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DISCOURS
Paris-Babylone - 12/04/03 - Discours de Bruno MEGRET
Tenir, durer et gagner !
Intervention du matin au Conseil national d'avril 2003

Nous voici réunis de nouveau après notre conseil national du 17 novembre dernier. Après ce conseil qui a dénoué la crise que nous avons connue.

Nous voici réunis à nouveau, et cette fois de façon amicale et fraternelle, pour construire et agir.

Depuis le 17 novembre, nous n'avons pas perdu de temps : nous avons tout simplement sauvé notre mouvement. Car il était, on peut le dire aujourd'hui, au bord du précipice. Les dettes considérables nous menaçaient de dépôt de bilan, les querelles internes nous faisaient risquer l'explosion et les coups de butoir répétés du système nous affaiblissaient toujours davantage.

Aujourd'hui, nous avons stoppé ce processus. Les dettes, Alain Vauzelle nous en parlera, ont été consolidées, réduites et rééchelonnées et nous ne sommes plus sous le coup d'une cessation de paiement. L'appareil a été reconstitué là où il avait été blessé ou amputé. La nouvelle équipe nationale s'est mise au travail avec dynamisme et détermination. Les cadres défaillants ont été remplacés et, si toutes les fédérations ne sont pas encore remises sur pied, le taux de départements en difficulté n'est guère plus élevé qu'au cours des années passées.

Nous avons donc remis notre mouvement en ordre de marche même si beaucoup de difficultés demeurent. L'essentiel de ce qui fait un appareil politique est de nouveau en état de fonctionnement. Notre siège a été rénové et tourne de nouveau, même si ses effectifs ont été réduits. Notre revuemensuel en direction des adhérents est à nouveau régulièrement publié. Le site Internet est opérationnel, la radio MNR fonctionne et s'est encore améliorée. Des réunions se tiennent un peu partout dans les fédérations. Nous avons lancé une campagne d'opinion contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe avec affiches et tracts.

Bref, même si nous sommes en convalescence, le MNR existe et continue son combat.

Et de tout cela, chers amis, je voudrais vous remercier. Vous avez accompli un nouveau tour de force. Votre fidélité, votre attachement à notre idéal, votre constance et votre détermination dans notre combat sont en tous points exemplaires.

Alors, cela dit, je le sais, maintenant que la période critique est passée, maintenant que le sursaut a été provoqué pour éviter la catastrophe, maintenant que le mouvement, vaille que vaille, a été remis sur les rails, certains, en relevant la tête et en se tournant vers l'avenir, s'interrogent. Où allons-nous, quelles sont nos perspectives ?

Je sais, au-delà des sentiments d'honneur et de fidélité, au-delà de la volonté et de la détermination, au-delà du sens du devoir, on ne peut pas faire taire sa raison et empêcher les interrogations et les inquiétudes. Où allons-nous ? Quelles sont nos perspectives ?

Et bien, chers amis, je voudrais vous donner une réponse. Oh, une réponse qui va peut-être vous décevoir, car ce n'est pas un scénario, avec des étapes et des progressions programmées. Ce n'est pas une révélation, car je ne suis pas devin. Mais la réponse que je voudrais vous donner n'en est pas moins fondée sur une certitude. Une certitude absolue qui me saute aux yeux comme une évidence et qui me conforte chaque fois que j'y songe.

Ce que nous représentons est la réponse à ce dont notre peuple, notre nation et notre civilisation ont aujourd'hui besoin. Nous incarnons ce qui peut être le renouveau de la France et de l'Europe. En clair, le rôle du MNR tel que nous le concevons correspond à une nécessité impérieuse. Et aucune autre force politique n'apporte cette réponse.

Si ce que nous incarnons, ce que nous voulons était accompli par d'autres, ou si d'autres, plus puissants, montraient qu'ils pourraient le moment venu l'accomplir, on pourrait alors se poser la question de l'utilité du MNR.

Mais précisément, il n'en est rien. Car, derrière l'état de grâce apparent et d'ailleurs bien déclinant du gouvernement, derrière l'unanimisme d'ailleurs bien fragile contre la guerre en Irak, rien n'est changé. Aucun véritable courant de renouveau ne s'est levé en France.

