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DISCOURS
Poitiers - 30/09/00 - Discours de Bruno MEGRET
Pour que vive la France
Discours de présentation du programme du MNR

Aujourd'hui, ici, à Poitiers, notre mouvement vient d'adopter son programme de gouvernement ''Pour que vive la France''. Ce faisant, il vient d'accomplir un acte majeur sans lequel une formation politique n'existe pas vraiment. Un mouvement est en effet une communauté d'hommes et de femmes rassemblés par un projet qu'ils proposent à leurs compatriotes de réaliser au service du bien commun. Cet acte fondateur, le MNR l'a accompli alors qu'aucune formation de la classe politique ne serait aujourd'hui en mesure de le faire. Les partis actuellement en lice sont en effet tellement dépourvus d'idées ou tellement divisés qu'aucun n'est capable de se doter d'un vrai programme et qu'aucun ne l'a fait.

Le projet élaboré par le MNR prend position sur les graves problèmes de notre temps et apporte des solutions aux difficultés que connaissent nos compatriotes. Il affirme sans hésitation ce que nous sommes et ce que nous proposons. Pour l'identité française et la souveraineté nationale, pour l'ordre républicain et les libertés économiques, pour la fraternité sociale et les valeurs traditionnelles, il se situe aux antipodes du politiquement correct, montrant ainsi qu'il existe une autre voie que celle imposée par l'établissement, une voie alternative à la pensée unique.

En adoptant ce projet, notre mouvement s'affirme donc comme une force politique d'envergure qui a vocation à rassembler largement. Notre programme peut en effet recueillir l'assentiment d'une majorité de nos compatriotes. Son propos est de réunir sur l'essentiel. Il se trouve tout entier contenu dans cette volonté qui est la nôtre : offrir à notre peuple, à nos familles et à nos enfants la possibilité de continuer à vivre en accord avec leur civilisation, permettre à la France de poursuivre sa marche en avant dans l'histoire.

Il n'y a aucune fatalité à l'effacement de la France et le renouveau est possible. C'est tout le sens de notre combat. Un combat qui n'a rien d'un repli chauvin et frileux derrière nos frontières puisqu'il s'inscrit dans une entreprise européenne et mondiale de défense de l'identité des peuples et de la diversité de la planète.

Un combat qui a tout pour être victorieux car, malgré les menaces et les dangers qui accablent la France, nous sommes portés par le souffle de l'histoire et par les réalités géopolitiques du monde d'aujourd'hui.

Certes, rien n'est joué, et la situation présente peut déboucher sur le pire comme sur le meilleur.

Alors que s'ouvre le troisième millénaire, la France et l'Europe se trouvent à la croisée des chemins. Dans un monde en plein bouleversement, l'histoire hésite quant au sort de notre nation et de notre civilisation. Et, comme fasciné par le gouffre qui s'ouvre devant lui, notre pays semble perdre sa raison et sa lucidité. Nos compatriotes paraissent frappés de stupeur, les élites subjuguées par ce qui survient et nos institutions neutralisées par le cours des choses.

Pourtant, aujourd'hui comme hier, l'avenir n'est écrit nulle part et l'histoire s'affirme toujours comme le fruit de la volonté des hommes. Aussi le Mouvement national républicain a-t-il comme projet de conjurer ce que d'aucuns prennent pour la fatalité et de rendre un avenir à notre peuple. Il veut lui ouvrir les yeux sur la réalité de la décadence et l'engager sur la voie du renouveau. Un renouveau adapté au XXIe siècle et conforme à son génie propre.

Le siècle écoulé nous lègue en effet un monde contrasté où deux réalités antagonistes conjuguent leurs effets, l'une pour amollir et assoupir les Français, l'autre pour dissoudre leur identité et les détruire. Une situation qui a pris corps dans les décennies passées et qui projette sur les années à venir l'ombre de dangereuses menaces.

Le XXe siècle avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices pour notre pays et notre continent. Après une longue période d'expansion et de découverte, l'Europe exerçait sur le monde une prépondérance sans partage. Sa civilisation rayonnait dans tous les domaines et sur toutes les terres. Tout au long du siècle, le monde occidental a d'ailleurs connu un progrès matériel sans précédent. Le développement de la science et de la technique a offert aux Européens une puissance et une richesse qu'ils n'avaient jamais connues jusque-là. Grâce aux avancées de la médecine et à la croissance économique, l'ouvrier français d'aujourd'hui connaît une vie plus longue et plus facile que jamais. Et, pendant les cinquante dernières années, la France et l'Europe occidentale ont pu vivre dans un grand confort nourri par la prospérité économique, la paix internationale et la stabilité politique.

Pourtant, le XXe siècle est passé et il n'a pas tenu ses promesses d'un monde meilleur. L'an 2000, que redoutaient certains mais qui faisait rêver tant d'autres, est venu et il n'a répondu à aucune espérance. Pour la France, pour l'Europe, le siècle qui s'ouvre apparaît lourd d'incertitudes et de dangers. Aujourd'hui, en effet, la réalité doucereuse et lénifiante du monde de l'abondance et du confort commence à céder la place à une autre réalité. Une réalité jusqu'à présent sous-jacente, mais dont les terribles impératifs s'imposent peu à peu à nos compatriotes et font tomber leurs illusions quant à l'avenir qu'on leur prépare.

