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DISCOURS
Sèvres - 27/11/04 - Discours de Bruno MEGRET
Quand l'UMP vire au rose
Discours au Conseil national du MNR

Nous voici à la fin de ce conseil national et je considère que des choses très importantes ont été dites. C'est pourquoi je voudrais que ce conseil marque une étape pour notre mouvement. Un peu comme si nous avions définitivement tourné la page des années passées et que nous étions maintenant un mouvement nouveau, un mouvement jeune, qui débute et qui entreprend de se préparer à ses premiers combats. Un mouvement jeune qui veut répondre à la nouvelle donne politique, qui s'inscrit dans les contraintes du XXIe siècle, qui veut apporter des réponses aux défis du monde d'aujourd'hui. Dans un mouvement qui veut proposer autre chose que ce qu'incarne la classe politique actuelle, que ce soit la gauche, l'UMP ou le FN.

Et c'est dans cette démarche que nous devons nous engager et cela selon deux axes majeurs. D'abord nous allons mener une réflexion de fond pour construire notre projet. Un projet séduisant et crédible qui ne soit pas un retour en arrière passéiste et ringard mais qui fasse la synthèse entre nos valeurs, les valeurs intangibles de notre civilisation, et les impératifs incontournables du monde moderne dans lequel nous vivons. Un projet qui aura donc l'ambition de faire triompher nos idées dans le monde actuel, celui de la mondialisation celui des grands ensembles continentaux, celui des défis écologiques et des affrontements entre civilisations. Mais aussi bien sur un projet qui apporte à nos compatriotes des réponses à leurs problèmes quotidiens, ou plutôt qui leur permette de reprendre espoir et de comprendre que la politique peut encore leur apporter un avenir. Voilà chers amis pourquoi nous nous lançons dans l'organisation d'un cycle de colloque, pourquoi nous allons multiplier les conférences et les séminaires.

Mais, et c'est le deuxième axe, nous sommes un parti politique et nous devons donc préparer les prochaines échéances électorales, celles de 2007. Car encore une fois notre présence à cette élection est essentielle. Elle assurera quoi qu'il arrive notre pérennité et, à travers la subvention, elle nous permettra de tenir et de durer quelque soient les scores que nous obtiendront. Mais bien sur notre objectif n'est pas seulement d'exister. Nous sommes là parce que nous incarnons ce qui est nécessaire à la France et ce à quoi aspirent les Français. Nous sommes là parce que nous attendons l'occasion, la fenêtre de tir, qui nous permettra de transformer ces potentialités en réalité politique. Or je l'ai dit ce matin, je le répète maintenant même si bien sûr il n'y a aucune certitude, les échéances de 2007 peuvent nous donner cette opportunité. C'est donc notre devoir d'être présent.

C'est pourquoi, je vous le demande avec insistance, il nous faut commencer dès maintenant à désigner les candidats aux législatives. Comme nous avons plus de difficultés que d'autres, nous devons être prêts avant les autres. Et notre objectif est d'être en ordre de bataille dès la fin de l'année prochaine. C'est capital pour nous permettre de faire face à toutes les éventualités et pour commencer dès 2006 à travailler le terrain. Sinon tout ce que nous avons réalisé jusqu'à aujourd'hui n'aurait servi à rien. Je vous invite donc à commencer dès maintenant à désigner et à mobiliser nos 577 candidats.

Et croyez-moi tout cela en vaut la peine car lorsqu'on observe l'actualité tous les évènements qui surviennent confortent notre démarche, nos analyses et nos convictions.

Tenez, l'affaire des otages en Irak est à cet égard particulièrement exemplaire. Car sur cette question majeure, ni le gouvernement, ni les médias n'ont dit ce qu'il en était. Le kidnapping des otages français est en effet d'une toute autre nature que celui des otages italiens, américains ou britanniques. Dans notre cas en effet les revendications ne portent pas sur la situation militaire en Irak mais sur l'organisation civile de notre pays. Il n'a pas été demandé au gouvernement français de retirer ses troupes d'Irak - il n'en a pas - mais d'abroger une loi française régissant l'organisation de la société française. Vous vous en rappelez : Les islamistes ont menacé d'assassiner les otages si le gouvernement ne retirait pas sa loi interdisant le port du tchador islamique à l'école. Il faut donc en prendre bien conscience : c'est la première fois que les mouvements islamiques organisent sur le gouvernement français une pression sanglante visant à faciliter l'installation de l'islam dans notre pays. Il s'agit donc d'une mise en cause caractérisée de notre indépendance et de notre souveraineté. C'est une ingérence évidente dans les affaires intérieures de notre pays.

