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DISCOURS
Saintes (17) - 28/08/09 - Discours de Pierre FORESTIER
L'Enarchie et le dévoiement du mérite
Discours à la XIe université d'été du MNR

ou L'accaparement du pouvoir par l'ENA

Comment parler de l'ENARCHIE, en quelques minutes, dans le sens que l'on donne confusément à ce mot, comme étant l'appareil de la confiscation du pouvoir politique ?
Mission difficile tant il faut remonter dans le temps et tenter de comprendre l'enchaînement des faits, le comportement des hommes, celui des gouvernants et des élus, et aussi celui des gouvernés : de la classe moyenne et du peuple.

Traiter de l'énarchie et du dévoiement du mérite c'est aborder la question de la démocratie et de son dévoiement pernicieux, c'est l'obligation de réfléchir à la définition de ce mot de démocratie.
Il n'est guère de mots dans le langage politique dont la définition pratique soit l'objet de plus de significations. C'est une question d'une immense prégnance et celui qui l'énonce s'empresse de compléter le substantif par un adjectif qui en qualifie le sens.
Une notion tirée dans toutes les directions : ainsi la démocratie peut-elle être directe, représentative, parlementaire, libérale, autoritaire, socialiste, populaire, participative, délibérative, de proximité, interactive, et j'en oublie. Chacun cherche à la qualifier pour en tirer parti.
On peut dire simplement , qu'aujourd'hui, par des raisonnements spécieux et des subtilités de langage, le peuple se trouve dépouillé d'un véritable droit à l'expression politique, par des dispositifs aboutissant à la confiscation du suffrage universel. Un vaste débat qui ne sera pas abordé aujourd'hui mais qui par certains aspects est en prise directe avec l'accaparement du pouvoir par l'ENA. Cependant c'est le constat que tout honnête homme doit faire devant l'état de notre société et ce constat pose la question de la légitimité de nos gouvernants.

La légitimité

Quelques mots sur la légitimité, et je parle de la légitimité du pouvoir qu'on devrait qualifier de légitimité démocratique, c'est-à-dire ce qui est conforme à l'équité, à la justice, au droit naturel. Dans une démocratie représentative dans laquelle le suffrage universel désigne l'élu, le représentant est revêtu de la légitimité par son élection à condition que celle-ci ne soit pas faussée par des manoeuvres. Cette légitimité lui permet d'accéder au pouvoir ou de contrôler la politique du gouvernement, de participer à l'élaboration des lois et donc du budget.

Mais une autre légitimité est apparue, celle qui relève du mérite d'un certain nombre d'individus qui entrent en compétition au niveau d'écoles prestigieuses pour un nombre de places et de récompenses limité.
On peut croire que le travail acharné auquel se sont astreint ces compétiteurs pour réussir leur admission et qu'ils vont poursuivre, afin d'être bien classés pour leur sortie, reflète des qualités intellectuelles et morales particulièrement estimables. Que cette estime encourage la confiance et justifie les récompenses qui leur sont accordées quand on considère également la valeur de leur conduite et les difficultés surmontées. Mais la vertu est-elle au rendez-vous ? Faut-il penser que l'homme tend naturellement au bien et que sa force morale va s'appliquer pour qu'il oeuvre dans l'intérêt de la société ? Ou bien penser comme La Rochefoucauld '' QUE LA VERTU N'IRAIT PAS SI LOIN SI LA VANITE NE LUI TENAIT COMPAGNIE '' ?

