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DISCOURS
Paris Moncassin - 31/03/07 - Discours de Bruno MEGRET
Pour que ça change
Discours de clôture au conseil national du 31 mars 2007

Nous voilà engagés dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle et la situation est pour le moins paradoxale. Car les choses bougent mais on pourrait croire dans le même temps que rien ne change. À première vue en effet le système politique est toujours là et bien là. Ses candidats dominent. Ils dominent dans les médias et dans les sondages. Ils dominent aussi le débat. Pour preuve, il n'y a pas de débat. Ou plutôt le débat est au raz des pâquerettes. On a l'impression d'assister, non pas à une élection présidentielle, mais à des élections cantonales. Au motif qu'il faut se rapprocher du peuple, les candidats se transforment en assistantes sociales. Il faut dire que les médias les poussent dans ce sens, puisqu'il n'y a plus d'interview de fonds ou de duels télévisés, les émissions vedettes sont celles où les candidats sont confrontés aux Français, ou à un panel de Français choisis par les sondeurs.

Et là bien sûr tout y passe. '' Monsieur le candidat, je suis au chômage, ma belle-mère est handicapée, mon neveu va redoubler et la machine à laver est en panne, que vous pouvez-vous faire pour moi ?'' Et le malheureux candidat se trouve pris au piège. S'il répond en parlant de sa politique de lutte contre le chômage, on lui répond '' Mais ça ce sont des généralités, en quoi ça règle mon problème ? '' S'il veut donner suite aux attentes de son interlocuteur il se montre alors impuissant car évidemment il ne peut pas trouver un emploi à Monsieur Dupont, supprimer le handicap de Mme Durand ni changer les notes du jeune Dugland.

Il en résulte généralement des réponses alambiquées où se mélangent des propos généraux et des mesures concrètes souvent démagogiques, le tout assaisonné de grandes déclarations compassionnelles ou l'émotion, les bons sentiments, les truismes humanitaires l'emportent sur la raison. Il s'agit de montrer à son interlocuteur qu'on est sensible à ses problèmes, qu'on l'a compris, qu'on est désireux de lui venir en aide.

Chers amis, qu'on est loin de la politique, la vraie ! Celle qui s'appuie sur une analyse lucide de la réalité, celle qui porte une vision, des principes, des valeurs, un projet. Car faut-il le dire avec brutalité : les politiques ne sont pas là pour résoudre les problèmes des gens, ils sont là pour créer les conditions qui leur permettent de résoudre eux-mêmes leurs problèmes. Cette nouvelle technique médiatique tire donc les candidats vers le bas et constitue une dégénérescence supplémentaire du débat public.

À observer certaines émissions on a le sentiment que les candidats ne sont plus des hommes d'actions, des hommes de pouvoir mais des psychanalystes, des infirmières, des animateurs sociaux. Vous avez sans doute vu cette grande émission télévisée au cours de laquelle Mme Royal, dégoulinante de compassion, la larme à l'oeil, vient, avec une affection ostentatoire, toucher le bras d'un invalide en fauteuil roulant. Moi, à ce moment là, je me suis demandé si ce qui est maintenant exigé des candidats ce n'est pas un talent d'acteur pour jouer des rôles convenus qui sont d'ailleurs souvent aux antipodes de leur propre personnalité. Car lorsque Mme Royal s'indigne que le paralytique qui s'adressait à elle n'ait pas été, en raison de son fauteuil roulant, placé au même rang que les autres, et ensuite lorsqu'elle réclame des quotas pour les handicapés en tous lieux et en toutes circonstances alors qu'elle n'en a évidemment pas dans son équipe et qu'elle est connue pour sa dureté dans ses relations personnelles, je me demande si toutes ces simagrées censées rendre les hommes politiques plus humains et plus proches, ne contribuent pas finalement à les rendre encore plus hypocrites et plus cyniques. En tout cas, elle ne les rend pas plus crédibles. Car le résultat c'est qu'il n'y a pas d'affrontements entre de véritables projets.

