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DISCOURS
Paris-Babylone - 12/04/03 - Discours de Bruno MEGRET
L'espoir au-delà des épreuves
Intervention de l'après-midi au Conseil national du MNR d'avril 2003

Notre réunion s'achève. Elle a été, je crois, particulièrement riche en idées, en échanges, et très révélatrice de notre détermination et de nos convictions. Nous avons ainsi démontré, malgré les difficultés qui sont encore les nôtres, la grande vitalité de notre mouvement.

Et je voudrais, pour conclure notre journée, vous dire ma conviction profonde. Malgré les épreuves du temps présent, nous avons des motifs d'espérer. En dépit des difficultés considérables qui handicapent notre combat, il y a des raisons majeures pour croire que tout peut encore changer et que le renouveau peut venir.

Et quand je dis cela, je ne parle pas principalement du MNR. Je parle de la France. Je dis qu'au-delà des problèmes qui assaillent nos compatriotes, il y a des perspectives d'évolution très porteuses pour l'avenir.

Alors, c'est vrai, tout cela est encore peu visible, mais il s'agit, je crois, de réalités de fond qui vont aller en prenant de l'ampleur.

D'abord, l'imposture de Chirac et du gouvernement Raffarin va progressivement apparaître au grand jour. Et cela pour une raison toute simple : leur discours en trompe-l'oeil va être rattrapé par la réalité.

Déjà, on peut le dire, l'UMP ne va résoudre aucun des problèmes de notre pays. Car, derrière les apparences, c'est bien au fond la même politique que celle menée par les gouvernements précédents qui est suivie par M. Raffarin. C'est tellement vrai que c'est vrai même dans le domaine de l'insécurité qui est pourtant considéré aujourd'hui comme le secteur où l'action gouvernementale est la plus novatrice et la plus énergique.

Alors, oui, en apparence, M. Sarkozy a pris le taureau par les cornes et s'engage dans la bonne voie. D'ailleurs, je lui en ai donné acte. Et lorsqu'une mesure positive est prise, nous le reconnaissons et nous l'approuvons. Ainsi, nous avons pu apprécier un certain nombre d'initiatives comme la loi sur la sécurité intérieure ou l'expulsion des clandestins par charters. Ces mesures, nous les approuvons d'autant plus qu'elles figurent dans le programme du MNR. Nous approuvons aussi l'espèce de dynamisme qui pousse le ministre de l'Intérieur à remotiver les forces de police et à les recentrer sur leur mission principale : la répression de la délinquance et de la criminalité.

Tout cela est très bien, mais tout cela est totalement insuffisant pour changer les choses. Passés les effets d'annonces, l'inertie va reprendre le dessus et rien de réellement positif n'en sortira. Et cela pour une raison essentielle : aucune mesure structurelle n'est prise pour résoudre le problème au fond. Rien n'est fait sur la question de l'immigration. Rien n'est fait en matière de justice.

Chacun sait bien pourtant que l'une des causes majeures de l'insécurité c'est la montée d'une immigration massive et incontrôlée. Or, sur ce terrain, Sarkozy est comme tous les autres : terrorisé par le politiquement correct. Certes, il a pris quelques mesures publicitaires mais sur le fond, c'est comme avant.

Le meilleur exemple en est l'affaire de Sangatte. Sarkozy est nommé ministre et l'une de ses premières mesures consiste à fermer le centre de Sangatte. Nous applaudissons, car nous avions réclamé cette fermeture depuis longtemps. C'est très bien, sauf que nous demandions, nous, la fermeture du centre et l'expulsion hors de France des clandestins qui s'y trouvaient. Or, qu'a fait M. Sarkozy ? Il leur a donné satisfaction. Il a même été jusqu'à aller négocier pour eux avec son homologue britannique les fameux visas qu'ils réclamaient. Résultat : le centre est fermé, le coup médiatique a été réussi, mais les clandestins reviennent maintenant beaucoup plus nombreux et ils investissent d'autres centres quand ils n'investissent pas purement et simplement les rues des communes côtières du Pas-de-Calais. Sarkozy, ou l'art d'aggraver les problèmes en faisant semblant de les résoudre !