Ainsi au sortir de la guerre, en 1945 et dans les années suivantes, les hauts fonctionnaires modernisateurs sont présentés comme les détenteurs d'un nouveau type de légitimité fondée sur l'efficacité et la compétence, tout comme sur leur dévouement proclamé au service du bien public.
En vérité, il existe une rivalité ou une opposition implicite avec le type de légitimité dérivé de l'élection.
En balayant les anciennes élites politiques, la déroute de la IIIème république, en 1940, a contribué à l'émergence d'une forme alternative de légitimité démocratique.
A la Libération la construction d'une bureaucratie impersonnelle et rationnelle est bien alors perçue comme une entreprise au service de l'intérêt général et la construction d'une bureaucratie moderne était la condition d'un approfondissement démocratique.
En France la figure de ces '' agents modernisateurs '' s'est greffée sur l'existence précédente de toute une série de grands corps d'Etat, notamment techniques (ingénieurs publics : mines, ponts, etc...) qui avaient depuis longtemps constitué une sorte d'incarnation technicienne de la souveraineté publique. Un schéma idyllique qui a contribué aux '' trente glorieuses ''.
Mais au détour des années 1980 les citoyens éduqués de nos cités développées ne reconnaissent plus le type de supériorité implicite qui légitimait auparavant la haute fonction publique. C'est Simon Nora qui écrit '' qu'une fonction publique hautaine et dominatrice est devenue positivement insupportable...Le pays, adulte, ne supporte plus qu'on lui explique, de haut, ce qu'il doit faire ou ne pas faire ''. Dans le même temps où l'on assistait à cette remise en cause de la haute fonction publique, on assistait à la pénétration du pouvoir politique par la fonction publique. Une Chambre des députés envahie par près de 50 % d'élus fonctionnaires ou apparentés, alors qu'ils ne représentent que 25 % des forces actives du pays !
Aujourd'hui la haute fonction publique, qui a perdu une partie de sa légitimité, a pénétré tous les grands corps de l'Etat et conquis le pouvoir politique. Parmi les 17 premiers ministres de la cinquième république - à deux exceptions près - 15 sont issus du secteur public, dont 13 ont appartenu à la haute fonction publique.

L'ENA

Il faudrait remonter le temps pour décrire les prémices de la création et de la mise en place d'une administration à même de structurer l'Etat. Ce n'est pas tout à fait notre propos et le temps nous est compté.
La guerre et la défaite de 1870 ont contribué à la mise en place d'une élite de la fonction publique, fille de la méritocratie républicaine. La catastrophe de 1940, l'occupation nazie ont laissé la France anéantie, ruinée et désorganisée avec :
  • Une classe politique dévalorisée dès avant la guerre, qui abandonne après la défaite de 1940 ses pouvoirs à Pétain, et se trouve à la Libération totalement disqualifiée.
  • Une administration dans laquelle un nombre important de fonctionnaires d'autorité avaient activement collaboré avec l'ennemi.
    Tout était à reconstruire. Le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) avait réfléchi à ces problèmes de reconstruction. La France moribonde devait trouver de nouvelles élites qui s'adosseraient aux hommes issus de la Résistance.
    C'est sur ces nouveaux cadres, en petit nombre, et sur ceux qui étaient restés fidèles à la République dans une haute administration épuisée, que le pouvoir de 1945 devait s'appuyer pour reconstruire l'Etat et faire vivre le pays.

    En 6 mois, d'avril à octobre 1945, au milieu des ruines et des restrictions sévères, par la volonté de quelques uns, dont Michel Debré, l'ENA est crée par voie d'ordonnance.
    Le consensus ne fut pas unanime et il y eut quelques réticences devant ce que certains redoutaient comme étant la mise en place d'une sorte de nouveau corps social privilégié exerçant une autorité administrative à partir de postes octroyés selon la hiérarchie du diplôme et des titres universitaires. Cependant, l'ensemble du pays réagit favorablement à une création portant en elle le rajeunissement du corps des hauts fonctionnaires dans une fidélité gestionnaire soutenant une vision politique.

    En 1946, avec Maurice Thorez, revenu d'Union Soviétique, le statut de la Fonction Publique était créé...Il y a plus d'un demi-siècle, dans l'enthousiasme de la Libération, les aînés de nos énarques actuels avaient été conditionnés et formés à une économie d'Etat en privilégiant ceux qui consentiraient à le servir exclusivement.