Car la France semble en proie à un processus de dilution qui détruit peu à peu ses valeurs, ses institutions et son peuple lui-même. Ainsi, notre pays vieillit de plus en plus et ne renouvelle plus ses générations alors qu'une immigration de peuplement imprime chaque jour un peu plus sa marque sur notre sol. Un état de guerre ethnique larvée gagne des portions croissantes de notre territoire. L'islam s'impose déjà comme la deuxième religion dans notre pays et cherche à faire prévaloir ses moeurs et ses coutumes.

L'ordre et la loi reculent tandis que la violence s'installe dans nos cités. La peur s'insinue dans les villes et les campagnes à mesure que la délinquance impunie se fait plus arrogante. Le tissu social se délite. Les égoïsmes donnent libre cours à leurs appétits, encouragés par la domination sans partage des intérêts mercantiles et le matraquage cynique d'une publicité toute-puissante. Et cela, au mépris de la misère et de la pauvreté qui reviennent en force, frappant de plein fouet les plus faibles de nos compatriotes. Hier encore pays de haute culture, la France se laisse peu à peu subjuguer par une sous-culture cosmopolite et malsaine qui soumet son peuple et sa jeunesse à un abrutissement médiatique sans précédent. Progressivement, c'est le laxisme qui tient lieu de règle en matière de moeurs, tandis que la corruption des puissants vient saper systématiquement la morale civique. Quant à la bureaucratie, qu'elle soit étatique, bruxelloise ou locale, elle est devenue omniprésente et paralysante. Sécrétant une réglementation aussi prolifique que contraignante, engendrant des taxes, des charges et des impôts toujours plus lourds, elle étouffe les initiatives, bride les énergies et stérilise la création et l'entreprise.

Les institutions elles-mêmes se trouvent subverties les unes après les autres. La citoyenneté, pourtant fondement de la cité et de la république depuis la plus haute antiquité européenne, se vide jour après jour de sa substance. On abolit peu à peu toute distinction entre citoyens et résidents, au point d'instaurer une véritable priorité en faveur des étrangers aux dépens des Français de souche. La préférence nationale devient une discrimination et même un délit qui prive de leur sens les notions pourtant essentielles de communauté et de fraternité nationale.

L'école, qui de tout temps assurait la transmission du savoir et de notre héritage de civilisation, a abandonné cette mission essentielle pour se transformer en une chambre de résonance de la société et de toutes ses déviances, au point que la délinquance, la drogue et la violence s'y développent tous les jours. L'armée, qui incarnait la volonté de notre peuple de durer et de survivre et maintenait vivantes les valeurs patriotiques, a été coupée de la nation pour se trouver progressivement démantelée.

La démocratie, que le régime brandit à tout propos contre ses adversaires, devient une coquille vide, réduisant ainsi les libertés concrètes des Français. La liberté d'expression et la liberté de recherche sont mises en tutelle au nom d'un antiracisme truqué qui vise à culpabiliser nos compatriotes. La prétendue liberté de l'information n'empêche ni la censure, ni les manipulations, ni l'espionnage, ni les procès en sorcellerie. Au nom de la mixité sociale, alibi du mélange ethnique, on va même jusqu'à retirer à nos compatriotes la liberté de choisir leur voisinage.

Cette logique totalitaire se trouve de surcroît considérablement amplifiée par l'Europe de Bruxelles qui se comporte comme une oligarchie aux pouvoirs de plus en plus étendus. Pour la première fois dans notre histoire en temps de paix, la France a dû renoncer à sa souveraineté, à son droit qu'on croyait pourtant inaliénable de frapper sa monnaie, de conduire sa politique budgétaire, de garder ses frontières, de décider qui peut pénétrer sur son sol. Pour la première fois, plus de la moitié des règles qui gouvernent la vie des Français n'ont pas été édictées par des élus ou des dirigeants français, mais sont imposées depuis l'étranger par des instances étrangères.

Au seuil du XXIe siècle, les facteurs de décomposition de notre société se sont tellement multipliés qu'ils affectent maintenant la vie quotidienne et le sort de beaucoup de nos compatriotes. Pourtant, les responsables du régime ne s'inquiètent pas de ces phénomènes dans lesquels ils ne semblent voir que les effets inévitables des mutations nécessaires à notre entrée dans le monde de demain. Monde qu'ils décrivent tous par un maître mot : mondialisation !

Sans faire la distinction entre les facteurs objectifs de la mondialisation, que sont par exemple les nouveaux moyens de télécommunication, et l'obsession idéologique qui conduit à juger tout ce qui en résulte comme systématiquement bénéfique, les tenants du régime transforment des mécanismes purement techniques de rétrécissement de la planète en une doctrine politique de promotion du cosmopolitisme.

Confondant ainsi mondialisation et mondialisme, ils en viennent à voir dans les évolutions actuelles un processus irréversible d'unification de la planète. Les économies, les nations, les civilisations, les cultures, les races, voire les religions, seraient amenées à se fondre en une entité unique, à se mélanger en un immense melting-pot planétaire. Et chacun de se féliciter des mécanismes unificateurs mis en place par les nouvelles techniques de communication et d'applaudir aux nouvelles règles de décloisonnement des économies. Et tous, faiseurs d'opinion, princes de la finance et responsables politiques, d'en demander toujours plus pour accélérer ce processus et pour y adapter, au besoin contre leur volonté, les peuples et les nations. Dérégulation, suppression des frontières, destruction des obstacles aux échanges, mise en cause des souverainetés populaires, contournement des lois étatiques, fusion internationale des entreprises, tout, et n'importe quoi, doit être entrepris pour assurer la domination de leur nouvelle idole, la mondialisation. Les nations doivent céder la place au nouvel ordre mondial, les économies nationales se fondre dans le grand marché planétaire, les États se soumettre aux organismes internationaux, à l'Onu, à l'Otan, à l'OMC. Et malheur à ceux qui refusent. Ils seront brisés comme l'ont été l'Irak et la Serbie.

