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DISCOURS
Paris - 08/12/01 - Discours de Yves DUPONT
Le 11 sept date historique ?
Colloque "l'Europe face au choc de civilisation"

D'autres événements ont marqué l'histoire récente. Le monde a connu de nombreux drames d'ampleur parfois considérable, pourtant chacun ressent plus ou moins intuitivement que le 11 septembre fait parti de ces tournants historiques qui peuvent modifier le cours de l'histoire et du même coup le cours de notre combat national.

C'est bien pourquoi nous avons décidé de prendre le temps de l'analyse et de la réflexion même si nous sommes en campagne présidentielle. Au contraire car toute action doit être précédée d'une réflexion. Et le fait que cette réflexion prospective aille bien au delà du prochain quinquennat montre à quel point nous plaçons notre action et la candidature de Bruno Mégret dans une perspective fondatrice et dans la durée.

Ce colloque n'est pas purement intellectuel, il est aussi politique. Notre but est de réfléchir ensemble aux causes, aux conséquences des derniers événements, à la nouvelle donne politique et géopolitique et de faire dés maintenant des propositions en particulier en ce qui concerne notre politique étrangère, notre politique de défense et notre politique intérieure.

En quoi le 11 septembre est il un tournant dans l'histoire du monde ? L'histoire retient des faits ponctuels qui marquent des modifications radicales de l'évolution du monde. Dans l'histoire récente citons l'effondrement du mur de Berlin, l'assassinat de l'Archiduc François Ferdinand à Sarajevo ou encore l'attaque de Pearl Harbor. Les attentats du 11 septembre auront ils la même importance historique ?

Il y a des événements qui sont des aboutissements d'évolution, d'autres des déclencheurs comme une étincelle déclenche une réaction chimique et certains des bouleversements. L'effondrement du mur de Berlin c'est l'aboutissement d'un long processus de désagrégation du régime soviétique, processus accéléré à partir de 1985 et qui ne pouvait que déboucher sur l'effondrement des régimes communistes. La chute du mur restera dans l'histoire comme un symbole, conséquence d'une évolution et aucun cas comme un élément déclencheur de cette évolution.

A l'inverse, Sarajevo et Pearl Harbor ont déclenché des évolutions de portée considérable. Pourquoi ? Cela n'est pas du à l'événement lui-même, finalement insignifiant au regard de l'histoire du monde. L'Archiduc François Ferdinand n'est pas le seul homme d'Etat à avoir été assassiné. Mais tous les éléments militaires, politiques, diplomatiques étaient rassemblés pour que se déclenche la 1ere guerre mondiale. L'assassinat de François Ferdinand n'ayant été que l'étincelle mettant le feu aux poudres. Il en va de même avec l'attaque japonaise sur Pearl Harbor car l'ensemble des conditions étaient déjà réunies pour que les Etats Unis entrent en guerre.

Qu'en est il des attentats du 11 septembre ? Ce n'est à l'évidence pas l'aboutissement d'une évolution engagée depuis longtemps. Certains les ont comparés, un peu vite, à Pearl Harbor. A tort. Le 11 septembre ne fut pas l'étincelle embrasant immédiatement le monde entier. Pour la bonne raison que les Etats Unis ne se trouvaient pas en situation de tension avec le monde islamique. Au contraire, depuis longtemps les USA n'ont pas manqué une occasion d'aider directement ou indirectement telle la sphère musulmane. Si les Etats Unis s'étaient trouvés en situation gravement tendue avec l'Arabie Saoudite, le Pakistan ou la Syrie , alors oui, les attentats auraient constitué l'étincelle déclenchant un conflit généralisé. Imaginez ce qu'aurait produit une attaque similaire de kamikazes russes en pleine crise des fusées de Cuba. C'était le conflit immédiat et généralisé.
Mais tel n'était pas le cas.