    Ainsi, à une élite de la naissance, de l'argent ou de la compétence sociale se substitue une élite nouvelle cumulant le triple prestige du savoir, de l'autorité et de l'action, qui puise l'essentiel de ses forces dans les classes moyennes rassérénées et se renouvelant au rythme de l'ascenseur social. La promesse d'une fonction publique dirigeante plus saine, plus démocratique, plus exemplaire, entraînait la jeunesse pour laquelle reconstruire l'Etat c'était aussi régénérer sa tête administrative.
    Les trente glorieuses furent les années d'or de la haute fonction publique. La France devait se relever, l'Etat devait être remis sur pied et la vocation de ces hauts fonctionnaires consistait à développer l'Etat, à le conforter dans ses attributions, à étendre son emprise et à le moderniser.
    L'ENA, à sa création en 1945, et pendant une grande partie des trente glorieuses, dans la continuité de la Libération, dans la poursuite de l'élan patriotique, était un ''état d'esprit''. Pour les plus prestigieux de ses élèves c'était d'abord l'intérêt du désintéressement républicain au service de la Nation.

    LE DEVOIEMENT DE L'ENARCHIE

    Aujourd'hui la fonction publique regroupe environ 6 millions de fonctionnaires répartis dans les trois grandes fonctions :
  • La fonction d'Etat
  • La fonction territoriale (régions, départements, communes)
  • La fonction hospitalière
    Cela représente 10 % de la population française.
    C'est presque le quart de la population française active.
    Et surtout c'est un électeur sur six!

    Cette grande masse anonyme dispose de puissants syndicats pour défendre les avantages acquis au détriment de l'ensemble de la population. Mais attention: il faut distinguer les fonctionnaires subalternes qui accomplissent encore, pour la plupart, consciencieusement le travail qui leur est confié, des hauts fonctionnaires des catégories supérieures. Cette haute fonction publique, où se retrouvent beaucoup d'anciens élèves de l'ENA, représente environ 15.000 hauts fonctionnaires. Parmi ces 15.000 postes occupés par ces privilégiés, 6.000 postes sont à la discrétion de l'Elysée.
    Mais la grande difficulté, pour s'y reconnaître, est de pénétrer les arcanes de ce monde politico-administratif, pour y découvrir les mystères et les secrets du fonctionnement des grands corps de l'Etat. Le principal obstacle réside dans le comportement de cette haute fonction publique qui fait tout ce qu'elle peut pour dissimuler une réalité que le peuple ne pourrait accepter.
    En effet le traitement de base de ces hauts fonctionnaires n'a plus qu'un lointain rapport avec le traitement réel complet que s'octroient ces privilégiés de l'Etat au travers d'une quantité de primes, d'indemnités, de compléments de salaire, de détaxations, d'avantages en nature et en espèces. Un ensemble d'une telle complexité qu'il est pratiquement impossible de s'y retrouver.
    Ces hauts fonctionnaires sont les nouveaux riches de notre société avec une garantie d'emploi assurée. Ils dérogent aux règles de leur statut et s'attribuent le luxe de plusieurs professions. L'exemple vient de haut : ''la moitié des membres de la Cour des Comptes sont introuvables et vaquent à des occupations plus intéressantes ou plus rémunératrices que le contrôle''.
    ''Il en est de même de nombreux membres du Conseil d'Etat''.