Aux yeux des dirigeants des nations européennes, la globalisation constitue en effet un impératif auquel il faut se soumettre les yeux fermés, sans se soucier des conséquences souvent dramatiques qui en résultent pour les peuples.

L'immigration devient ainsi un phénomène normal, présenté même comme bénéfique puisqu'il permettrait de compenser la chute de la démographie française et européenne. Ainsi l'Onu préconise-t-elle, dans un rapport publié en 1999, l'arrivée en Europe de 159 millions d'immigrés supplémentaires d'ici à 2025, dont 23 millions pour la France. Projet qui changerait pourtant radicalement la nature de la population européenne, laquelle compte aujourd'hui 400 millions d'habitants. ''Un changement géopolitique majeur'', reconnaît l'Onu sans vraiment s'en inquiéter. Sur le plan religieux, la montée en puissance de l'islam sur le continent européen et la prochaine entrée de la Turquie dans l'Europe correspondent à cette même volonté mondialisatrice visant, selon la formule d'un ministre français, à faire en sorte que ''l'Europe ne reste pas un club chrétien''.

Dans ce processus de mélange planétaire, c'est encore l'Europe de Bruxelles qui joue le rôle d'accélérateur. En cherchant à étendre toujours plus le nombre de ses membres, elle se transforme progressivement en une nouvelle Babel qui détruit les entités nationales, dépossède les peuples de leur souveraineté, démantèle les États sans même défendre l'identité et les intérêts du vieux continent. Bien au contraire, l'Europe de Bruxelles se soumet aux États-Unis d'Amérique qui s'affirment de plus en plus comme l'inspirateur et le garant de ce nouvel ordre mondial. Devenus depuis la disparition de l'Union soviétique la seule superpuissance planétaire, ceux-ci tentent d'imposer partout dans le monde leur modèle cosmopolite et marchand, celui qui fonde leur propre société. Bien qu'ils connaissent chez eux de graves échecs, les Américains agissent partout avec détermination pour faire prévaloir leur vision du monde et se comportent ouvertement comme le bras séculier de la mondialisation.

C'est dans le domaine économique que ce processus prend actuellement la plus grande ampleur. Facilité par l'essor spectaculaire des moyens de transport et de télécommunication ainsi que par les dérégulations généralisées, le commerce mondial se développe à un rythme accéléré tout comme les regroupements d'entreprises et les délocalisations. Se crée ainsi dans chaque secteur l'ébauche de quelques grands groupes qui placeront le monde sous la coupe d'oligopoles transnationaux. Déjà, il n'existe plus que deux constructeurs d'avions, Airbus et Boeing, et les entreprises, à mesure qu'elles se mondialisent, se regroupent progressivement, de telle sorte que leur nombre diminue dans les secteurs de l'automobile, des transports aériens, des télécommunications et de l'électronique. Par le jeu de ce monstrueux Monopoly, l'économie mondiale tend à se structurer autour d'entités financières internationales échappant au contrôle des États, étrangères aux préoccupations humaines, nationales et sociales, et mues seulement par les lois implacables de l'argent.

Telles sont les perspectives d'avenir que nous présentent les tenants de l'établissement à l'aube du XXIe siècle. La marée migratoire, la globalisation de l'économie, l'étouffement bureaucratique et fiscal, l'eurofédéralisme bruxellois et le nouvel ordre mondial américain, autant de phénomènes qui accentuent la dérive totalitaire et l'imperium des valeurs marchandes, autant de mécanismes qui concourent à la mondialisation et ne peuvent donc qu'entraîner la destruction de notre nation et de notre civilisation.

Au Mouvement national républicain, nous voulons au contraire la survie de la France et de l'Europe. Nous voulons défendre notre peuple et sa civilisation, nous voulons rester ce que nous sommes, nous voulons un avenir dans la fidélité à nos valeurs et à notre identité. Le MNR s'oppose donc globalement au projet de l'établissement. Et l'antagonisme qui en résulte correspond clairement à l'enjeu majeur du siècle qui vient. D'un côté les tenants du mondialisme, de l'autre les promoteurs de nos identités. D'un côté les zélateurs du totalitarisme politiquement correct, de l'autre les défenseurs de nos libertés et de nos valeurs de civilisation. Dans cette grande bataille qui s'engage, nous avons choisi notre camp. Et notre ambition est simple : rassembler tous les Français attachés à leur nation et à leur civilisation pour faire obstacle aux entreprises néfastes du mondialisme, du totalitarisme et du matérialisme.

