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DISCOURS
Domrémy - 14/05/00 - Discours de Bruno MEGRET
L'exemple de jeanne d'Arc
Célébration de la Fête Nationale de Jeanne d'Arc

Le 12 octobre 1919, l'occupant japonais torturait à mort dans sa prison une petite coréenne qui réclamait la liberté de son pays. Elle n'avait pas seize ans, elle était chrétienne et son héroïne préférée était Jeanne d'Arc. La petite martyre se nommait Gwan Sun Yu, ses compatriotes la surnomment la Jeanne d'Arc coréenne, et, pour cela, la bergère de Domrémy reste bien la plus célèbre des Françaises au pays du matin calme.

Jeanne d'Arc est universelle. Elle est aussi moderne.
En 1970, au temps du goulag triomphant, un cinéaste russe déclarait : " Jeanne d'Arc, la plus moderne de nos héroïnes : elle a tenu pendant le procès ". Et ce n'était pas aisé face à Cauchon et ses soixante assesseurs, avec l'armée anglaise, la prison et le bûcher comme seules perspectives.

Pour tous les hommes, à travers le temps, Jeanne d'Arc représente donc un symbole. Un symbole des peuples qui défendent leur liberté contre la force injuste de l'oppresseur. Et pour nous, aujourd'hui, c'est d'abord ce symbole que nous célébrons. Par ces temps d'obscurantisme moderne, de terreur sourde et de renoncement général, nous sommes venus ici, à Domrémy, proclamer l'espoir qui est le nôtre de voir revenir la liberté, la vraie, celle qui permet l'insolence et la joie. Et nous disons que c'est possible car nous savons que rien n'est perdu, rien n'est fini, rien n'est trop tard ni pour nous ni pour notre nation.

C'est d'ailleurs cela que nous enseignent Jeanne et son histoire. Son histoire que l'on a plaisir à raconter parce qu'elle est belle, simple, vraie et qu'elle est utile aujourd'hui plus que jamais.

Rappelez-vous : au début de 1429 le royaume de France est une barque sans gouvernail. Le roi Charles VII se trouve dans l'incapacité de se faire sacrer à Reims. Privé d'argent et de bonnes troupes, il n'a comme seul soutien que le parti Armagnac, il ne possède plus comme domaine qu'un bout de terre situé au sud de la Loire. Enfin, Orléans, la place-forte qui verrouille l'entrée de son royaume est encerclée par une forte armée anglaise et sa chute n'est qu'une question de semaines. Pour reprendre une expression du temps, c'est grand pitié dans le pays de France.

Du côté du droit, les choses ne vont pas mieux : en 1420, à Troyes, la mère de Charles VII, Isabeau de Bavière, a signé au nom de son mari fou, un traité abandonnant la couronne au roi d'Angleterre. C'est contraire à toutes les lois fondamentales du royaume mais l'armée anglaise est toute puissante depuis le désastre d'Azincourt en 1415, et le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon, est l'allié de Londres. Aussi les intellectuels du temps, c'est-à-dire les clercs de l'université de Paris, parmi lesquels le sinistre Cauchon, se sont-ils ralliés à ce qu'ils croient être le sens de l'histoire.

Et ils ont construit une théorie pour justifier la double monarchie franco-anglaise au bénéfice du roi d'Angleterre. La légitimité dynastique et le sentiment populaire importent peu. Pour tous les beaux esprits qui se mêlent de politique, l'affaire est réglée : Charles VII, le petit roi de Bourges, va devoir quitter la scène et la chute d'Orléans sera le début de la fin.

C'est inévitable, comme aujourd'hui tous les beaux esprits nous expliquent que la France c'est fini, que la mondialisation est en route et que rien ne peut l'arrêter, que des millions et des millions d'immigrés vont venir remplacer les petits enfants Français qui ne naîtront pas et que c'est d'ailleurs très bien ainsi.