    Aujourd'hui les anciens élèves de l'ENA peuplent les cabinets ministériels. Ils ont constaté la faiblesse, l'insuffisance et la médiocrité d'une grande partie du personnel politique et son absence de conviction. Ils ont compris que des ministres éphémères ne pouvaient inscrire leur action dans la durée et que, seule, la haute fonction publique avait le pouvoir de développer des politiques perdurables. Ainsi, des ''conseillers'' et une haute fonction publique omniprésente ont pu porter des jugements de valeur sur un personnel politique trop souvent déconsidéré et inefficace, et, sinon prendre l'ascendant sur leur ministre, au moins en orienter les choix, les arbitrages, la politique. Un cabinet ministériel sans énarque est voué à la paralysie et à l'échec, car des relations d'entente, voire de copinage, s'instaurent entre les différents ministères, et les hauts fonctionnaires des cabinets ministériels participent aux réunions interministérielles. Ainsi, ces conseillers en arrivent à jouer un rôle de plus en plus politique.
    Les hommes des cabinets occupent des fonctions de direction, des postes de décision, voire de ministre ou même de premier ministre, sans détenir un mandat électoral national. D'autres s'engagent délibérément sur le terrain politique, et l'enseignement de l'ENA fait merveille, car les énarques ont reçu la formation nécessaire pour prendre la parole sur n'importe quel sujet en ayant l'air d'être des spécialistes des sujets qu'ils traitent...

    Constitués en force sociale autonome, les grands corps se sont rendus indispensables à l'Etat qui leur a accordé des privilèges pour les fidéliser. Des privilèges accompagnant un statut. Des postes non soumis à la concurrence et octroyés par l'Etat, et le plus souvent par le Président de la République.
    Ces privilèges de la nouvelle noblesse d'Etat sont pratiquement sans limite :
  • Sécurité totale de l'emploi.
  • Possibilité de détachement ou mise à disposition permettant d'aller et venir entre la haute administration et des entreprises privées aux emplois lucratifs.
  • Régime fiscal sur mesure.
  • Rente de situation.
  • Services sociaux particuliers.
  • Primes automatiques.
  • Retraite tout confort.
  • Chauffeur, voiture et logement de fonction.
  • Congés supplémentaires.
  • Promotion automatique à l'ancienneté.
  • Horaires de travail allégés.
  • Statuts protecteurs.
  • Prêts bonifiés.
  • Cumul des traitements...
    Et j'en oublie certainement!
    Aucun gouvernement au monde n'offre autant d'avantages à son élite technocratique installée à demeure dans les rouages de l'Etat.


    LES ABUS (quelques exemples)

    Mais cette dégradation du service public et l'abandon de l'autorité de l'Etat sur ses services sont dus à la carence du personnel politique, inefficace, sans compétence et laxiste.

    Dans un rapport de janvier 2000, la Cour de Comptes a procédé à une expertise des rémunérations du ministère des finances, et en particulier de la D.G.I. (Direction générale des Impôts).
    En ce qui concerne les indemnités versées au personnel, moins d'une sur cinq a été instituée ou autorisée par une loi ou un décret et même aucune en ce qui concerne la DGI dont toutes les primes - sauf celles des agents des hypothèques et du cadastre - sont illégales. Les primes attribuées sont énormes : elles dépassent en moyenne 30 % du traitement de base alors que la moyenne dans la fonction publique est deux fois plus faible.
    Et pire encore : des exemptions d'impôts concédées au personnel sans aucun fondement légal!
    N'est-il pas scandaleux de découvrir une administration qui pratique l'illégalité alors qu'elle se présente comme un parangon de vertu dès qu'il s'agit de poursuivre les entreprises ?