Pour autant la campagne n'est pas dépourvue de sens et de messages. Et il en est deux qui me paraissent particulièrement intéressants pour nous et pour notre pays. D'abord c'est clair, il y a une évolution très nette de la scène politique française vers la droite. On le voit à travers les scores réalisés dans les sondages par les différentes familles politiques : l'extrême gauche ne fait plus autant recette que par le passé, le parti communiste est ramené en dessous de 2 % et joue maintenant son existence. Le parti socialiste se bat pour ne pas être écarté du second tour une deuxième fois. Le centre progresse, l'UMP se droitise et par conséquent la droite nationale doit se conforter. Le vent souffle à droite et ce constat est encore plus flagrant s'agissant des idées.

Ce qui dynamise en effet la campagne de Sarkozy ce sont les paroles qu'il lance en direction de notre électorat. L'idée d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale en est un bon exemple. Chacun sait bien sûr qu'il ne s'agit que d'un gadget. Car créer un ministère consacré à l'immigration n'est rien en soi. Tout dépend de la politique qu'il mènera. S'il intensifie les phénomènes migratoires, s'il régularise les clandestins, s'il renonce à assimiler les immigrés devenus Français c'est même totalement négatif.

De même parler d'identité nationale ce n'est que du verbiage si ce n'est pas suivi d'actes politiques concrets. Pour crédibiliser ce genre de propos, il faudrait par exemple annoncer qu'une fois élu, le nouveau président mettrait un terme aux négociations avec la Turquie. Car notre identité qui est quotidiennement menacée par l'immigration et l'islamisation serait dramatiquement compromise par une Europe qui deviendrait à la fois asiatique, moyen-Orientale et islamique. Or les négociations reprennent à Bruxelles. Il suffirait pourtant qu'un seul pays s'oppose à la poursuite de ces négociations pour que tout s'arrête. Si donc M. Sarkozy qui est soi-disant contre l'entrée de la Turquie dans l'Union, annonçait solennellement, qu'une fois élu, il interromprait les négociations, ce serait un geste clair. Et au demeurant d'ailleurs un geste de loyauté à l'égard des Turcs. Car pourquoi leur imposer dix ans de négociations pour leur dire non à l'issue de ce processus, au moment de ratifier le traité ?

Mais bien sûr, on n'entend rien de tel. Car pour les candidats du système, parler d'identité nationale ne veut rien dire en soi. Et pour cause : tout dépend de la définition que l'on donne de notre identité. Si celle-ci se réduit aux principes républicains et aux droits de l'homme, cela ne nous change guère de la situation actuelle. J'ai même vu Royal choisir le camp des Milles, lieu de déportation près de Marseille, pour évoquer la question et indiquer que l'identité nationale c'est la conscience de notre Histoire à commencer par ses heures sombres. Pour elle identité égale repentance. On n'en sort pas.

Mais en l'occurrence peu importe car le mot même d'identité, ne l'oubliez pas est un mot qui nous appartient. Un mot que nous avions forgé et lancé dans les années 90. Le quotidien libération l'a même rappelé très explicitement en m'en attribuant la paternité. Et si les réactions ont été violentes contre cette initiative verbale de Sarkozy, c'est que chacun a bien compris que le débat se transportait ainsi sur notre terrain et que nos idées s'imposaient. Et le processus est d'une grande puissance car Mme Royal et avec elle toute la gauche a eu beau s'indigner, la force de l'opinion l'a emporté et la même Royal quelque jour plus tard s'est crue obligée de lancer le débat sur le drapeau tricolore et de proposer que chaque Français possède un drapeau et pavoise sa maison le jour des fêtes nationales. Et dans le même registre, les principaux candidats se sentent maintenant obligés d'entonner la Marseillaise à la fin de leur meeting. Décidément nos idées ont le vent en poupe.

Il est vrai que M. Bayrou, lui, ne mange pas de ce pain là. Il s'est indigné que l'on parle de la nation et de ses symboles dans la campagne. Il a même dénoncé Sarkozy et Royal qui seraient pris selon lui d'une psychose obsessionnelle à propos de l'identité nationale. Je croyais que M. Bayrou était un homme pondéré mais pour dire qu'il y a une obsession de la nation à l'UMP et au PS, il faut vraiment être un peu barjo. Je crois qu'en l'occurrence le malade c'est lui.