Et il en va de même de l'expulsion des clandestins par charters. Quelle énergie ! Quelle audace ! Oui, mais pendant que l'on expulse spectaculairement quelques dizaines de clandestins, les préfets sur ordre du ministre de l'Intérieur régularisent par milliers les fameux sans-papiers.

Et ça n'est pas tout. Sarkozy, pour obtenir l'onction des médias et de la gauche, s'est déclaré opposé au maintien de la double peine. Ce qui est tout de même ahurissant pour quelqu'un qui prétend se battre contre l'insécurité. Car supprimer la double peine, c'est accepter que les criminels et les délinquants étrangers puissent rester sur notre sol après avoir commis leurs forfaits. M. Sarkozy a même autorisé récemment un terroriste étranger qui achevait de purger sa peine à rester chez nous. On croit rêver...

Et on comprend mieux pourquoi le ministre de l'Intérieur est aujourd'hui la coqueluche des médias. Ceux-ci savent parfaitement qu'il n'y a rien à redouter de lui. Il fait ce qu'il faut pour calmer et rassurer le peuple. Mais sur le fond, les initiés savent qu'il ne changera rien d'essentiel.

D'ailleurs Sarkozy a annoncé qu'il serait, le moment venu, pour le droit de vote des immigrés aux élections locales. Et d'ailleurs on peut compter sur lui pour installer l'islam en France. C'est lui, en effet, qui met en place, pour la première fois dans l'histoire de la République, un Conseil représentatif des musulmans de France.

Sur le plan des principes, pourquoi pas ? Il y a toujours eu des musulmans en France, pourquoi n'y aurait-il donc pas une telle instance comme il y a par exemple le CRIF pour les Français juifs ? Et bien tout simplement parce que la question de l'islam est toute différente aujourd'hui. Et cela au moins pour quatre raisons. L'islam est en pleine expansion sur notre sol, il est en train de briser les équilibres de notre société et de menacer notre identité nationale. L'islam ne connaît par ailleurs pas la distinction entre le spirituel et le temporel. C'est donc une religion qui investit la société, qui ne peut pas respecter nos principes républicains et qui exigera toujours plus de changements à nos propres règles.

Ensuite, l'islam connaît une composante intégriste, extrémiste très puissante qui conçoit la religion comme un instrument de conquête politique, justifiant la violence et pratiquant le mépris de ce que nous sommes. Enfin, l'islam n'est pas organisé de façon hiérarchisée.

M. Sarkozy pourra donc négocier ce qu'il veut avec ce nouveau conseil musulman : lui et l'Etat français seront engagés, mais les musulmans qui ne seront pas satisfaits ne se sentiront pas liés par les engagements de leurs représentants. Ce conseil fonctionnera donc comme un marché de dupes. Il ne va pas canaliser l'islam en France, il ne va pas le soumettre à nos propres règles. Il va simplement lui donner plus de poids et plus de légitimité pour s'installer comme un corps étranger dans notre culture et notre civilisation. C'est d'ailleurs si vrai que ce conseil fait la part belle à l'UOIF, l'organisation la plus intégriste qui, dynamisée par cette reconnaissance, va intensifier son action. Et ce n'est pas moi qui le dis : ce sont des musulmans modérés comme Mme Fekkar- Lambiotte qui a d'ailleurs démissionné du conseil pour dénoncer ce grave danger.

Voilà ! Avec MM. Raffarin et Sarkozy, il n'y a donc, c'est clair, aucun vrai changement. Et si vous rajoutez à cela M. Chirac, car il ne faudrait tout de même pas l'oublier, vous pouvez être certains que rien ne sera fait en rupture avec la pensée unique. D'ailleurs, pour ceux qui en doutaient, M. Chirac a été très clair lors de son voyage en Algérie. Voyage ô combien symbolique, là encore marqué par l'imposture. Car on nous a présenté le succès extraordinaire de M. Chirac comme la conséquence de sa nouvelle stature liée à la guerre du Golfe. Alors qu'en réalité, les foules algériennes l'accueillaient en scandant '' des visas, des visas '' et l'acclamaient parce qu'il promettait de leur en donner.