Nous affirmons sans ambages notre attachement à notre peuple et notre amour de la France. Pour nous, elle représente un trésor vivant. Sans elle, quelque chose d'essentiel manquerait au monde. Certains prétendent l'amputer, la faire naître en 1789 ou mourir en 1940. Nous, nous en recueillons tout l'héritage, son histoire et sa foi, ses penseurs, ses chefs et ses ingénieurs, ses rois et ses généraux, ses arts et sa science, ses vins et sa cuisine. Du plus profond de son inépuisable richesse intellectuelle, affective et morale, la France nous parle par ses voix intérieures depuis des millénaires. Mémoire et source de vie, elle est le résultat d'une longue histoire d'amour entre un peuple et une terre. Non sans mal, dans le sang, la sueur et les larmes, mais aussi par le coeur et par le génie, le peuple a fécondé la terre et la terre a façonné le peuple. De cette nation, ''faite de main d'homme'' pour reprendre la belle formule de Paul Valéry, est née une très haute civilisation qui s'est élevée au sommet des réalisations humaines et des conquêtes de l'esprit.

Nous revendiquons le droit de préférer ce pays-là, ce grand pays qui est le nôtre. Nous osons préférer sans complexe notre civilisation, notre histoire et notre nation. Nous préférons la France non seulement parce qu'elle est nôtre, mais parce qu'avec Saint Louis, Pascal, Molière, c'est une manière très mesurée, très humaine d'aller haut, de penser clair, de concevoir le beau. Elle nous amène sans façon au-dessus de nous-mêmes, elle nous lie doucement à la terre et au ciel. Elle ajoute quelque chose à la vie et à la beauté du monde. Aussi reconnaissons-nous un destin singulier à notre pays. Un destin qu'il nous faut assumer et qui nous porte à proclamer les droits imprescriptibles de la France et des Français. Les droits des vivants, des morts et des générations à venir, car notre pays n'appartient pas à la génération présente, nous l'héritons de nos grands-parents et nous l'empruntons à nos petits-enfants.

Et, dans cette bataille que nous engageons contre les forces pernicieuses du mondialisme, nous sommes portés par le souffle de notre peuple, un souffle qui nous dépasse et qui transcende notre combat. La France, nous le savons, a connu en maintes occasions dans son histoire des périodes aussi difficiles que celles d'aujourd'hui et, à chaque fois, elle a su trouver en elle-même les ressources vitales pour se ressaisir et reprendre sa marche en avant. Cette fois-ci encore, elle trouvera la force de résister à la destruction, de s'opposer à la dilution et de se redresser pour poursuivre son cheminement dans l'histoire. Aussi sommes-nous bien plus forts qu'il n'y paraît puisque, précisément, nous sommes l'expression politique de la volonté de notre peuple de résister et de survivre. Nous sommes son bras séculier, l'instrument qu'il se donne pour affronter les forces du mondialisme, de l'étatisme et de la décadence. Aussi engageons-nous le combat avec la certitude de l'emporter face à un adversaire certes considéré comme omnipotent, mais qui se révèle en réalité beaucoup plus fragile que les apparences ne le laisseraient croire.

Les phénomènes auxquels nous assistons actuellement ne sont pas en effet la manifestation d'un grand courant d'avenir qui prendrait sa source aujourd'hui pour aller se renforçant dans les décennies à venir. Ils sont au contraire l'aboutissement exacerbé de mécanismes qui ont pris corps au XXe siècle et qui appartiennent donc au passé. Ainsi, le processus de décomposition de la nation qui se déroule sous nos yeux, loin de répondre à on ne sait quelle nécessité historique, résulte en réalité des erreurs idéologiques et politiques commises tout au long du siècle écoulé. Car, au-delà des progrès matériels enregistrés durant cette période, le XXe siècle aura été au total particulièrement funeste pour l'Europe et pour la France.

Il aura été le siècle du totalitarisme, celui au cours duquel les dangereuses utopies liberticides élaborées au siècle précédent, le communisme et le national-socialisme, se seront incarnées politiquement. Si ce dernier a disparu, le marxisme et l'égalitarisme continuent d'exercer leur domination politique et idéologique, en particulier dans notre pays. Et, si les méthodes brutales et sanglantes des grands totalitarismes ont été abandonnées, c'est pour adopter les techniques plus subtiles et plus efficaces du politiquement correct. La pensée unique et le terrorisme intellectuel pratiqués aujourd'hui semblent en effet avoir asservi les esprits avec plus d'efficacité que la terreur physique et s'affirment donc comme la version contemporaine des totalitarismes passés.

Le siècle écoulé aura vu également s'imposer les intérêts marchands que symbolisent le consumérisme et le règne de l'argent. Il aura connu l'effacement des valeurs traditionnelles et humanistes au profit de la domination froide des impératifs de la technique et des exigences des marchés. Et cette très grave dérive du XXe siècle donne aujourd'hui son plein effet avec l'occultation du politique, l'affaissement des nations et la disparition des valeurs. L'aube du nouveau siècle est donc marquée par l'exacerbation du matérialisme en gestation depuis des années.

De même, l'utopie cosmopolite qui a parcouru le siècle passé sous la forme de l'internationalisme, du libre-échangisme et du mondialisme atteint maintenant son point culminant avec la frénésie mondialisatrice qui prend, à l'échelle de la planète, la dimension d'une véritable hystérie collective. Là encore, il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau, mais de l'aboutissement explosif de tendances passées.

Enfin, le XXe siècle aura été en France l'occasion d'une montée en puissance du socialisme, de la social-démocratie et donc de l'étatisme et du fiscalisme, aboutissant aujourd'hui à une législation tentaculaire et asphyxiante, en même temps qu'à des taux de prélèvements obligatoires jamais atteints dans notre histoire.