C'est inévitable, sauf qu'à cette époque ancienne, là-bas, tout là-bas en Lorraine, c'est-à-dire ici à Domrémy, est né vers 1412 le personnage qui va tout éviter.

L'histoire commence donc ici de façon toute simple et toute naturelle. Car, rien ne désigne au prime abord la gamine qu'on nomme Jeannette à son grand destin. Comme les autres filles, elle bêche, tient la charrue du père, garde à l'occasion les troupeaux, et, certains dimanches, va pique-niquer et chanter avec ses compagnes sous l'arbre aux fées, un grand hêtre dont les branches traînent jusqu'à terre.

C'est à peine si elle est plus pieuse que les autres. Et pourtant, c'est elle, ici, qui va entendre des voix. Ces voix qui donnent à la mission et à l'action de Jeanne son caractère surnaturel.

Pourtant, Jeanne n'a rien d'un ayatollah : cette fille qui chevauche le surnaturel quasi quotidiennement se signale en même temps par un naturel étonnant. On l'a vue toute simple avec ses amies et ses parents à Domrémy. Elle ne se départira pas de cette attitude tout au long de son épopée une fois lancée sur les routes de la guerre.

Elle s'adapte à toutes les situations avec un bon sens imperturbable. Avec les militaires, La Hire, le bâtard d'Orléans, le duc d'Alençon, le courant passe tout de suite. Vingt ans après ils en demeureront encore tout attendris. Et pourtant, elle prétend les empêcher de jurer et les envoyer à confesse. Mais elle chevauche comme un homme. Elle s'est choisi une " bonne épée de guerre, propre à donner de bonnes buffes et de bons torchons ". Elle dispose les troupes comme un grand capitaine. Elle ne se contente pas de prières et de messes, elle met la main à la pâte. Elle aide le ciel à l'aider. " Les hommes d'armes batailleront et Dieu donnera la victoire ", répond-elle à ceux qui lui demandent pourquoi son Dieu a besoin des hommes. Nul n'est moins fataliste que cet instrument de la providence.

Aux foules qui l'adulent, qui suivent son cheval et lui demandent parfois de toucher un bibelot ou un chapelet, elle répond : " Touchez-les vous-mêmes, ils seront aussi bien de votre toucher que du mien ". A un prêcheur, frère Richard, qui vient devant Troyes lui jeter de l'eau bénite pour l'exorciser, elle répond en riant : " Avancez hardiment, je ne m'envolerai pas ".

Elle est en effet très gaie. Il lui arrive de rire avec ses interrogateurs au procès, malgré la gravité de l'enjeu et la férocité de certains. A l'un d'eux, un dénommé Seguin, qui lui demande en quel langage parlent ses voix, elle répond du tac au tac : " En meilleur langage que le vôtre " car il avait en effet un fort accent, non pas d'Epinal mais de Limoges.

Alors, qu'est-ce qu'elles lui disent ces voix ? Oh, rien de compliqué, elles lui disent d'aller en France trouver Charles VII à Chinon, de libérer Orléans, de faire sacrer le roi à Reims, de bouter les Anglais hors de France. C'est un peu comme si vous demandiez à une élève de première de remettre de l'ordre dans toutes les banlieues, de rétablir la souveraineté nationale, de dénoncer le traité de Maastricht et d'Amsterdam et de vider la France de l'immigration qui l'envahit.

Et, face à une telle situation il y a en effet toujours deux réactions possibles. Celle de Charles VII, qui se dit qu'Orléans durera bien encore un tout petit peu et qu'il y a moyen de négocier une trêve avec le duc de Bourgogne, comme Chirac et Jospin pensent que la situation leur permet de durer le temps d'un mandat de plus et qu'il faut composer avec la mondialisation et demain pourquoi pas avec le mufti de Roubaix.

Et puis, il y a celle de Jeanne qui refuse la fatalité, la soumission, qui ne raisonne pas selon les normes des puissants, mais qui s'appuie sur des réalités profondes, invisibles aux médiocres et qui agit : " Les voix me disaient d'aller en France et je ne pouvais plus durer où j'étais ".