Il est d'ailleurs symptomatique de voir à quel point M. Chirac est populaire parmi les immigrés ou aspirants immigrés. Déjà, rappelez-vous, son élection avec 80% des suffrages avait été saluée le soir du vote par une foule en délire, une foule d'immigrés, drapeaux algériens en tête ! la situation n'est donc pas bien différente de celle que l'on connaît depuis trente ans.

Et si rien ne change sur la question de l'immigration, rien ne change non plus s'agissant de la justice. Là aussi, en dehors de quelques rodomontades, rien de fondamental n'est modifié.

La magistrature et c'est le point essentiel, n'a pas été remise à sa place. Rien n'a été fait pour arrêter la dérive idéologique qui la dénature depuis tant d'années et pour la recentrer sur sa mission essentielle de répression des crimes et des délits. L'Ecole nationale de la magistrature et le Syndicat de la magistrature ont toujours une influence aussi néfaste et aussi importante.

Et la justice fonctionne toujours aussi mal. Un rapport récent publié dans la presse nous apprend par exemple que le délai de traitement des affaires se situe en moyenne entre sept et vingt-quatre mois pour les cours d'appel. Et que les affaires classées '' sans suite '' peuvent atteindre le taux de 40%. Le record allant à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, à l'exception, bien sûr, des affaires concernant Vitrolles et Catherine Mégret.

Et face à cela, que fait le gouvernement Raffarin ? Il a pris une mesure, une bonne mesure. Celle de créer des centres dits '' fermés '' pour les mineurs délinquants multirécidivistes. Très bien, nous l'avions demandé, nous sommes pour ! Mais comment le gouvernement met-il en oeuvre cette mesure ? Le premier centre a été ouvert à Saint-Denis-Le-Thiboult. Il s'agit d'un château du XIIIème siècle dans un parc de 2 hectares : boiseries, cheminées, salles de bain en marbre, piscine intérieure, le tout avec 27 éducateurs pour les dix adolescents que ce centre est censé accueillir. Et pendant ce temps-là, les détenus s'évadent des prisons en utilisant des bazookas. On croit rêver. Les socialistes eux-mêmes n'auraient pas osé en faire autant. Hélas, rien ne change.

Et ce qui est vrai dans le domaine de l'insécurité et de l'immigration, est vrai aussi en matière économique et sociale. Là aussi, aucune vraie rupture avec le socialisme n'a été engagée.

Et la situation est très mauvaise. La croissance doit être revue à la baisse. Ce ne sera pas 2,5%, ni même sans doute 1,5% peut-être moins de 1%. Le moral des ménages et des entrepreneurs est au plus bas et le chômage remonte en flèche. Plus de 9% de la population active, avec un taux d'augmentation de 0, 7% rien que pour le mois de janvier. Et surtout, les plans sociaux, les liquidations judiciaires, les délocalisations se multiplient de façon lancinante. Et il ne s'agit plus maintenant des seules industries traditionnelles qui, nous expliquait-on, devaient s'adapter à la mondialisation ou disparaître. Maintenant, ce sont tout autant les industries de pointe comme l'électronique, les télécoms ou l'aéronautique et l'espace qui sont touchés.

Et la liste est impressionnante. Daewoo, Air Lib, Metaleurop, Arcelor, Pechiney, France Telecom, Vivendi, GIAT Industrie, Thales, EADS, etc. Notre pays connaît un réel et dramatique processus de désindustrialisation qui prouve qu'on nous a menti à propos de la mondialisation. Car, apparemment, ce processus est sans fin, en tous cas, tant qu'il y aura des industries sur notre sol.

Face à cette situation, le gouvernement invoque la mauvaise conjoncture internationale. Et il est vrai que la tendance est à la baisse un peu partout et que la guerre en Irak n'a fait qu'accélérer ce processus. M. Raffarin en profite donc pour expliquer qu'il n'y est pour rien, qu'il fait ce qu'il peut, mais qu'il est victime du retournement de conjoncture.