Paradoxalement, l'aube du troisième millénaire ne marque donc pas le début d'une ère nouvelle mais plutôt la fin d'une période écoulée. Les crises qui s'annoncent prennent racine dans les erreurs du XXe siècle et les mécanismes que nous combattons ne sont donc pas porteurs d'avenir puisqu'ils résultent du passé.

Cela est d'ailleurs si vrai que les zélateurs de ces utopies funestes sont eux-mêmes des hommes du passé. En France, l'établissement qui gouverne notre pays depuis cinquante ans est en effet directement issu de l'après-guerre, qu'il s'agisse de la gauche socialo-communiste ou de la droite gaulliste et centriste. C'est la guerre qui a fondé leur pouvoir et leur légitimité et ce n'est pas un hasard s'ils se réfèrent autant à cette période de notre histoire.

Aujourd'hui, cependant, les uns comme les autres ont trahi leurs idéaux d'origine. Les néo-gaullistes ont renoncé à défendre la souveraineté et l'indépendance de la France, ils ont accepté la domination américaine et l'eurofédéralisme bruxellois. Avec la cohabitation, ils ont renié l'esprit de la Ve République pour se vautrer dans le régime des partis et des combinaisons politiciennes. Quant aux socialo-communistes, ils ont, eux aussi, tourné le dos à leurs propres convictions en se ralliant aux puissances d'argent. Les communistes ne se définissent plus comme les adversaires du marché et les socialistes jouent pleinement le jeu de l'ultralibéralisme international, acceptant sans état d'âme le mondialisme économique qui donne tous les pouvoirs au grand capitalisme international.

Aussi les partis de l'établissement ont-ils perdu toute légitimité. En trahissant leurs anciens idéaux, ils ont renoncé à peser sur la réalité et se contentent désormais de vouloir ce qui survient et d'approuver ce qui arrive. Ainsi affirment-ils que ''les immigrés ne repartiront plus'', que ''la France est multiconfessionnelle'', que ''le mondialisme est une chance pour notre pays'', que ''l'Europe de Bruxelles est irréversible'' et que, de toute façon, ''il n'y a qu'une seule politique possible''. Comment s'étonner dès lors que gouvernements et majorités changent sans que rien ne change ? Et comment ne pas comprendre que les Français n'aient plus confiance dans cette classe politique uniquement préoccupée par la conservation de ses privilèges et qui, devenue incapable de servir, ne songe désormais qu'à se servir ?

Ainsi la fausse droite et la gauche se trouvent-elles en situation de complicité historique pour se partager le pouvoir et empêcher par tous les moyens, y compris les plus odieux, l'émergence d'une nouvelle force politique. Un souci qui va d'ailleurs si loin que, pour se maintenir au pouvoir, les politiciens ont engagé une véritable guerre froide contre le peuple. C'est ainsi qu'ils cherchent à neutraliser son esprit critique, à bloquer ses capacités de réaction et à le déposséder progressivement de ses prérogatives.

Et, dans ce combat, tout est bon : les lois liberticides qui interdisent les opinions non conformes, les commissions ou les juges qui se substituent aux instances représentatives, les médias qui asservissent les esprits au politiquement correct, l'école qui enseigne la pensée unique, l'Europe oligarchique qui bafoue la souveraineté du peuple.

Ce régime frappé d'impuissance, désormais conscient de la fragilité de son assise démocratique et par conséquent de la faiblesse de sa légitimité, cherche à renforcer cette dernière en faisant revivre artificiellement les événements qui ont fondé autrefois son pouvoir. La deuxième guerre mondiale est donc sans cesse brandie comme une incantation pour tenter à la fois de régénérer le système et de diaboliser ses adversaires. Faute de légitimité réelle, le régime essaye de se raccrocher à une légitimité virtuelle, celle qu'il construit artificiellement en invoquant la Résistance et la lutte antifasciste. Aussi sort-il de la réalité d'aujourd'hui et de demain pour chercher refuge dans le passé en s'efforçant de plaquer sur le monde actuel des schémas qui datent d'il y a plus de cinquante ans. En ce sens, les responsables de l'établissement appartiennent clairement au passé. Loin d'être ancrés dans le XXIe siècle, ils s'affirment comme des hommes du XXe siècle maintenant révolu.

Face aux entreprises délétères qui menacent notre nation et notre civilisation, les dirigeants du système se comportent comme ces déserteurs qui, en plein combat, abandonnent leur poste. Et, dans la décadence qui frappe la France et l'Europe, la trahison sans précédent des élites politiques, mais aussi intellectuelles, artistiques, scientifiques et morales, de notre pays aura joué un rôle éminemment funeste. Car, à aucune autre période de notre histoire, on ne les a vues aussi soumises, aussi moutonnières, aussi unanimistes et aussi irresponsables qu'aujourd'hui.

Sur toutes les grandes questions, qu'il s'agisse par exemple de l'immigration, de l'Europe bruxelloise, de la mondialisation, de la guerre au Kosovo ou en Irak, de l'avenir de la nation, c'est le même discours qui revient sur toutes les lèvres. Chez les politiques du régime, mais aussi chez les journalistes, chez les intellectuels ou chez les artistes. Le même discours larmoyant, moralisateur et mondialisant, comme si tous, par lâcheté ou par bêtise, communiaient dans la même pensée. Cependant, par delà l'effet de propagande qu'il produit, cet unanimisme bêlant traduit surtout une terrible faiblesse de la pensée unique. Car, si elle est unique, c'est précisément parce qu'elle n'est pas une pensée, mais une simple logorrhée dictée par un terrorisme intellectuel aussi stupide et aveugle que celui pratiqué par les dictatures du XXe siècle.