En réalité nos adversaires paniquent et ne savent plus où donner de la tête car ils reculent. Et là je ne parle pas du résultat des urnes, je parle du système qui est maintenant totalement rejeté par les Français. D'ailleurs, c'est passé finalement un peu inaperçu, mais le système a déjà subi une terrible défaite. Car je vous le rappelle, nous avons vécu, il y a quelques semaines, un événement majeur qui constitue en lui-même une chance extraordinaire pour notre pays. On n'a pas donné à cette affaire sa réelle dimension, mais c'est, pour la France, un atout formidable qui vient de se concrétiser : Chirac se retire de la vie politique. L'homme qui ne parlait que le politiquement correcte le plus pur, celui qui n'avait pas d'autres pensées que la pensée unique la plus conforme, celui qui personnifie le système, n'a pu se représenter, non pas parce qu'il voulait se retirer, mais parce que les Français ne voulaient plus de lui. Et ils n'en voulaient plus, comme ils ne veulent plus du système. Un rejet qui est tel qu'aucun des candidats qui en est issu n'ose plus s'en réclamer.

M. Sarkozy par exemple est parait-il le candidat de la rupture et il n'assume par l'héritage de Chirac. Bien qu'il ait été ministre depuis des années, bien qu'il soit le candidat du parti qui s'est partagé avec le PS le gouvernement de la France pendant des décennies, il se présente comme un homme neuf et prétend incarner une politique nouvelle en rupture avec les errements passés.

Il en va de même pour Ségolène Royal. Elle a beau être la candidate du PS qui a dominé la France depuis 1968, elle veut incarner la nouveauté et cherche à apparaître comme indépendante du Parti Socialiste.

Quant à François Bayrou, il a même fait de son positionnement anti système un axe de sa stratégie électorale. Lui aussi a pourtant été maintes fois ministre. Lui et ses amis de l'UDF ont toujours été élus grâce aux voix de l'UMP. Peu importe Bayrou est contre le système.

Ils sont tous contre le système. Dans cette élection il n'y a officiellement aucun candidat du système. C'est dire si la classe politique est aujourd'hui affaiblie, si son image est mauvaise, c'est dire si le courant populaire qui le rejette est fort.

Pour autant bien sûr, même si les Français rejettent de plus en plus le système, même s'ils adhèrent de plus en plus à nos idées, ne nous laissons pas leurrer, les candidats officiels qui font semblant de les entendre, n'ont pas l'intention de les suivre. Ils veulent simplement les tromper.

Sarkozy d'abord ! Oh, c'est clair, Sarkozy veut ratisser large, il veut piétiner les plates-bandes de la droite nationale. Et il n'a pas les pudeurs d'un Chirac, il y va carrément. Quand on l'entend à certains de ses meetings on ne peut qu'approuver. Beaucoup de ses discours, je pourrais les reprendre à mon compte, mots pour mots. Mais qu'en est-il dans la réalité ?

Le problème de Sarkozy c'est que précisément il ne veut pas rompre avec le système, il veut rester bien vu de lui. Et donc il dit aussi ce qu'il faut pour satisfaire le politiquement correct. Résultat : il dit tout et le contraire de tout. Il est contre l'immigration subie mais il régularise les clandestins. Il est pour la sécurité mais il a supprimé la double peine et maintient sur notre sol les criminels étrangers. Il est pour la laïcité, mais il propose le financement public des mosquées. Il est pour l'identité nationale, mais il veut instaurer la discrimination positive, c'est-à-dire la priorité aux Français de couleurs, aux Français musulmans et aux étrangers.