Et bien, je dis que c'est faux : certes, la conjoncture est mauvaise, mais la politique du gouvernement, parce qu'il n'a pas rompu avec le socialisme, aggrave la situation au lieu de la corriger. Car, si on y regarde de plus près, rien d'important n'a été fait pour libérer l'économie. Il n'y a eu aucune réduction du train de vie de l'Etat, aucun allégement de l'étatisme, puisque le budget de l'Etat a augmenté entre 2002 et 2003 de près de 3%. Résultat : le déficit va atteindre les 3,4% du PNB cette année et les réductions d'impôts sont inexistantes.

Au-delà de la baisse symbolique de 5% de l'impôt sur le revenu, aucune baisse fiscale n'a été réalisée ni même programmée. M. Raffarin prétend que c'est pour l'année prochaine, mais il ne prend aucun engagement et en attendant, ce sont les impôts locaux qui augmentent comme conséquence des transferts de compétences.

Par ailleurs, rien n'a été fait pour alléger significativement le carcan bureaucratique sur les entreprises. La loi sur les 35h n'a été modifiée que de façon très timide. Et nos entreprises restent plongées dans un environnement où tout est fait maintenant pour dissuader les Français de travailler.

Enfin, avec la montée du chômage, le gouvernement renoue avec les bonnes vieilles méthodes socialistes. Il veut créer artificiellement des emplois factices sur crédit budgétaire ce qui a, chacun le sait, pour principale conséquence d'alourdir encore un peu les frais généraux de la nation et d'accélérer le processus de destruction des emplois réels.

A peine un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement est donc retombé dans les ornières socialistes. Les leçons du 21 avril n'ont pas suffi. Elles auront conduit à changer le discours, mais pas la réalité. Et en politique, c'est toujours la réalité qui finit par triompher du discours.

Et c'est pourquoi nous ne devons pas perdre l'espoir. Déjà, la cote de popularité de M. Raffarin commence à baisser et progressivement le phénomène va prendre de l'ampleur à mesure que l'imposture va se révéler.

Mais les raisons d'espérer ne se limitent pas à ce processus de confrontation à la réalité et de triomphe progressif de la vérité. Il s'agit là d'ailleurs d'un phénomène qui porte sur la situation politique conjoncturelle. Et il y a de façon plus structurelle des raisons supplémentaires et, je pense plus essentielles, d'espérer. Car des phénomènes de grande ampleur sont à l'oeuvre qui pourraient bien créer dans un avenir proche une nouvelle donne particulièrement favorable à notre combat.

Il y a d'abord ce fait essentiel que la gauche connaît une crise sans précédent. Et quand je dis la gauche, ce n'est pas seulement et même peut-être pas prioritairement la gauche politique, le parti socialiste, mais la gauche au sens large, la gauche en tant que courant de pensée. La défaite de Jospin au mois d'avril dernier n'est pas qu'un phénomène conjoncturel lié à l'éclatement des candidatures de gauche et à la personnalité peu sympathique du leader socialiste. Non, il s'agit d'un phénomène beaucoup plus important qui traduit un rejet profond de l'idéologie de gauche. Je dirais même qu'après Mai-68 et trente-cinq ans d'hégémonie totale de la gauche sur la société française, après mai 81 et vingt ans de pouvoir socialiste quasi-continu sur nos institutions, la gauche française arrive aujourd'hui en fin de cycle historique.

Ce qu'elle avait à apporter, ce qu'elle avait à dire, elle l'a mis en oeuvre et exprimé à satiété. Son projet et sa vision du monde ont donc été confrontés au monde tel qu'il est et la gauche s'est fracassée sur la réalité. Toute son idéologie structurée de marxisme revu et corrigé par l'esprit libertaire de Mai-68 s'est finalement trouvé déligitimée et discréditée par les faits. Le monde réel est têtu et il a eu raison des chimères socialistes.