Aussi les forces de décomposition nationale se révèlent en réalité beaucoup moins puissantes et irrésistibles qu'on ne veut le faire croire au peuple français car elles résultent des erreurs du siècle précédent, ne sont promues que par des hommes du passé et ne sont soutenues par aucune pensée cohérente.

En effet, le melting-pot planétaire qu'on invoque à tout bout de champ n'est pas généralisé. Le mécanisme de mondialisation accélérée touche principalement l'Europe et l'Occident et fort peu les autres régions du monde. Ainsi, par exemple, les phénomènes de migration ne concernent pas l'Afrique ni l'Asie. À l'évidence, aucun courant migratoire ne vient envahir la Chine, l'Inde ou le Nigéria. Cette mondialisation, à laquelle tout doit être subordonné et qui n'atteint finalement que les peuples blancs et les nations occidentales, constitue donc un marché de dupes pour les Européens. Pourquoi devrions-nous abandonner notre identité alors que, dans le reste du monde, chacun continuerait de défendre jalousement sa culture et son peuple ?

Ce grand courant de mondialisation dont l'établissement et les médias font la promotion représente donc en réalité un phénomène limité. Limité dans l'espace mais aussi dans le temps, car le monde ne s'achemine pas vers toujours plus de mélange et d'unification. Au contraire, on assiste un peu partout au réveil des aspirations identitaires. N'oublions pas que c'est le sentiment national qui joua le rôle de catalyseur dans la chute du communisme en Europe de l'Est. Les grands ensembles qu'ont pu être, chacun à leur échelle, l'URSS, la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie ont volé en éclats sous la pression de la volonté identitaire des peuples. Le réveil de l'islam et la montée de l'intégrisme musulman vont dans le même sens et manifestent le désir, parfois exacerbé, des civilisations d'affirmer leur propres valeurs face au mondialisme. Quant à la Chine, elle cultive un sentiment national très fort, tout comme l'Inde, le Pakistan et la plupart des pays du tiers monde.

En réalité, le monde de demain sera plus affirmé dans sa diversité et dans la variété de ses identités qu'il ne l'est aujourd'hui. Tout comme le monde d'aujourd'hui est beaucoup moins uniforme que celui du début du siècle quand l'Europe dominait la planète et imposait à travers les océans son modèle de civilisation. Le phénomène de l'affirmation des peuples et de leur identité est donc une réalité d'avenir.

La force du régime et des mécanismes pervers qu'il véhicule ne réside donc pas dans la réalité des faits mais dans une formidable mise en scène politico-intellectuelle qui vise à abuser les Français et les Européens. Ainsi existe-t-il un véritable montage destiné à rendre légitime la vision mondialiste du régime et à discréditer systématiquement tout attachement à notre nation et à notre civilisation. Et les mécanismes de la pensée unique sont à cet égard d'une simplicité tout à fait conforme aux règles élémentaires de la propagande. Ils tiennent en deux postulats : la nation c'est condamnable, la mondialisation c'est irréversible.

Ainsi les tenants du système pratiquent-ils un matraquage incessant contre l'idée même de nation. Tel général haut placé dans la hiérarchie de l'Otan déclare obsolète l'État-nation. Tel conseiller diplomatique du président de la République explique que la nation ne peut être désormais que pluri-ethnique et multi-confessionnelle. Quant à la présidence française de l'Union européenne, elle annonce que l'Europe est dorénavant un lieu de métissage. Et les faiseurs d'opinion de proclamer par ailleurs à longueur de temps le caractère inéluctable et irréversible de la mondialisation. En cherchant ainsi à transformer leurs choix idéologiques en vérités intangibles, les responsables de l'établissement ne se donnent même pas la peine d'éviter les contradictions dans lesquelles ils se font enfermer par les événements.

Ainsi les mêmes interviendront politiquement ou militairement pour assurer l'indépendance de la Tchétchénie ou de la Bosnie, mais expliqueront qu'elle n'a plus de sens pour la France. Les mêmes interdiront le droit de conquête au Koweït mais l'accepteront pour le Liban. Et, confronté aux réalités, M. Kouchner, tout en reconnaissant publiquement que la société multi-ethnique est impossible au Kosovo, continuera de la prôner pour la France.

Il est vrai que la manipulation dont nous sommes victimes ne s'appuie pas sur des réalités, mais sur des condamnations morales prononcées au nom d'une prétendue éthique qui entend aujourd'hui régenter les choix politiques de l'établissement. Ainsi la nation serait moralement condamnable car source de discrimination, d'exclusion, voire de racisme et de guerre. Et la mondialisation serait l'horizon indépassable du bonheur humain ou, à tout le moins, le bien vers lequel elle doit progresser. Plus généralement, tout ce qui implique le maintien des communautés est assimilé au mal en tant que forme d'exclusion. Et, inversement, tout ce qui est mélange et ouverture relèverait par nature du bien.