Ces derniers événements ont en premier lieu servi de révélateur d'une situation de crise, révélateur qui provoque des interrogations, des remises en question et des bouleversements. Bouleversements dont nous ne mesurons sans doute pas encore toute la portée.
Le monde occidental est en guerre avec le monde islamique depuis longtemps mais c'est le 11 septembre qu'il en a pris conscience. Jusqu'à cette date la guerre sainte, les conflits armés mettant aux prises des combattants de réclamant de l'Islam semblaient être contenus à certaines zones géographiques. Ils paraissaient en tous cas bien lointains aux opinions publiques. Apparence seulement car à travers le monde il existe une ligne de fracture entre l'Islam et les sociétés occidentales. Y compris en Europe, comme l'a illustré tout récemment le conflit entre la Serbie et le Kosovo.

Notons au passage qu'il fallait être aveugle et prisonnier des anciens schémas pour placer ce conflit dans le cadre d'un affrontement du communisme avec le monde libre, dernier avatar du communisme européen alors qu'il s'agit à l'évidence du premier conflit armé européen du XXI eme siècle qui sera celui de l'affrontement des civilisations.

Ce révélateur du 11 septembre induit inéluctablement un profond bouleversement car il témoigne de l'inéluctable choc des civilisations. Face à cette évidence, intuitive pour nos contemporains, la classe politique tente de réduire la portée des événements.

Première tentative, les placer dans le contexte du conflit Israelo Palestinien. Cela ne tient pas debout car le premier attentat contre les tours eut lieu en 1993 au moment où les accords d'Oslo entraînaient une certaine détente au proche orient. D'autre part ces attentats ont été minutieusement préparés pendant 3 ans, le temps de former des pilotes. C'est à dire qu'ils ont été préparés sous l'ère Clinton. Prévoir un attentat à trois ans de distance c'est bien avouer une motivation non pas conjoncturelle mais structurelle. C'est la haine de l'occident, la haine froide, réfléchie, préméditée qui s'est exprimée ce jour là.

Une autre tentative de minimisation est de considérer que ce sont les Etats-Unis en tant qu'Etat responsable d'une certaine politique étrangère qui ont été frappés et non pas le peuple américain, et à travers lui, le monde occidental. Même s'il est vrai que la politique américaine à certaines constantes, constatons que la longue préméditation de ces attentats ne cadre pas avec cette thèse.

Pour l'opinion publique occidentale c'est à l'évidence l'occident dans son ensemble qui était visé. Sans cela, la vague d'émotion se serait rapidement estompée et ces attentats feraient alors figure de conséquence dramatique des errements de la politique américaine.

Le 11 septembre c'est bien aussi l'Europe qui a été agressée. En disant cela je ne méconnais pas les différences importantes qui existent entre notre civilisation et le monde américain. Cependant, soyons certain qu'au yeux d'un islamiste ces différences sont minimes, voire inexistantes, et que ce qui l'emporte c'est le même fond de civilisation européenne.

Autre tentative de réduction utilisée, ces attentats seraientt le fait de terroristes marginaux et isolés. Avec comme corollaire le refus du moindre amalgame entre Islamisme assimilé exclusivement au terrorisme et Islam. Si tel était le cas aurait on mobilisé autant de moyens militaires ? Si tel était le cas comment expliquer que ces réseaux islmaistes se développent et s'étendent sur l'ensemble de la planète ?

Et comment expliquerait on que le ministre de l'intérieur allemand, ancien vert et actuem socialiste, ait pris des mesures permettant d'interdire des associations se référant à l'Islam. Citons M. Otto Schilly : " il y a des associations qui veulent instaurer le régime du Califat. Qui connaît un peu l'histoire de l'Islam sait que le Califat est le contraire de l'Etat laïque, il met la loi religieuse au dessus de la constitution. Il faut donc pouvoir interdire ce type d'associations ". M. Schilly sera-t-il poursuivi par une juridiction française en vertu de la loi Gayssot ?