Et pour ce qui est de ses actes c'est tout aussi ambigu. Son bilan au ministère de l'Intérieur, même s'il n'est pas entièrement négatif n'a rien ne franchement positif. Le nombre des agressions physiques sur les personnes a doublé dans les cinq dernières années. Et maintenant ce ne sont plus seulement les vieilles dames ou les collégiens qui se font attaquer et racketter, ce ne sont plus seulement les citoyens ordinaires qui se font agresser, ce sont carrément les policiers et tout ceux qui détiennent une parcelle d'autorité. Maintenant, on ne peut plus interpeller un clandestin sans que les policiers soient pris à parti. On ne peut plus contrôler un usager des transports qui resquille sans provoquer une émeute. On l'a vu à la gare du Nord tout récemment. Les voyous attaquent les forces de l'ordre, ce qui constitue objectivement une situation dramatique. Car jusqu'à présent on n'avait jamais vu cela dans notre pays sauf en période insurrectionnelle. C'est dire si la situation, loin de s'améliorer, c'est en réalité dégradée. Et la conclusion de tout cela, c'est que Sarkozy c'est un leurre.

Je dis Sarkozy attention danger. D'autant qu'il est change tout le temps. Rappelez-vous, lors de son investiture comme candidat, il nous a fait tout un numéro pour nous expliquer qu'il n'était plus le même. Mais, c'est très grave. Un homme politique, qui, à 55 ans, vous explique qu'il a changé, ça n'est pas rassurant du tout. Parce que ça veut dire que, s'il est élu, à 57 ans, 2 ans plus tard, il pourra nous refaire le coup et nous dire : '' j'ai changé, le pouvoir m'a transformé, tout ce que j'ai dit avant l'élection, c'est fini, maintenant c'est autre chose. '' Et entre nous ce n'est pas impossible de la part d'un homme aussi agité, aussi vibrillonnant, aussi instable. Donc je dis attention : Sarkozy c'est du sable mouvant.

Royal ça n'est pas mieux ! C'est même pire. Car Royal s'était présentée avec l'image de la nouveauté. Et sa fraîcheur, sa féminité, son sourire, son élégance devait nous faire oublier le PS et ses épouvantails. Las, sous les habits du petit chaperon rouge, il y a le grand méchant loup. Le grand méchant loup socialiste. On l'a vu, Ségolène Royal ne peut pas se libérer du PS et de ses éléphants. Et surtout son programme, c'est le catalogue éculé des recettes socialistes les plus archaïques et les plus obsolètes : toujours plus de prestations d'assistance gratuites et toujours moins de création de richesses pour les financer. Donc c'est clair malgré ses gaffes et ses bourdes, Ségolène est bien la candidate du parti socialiste le plus ringard et le plus dangereux. D'ailleurs c'est simple. Le PS nous a mené dans une impasse, Royal veut aller plus loin dans cette voie. Elle nous mènerait droit dans le mur.

Et le pire, c'est que ça serait encore plus grave que ça. Car Ségolène royal cumule l'incompétence et l'arrogance. Si bien que ses bourdes qui se succèdent, elle ne veut pas les reconnaître et elle les érige en dogme. Lorsqu'elle s'oppose au nucléaire civil pour l'Iran, c'est parce qu'elle ne connaît pas la nature du traité de non-prolifération qui autorise pourtant les États à construire des centrales nucléaires pour produire de l'électricité. Eh bien tant pis elle l'a dit, c'est trop tard, elle sera contre le nucléaire civil en Iran ! Récemment on l'interroge sur le sort des clandestins ayant des enfants à l'école. Elle répond qu'il faut régulariser les parents d'enfants scolarisés. Le journaliste lui fait alors remarquer qu'il suffira dans ces conditions de venir illégalement en France et d'y faire inscrire ses enfants dans une école ce qu'on ne peut pas refuser pour être automatiquement régularisé. Elle se rend compte qu'elle a encore fait une gaffe mais c'est trop tard, c'est dit et elle le maintient. C'est dramatique. Si elle avait été présidente lorsqu'elle s'est trompée sur le nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins - euh un alors que c'était quatre - elle aurait été capable de donner l'ordre d'en mettre trois à la casse pour avoir raison.
Ségolène c'est la catastrophe incarnée.

Alors il y a Bayrou ! Bayrou, le nouveau venu, celui qui a agité les médias pendant des semaines, celui qui pourrait provoquer la surprise. Bayrou, le nouveau candidat anti système, celui évidemment que le système préfère à Le Pen. Mais qu'a-t-il de si anti système ? Certes, il n'est pas de l'UMP ni du PS. Il est soi-disant contre les uns et contre les autres. Mais ça n'est pas vrai. En réalité il veut faire travailler les uns avec les autres. Bayrou, ça n'est pas une alternative à l'UMP ou au PS ce serait plutôt les deux à la fois. Ce n'est donc pas la rupture avec le système, c'est un concentré du système et d'ailleurs quand on l'écoute, ce qu'il dit c'est du politiquement correct à l'état pur.