M. Raffarin et sa nouvelle gouvernance ne constituent qu'un nouvel habillage de la même politique menée depuis des années et des années alternativement par la droite et la gauche institutionnelles. Derrière le personnage tout en rondeur qui, c'est vrai est une rupture avec le style technocratique d'un Juppé, il y a en fait la même pensée unique, la même soumission au politiquement-correct.

Alors, c'est vrai, Raffarin, Chirac et leurs ministres font semblant d'avoir retenu la leçon des élections. Ils prétendent vouloir écouter le peuple, ils assurent même l'avoir compris. Oui, peut-être, mais pas pour faire ce que le peuple demande. Non ! Il ont compris qu'il fallait habiller et présenter autrement la même politique pour mieux la faire passer. Ce qu'ils ont compris, ce n'est pas qu'ils suivaient une mauvaise route, ce n'est pas qu'ils se trompaient dans la politique qui est la leur depuis trente ans. Non ! Ce qu'ils ont compris, c'est qu'ils la présentaient mal, c'est qu'ils tenaient un discours trop provocateur pour les Français, trop décalé par rapport à leurs préoccupations. Et donc la nouvelle gouvernance, ce n'est pas une nouvelle politique, c'est une nouvelle façon de présenter la même politique. Le changement, il n'est pas dans le fond, il est dans la forme.

Avant, on disait qu'il n'y avait pas d'insécurité. Maintenant, on dit que la lutte contre l'insécurité est une priorité. Mais on ne fait rien de plus, on se contente de s'indigner avec les Français de l'action des voyous. Et d'ailleurs, le personnage même de Raffarin est à l'image de cette imposture. Quand on regarde M. Raffarin, l'homme du Poitou, on croit voir un personnage du terroir, un homme enraciné dans la province française, un homme qui s'est fait tout seul. Peut-être était-il garagiste comme M. Monory. Un homme proche du peuple qui porte sur les choses le regard neuf et de bon sens de celui qui s'est colleté comme chaque Français aux réalités de la vie quotidienne.
Et bien cette image ne correspond en rien à la réalité. M. Raffarin est aux antipodes de ce personnage qu'il s'est forgé. Raffarin a fait une grande école française et c'est un spécialiste de la communication. Il a dirigé une grande agence de publicité. Son métier, ses références, son expérience, c'est la pub. La pub qu'il met au service de la politique.

Il y a donc entre la politique que prétend mener M. Raffarin et celle qu'il conduit en pratique autant de différence qu'il y a entre l'image qu'il veut donner et ce qu'il est réellement. C'est-à-dire au fond autant de distance qu'il y a entre un agriculteur du Poitou et un publicitaire du quatrième arrondissement. Soyons donc lucides, avec Raffarin et l'UMP, rien de fondamental ne va changer, tout hélas va peu ou prou continuer comme avant.

Et du côté du Front national, de la même manière, il n'y a rien à attendre. Le FN n'est pas le grand mouvement en réserve de la république qui pourrait demain assurer le renouveau de notre pays. Et de cela on peut être, hélas je dirais, totalement sûr, puisqu'on en a eu la démonstration spectaculaire au cours des six derniers mois.

Aux présidentielles, ce parti a été propulsé au plus haut, au plus loin. Une chance historique tout à fait unique lui a été offerte. Et qu'en a-t-il fait ? Rien. Il a tout gâché. Rien pour rassembler, rien pour rassurer, rien pour ouvrir, rien pour être crédible, constructif et positif. Et au lendemain de cette élection majeure, tout a recommencé comme avant. Nos idées ne sont pas mieux placées et le FN a retrouvé aux législatives sa place habituelle de force protestataire.

Et d'ailleurs, la meilleure preuve que la France ne peut rien attendre de ce parti, c'est qu'au lendemain de ce score historique, il n'y a eu aucune dynamique, aucune perspective. Aucun espoir ne s'est levé qui ferait penser que, si cela n'a pas été possible cette fois-ci, ce sera possible la prochaine fois.

D'ailleurs, ce fiasco, vous en êtes vous-mêmes les témoins dans vos départements : après ce score historique, le FN a toujours aussi peu de troupes et de cadres. Il est toujours aussi faible, toujours aussi démuni en hommes, toujours aussi isolé. De ce côté-là non plus, il n'y a aucun espoir pour la France et pour les Français.

Et c'est pourquoi le MNR, malgré ses faiblesses actuelles, est si nécessaire. Et c'est pourquoi, même s'il est aujourd'hui apparemment sans débouché, rien n'est dit et tout demeure possible.