Que ce soit un ancien Grünen qui prononce ces propos c'est plus qu'un changement, c'est un bouleversement. Le tournant du 11 septembre il est d'abord là, dans le changement radical des esprits et des mentalités. Il est maintenant clair pour tous que nos sociétés démocratiques occidentales sont menacées par une civilisation qui ne partage pas les mêmes valeurs.
L'émergence de ce choc de civilisation entraîne inéluctablement une nouvelle donne de politique étrangère.

Les événements contraignent les Etats Unis à une révision au moins partielle de leurs liens traditionnels avec le monde musulman. Et les grandes puissances musulmanes alliées traditionnelles des USA, Arabie Saoudite et Pakistan vont elles pouvoir contenir la hargne anti américaine de leurs opinions publiques ?
Cette nouvelle donne va-t-elle enfin amener les USA à comprendre que leur intérêt est de faire bloc avec les nations occidentales face à l'expansion de l'Islam ?
En Asie centrale , ligne d'affrontement entre les puissances islamiques et occidentales, la Russie de Poutine va-t-elle jouer un rôle de premier plan ?
Les positions des USA sont de fait renversées car quelle que soit la façon dont on présente les choses, c'est à un pays islamistes que les USA ont fait la guerre, contrairement à l'Irak , état laïque. Les foules musulmanes ont bien compris qu'en faisant la guerre au terrorisme, les USA faisaient inévitablement d'une certaine façon la guerre à l'Islam.

Le choc des civilisations il est aussi sur notre sol.
Les Français ont maintenant ouvertement conscience que la politique d'immigration représente un grave danger pour la sécurité de notre pays. Et chacun conçoit bien que la politique de développement de l'Islam entraîne l'expansion de l'islamisme. Cela se dit et s'écrit un peu partout.

Cette prise de conscience, conséquence du 11 septembre, est aussi de nature à changer radicalement la donne politique intérieure.

Le choc des civilisations peut entraîner un conflit armé, traditionnel y compris sur notre sol. Rappelons nous la misons en place de la professionnalisation des armées. J'entends encore de hauts responsables militaires nous expliquer qu'avec la disparition des forces de l'Est il n'y avait plus aucun risque de conflit armé en Europe. C'est l'Express qui titrait récemment, en montrant Chirac et Jospin " qu'ont ils fait de notre armée " ? Et les Français assistent médusés à l'envoi d'une force d'intervention de 50 soldats, bloqués au Kazakhstan.

Je sais que certains pensent que tout cela ce ne sont que des épiphénomènes. C'est le cas du professeur Fukuyama, auteur d'un célèbre ouvrage intitulé " la fin de l'histoire " qui est visiblement un tenant du déterminisme historique. L'évolution des sociétés, les progrès de sciences, l'explosion des communications et des échanges, tendrait inéluctablement à ce que tous les pays accèdent au même état de société démocratique et laïque. C'est une adaptation mondialisée de la vieille théorie du sens marxiste de l'histoire.

Dans ce contexte, les attaques contre les sociétés occidentales seraient le fait d'arriérés menant un combat d'arrière garde et voués à disparaître.

C'est vrai que ce n'est pas totalement absurde de penser que l'universalisme scientifique et la relative uniformisation des modes de vie pourrait tendre à estomper les différences culturelles et de civilisation. Mais il est frappant de constater que dans leur très grande majorité les islamistes sont parfaitement intégrés dans la société occidentale et ce sont bien souvent des scientifiques. étudiants ou professeurs. Contrairement à ce que l'on pourrait croire les islamistes ne se recrutent pas dans les milieux arriérés, ni parmi les étudiants en théologie islamique, mais dans les IUT ou les écoles d'ingénieurs. Ce ne sont pas des attardés vivants sous la tente mais des gens très évolués. Et leur maîtrise de techniques modernes ne les détourne pas d'une religion archaïque bien au contraire. C'est une autre vérité que nous révèle ces attentats. L'intégration de l'immigration est un leurre. Un leurre complet puisque même ceux qui sont en apparence les plus intégrés montrent qu'ils restent totalement liés à leurs racines et leur culture. Et sans se référer uniquement aux terroristes, il est frappant de constater que les propagandistes les plus acharnés de l'Islam dans les banlieues sont généralement les plus évolués et les plus occidentalisés.