Or le gouvernement n'a nullement répondu sur ce plan et n'a pas affirmé avec force sa détermination à maintenir l'indépendance et la souveraineté de notre pays. Il n'a pas rejeté catégoriquement toute tentative d'ingérence dans nos affaires intérieures. Non, il a traité l'affaire des otages exclusivement sous l'angle humanitaire comme si ces derniers avaient été victimes d'un tremblement de terre et se trouvaient retenus prisonniers sous les décombres.

Pourtant cette réalité aurait du interpeller les observateurs, les politiques et les journalistes. Comment se fait-il par exemple que les otages italiennes qui avaient été kidnappées avant nos compatriotes aient été libérées depuis longtemps alors que les otages français sont toujours aux mains de leurs ravisseurs ? Pourtant l'Italie a soutenu les Américains dans leur guerre en Irak et a envoyé des troupes d'occupation sur place. La France en revanche s'est opposée aux Américains et ne participent nullement aux opérations militaires sur le terrain. Je pose donc la question. Comment se fait-il que nous soyons plus maltraités que les Italiens par les mouvements terroristes islamistes ? Et la réponse me paraît claire. Les organisations islamistes sont engagées dans une stratégie globale d'installation de l'islam en Europe et dans ce plan la France est à l'évidence le maillon faible, la tête de pont. C'est là que les partis islamistes ont décidé de faire porter l'effort principal.

Et on comprend d'ailleurs pourquoi ces mouvements ont pris la France comme cible prioritaire quand on voit qu'elle est l'attitude de soumission du gouvernement. Au lieu d'afficher une grande fermeté, il a développé un discours pleurnichard et suppliant. Sur le thème : " Pourquoi êtes-vous si méchants avec nous alors que nous sommes si gentils avec vous ? Regardez tout ce que nous faisons pour l'islam. Nous avons même des islamistes français qui viennent chez vous pour vous dire combien la France est gentille avec l'islam." C'est pitoyable !

C'est pitoyable mais c'est aussi particulièrement inquiétant Car nous avons en face de nous des gens déterminés qui sont prêts à tout. Et ceux qui en doutent n'ont qu'à s'informer sur ce qui se passe aux Pays-bas. À l'évidence, les mouvements islamistes y sont aussi en pleine offensive. Et une offensive violente et sanglante. Vous le savez aux Pays-Bas un réalisateur de cinéma, Théo Van Gogh, a été sauvagement assassiné par une organisation terroriste islamiste pour le seul fait d'avoir tourné et diffusé à la télévision néerlandaise un court-métrage dénonçant la manière dont l'islam traite les femmes. La police et les services de renseignements néerlandais ont par ailleurs découvert que ces mouvements islamistes s'apprêtaient à commettre d'autres attentats d'intimidation et de représailles au bénéfice de l'islam. Il y a donc là clairement une offensive violente à laquelle nous ne nous préparons pas et à laquelle le gouvernement français est incapable de faire face.

Comment en effet pourrait-il y faire face alors qu'il n'a même pas été capable d'empêcher la diffusion sur notre sol et par nos canaux satellites d'une chaîne arabe connue pourtant pour faire l'apologie du terrorisme et pour pratiquer un antisémitisme avoué ? Il s'agit de la chaîne Al-Manar proche du Hezbollah. Pourtant le CSA était bien informé du problème et s'était même opposé à cette chaîne. Comme le résume un fonctionnaire du CSA complètement écoeuré : "En janvier, le CSA pend position contre Al-Manar. En février le CSA porte plainte devant le procureur de la République contre Al-Manar. En juillet le CSA demande au Conseil d'État d'interdire Al-Manar. En novembre le CSA autorise Al-Manar." Entre temps le quai d'Orsay, c'est à dire le gouvernement, est intervenu. On a expliqué que le bouquet Arabsat, bouquet de chaînes arabes, aurait menacé de cesser la diffusion des chaînes françaises au Proche orient et on a rappelé au CSA la situation des otages français en Irak. Voilà, ça a été discret mais c'est clair : La France cède devant les terroristes et accepte de se voir imposer sur son sol la propagande islamiste. Comment dans ces conditions peut-on imaginer un seul instant que le gouvernement, avec Chirac, Raffarin et Sarkozy, pourrait engager une épreuve de force avec les islamistes ?