Car la situation politique est en réalité beaucoup plus fragile, beaucoup plus instable qu'il n'y paraît. Derrière le calme apparent, c'est un édifice institutionnel très précaire qui occupe pour l'instant la scène publique. Oh, certes, l'UMP a aujourd'hui tous les pouvoirs, elle jouit d'une aura liée à la nouveauté et au sentiment de force et d'unité. Mais tout cela ne peut être qu'éphémère. Car il s'agit là d'une construction abstraite et artificielle. L'idée qui sous-tend l'UMP est celle du bipartisme, c'est l'idée que la démocratie française, pour devenir moderne, doit fonctionner comme dans le monde anglo-saxon à partir de deux grands partis uniques.

Or, chacun le sait, cette vision est totalement contraire à la tradition française. Et, de plus, l'UMP ne reproduit même pas le schéma anglo-saxon. Car, en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, chacun des deux grands partis rassemble en son sein toutes les sensibilités de son espace politique. Si l'UMP devait être l'équivalent du Parti conservateur britannique ou du Parti républicain américain, elle devrait rassembler depuis Bayrou jusqu'à Le Pen en passant par nous. Or, il n'en est rien. C'est un parti unique à pensée unique, de surcroît sous la présidence d'un Juppé qui ne veut voir qu'une seule tête. Dès lors, l'UMP est vouée à éclater ou à se réduire pour n'occuper qu'une seule partie de l'espace électoral de droite.

Quant au Front national, sa puissance électorale est aujourd'hui de plus en plus fragile. Car il est clair qu'elle ne repose que sur un seul homme. On l'a vu au cours des trois années écoulées, le FN en tant que mouvement est moribond. Placé dans les conditions où nous nous trouvons, il aurait disparu depuis longtemps. Il n'existe en tant qu'organisation qu'au travers de ses différents cadres et élus rémunérés. Mais au plan électoral, il n'a de l'audience qu'au travers de Le Pen, j'allais dire au travers de la marque Le Pen. Retirez la figure-clé, et tout s'écroule. Et cela d'autant plus que l'intéressé ne veut pas assurer au-delà de lui-même la pérennité de son mouvement. Le Pen, c'est clair, est un imposteur, qui ne cherche pas à faire progresser ses idées et à agir pour son pays. Il les a diabolisées, il les a décrédibilisées, et il agit pour lui, pour son clan familial, pour les avantages matériels et médiatiques qu'il peut en retirer.

Il est frappant d'entendre Le Pen prétendre aujourd'hui qu'il veut conquérir la région PACA alors qu'en 98, il aurait pu le faire et qu'il a délibérément saboté cette possibilité. C'est donc clair, Le Pen ne veut pas qu'il y ait une suite après lui. Après avoir délibérément provoqué une crise dans son mouvement en 1998, il crée aujourd'hui une nouvelle fracture pour éliminer Gollnish et tout ce qu'il reste d'un tant soit peu politique au FN. C'est tout le sens de la mise en orbite de sa fille. Et quand celle-ci aura évincé ses rivaux, le FN ne sera plus réduit qu'à une officine familiale lepeniste qui ne pourra que décliner avec son chef et disparaître avec lui.

Le FN comme l'UMP sont aujourd'hui, au-delà des apparences, d'une grande fragilité. Et c'est donc toute la scène politique qui se trouve être dès lors une construction de plâtre qui se fissure et se lézarde.

D'ailleurs, ne l'oublions pas, M. Chirac qui a aujourd'hui tous les pouvoirs a été certes élu avec 80% des voix. Mais au premier tour, il n'a rassemblé que 20% des suffrages exprimés. Il ne représente donc que 14% des électeurs ! Le système politique français est aujourd'hui aussi instable qu'une pyramide inversée.

Aussi, pour notre mouvement, rien n'est joué. Tout demeure possible dès lors que nous demeurons vivants. Car si nous avons échoué jusqu'à aujourd'hui, ce n'est pas pour des causes structurelles de fond mais bien plutôt en raison d'une conjoncture et d'un environnement qui nous a été systématiquement défavorable.