C'est que Jeanne n'est pas un témoin, c'est une femme d'action, qui agit dans l'urgence. Ne pouvant plus durer, comme elle dit, elle file à Vaucouleurs, puis à Chinon, elle presse Charles VII de lui donner une armée. Aussitôt Orléans prise, elle l'exhorte à pousser sur Reims, puis une fois le roi sacré, elle voudrait l'amener à Paris. Vite, toujours plus vite. " Aujourd'hui plutôt que demain et demain plutôt qu'un autre jour ", aimait-elle à répéter. Il faut profiter de la vitesse, de la surprise et agir pour bousculer définitivement un ennemi qui doute.

Et à nous, aujourd'hui, elle nous donne une leçon extraordinaire. Elle nous rappelle que la politique, la vraie, est utile et bénéfique, qu'elle peut changer le cours des choses, forcer le destin. Elle nous dit que le rapport apparent des forces, l'aboulie du pouvoir officiel, la légitimation du fait accompli par les autorités intellectuelles et morales n'ont rien d'incontournables pour une âme lucide et sans peur. Elle nous montre que ce qu'on croyait inévitable n'est pas une fatalité.

Et c'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui en ce 14 mai de l'an 2000. Nous sommes ici pour affirmer notre foi inébranlable dans l'avenir de notre peuple et de notre nation. Nous sommes ici pour crier à ceux, innombrables aujourd'hui dans notre pays, qui doutent, qui renoncent et qui pensent déjà que tout est perdu. Nous sommes ici pour leur dire qu'il n'en est rien. Que tout peut changer, que tout peut basculer, que ce qui paraît aujourd'hui impensable peut demain devenir réalité. Et cela brutalement, rapidement, comme sous l'effet d'un souffle surnaturel. C'est possible, car l'action politique, l'histoire nous l'enseigne, a le pouvoir de changer le cours des choses, de retourner les situations.

Et c'est là encore un enseignement de Jeanne qui nous montre qu'il existe bien un sens en politique, que tout n'est pas équivalent, qu'il y a le légitime et l'illégitime. Il ne suffit pas, comme le prétendra Machiavel, d'avoir de bonnes troupes pour avoir de bonnes lois : Jeanne, c'est l'anti-Machiavel, c'est, dans une période troublée où tout le monde désespère de la politique, la réhabilitation de celle-ci, le retour de la légitimité en politique.

Aussi sommes-nous là pour rappeler à nos compatriotes ce message ô combien moderne de Jeanne : la politique, la vraie, est utile, bénéfique et nécessaire. Nous le savons puisque nous sommes engagés, puisque nous combattons. Mais je le dis, au delà de nos rangs, je le dis à nos compatriotes : méprisez la politique politicienne, celle des lâches, des impuissants et des corrompus, mais adhérez à la grande politique, celle de l'engagement désintéressé pour le peuple et la nation qui sont les vôtres. Et sachez-le, cet engagement, l'engagement qui est le nôtre peut triompher parce que nous sommes portés par la légitimité de ce que nous incarnons.

Comme Jeanne d'Arc incarnait la légitimité du roi et de la nation. Et c'est bien là encore ce qu'elle nous rappelle car la légitimité est au coeur de son action et de sa pensée. Ainsi n'a-t-elle de cesse de faire sacrer Charles VII parce que, pour le peuple, c'est le sacre qui fait le roi. Et elle a raison. Alors qu'en juin 1429 le Conseil du roi veut diriger l'armée vers la Normandie, elle le mène à Reims, car une fois sacré " la puissance de nos adversaires diminuera sans cesse ". Et c'est ce qui se passe : au retour du sacre, toutes les villes s'ouvrent au roi légitime sans combattre. Jeanne montre là un grand sens politique, un profond réalisme. Reims a effacé le traité de Troyes, c'est désormais la cause anglaise qui est mauvaise aux yeux de tous.