Il est en effet tellement faible face à l'islam qu'il est même capable de lui céder sur le terrain qui est portant l'alpha et l'oméga de son action : les droits de l'homme. Ou plutôt en l'occurrence les droits de la femme. Tout est fait par le gouvernement et la classe politique pour assurer la promotion des femmes. On multiplie les lois pour assurer systématiquement l'égalité homme femme et instaurer partout la parité absolue. Partout sauf lorsque cela touche aux lois islamiques. Car, il faut le savoir, aujourd'hui en France, dans le pays les droits de l'homme, une femme peut être répudiée légalement par son mari. Si elle a été mariée au Maroc par exemple, la France accepte de lui appliquer la loi marocaine, en l'espèce la Moudawana, le code de la famille marocain qui prévoyait encore il y a peu la répudiation. Et dès lors qu'elle est demandée par le mari, la répudiation est automatiquement prise en compte par l'état civil français en application d'une convention Franco-marocaine qui prévoit la transcription automatique en droit français des actes réalisés de l'autre côté de la Méditerranée.

C'est ainsi que des femmes immigrées, que leurs maris n'ont même pas pris la peine d'avertir, apprennent par l'administration française qu'elles sont divorcées d'office. Car c'est par le divorce que l'administration habille juridiquement la répudiation. On croit rêver. Avec la classe politique qui s'incline devant l'islam, nous sommes dans un pays qui prétend progresser et qui, derrière la façade, commence à régresser au point d'adopter des pratiques que nous ne connaissions même pas au moyen-âge.

Il faut dire que le gouvernement se révèle chaque jour toujours plus soumis à l'islam mais aussi à la gauche du moins sur le plan intellectuel. On le savait depuis longtemps mais l'actualité vient de le rappeler au quotidien. M. Chirac et son gouvernement reculent sur toutes les réformes qu'on attendait d'eux mais réalisent en revanche des projets que la gauche avant eux n'avait pas osé entreprendre.

Je pense par exemple à la loi anti-homophobe que le gouvernement UMP veut instaurer. Et ne vous laissez pas berner par la petite manoeuvre minable du gouvernement qui renonce à une loi spécifique anti-homophobe, mais qui reprend tous les articles de son projet de loi pour les ajouter sous forme d'amendements à une autre loi. Il faut donc le dire Raffarin a bel et bien maintenu ce projet qui est une catastrophe.

Alors sur ce sujet qu'il n'y ait cependant pas de malentendus ! Nous ne prônons pas l'homophobie bien évidemment et nous considérons que chacun doit rester libre de ses pratiques sexuelles dès lors qu'il s'agit d'adultes consentant dans le cadre de leur vie privée. Et sur ce plan, il me semble d'ailleurs que la société actuelle peut difficilement être plus tolérante. Mais la question posée par cette loi est tout autre. La question posée est celle du communautarisme et surtout de l'atteintes aux libertés. Car la mise en oeuvre d'un texte comme celui que propose au parlement M. Perben constitue en effet la reconnaissance d'une communauté homosexuelle et vient encore un peu plus morceler la société française en différents groupes plus ou moins antagonistes. Et plus grave encore cette loi est une menace évidente contre les libertés publiques. Car sous couvert d'empêcher les injures primaires contre les homosexuels, on va empêcher purement et simplement les citoyens, les hommes politiques, les responsables religieux et notamment les évêques de formuler par exemple des opinions contre le mariage homosexuel ou contre l'adoption d'enfants par les couples homosexuels.