Nous avons donc la nécessité de continuer notre combat en misant sur ce que j'appelle la stratégie de la fenêtre. Car, si la conjoncture nous a été défavorable, sur la scène politique mouvante et fragile qui est celle de notre pays, elle peut demain se retourner à notre avantage. Nous devons donc rester vivants pour exploiter la fenêtre de tir qui, demain, pourra se présenter à nous. Nous devons durer pour pouvoir, le moment venu, saisir l'occasion, l'opportunité qui se présentera. Tel est notre devoir et notre mission. Car une chose est certaine, si nous arrêtons, si nous posons le sac, nous ne pouvons que laisser passer les occasions qui se présenteront et nous serons responsables de ce qu'une chance historique pour notre pays n'aura pas été saisie.

Voilà chers amis, pourquoi nous devons continuer notre route, avec courage et persévérance. Alors, je sais, certains me diront "oui mais si aucune occasion ne survient, nous sommes condamnés". Et bien oui, c'est vrai. Et les choses sont en réalité toutes simples : notre combat pour la France est si difficile, si surhumain que nous ne pourrons pas réussir, en effet, si le destin ne nous offre pas une opportunité. Mais, soyons-en certains, si notre pays a encore un avenir, si notre nation peut encore connaître un renouveau, il y aura un signe, une occasion, une chance et ce sera à nous de les saisir. Notre sort est donc lié à celui de la France. Et nous n'avons pas de doute à avoir : si la France doit connaître un renouveau, nous aurons notre chance. Si notre pays est définitivement condamné au déclin, alors oui, il est naturel que nous soyons nous aussi voués à l'échec.

Mais moi, je crois dans l'avenir, je crois que rien n'est dit et que tout demeure possible. Et que nous pourrons demain oeuvrer au renouveau. Encore faut-il, bien sûr, que nous soyons toujours là pour le faire. Et pour cela, je sais pouvoir compter sur vous. Mais il faut que nous puissions aussi compter sur nos amis, adhérents, sympathisants, électeurs. Et vous devez donc leur expliquer le sens de notre démarche. Car ils sont nombreux, les électeurs, les sympathisants ou même les adhérents à compter sur nous pour l'avenir mais à nous dire aujourd'hui : '' le moment venu, je serai là, mais d'ici là, je me tourne vers le FN ou vers l'UMP car, pour l'instant ce sont, chacun à leur façon, les seuls à pouvoir faire avancer un peu les choses ''. Et qui de voter UMP, et qui d'adhérer au FN.

Cela est absurde et dangereux. D'abord parce que nous avons besoin de voix et d'adhésions pour survivre. C'est pour nous capital. Et puis, parce que tout ce qui renforce les partis de l'imposture que sont l'UMP et le FN ne fait que retarder le moment des bouleversements bénéfiques. Tout ce qui peut précipiter leur chute est donc positif pour notre pays. Et nous ne devons avoir aucun état d'âme à ce sujet. Plus vite le FN et l'UMP se déliteront, plus vite viendra le temps du renouveau.

Alors oui, notre mission pour aujourd'hui, pour les mois qui viennent, est donc de rassembler une avant-garde éclairée et déterminée qui comprenne que l'avenir est dans notre camp, que le seul engagement utile, le seul soutien qui peut demain provoquer un vrai changement, c'est l'engagement et le soutien au MNR ! En agissant ainsi, oui, nous constituerons une véritable élite. Car, je vous le dis, à une époque de médiocrité où seuls semblent prévaloir les sentiments d'intérêts les plus bas et les plus mesquins, nous montrons que les termes d'honneur et de fidélité ont un sens.

Alors que la période est sombre, qu'aucun avantage dans l'immédiat ne peut venir récompenser nos efforts, nous restons là, tenaces et fiers.

Et tous ensemble, nous exprimons cette volonté farouche de vie et de combat. Et malgré les épreuves, malgré les nuages lourds et sombres qui barrent toujours notre horizon, nous continuons. Car nous incarnons une flamme, un projet, une vision qui n'existeraient plus sans nous. Et nous avons dans le coeur cet espoir qui nous pousse, cet idéal qui nous anime, cette force qui nous dépasse.

On veut nous faire disparaître, on veut nous tuer. Et bien, je le dis haut et fort, je le dis en votre nom, au nom du MNR, nous ne nous coucherons pas, nous ne nous soumettrons pas. Nous n'abandonnerons pas. C'est pour nous une question d'honneur. Et il y va de l'avenir de notre peuple, de la France et de l'Europe.

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