L'indigence de la pensée unique apparaît à ce stade d'autant plus odieuse que ceux qui brandissent l'arme morale pour diaboliser les convictions identitaires sont souvent aussi ceux qui se livrent à la corruption et bafouent la morale élémentaire. On va poursuivre et condamner mon épouse Catherine et son premier adjoint Hubert Fayard pour avoir fait voter une prime de naissance pour les familles françaises et européennes mais on va demander l'amnistie et l'impunité pour les politiciens qui détournent l'argent des Français. L'hypocrisie est telle que l'on veut aujourd'hui évacuer la morale du domaine des actes individuels pour l'exhiber dans le champ politique en vue de délégitimer les conceptions que l'on combat ! Or, rien n'est plus contraire à l'ordre des choses : la morale doit régenter le comportement des personnes, et non servir de justification hasardeuse à des choix politiques partisans.

Une telle attitude montre la fragilité des positions du système réduit à se fonder exclusivement sur un dévoiement de la notion même de morale et à utiliser ce montage éthico-idéologique pour tenter de camoufler ses propres faiblesses. Ainsi, le défaitisme que le régime inculque à notre peuple, le doute et la culpabilité permanente qu'il entretient à propos de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire visent principalement à masquer l'incapacité de la classe politique à peser sur les événements.

Car, si les Français sont convaincus que la France n'a plus d'avenir et ne peut plus rien faire par elle-même, comment pourraient-ils en vouloir à ses dirigeants de n'avoir rien accompli pour son redressement ? En se livrant sans relâche à la dévalorisation de la France et de la nation, les politiques espèrent s'absoudre de leur impuissance. Pour autant, cet artifice ne suffira pas à sauver le système, car, comme au temps de la défunte Union soviétique, l'idéologie officielle est confrontée à l'épreuve des faits et battue en brèche par la réalité.

Le régime peut bien expliquer aux Français que l'immigration est inéluctable et bénéfique, nos concitoyens savent à quoi s'en tenir et cherchent par tous les moyens à se tenir à l'écart des populations immigrées. On peut leur affirmer que l'insécurité n'est qu'un sentiment et que celle-ci se stabilise, ils constatent presque tous les jours qu'elle ne cesse de se répandre. On peut par des tours de passe-passe leur annoncer des baisses d'impôts, ils savent pour beaucoup d'entre eux que la pression fiscale ne se relâche pas. Ainsi le régime s'apparente-t-il de plus en plus, toute proportion gardée, à celui de l'ex-URSS. Cramponné à son idéologie, coupé du peuple et impuissant à agir sur la réalité, l'établissement ne se maintient que par le poids de l'intelligentsia et la force du totalitarisme. Jusqu'au jour où, brutalement, le mur s'effondrera.

L'avenir n'est donc pas fermé et le combat du MNR pour le renouveau de la France et de l'Europe peut donc déboucher sur une grande victoire. Et cela d'autant plus que nous voulons nous appuyer sur les opportunités historiques qui s'offrent à notre nation en ce début de millénaire.

N'oublions pas, d'abord, que notre pays demeure l'une des grandes puissances mondiales. Il dispose de l'arme nucléaire stratégique. Il s'affirme comme le quatrième pays exportateur de la planète. Nos chercheurs, nos ingénieurs et nos entrepreneurs n'ont rien à envier à ceux d'outre-Atlantique. Les Français ont su s'illustrer dans de nombreux secteurs de pointe comme l'aéronautique, le spatial, le nucléaire civil, les industries d'armement ou le génie biologique. Nous disposons d'un vaste territoire doté d'une agriculture puissante et notre peuple demeure inventif et entreprenant. La France n'est donc pas une puissance moyenne comme aime à le souligner l'établissement. On cherche seulement à lui faire oublier qu'elle est une grande nation dotée d'un riche patrimoine et de fortes potentialités.

Il suffit donc de libérer son génie et son énergie pour qu'elle puisse mener à bien de grandes entreprises et accomplir des oeuvres remarquables. Elle dispose en outre, tout comme les autres pays européens, d'une liberté nouvelle, car l'implosion de l'ordre de Yalta, avec l'effondrement de l'Union soviétique, devrait lui permettre de s'émanciper de la tutelle américaine et de retrouver dans un monde multipolaire une marge de manoeuvre qu'elle avait perdue.

De plus, notre pays n'est pas isolé sur la planète, car tous ceux qui luttent pour réguler le désordre économique mondial seront de notre côté. Tous ceux qui refusent l'hégémonie américaine nous soutiendront. Pour peu qu'elle déclenche une grande dynamique mondiale fondée sur l'identité et la liberté des peuples, la France verra se tourner vers elle les nations qui veulent rester elles-mêmes. Elle se trouvera aussitôt entourée d'amis et d'alliés à l'échelle de la planète.

Aussi voulons-nous ouvrir à la France les voies du XXIe siècle et offrir à notre nation et à notre continent les moyens de redevenir eux-mêmes. Alors que l'établissement a diabolisé les valeurs héroïques de l'énergie et de la transcendance, nous voulons rendre à notre peuple le goût des entreprises prométhéennes.

Nous rejetons les manoeuvres visant à le dévaloriser et à le culpabiliser. Nous refusons le goût morbide pour la repentance et l'évocation incessante des heures les plus sombres de notre passé. Nous voulons que les Français reprennent confiance en eux-mêmes, qu'ils redeviennent conscients de leur grandeur, fiers d'eux-mêmes et de leur pays, qu'ils retrouvent l'amour de l'action, de la grande santé, qu'ils respirent de nouveau l'air du large et des aventures généreuses.

