'il y avait une vraie différence entre la gauche et la droite, il n'y avait pas de cohabitation et demain, comme il y aura une vraie différence entre nous et notre opposition, il n'y aura pas non plus de cohabitation.

Voilà pourquoi nous voterons non au référendum. Nous voterons non au quinquennat mais surtout nous saisirons l'occasion qui est donnée à notre peuple pour nous exprimer bien au-delà du quinquennat. Car MM. Chirac et Jospin sont complices. Je crois l'avoir montré : ils sont complices pour l'abaissement de la France, pour l'abandon des Français, complices pour la mise en cause des grands principes qui fondent notre nation. Nous devons donc saisir l'occasion de ce référendum pour leur dire non, non au quinquennat, non à Chirac, non à Jospin. non, non, non.

Je vous demande donc de partir en campagne afin de mobiliser les Français pour le non. Le non au désordre et à la décadence. Cette campagne sera courte et tout sera fait pour occulter notre voix et la voix du non. Nous devons donc multiplier les réunions, les conférences de presse, les tractages, les collages pour faire barrage à ce nouvel affaiblissement de la France.

Et face au pouvoir qui veut empêcher ses adversaires de s'exprimer à parité avec les tenants du oui, nous devons organiser la coordination de tous ceux qui vont faire campagne pour le non.

Chers amis, cette campagne sera courte. Et, quelle qu'en soit l'issue, nous ne nous reposerons pas le lendemain du 24 septembre car c'est au-delà du référendum une grande offensive que nous lançons dans la perspective des cantonales et des municipales.

Nous la lançons pour servir la France et les Français. Nous la lançons car nous savons que l'heure est grave et que notre peuple a besoin de nous. Aujourd'hui, il semble s'être résigné à ce qu'il prend pour une fatalité, aujourd'hui il semble se laisser glisser vers le renoncement quand ce n'est pas la désespérance. Aujourd'hui il ne croit plus.

Eh bien ! c'est à nous de le réveiller, c'est à nous d'aller à sa rencontre pour lui montrer que nous sommes là, que nous sommes la nouvelle force qu'il attendait, qu'avec nous tout est possible. Et croyez-moi, lorsqu'il nous reconnaîtra, il nous rejoindra et, lorsqu'il nous rejoindra, nous serons bien cette puissante force capable de rendre un avenir à la France, capable de remettre de l'ordre dans notre pays.

Chers amis, aujourd'hui, ici, de cette façon, mes propos peuvent paraître exagérément optimistes. Sachez qu'ils ne sont que l'expression de ce que nous sommes. Car nous sommes le souffle de notre nation, la volonté de notre peuple et la force de nos convictions.

Vive le MNR ! Vive la France !

Bruno MEGRET dans le trombinoscope
Les autres discours de Bruno MEGRET
Imprimer cette page


 Face au PS, l'alternative nationale
 La décadence des valeurs
 Le mondialisme triomphant !
 Immigration : l'invasion continue
 Lettre de Bernard BORNETTE
 Mondialisation, démondialisation :
les enjeux
 La dé mondialisation, c'est possible ! ou ?
 Mondialisation : La grande illusion !
 Regroupement familial : 35 ans plus tard
 Résister à la colonisation
 Qu'est-ce que la violence ?
 La violence de la pensée unique
 Archives

 Consulter notre magazine
 Contactez-nous
 Découvrez le MNR
 Adhérez au MNR

    Culture
    École
    Économie
    Environnement
    Europe
    Famille
    Identité
    Immigration
    International
    Islam
    Libertés
    MNR
    Mondialisation
    Nation
    Politique
    République
    Sécurité
    Social
    Travail
    Turquie
    Valeurs


 OK
 
Remonter en haut de la page