Cela se comprend car la science est d'essence occidentale et s'est développée dans les pays de religion chrétienne. A l'inverse la pensée scientifique est à mille lieux de l'obscurantisme et de l'archaïsme musulman. Car la religion islamique, à l'inverse du catholicisme, se caractérise par un immobilisme total. Le musulman occidentalisé en apparence, rompu aux pratiques scientifiques éprouve sans doute plus que d'autres le besoin de retrouver ses racines radicalement différentes

La généralisation des échanges et l'élévation du niveau culturel ne produit donc pas l'émergence d'une société mondialisée formée d'un peuple unique coupé de ses racines.

Il est ainsi montré que l'identité, les racines l'emportent sur les apparences de la civilisation. La révélation fondamentale de ces événements c'est que finalement il n'y a pas de déterminisme historique. Il n'y a pas plus de sens marxiste de l'histoire que de sens mondialiste de l'histoire.

La marche vers une société mondiale universelle, de peuples déracinés et adeptes unanimes des droits de l'homme se sont brisée le 11 septembre par l'action d'une poignée d'hommes usant de moyens rudimentaires et montrant ainsi que l'histoire est d'abord le fruit de la volonté des hommes et de leurs passions.

Le monde entier redécouvre ce que sont les motivations fondamentales de l'action des peuples. Ces dernières années, tous semblaient penser que seule la recherche de l'aisance économique et du bien être matériel étaient les moteurs du monde. Auparavant le XXeme siècle était celui des affrontements idéologiques qui d'une certaine façon nous avaient également fait perdre le sens des réalités premières. Le marxisme est avant tout une théorie économique, internationaliste, et le débat idéologique du XXeme siècle avait tendance à privilégier les considérations purement économiques.

Depuis le 11 septembre, le monde occidental découvre qu'il est menacé non pas par des peuples attirés exclusivement par la recherche de leur survie économique cela il le savait et il semblait prêt à l'accepter ; mais qu'il est menacé avant tout par des peuples qui veulent imposer leurs coutumes, leurs moeurs, leur culture, leur religion, en un mot, leur civilisation. C'est en fait une vieille constante qui a toujours entraîné une réaction des peuples menacés.

Depuis la nuit des temps les peuples défendent leurs sols, leurs familles, leur groupe. Certains idéologues ont cru que la modernité gommait cette constante fondamentale. Ils doivent aujourd'hui déchanter.

Et nous devons pavoiser, nous qui avons toujours placé au coeur de notre action la défense de notre identité et de nos racines. Le débat essentiel de notre temps est donc de façon évidente pour tous le débat identitaire. Jamais nous n'avions connu telle situation.

Depuis quelques années, il n'y avait plus de débat politique, de débat d'idée, et tous les esprits semblaient uniquement préoccupés par les problèmes économiques. Avant nous avions connu une confrontation idéologique avec le marxisme qui se plaçait de fait aussi sur le terrain économique et nous plaçait dans le même camp que les libéraux. Nous n'étions pas sur notre terrain. v Et on note cette évolution en constatant que les préoccupations des Français ont glissé de l'économique nourri par le problème du chômage, vers la politique ce qui s'exprime par l'exigence de sécurité et de lutte contre la politique d'immigration .

Alors oui le 11 septembre marque un tournant fondamental. Il montre que nos analyses sont justes et que notre conception de l'essence même du politique est fondée. Nous sommes revenus aux fondamentaux de l'histoire et nous assistons aux premiers soubressauts d'un gigantesque choc des civilisations.

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