Alors je sais, on nous explique qu'il est insupportable pour un homosexuel de se faire traiter de "pédé". Mais il existe déjà une loi pour sanctionner ces injures comme toutes les autres d'ailleurs. Je pose donc la question : pourquoi les gros accepteraient-ils de se faire traiter de "gros lard" sans demander une loi spéciale ? Et pourquoi pas une loi de protection des imbéciles qui sont excédés de se faire traiter de "sale con"? Chirac et ses amis marchent sur la tête. Ce qui n'est pas étonnant pour des gens qui prennent déjà leur gauche pour leur droite et qui mènent une politique de gauche alors qu'il sont censés être de droite.

Tenez, les statistiques de l'immigration viennent d'être publiées. Elles sont catastrophiques puisque l'immigration officielle a atteint le chiffre de 173 000 en 2003 avec une augmentation de 11 % par rapport à 2002. Chiffre record, bravo M. Sarkozy ! Et il ne s'agit que des immigrés légaux ceux qui ont donc reçu du gouvernement un titre de séjour. À ce rythme cela fera 2 millions de plus en douze ans ! Et naturellement les étrangers non européens sont les plus nombreux et augmentent chaque année. Ils étaient 106 000 en 2001, 124 000 en 2002 et 136 000 en 2003. Non seulement Chirac, Raffarin et Sarkozy n'ont pas réussi à améliorer la situation par rapport à la période socialiste mais il l'ont même considérablement détérioreé !

Il est vrai que leurs préoccupations ne consistent pas à vouloir limiter l'immigration. Tous leurs efforts portent sur l'intégration. Et on a pu voir tout récemment avec le rapport Bébéar jusqu'où cette obsession peut aller. Le rapport préconise en effet que, pour éviter toute discrimination à l'embauche, l'on ne fasse plus figurer sur les demandes d'emploi et les curriculum vitae le nom de l'intéressé. Et comme manifestement ça ne suffisait pas à tromper l'employeur, il est aussi proposé qu'on ne mette plus non plus la photo, ni le sexe, ni même l'adresse, ni bien sur la nationalité et qu'il ne soit plus manuscrit. Vous voyez ça d'ici. Dorénavant les CV seront formulés ainsi : Quelqu'un demande un emploi ! Ce que je ne sais pas encore c'est si lors de l'entretien d'embauche les intéressés devront venir masqués et rester silencieux.

En revanche je sais que cette aberration n'est pas l'élucubration d'une commission ou d'un groupuscule d'extrême gauche, c'est l'idée qui est maintenant défendue par des députés UMP qui veulent l'introduire dans la loi pour la rendre obligatoire. En tout cas si on devait appliquer cette méthode pour le recrutement des entreprises, au point où on en est, je demande qu'on l'applique aussi pour les élections des députés. Entre nous les résultats ne pourraient pas être pire qu'aujourd'hui.

Parce que tout de même, vous voyez où en est réduit l'UMP avec le show politico-médiatique de ce week-end. Six millions d'euros pour sacrer Sarko ! C'est d'ailleurs très révélateur du personnage. Tout dans les paillettes, le strass, les médias et l'esbroufe. Et tout pour lui, sa femme et sa carrière. Parce qu'en dehors de ça, Sarkozy un homme de droite ? Je m'interroge : Le conseil français du culte musulman, la suppression de la double peine, la discrimination positive, le financement public des mosquées et pour le reste, une délinquance qui repart, des baisses d'impôts qui s'arrêtent et sinon quelles grandes réformes structurelles ? Aucune !

Ceci dit Chirac ça n'est pas mieux. Sauf que Chirac on le voit à l'oeuvre depuis de nombreuses années et on sait à quoi s'en tenir. Lui c'est clair il est totalement incapable d'endiguer la montée des problèmes et cela dans tous les domaines. Car c'est vrai même dans le domaine des relations internationales. Pourtant Chirac voyage beaucoup. Mais ça a plutôt l'effet contraire plus il se mêle des affaires internationales et moins ça va.