Ce phénomène est particulièrement visible dans le monde de l'éducation nationale. Voilà un domaine où la gauche dominait sans partage, au travers de ces intellectuels, toujours de gauche, de ces enseignants presque toujours militants de gauche, de ses syndicats et de ses idées très à gauche. S'il y a bien un secteur de la vie nationale où l'idéologie de gauche a pu donner toute sa mesure sans partage, c'est bien celui de l'école. Et le résultat aujourd'hui est là : c'est le fiasco total. On a voulu ouvrir l'école sur le monde et il a fallu enfermer les établissements derrière des grilles protégés par des vigiles. On a voulu faire de tous les Français des bacheliers et même des étudiants et c'est l'illettrisme qui se développe et le niveau général qui baisse. On a multiplié le nombre des enseignants et aujourd'hui, ils ne supportent plus leur travail. On a voulu faire de l'école un outil de propagande pour l'idéologie prétendument intégrative des droits de l'homme et c'est l'école qui éclate sous les coups du communautarisme.

Et il en va de même dans tous les secteurs. Par laxisme moral, parce que le dogme idéologique considère que ce ne sont pas les délinquants mais la société qui est coupable, on a laissé se développer une insécurité majeure qui pénalise au premier chef les moins favorisés de nos compatriotes.

Au nom d'un mondialisme idéologique débridé, on a laissé se développer le libre-échangisme mondial avec, comme résultat, un grand capitalisme mondialisé et implacable qui désindustrialise notre pays, accroît les inégalités et crée un chômage structurel dont on n'a pas pu se défaire depuis les années 70.

L'idéologie de gauche a donc échoué. Et ses victimes sont justement ceux qui la soutenaient, que ce soient les fonctionnaires, notamment les enseignants, ou les classes populaires. Résultat : le désenchantement est grand, non seulement dans l'électorat de gauche mais aussi parmi les intellectuels. Au point que beaucoup se retournent contre leurs anciens idéaux et vont même jusqu'à se faire accuser d'être de '' nouveaux réactionnaires ''. Au point qu'il est maintenant branché dans ces milieux-là de trouver Sarkozy sympa.

Et cela va loin, puisque le journal le Monde, la référence de l'idéologie de gauche, est aujourd'hui attaqué et pas seulement pour ses pratiques peu déontologiques mais aussi pour son orientation idéologique. Pierre Péan et Philippe Cohen dressent dans leur ouvrage un véritable réquisitoire des options idéologiques du Monde qu'ils énumèrent et dénoncent avec une grande sévérité : '' l'autonomie des individus permettant leur émancipation morale et sexuelle, l'effacement des nations, la relativisation du poids des états, la substitution des lobbies aux corporations, la conquête de nouveaux droits pour les minorités, l'émergence d'un droit international fondé sur le droit d'ingérence et la réparation, l'émancipation des pratiques artistiques de tous les carcans religieux, politiques, historiques.... '' Et encore '' homosexualité, pacsification des esprits, légalisation des drogues douces, téléréalité, néo-pornographie, défense et illustration des romans de cul, peopolisation du monde, dénonciation du harcèlement, ultra-féminisme, antifascisme conventionnel, le Monde est devenu, disent-ils, le champion toutes catégories de la rébellion de salon ''.

Ainsi, l'idéologie de gauche est-elle aujourd'hui sur la défensive, en pleine crise existentielle et, j'en suis convaincu, elle n'est pas près de s'en sortir. Mais, chose très positive, il n'y a pas que le socialisme à se trouver sur le recul, le mondialisme va aussi, sans doute, connaître des revers.

Certes, le processus est beaucoup moins avancé et d'ailleurs, le mondialisme ne subira certainement pas une défaite idéologique comparable à celle du socialisme. Ce sont plutôt les événements qui, me semble-t-il, peuvent progressivement l'occulter et créer une situation qui le rendra beaucoup moins néfaste et virulent. C'est en tous cas ce qui a commencé à se dessiner sur le plan international et de façon très inattendue à l'occasion de la crise irakienne.

Contrairement à toute attente, les Américains ont rencontré dans leur opération irakienne une opposition diplomatique résolue et massive qui les a contraints à se passer de l'ONU et à agir pratiquement seuls avec les Britanniques. Que la superpuissance, la seule superpuissance mondiale, qui développait jusqu'à présent sans opposition son projet mondialiste à travers la planète, se trouve ainsi isolée sur la scène internationale est en soi un phénomène majeur.