    Un autre exemple tiré du livre ''AUX FRAIS DE LA PRINCESSE - ENQUETE SUR LES PRIVILIGIES DE LA REPUBLIQUE'' (Yvan Stefanovitch). Il s'agit de ces très hauts fonctionnaires appelés TPG (trésoriers payeurs généraux). Un poste prestigieux où l'on peut être nommé par le Président de la République. Sur les cent-dix TPG, une quinzaine viennent de la Préfectorale et les autres des Finances, notamment de la Direction de la Comptabilité Publique : service chargé de faire rentrer les impôts dans les caisses de l'Etat. TPG : trois petites lettres magiques. La quasi totalité de ces hauts fonctionnaires adhèrent au syndicat F.O. de ce corps. Des salaires qui s'échelonnent de 12.000 à 18.000 Euros mensuels, avec logement de fonction, voiture avec chauffeur...Ces héritiers des ''Trésoriers-payeurs des généralités'' de l'Ancien Régime(circonscription financière dirigée par un ''général des finances'' ; au 17ème siècle : intendance) ont conservé le privilège de toucher un intéressement sur toutes les sommes qu'ils manipulent, et, à ce titre, l'Etat leur alloue des indemnités pour risques corporels (comme si Mandrin rôdait encore dans nos campagnes!). Ils perçoivent encore des indemnités de représentation de frais réels bénéficiant d'exonération fiscale. Le tout financé par les impôts des citoyens! Dans les faits un TPG n'occupe son poste, en moyenne, que pendant 18 mois avant de partir en retraite. Mais le salaire de cette sinécure dorée fait saliver bien des hauts fonctionnaires, car il donne un remarquable coup de pouce aux pensions de retraite des intéressés (moyenne de calcul : sur les 6 derniers mois, et pour le régime général sur une période de 25 ans - la moyenne n'est pas du tout la même).

    Un exemple récent : M. Luc Chatel, nouveau ministre de l'Education, et toujours porte-parole du gouvernement, a pris soin de se constituer un cabinet à la mesure de ses talents. La lecture du J.O. du 4 août permet de constater qu'il dispose de pas moins de vingt-cinq conseillers techniques, sans oublier une chargée de mission. Une petite troupe qui est supervisée par un directeur de cabinet, lui-même assisté d'un directeur adjoint. Sans doute pour ne vexer personne, son chef de cabinet a lui aussi droit à un adjoint. Comme quoi, il y a encore des créations d'emploi en France, du moins dans les cabinets ministériels! (cité par Le Canard Enchaîné, 12 août 2009)

    Il faut bien mettre un terme à ce dévoiement continuel du mérite poursuivi depuis trente ans par des gouvernements sans courage et qui aboutit à ce qu'une haute fonction politico-administrative pille la nation en utilisant les moyens de l'Etat. Le ''modèle français'' est à bout de souffle dans le domaine de la gestion de l'Etat et dans celui de la protection sociale. Dans notre beau pays de France, depuis trente ans, des gouvernements faibles et sans véritable conviction, et des hauts fonctionnaires - qui sont parfois les mêmes - mais toujours complices, se révèlent incapables de préparer l'avenir de la Nation. Leur irresponsabilité depuis trente ans le dispute à la lâcheté et l'archaïsme de la fonction publique, et à la démagogie d'élus dévalorisés!

    La mauvaise gouvernance de la France n'est ni de droite ni de gauche - encore que de ce côté-là le mal soit pire. Tous ont contribué depuis trente ans au naufrage du pays, par l'inconscience, la gabegie et la filouterie d'une classe politique sans vision d'avenir, uniquement préoccupée de facilité et de clientélisme, et par un Etat confisqué par une méritocratie plus soucieuse de la conquête des postes, des prébendes et des sinécures, et dont la perversité préfère l'esprit de corps au service de l'Etat pour le profit de la nation.

    REAGIR CONTRE LA CONFISCATION DU POUVOIR POLITIQUE PAR LA FONCTION PUBLIQUE

    Après un constat aussi affligeant, résultat d'une politique de démission, d'un comportement irresponsable et laxiste, d'une conduite des affaires publiques dominée par l'électoralisme et la tromperie, depuis des décennies, comment les Français écoeurés ne manifesteraient-ils pas vis-à-vis d'élites disqualifiées de l'indifférence, de l'hostilité, voire de l'aversion?