Nous voulons réveiller la force de la liberté. Non pas la liberté de tout faire, mais la liberté au sens européen du terme, c'est-à-dire au sens de la maîtrise de soi et de son destin. La liberté, nous la voulons pour les Français mais aussi pour la communauté qu'ils forment. Nous voulons la souveraineté face au carcan mondialiste et social-démocrate, face au politiquement correct et à la pensée unique.

Nous voulons renouer avec l'esprit d'entreprise, avec le goût de la recherche et de l'invention, avec les qualités propres aux grands capitaines d'industrie qui permettent de reculer les limites du possible.

Nous voulons aussi retrouver l'une des vertus cardinales de notre civilisation : le sens de la mesure. Car nous refusons de soumettre la nature en la détruisant à la manière des barbares. Nous voulons que soient respectés l'ordre naturel et les lois de l'harmonie. Nous ne confondons pas progrès social et consommation frénétique, bonheur humain et matérialisme, qualité et quantité. Nous respectons l'héritage naturel et le patrimoine de civilisation que nous ont légués les générations qui nous ont précédés.

Nous voulons rendre vie à l'esprit de finesse caractéristique des vertus françaises. Nous voulons retrouver la juste hiérarchie des valeurs. Rétablir la primauté de l'ordre politique au service du bien commun, préserver les intérêts particuliers mais les maintenir à leur juste place.

Nous voulons redonner vie à la fraternité, à la préférence pour notre prochain et pour notre nation. Permettre à chacun de vivre au sein d'une vraie communauté et non dans un désert d'égoïsme.

Nous voulons enfin retrouver la vitalité et la force collective. L'Europe comme la France, loin d'avoir honte de la grandeur et de la puissance, doivent au contraire y aspirer. Loin de rejeter le progrès, nous voulons le maîtriser et le mettre au service de nos valeurs. La force bien utilisée est féconde car elle est utile à la vie et, parce que nous refusons de régresser, nous voulons le développement.

Aussi sommes-nous en mesure d'affirmer que notre nation tout comme l'Europe a un avenir, car nous possédons les réponses aux questions que l'une et l'autre se posent. Quand le régime n'a plus rien à dire à notre peuple, nous, nous avons un but et une voie à lui proposer et la volonté de l'y conduire.

Redonner vie à notre nation, rendre confiance et fierté à notre peuple, libérer ses énergies créatives, assurer la protection et l'harmonie de son territoire, affirmer sa culture et ses lois fondamentales, voilà notre projet.

Nous voulons oeuvrer à la renaissance de notre civilisation, renouer avec les valeurs traditionnelles qui la fondent, retrouver les vertus éminentes qui ont fait la grandeur de notre peuple.

Nous voulons bâtir une Europe des nations, assurer la puissance collective des grands peuples européens, les libérer de la tutelle américaine, rendre au vieux continent la force civilisatrice qui a été la sienne au fil des siècles écoulés.

Nous voulons fonder une république forte, conforme aux traditions nationales, garante de l'intérêt public, de la liberté des personnes, de la souveraineté du peuple et de la fraternité des citoyens.

Nous voulons pour cela instaurer un État fort. Un État qui ne soit pas une administration oppressive. Mais un État qui incarne l'intérêt général, fasse respecter les lois et exprime la volonté populaire. Un État protecteur qui garantisse la liberté et la sécurité des personnes et des communautés.

Nous voulons établir les familles comme cellules fondatrices de notre société, leur donner le prestige et les prérogatives qui leur appartiennent légitimement. L'école de leurs enfants doit être préservée des préjugés, de la propagande et de la violence.

Nous voulons organiser la société de façon à laisser toute leur place à ceux qui entreprennent, qui créent et qui travaillent. Chacun doit pouvoir jouir des fruits de son métier pour en faire bénéficier ses proches et ses descendants.

Nous voulons encore libérer les Français. Les libérer de la peur du politiquement correct, leur rendre le droit d'aimer et de préférer les leurs. Libérer les Français du poids étouffant de la bureaucratie et du fiscalisme. Les libérer de l'occupation étrangère que beaucoup subissent comme une souffrance indicible. Libérer les Français des affres de la délinquance qui rend insupportable leur vie quotidienne. Les libérer des injustices, du chômage et de la misère. Les libérer du mépris que leur vouent les prétendues élites.

Tel est le projet du MNR, un projet qui permettra à la France de rompre définitivement avec les erreurs du XXe siècle et de se tourner avec confiance vers le millénaire qui s'ouvre. Un projet qui entend inscrire de nouveau la France et l'Europe dans une grande oeuvre de civilisation. Un projet qui consiste à enraciner le monde de demain dans les valeurs permanentes et universelles de notre civilisation. Car tel est le défi qui nous est lancé par le siècle qui s'ouvre. Ou nous laissons les erreurs anciennes atteindre leur paroxysme jusqu'à la destruction de tout ce que nous avons été. Ou nous rompons avec les errements actuels pour ouvrir une voie nouvelle et sauver ce que nous sommes.

Le Mouvement national républicain a fait clairement le choix du renouveau. Il veut réaliser une synthèse originale et féconde entre les traditions et la modernité, entre l'impératif d'identité et les exigences du monde d'aujourd'hui. Le MNR veut rompre avec la barbarie et renouer avec la civilisation. Il veut tourner la page des erreurs passées pour écrire celle des temps à venir. Celle qui nous permettra de devenir ce que nous sommes.

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