L'affaire de la Côte d'Ivoire en est une triste illustration. Voilà un pays et sa capitale économique Abidjan qui étaient depuis la décolonisation le fleuron de la présence française en Afrique noire. Ce n'est pas un hasard si près de 15 000 français y résidaient en permanence. La Côte d'Ivoire était à bien des égards un modèle de paix civile et de développement économique sous la houlette de la France. Aujourd'hui, pour assurer un prétendu équilibre entre les légalistes du Sud et les rebelles du Nord qui se trouvent être des musulmans en quête d'une nouvelle prééminence, M. Chirac, et avec lui la France, se trouvent en conflit ouvert avec le gouvernement en place. Le résultat, nous l'avons vu, la France se trouve confrontée à la montée d'un sentiment ouvertement anti-français qui a débouché sur les violences inacceptables.

Et je voudrais en cette triste occasion apporter notre soutien à l'armée française qui n'est dans cette affaire que l'instrument du gouvernement et qui a accompli sa mission avec efficacité et courage. Je voudrai saluer la mémoire des soldats morts là-bas au service de la France et apporter notre sympathie aux blessés et à toutes les familles françaises qui ont été durement éprouvées par ces évènements, certaines dans leurs chairs et toutes dans leur coeur et dans leurs biens.

Je suis, je dois le dire, indigné par les exactions qui ont été commises contre la communauté française et peut-être plus encore par la faiblesse des réactions officielles et la volonté qu'ont eu les médias de banaliser ces événements. La violence qui s'est abattue sur nos compatriotes et qui a été extrême pour certaines femmes a été délibérément minimisée quand elle n'a pas été purement et simplement occultée. Pourtant cette violence aurait du déchaîner l'opprobre de nos bonnes âmes puisqu'elle était ouvertement raciste. Malgré la censure, chacun a pu entendre certains des slogans criés par les manifestants. Or me semble-t-il lorsque l'on crie "sale blanc" c'est raciste et c'est donc scandaleux. Mais voilà dans les délits et les crimes racistes, il y a des circonstances atténuantes. Si celui qui est insulté ou agressé est français, incarne la France, ses valeurs et sa civilisation, cela n'est pas très grave et celui qui l'insulte et qui l'agresse a droit à l'indulgence de la classe politique et médiatique. Voilà une formule du type deux poids deux mesures qui est au demeurant assez discriminatoire et même un tantinet raciste si l'on y réfléchi bien.

Il faut noter aussi la bien curieuse façon dont le pouvoir défend ses ressortissants. Les malheureux qui ont été spoliés insultés, agressés ou violés étaient invités à porter plaintes à leur arrivée à Roissy. C'est hallucinant. On se trouve là bas en Côte d'ivoire dans une situation de quasi-guerre et le gouvernement ne trouve rien d'autre pour riposter contre ceux qui ont agressé nos ressortissants que d'inviter les victimes à porter plainte devant les tribunaux. Si demain la France était attaquée, le gouvernement inciterait les habitants bombardés ou les soldats blessés à porter plainte. On croit rêver.

Le gouvernement semble totalement décalé par rapport à la réalité. Et c'est général. Sur un sujet plus pacifique, il s'est révélé par exemple incapable de réagir à la spectaculaire hausse des prix du pétrole. Or si elle se confirme et si les prix du brut s'installent dans la durée à des niveaux double ou triple de ceux que l'on connaissait jusqu'à présent, c'est la donne géo-économique qui va complètement changer. Or une telle évolution est parfaitement possible car les réserves de pétrole sont maintenant comptées et la consommation mondiale va fortement augmenter par le biais des nouveaux pays industriels comme la Chine dont les besoins vont devenir de plus en plus massifs.

Eh bien ! Face à cette nouvelle donne économique, le gouvernement a été incapable de réagir en ouvrant des perspectives sur le moyen et sur le long terme. Même dans le court terme il s'est contenté de mesures au coup par coup donnant quelques pourboires à droite ou à gauche aux agriculteurs ou aux pêcheurs pour amortir les effets de la hausse brutale des cours du brut. Il faudrait pourtant développer une stratégie d'envergure comme l'avait fait en leur temps les prédécesseurs de MM. Chirac et Raffarin lors du premier choc pétrolier. À l'époque la France avait réagi en lançant le programme nucléaire grâce auquel notre production d'électricité est pratiquement devenue autonome. Aujourd'hui il faut chercher de nouvelles solutions pour compléter le nucléaire comme par exemple la recherche de carburants de substitution et, je le propose, pourquoi pas des biocarburants.