    ''La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir'' a écrit Paul Valéry. Il faut sans doute admettre que c'est bien là le seul objectif de ''l'élite''qui dirige l'Etat depuis des décennies.
    Aujourd'hui la France n'est plus dirigée par un gouvernement placé sous le contrôle des véritables représentants du peuple, ce qui est la règle de la démocratie. Aujourd'hui le gouvernement du pays est entre les mains de quelques milliers de très hauts fonctionnaires qui pillent l'Etat. On peut employer ce mot si l'on compare les privilèges exorbitants qu'ils se sont octroyés - souvent en toute illégalité - aux salaires et pensions dont peut bénéficier la majorité des Français.
    Il faut bien comprendre que cette ''élite'' politico-administrative de notre pays vit sur des privilèges beaucoup plus importants que ceux dont bénéficie l'armée des petits fonctionnaires, et cette même ''élite'' utilise cette immense masse de masse de manoeuvre, bien encadrée par les syndicats, pour conserver ses privilèges - au nom de la défense du service public! Ils ont la maîtrise des moyen de communication et ainsi la maîtrise de l'information, ce qui leur permet de mentir impunément ou de dissimuler une partie de l'information (un des meilleurs exemples est celui des statistiques du chômage). Ils justifient les prélèvements confiscatoires (dont ils s'exonèrent illégalement en tout ou partie) que supportent les Français par la nécessité d'une redistribution aux plus démunis, au nom de la justice sociale. Ils nous mentent car, en vérité, il n'y en a qu'une partie qui est distribuée dans un immense gâchis. Nous ne pouvons traiter ce sujet aujourd'hui...
    COMMENT PEUT-ON ADMETTRE QUE LES HAUTS FONCTIONNAIRES QUI DIRIGENT L'ETAT SOIENT EN MEME TEMPS LES ELUS QUI ETABLISSENT LES LOIS DONT ILS VONT BENEFICIER ? En vérité, le peuple français est victime d'une monstrueuse désinformation, avec des statistiques truquées et des chiffres maquillés. Des technocrates de Bercy qui traquent le contribuable, s'octroient des privilèges abominables pour leur retraite au détriment des citoyens. Ce système de gouvernement où les nouveaux riches, les hauts fonctionnaires, s'attribuent des privilèges exorbitants en s'accaparant les ressources de l'Etat, les ressources en provenance des impôts, s'appelle une OLIGARCHIE. Bernard Zimmern, énarque et polytechnicien, à qui j'emprunte ces lignes, écrit : ''Même s'ils sont habitués aux scandales à répétition, même s'ils commencent à soupçonner que ''l'exception française'' pourrait ne pas avoir toutes les vertus dont on la pare, les Français n'ont encore aucune idée de l'ampleur de l'arnaque dont ils sont victimes''.

    Il y a 220 ans, au mois d'août 1789, le peuple grondait après avoir rédigé ses cahiers de doléances. Les députés eux-mêmes prenaient peur devant une France en ébullition et saisie d'une fièvre dangereuse. Alors ils se réunissent et pour tenter de calmer l'opinion se proposent d'abolir les privilèges féodaux (avec quelques arrière-pensées...).Ils proposent dans cette fameuse nuit du 4 août 1789 :
  • L'égalité devant l'impôt
  • L'abolition de tous les droits ressortissant au régime féodal
  • La suppression des servitudes et corvées, des rentes foncières perpétuelles, des dîmes ecclésiastiques et autres droits féodaux.
    A 3h du matin, dans cette nuit historique, il ne reste plus rien à supprimer. Des siècles d'habitudes, de soumission, d'excès, d'égoïsmes, sont rangés dans l'histoire. Je rappelle que 22 jours plus tard, les 17 articles de la ''Déclaration des droits de l'homme et du citoyen''sont adoptés. Eh bien, aujourd'hui, l'aristocratie de l'ancien régime est remplacée par une noblesse d'Etat qui s'est emparé de l'Etat et en abuse, et dont l'arrogance n'a pas grand-chose à envier à celle de l'ancien régime! Xavier de Lesquen écrit : ''Le raisonnement est simple : le comportement des fonctionnaires est déterminé par la maximisation de leurs intérêts. Celui-ci ne se traduit pas par la recherche (exclusive) du profit comme les autres agents économiques, mais par la protection de leurs prérogatives et l'extension de leur pouvoir''.
    Une multitude de corporatismes ligote la fonction publique et paralyse ses activités et, phénomène relativement nouveau, on observe un syndicalisme qui luttait au 19ème siècle contre l'Etat et les bureaucrates et qui, aujourd'hui, se bat pour la sauvegarde de l'Etat...!