Jeanne prouve ainsi qu'elle connaît la réalité de son temps et l'avenir qui s'y lit déjà. Elle n'adhère pas à la théorie de la double monarchie, elle refuse le rêve chimérique qu'avaient caressé certains d'une fusion franco-anglaise. Par son action, une guerre d'invasion a succédé à une querelle dynastique, et Jeanne confond très justement le droit de son roi avec celui de la nation.

Dans ce temps troublé du XVè siècle, où il était moins difficile de faire son devoir que de le connaître, Jeanne d'Arc, restauratrice de la légitimité du politique, championne de la légitimité dynastique, a en même temps esquissé la légitimité de la nation, meilleur rempart des intérêts populaires contre les puissants.

Et c'est cette légitimité de la France que nous sommes venus proclamer ici sur ce sol sacré de Domrémy. Cette légitimité de notre peuple, sur sa terre, de notre nation et de notre civilisation que nous voulons voir perdurer tout au long du millénaire qui s'ouvre. Cette légitimité que les clercs ont abandonné et qu'ils renient aujourd'hui avec arrogance. Cette légitimité que nous avons recueillie, que nous entendons incarner puisque personne d'autre ne veut le faire. Cette légitimité de notre peuple qui nous donne une force extraordinaire et qui doit donc nous emplir d'espoir et d'ardeur. Car cette légitimité est celle de notre victoire à venir.

Et c'est cette magistrale leçon d'espoir qu'il nous faut aussi retenir de l'oeuvre de Jeanne. La grande pitié du pays de France, Jeanne l'a vue et en a souffert plus que quiconque mais elle ne s'est pas arrêtée là. Jeanne n'est pas Cassandre, au contraire. En ces temps de malheur, elle proclamait l'espoir. Une fois les maux discernés, elle a annoncé les remèdes et elle s'est engagée, elle a agit. Pourtant, elle aura connu les épreuves et les défaites. Mais oublions les colères de Jeanne, ses attentes, ses déceptions, la mollesse du roi, les lâches négociations de ce dernier, le procès inique avec ses traîtres payés qui se donnent les gants de la sagesse politique et de la rectitude doctrinale, tous ces pauvres pantins grimaçants, pour ne voir que l'oeuvre de Jeanne. Avec elle, un vent de bonheur s'est levé sur la terre de France, entre le premier muguet et les dernières moissons, sur toutes les campagnes et dans tous les bourgs. La peur a changé de camp. Jeanne a insufflé le souffle de la victoire et du renouveau.

Guy de Laval, petit-fils de la femme de Duguesclin, qui en fut, témoigne : " Jamais gens n'allèrent de meilleure volonté à la besogne " dans un sentiment unanime de libération. Le poète Alain Chartier écrit de Jeanne : " Elle a haussé les esprits dans l'espérance des temps meilleurs " et la grande Christine de Pisan qui, retirée, n'écrivait plus un vers depuis Azincourt, exulte au même moment dans un très long poème qui commence ainsi :
" L'an mil quatre cent vingt et neuf
Reprit à luire le soleil
Il ramène le bon temps neuf ".

Cette joie du pays est la preuve incarnée de la légitimité de Jeanne : oui, la politique sert à quelque chose, oui le bien commun dépend de la légitimité de l'Etat et la nation n'est pas un vain mot. Le vrai miracle de Jeanne d'Arc est que ce soleil, cet élan, cette ardeur, cette joie commune aient passé le filtre d'un procès mené par ses ennemis et dont ils tenaient le greffe. Cette héroïne sans sépulcre et sans portrait, comme disait Malraux, est demeurée dans nos coeurs et dans l'histoire malgré les Cauchon et les Bedford. Ni leurs gantelets de fer ni leurs pièges de velours n'ont empêché l'alouette de se lever entre le joli mai et le lourd juillet, de la terre vers le soleil, des blés vers le ciel. Ils ont brûlé son corps, mais n'ont pu enterrer ni ses paroles ni ses actes.
Jeanne a gagné.
Nous gagnerons !

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