Ces carburants produits à partir des matières végétales pourraient se substituer à l'essence que consomment tous les véhicules. Et c'est aujourd'hui économiquement possible puisque les dernières études indiquent que, pour être compétitifs avec un baril de pétrole à 25 dollars, il faudrait que le prix de revient de ces carburants soit de 20 centimes par litre ce qui veut dire qu'avec un baril à 50 dollars ils deviennent compétitifs à 40 centimes par litre. Or actuellement on peut les produire à 50 centimes par litre. Autant dire que la différence peut facilement être compensée par des mesures fiscales et que le lancement de la production à grande échelle ferait très vite baisser les coûts. Or ces carburants, éthanol ou diester, émettent 90 % de moins de CO2 c'est-à-dire de gaz à effet de serre que l'essence classique. De plus, sa production à grande échelle pourrait par ailleurs ramener de l'activité et de la richesse dans nos campagnes. Bref ça serait utile non seulement pour notre indépendance énergétique mais aussi pour l'écologie et pour l'aménagement du territoire. Il faudrait donc que la France s'engouffre dans cette voie. Mais là comme ailleurs on n'entreprend plus rien.

Si je dis tout cela ce n'est pas pour vous plonger dans un profond pessimisme car si la situation est inquiétante, en revanche les signes positifs se multiplient. D'abord, il y a le rejet du gouvernement et de la classe politique par les Français. Et ça c'est tout de même très positif car si ceux qui poussent notre pays dans le déclin étaient soutenus par nos compatriotes, on pourrait penser que plus rien n'est possible. Mais ça n'est pas le cas, les Français les rejettent et pratiquent, on l'a vu aux présidentielles et aux dernières régionales, un zapping de plus en plus rapide et de plus en plus violent.

Et puis il y a aussi, au sein même de la classe politique et médiatique, des signes qui montrent que le système est entrain de se fissurer et que les idées qui sont les nôtres ont tellement de force que, malgré le carcan totalitaire du politiquement correct, elles parviennent à se frayer un chemin et à émerger au grand jour.

Ainsi je parlais tout à l'heure du danger que représente pour les libertés la loi anti-homophobe que le gouvernement veut faire voter par le parlement. Eh bien il est extrêmement intéressant de constater que la Commission consultative des droits de l'homme, pourtant peu connue pour ses thèses favorables au MNR, s'est ouvertement et clairement prononcée contre cette loi au motif qu'elle menaçait les libertés. Même dans les milieux très politiquement corrects on commence à entendre des propos politiquement très incorrects.

Je voudrais aussi prendre l'exemple de la réélection de M. Bush à la présidence des Etats-Unis. Voilà un candidat qui a été systématiquement contré par les médias et brocardés par les ténors de la pensée unique partout dans le monde. Dans ce domaine la France en a d'ailleurs fait énormément. Rappelez-vous le film qui a obtenu la palme d'or du festival de Cannes n'était rien d'autre qu'un film de propagande politique contre M. Bush. Et pourtant Georges Bush a été réélu. Eh bien, même si je suis loin de partager toutes les options de M. Bush, je crois que sa réélection envers et contre tout le système politiquement correct est révélatrice d'un courant de fond qui correspond à ce que nous défendons. Ce courant exprime sans doute le patriotisme, le refus du terrorisme islamique mais aussi et peut-être surtout la volonté de préserver les valeurs traditionnelles. Il y a eu dans ce vote l'expression très forte d'une population qui ne veut pas voir disparaître les valeurs de sa civilisation. Or on considère souvent que les évolutions qui touchent les États-Unis surviennent cinq ou dix ans plus tard en Europe et notamment en France. Gageons que cette volonté du peuple américain de défendre les valeurs gagnera notre pays dans les quelques années qui viennent.