    Mais il est vain d'espérer qu'un pouvoir politique dominé et asservi par une fonction publique démesurée puisse avoir le courage de se dresser contre une Bastille aussi colossale. C'est au peuple qu'il appartient de démolir cette forteresse!

    Devant la catastrophe vers laquelle se dirige notre malheureux pays et l'inconsistance du personnel politique, il appartient à la société civile de réagir contre ce dévoiement de la méritocratie. En France le ''modèle français'' c'est celui d'avoir éliminé toute participation de la société civile à la gestion publique pour laisser les fonctionnaires régner en maîtres sur l'information et les décisions qui concernent l'intérêt général. Alors, je suis politiquement incorrect, mais - dans un pays qui a la religion de l'Etat et devant une population à laquelle on a inculqué que hors l'Etat il n'y a pas de salut - J'AFFIRME QUE NOUS DEVONS SOUTENIR QUE L'INTERET GENERAL DE LA NATION NE PEUT ETRE, NE DOIT PAS ETRE LE MONOPOLE DE L'ADMINISTRATION.

    C'est ce qui se passe dans d'autres pays. Il faut ouvrir la fonction publique aux personnes privées. La société civile doit faire l'effort de se donner les moyens d'être un partenaire et un interlocuteur accepté, voire recherché! Ce sont ces moyens qu'il faut construire en France, et cela est en cours. Le premier objectif que, pour échapper à l'emprise d'une ''méritocratie dévoyée'', la société civile doit s'assigner, c'est de pousser le Parlement à reconquérir le contrôle de l'administration .Il est le seul à en avoir l'autorité et c'est sa mission première!

    Cher amis, citoyennes, citoyens, pour reconquérir les droits légitimes du peuple de France contre les oligarques qui les ont confisqués, il faut convaincre le peuple que la haute fonction publique vit à ses dépens et que cette noblesse d'Etat doit être ramenée à la raison et remise à sa place, c'est-à-dire au service de l'Etat et de la Nation et non continuer à se servir de l'Etat pour exploiter la Nation.

    La France est un grand pays. Son passé est glorieux - même si des périodes de sa longue histoire sont douloureuses. Elle a su éclairer les nations. Mais aujourd'hui, par la très grande faute de dirigeants politiques et technocratiques, la France n'éblouit plus le monde, et ses ''élites'', accrochées à leur modèle français, paraissent bien pâles, sinon ridicules.

    Or, face à cette dérive entraînée par une méritocratie dévoyée, il faut encore affirmer que la France possède beaucoup d'atouts dans son jeu, beaucoup d'avantages qu'elle est capable de faire valoir si on la libère de l'oppression bureaucratique. Une main d'oeuvre super qualifiée ; dans le domaine des sciences une école de mathématiques parmi les premières du monde, pour ne citer que deux exemples. Malgré tout ce potentiel, la France va-t-elle sombrer dans l'horreur étatique par la faute d'une oligarchie que je qualifie de criminelle dans son comportement, car c'est l'avenir de la Nation qui est en jeu?

    C'est une tâche exaltante qui est devant nous, et vous aurez les moyens et informations indispensables pour convaincre le peuple qu'il faut se ressaisir pour connaître un avenir meilleur en envoyant siéger des parlementaires qui auront, eux, l'intérêt du désintéressement.

    Pour ceux qui souhaitent approfondir la question, il est précisé qu'il existe une bibliographie de plus de cinquante volumes à votre disposition.


    Pierre FORESTIER


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