Mais l'autre surprise de grande ampleur est venue d'Europe. Car c'est l'Europe qui a mené la contestation contre les Etats-Unis. Oh, certes pas l'Europe de Bruxelles qui, comme toujours, s'est trouvé divisée et paralysée, mais l'Europe des peuples et des nations. Car ce sont trois grandes nations européennes, la France, l'Allemagne et la Russie qui sont montées en ligne. On m'objectera, bien sûr, que d'autres pays, comme la Grande-Bretagne, l'Italie ou l'Espagne ont soutenu les Américains. Mais les populations n'ont pas suivi leur gouvernement et il y a bien eu un phénomène de fond qui s'est appuyé sur les nations et sur les peuples.

Alors, bien sûr, tout cela est ténu. Tout cela peut être sans lendemain. Mais je crois aussi que tout cela peut être le début d'un grand basculement géopolitique. Le monde a connu l'équilibre de la terreur entre l'Est et l'Ouest pendant toute la guerre froide. Après l'effondrement de l'URSS, les Etats-Unis se sont imposés comme la seule superpuissance dans le monde. Mais ceux-ci sont en réalité à la fois trop faibles et trop puissants. Trop puissants pour ne rester que dans leur sphère nord-américaine et trop faibles pour s'imposer au monde dans son ensemble. Et ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'ils s'attaquent toujours à beaucoup plus faibles qu'eux.

La situation actuelle est donc déséquilibrée et transitoire. Et le monde qui doit suivre le monde bipolaire de la seconde moitié du XXème siècle ne sera pas un monde américain mais un monde multipolaire. Ce que nous avons vécu avec l'affaire irakienne constitue peut-être le début de ce nouveau basculement qui ne peut qu'être positif. D'abord parce qu'il mettra un frein sinon un terme à la mondialisation débridée que nous connaissons aujourd'hui et dont les Américains sont les principaux promoteurs. Et ensuite parce que cette évolution redonne toutes ses chances à une Europe telle que nous la souhaitons, c'est-à-dire un pôle de puissance capable d'assurer son indépendance, de défendre sa civilisation et de peser dans le monde.

Si, en effet, la planète devient multipolaire, si l'Europe se trouve une mission d'équilibre et de contrepoids par rapport aux USA, elle sera naturellement poussée à se libérer de la tutelle américaine et à se doter des moyens de son indépendance. Le moment viendra alors pour elle de se dégager de l'OTAN et de créer une alliance militaire qui pourrait la doter d'une puissance comparable à celle des Etats-Unis. Le moment viendra aussi d'affirmer son autonomie sur le plan économique et stratégique. Déjà elle dispose avec l'euro, d'un instrument capable de faire contrepoids au dollar. Déjà, elle bénéficie avec Airbus et Ariane d'atouts industriels et technologiques majeurs. Elle devra pousser ses avantages et elle en a les moyens. Surtout si elle s'appuie sur les nations sans chercher à les détruire.

L'Europe des nations peut demain faire reculer le mondialisme américain, comme le peuple français a commencé à rejeter l'idéologie de gauche.

Voilà, chers amis, pourquoi tout n'est pas négatif, voilà pourquoi, malgré les épreuves, nous pouvons avoir des raisons et des raisons majeures d'espérer. Le gouvernement Raffarin, malgré son discours habile et trompeur, va être rattrapé par la réalité. Et surtout, au-delà de la conjoncture politicienne, la donne peut changer. Car, si sur des plans différents, ce sont à la fois le socialisme et le mondialisme qui reculent, ce sont nos deux adversaires idéologiques qui faiblissent.

Cela veut dire, la politique ayant horreur du vide, que nos idées peuvent progresser et l'emporter.

Encore faut-il, chers amis, que nous soyons toujours là demain pour les porter politiquement. Voilà pourquoi, encore une fois, il nous faut tenir. Voilà pourquoi nous devons être présents partout dans nos départements, voilà pourquoi nous devons être présents aux échéances électorales de l'année prochaine.

Chers amis, la roue tourne, les idées que nous combattons appartiennent au siècle passé, nos idées sont celles du siècle qui s'éveille. Courage, notre heure viendra !

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