Et d'ailleurs lorsque je dis que les milieux politiquement corrects sont progressivement gagnés par des thèses politiquement incorrectes je pense également à la question turque. Et cette affaire est je crois tout à fait emblématique de la situation dans laquelle nous nous trouvons maintenant. Une situation qui peut-être celle d'un basculement dans un sens ou dans L'autre. Je ne sais pas si la Turquie va entrer ou non dans l'Europe mais dans l'un ou l'autre cas ce sera décisif. Si elle y rentre et qu'elle y reste suffisamment longtemps ce sera la fin de notre civilisation et par voie de conséquence la fin de notre pays.

En revanche si la Turquie ne rentre pas dans l'Europe, si, malgré la formidable propagande qui va être organisée par les tenants de la pensée unique, la Turquie reste à l'extérieur de l'Union, ça peut être, à l'inverse, un basculement historique en faveur de nos valeurs et de notre projet. Car cela voudra dire que, pour les Européens, l'Europe a bien une identité propre, que sa civilisation est une réalité et qu'il y a chez eux la volonté de les défendre. Nous devons donc nous mobiliser avec beaucoup de vigueur pour empêcher la Turquie d'entrer dans l'Europe et cela au nom de notre Europe, l'Europe européenne indépendante et puissante que nous appelons de nos voeux.

Et nous allons avoir prochainement l'occasion de nous battre très concrètement pour cette Europe lors du référendum sur la constitution. Et là aussi je suis frappé de voir à quel point les médias occultent la véritable nature des enjeux. On essaye naturellement de nous faire croire que le débat opposerait simplement ceux qui sont pour l'Europe et ceux qui sont contre. C'est naturellement totalement faux. Car c'est au nom de l'Europe, au nom de notre Europe, que nous nous opposons à cette constitution. Et cela pour une série de raisons extrêmement simples.

D'abord parce que cette constitution ne définit pas l'identité de l'Europe. Il y a certes dans le préambule de la constitution une référence à l'identité européenne mais on a refusé au nom de la laïcité d'y faire figurer la référence au christianisme. Or la laïcité, c'est-à-dire le principe de la séparation de l'église et de l'État n'est nullement contradictoire avec cette référence. Il ne s'agit pas en effet d'une notion religieuse mais d'une réalité identitaire. Que l'on soit chrétien ou non, que l'on soit pratiquant ou non, notre civilisation a été imprégnée depuis quinze siècles par le christianisme. Il est donc absurde de vouloir nier cette réalité. C'est aussi absurde que de refuser de voir que le monde arabe est indissolublement lié à l'islam.

La constitution ne définit pas non plus les frontières de l'Europe et par conséquent ouvre toute grande la possibilité de faire entrer en Europe des pays asiatiques, des pays africains et des pays musulmans ce qui est la négation même de l'Europe et ne pourrait conduire qu'à sa disparition pure et simple.

Le projet de constitution n'affirme pas non plus le principe de l'indépendance du continent et notamment de l'indépendance de l'Europe à l'égard des États-Unis d'Amérique. C'est ainsi qu'elle ne prévoit pas clairement que l'Union assure elle-même sa défense en créant une alliance militaire européenne indépendante des États-Unis d'Amérique. Il n'y a pas non plus la volonté de voir l'Europe retrouver sa puissance même pas dans le domaine économique ni dans celui de la science et de la technologie.

Cette constitution n'apporte rien si ce n'est un nouveau carcan plaçant les pays européens sous la tutelle d'une bureaucratie tentaculaire qui entend s'occuper de tout ce qui est accessoire et ne se consacrer à rien de ce qui est essentiel. Dès lors nous ne pouvons qu'affirmer avec force : pour notre Europe, non à la constitution !

Voilà chers amis ! Notre pays et même notre continent se trouvent dans une situation mouvante pleine de menaces mais aussi pleine de potentialités. Je crois que la situation politiquement stable que nous connaissons depuis près de vingt ans va déboucher sur des bouleversements et que la balance ne penchera pas nécessairement, comme par le passé, du côté de nos adversaires. Car les valeurs, les convictions et le projet que nous incarnons sont plus forts que nous l'imaginons. Nous devons donc continuer comme nous l'avons décidé. Et nous préparer à des rendez-vous d'envergure.

Chers amis, rien n'est dit. Et nous en tout cas, nous n'avons pas dit notre dernier mot !

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