Encore faut-il qu'il dise quelque chose, car souvent il parle, il s'écoute, il est content de lui, mais il ne dit rien. D'ailleurs, si vous l'écoutez attentivement, ses propos sont toujours bâtis sur le même schéma : '' Que ce soit avec les uns ou avec les autres ça ne peut plus durer, dit-il aux Français, il faut que sa change. '' '' J'ai beaucoup réfléchi et ma conviction - j'en prends l'engagement -, poursuit-il du ton pénétré d'un homme à la pensée profonde, ma conviction est qu'il faut maintenant prendre toutes les mesures appropriées pour résoudre le problème. ''

Sur l'Europe par exemple, il est pour une nouvelle constitution et un nouveau référendum. Mais qu'y aurait-il dans cette constitution ? '' Il faut un texte court, compréhensible par tous les Français " nous dit-il. Fort bien ! Court, c'est mieux que long. Compréhensible, c'est mieux qu'incompréhensible ! Il aurait pu ajouter qu'il fallait un texte attrayant, correctement rédigé, sans faute d'orthographe. Il aurait pu aussi demander qu'il soit présenté de façon agréable avec des images. Mais ceci étant, il ne donne aucune précision sur ce qu'il devrait y avoir dans ce texte. Et pour cause, ce serait la même chose que dans le précédent. Sur tous les sujets Bayrou cherche à se distinguer des candidats officiels mais comme les candidats en question veulent faire croire qu'ils vont tout changer, Bayrou nous explique souvent qu'il ne faut toucher à rien.

Sur la question de l'Éducation nationale c'est caricatural. Lui qui a été bloqué par les syndicats quand il était ministre et qui n'a donc absolument rien fait, nous vante aujourd'hui les mérites des syndicats. Il nous explique qu'ils constituent une chance pour ce ministère et qu'il faut s'appuyer sur eux pour réformer l'école. Quand on sait qu'il n'y a pas de force plus conservatrice que les syndicats de l'Éducation nationale et pas de représentant moins militants de la pensée unique, on mesure la marge de manoeuvre dont disposerait M. Bayrou pour changer quelque chose dans le monde de l'éducation. En réalité Bayrou me paraît aussi audacieux que Chirac. Sans doute est-il d'ailleurs le véritable héritier de Chirac. Chirac s'en va Bayrou arrive. Bayrou c'est le fils de Chirac. Bayrou c'est du vide.

C'est pourquoi nous avons fait le bon choix. Le seul candidat qui incarne un véritable changement, le seul candidat qui exprime le rejet du système et porte le renouveau de notre pays, c'est Jean-Marie Le Pen. Et ne nous laissons pas intoxiquer par les sondages : Tout est encore possible car la réalité c'est qu'aujourd'hui les quatre principaux candidats sont dans un mouchoir de poche. Tous les quatre sont susceptibles d'être présents au deuxième tour. Et nous devons tout faire pour que notre candidat soit qualifié pour le 6 mai prochain.

Pour y parvenir, on peut regretter, je ne vous le cache pas, que l'Union patriotique n'ait pas été utilisée pour créer une dynamique électorale de grande ampleur. Car tel aurait pu être le cas. Si l'union avait été acceptée sans réserve, si elle avait été concrétisée, mise en scène, à tous les niveaux, j'en suis convaincu c'est une vraie dynamique qui se serait développée et un grand espoir qui serait né chez les militants et chez les sympathisants d'abord et au-delà dans l'électorat tout entier. Ceux qui partagent nos idées mais qui doutent auraient pu se mobiliser, nous aurions pu constituer un pôle d'attraction pour d'autres partis et d'autres organisations. Gageons que bien avant le vote, beaucoup de membres du MPF par exemple auraient rejoint l'union.

Jean-Marie Le Pen à l'évidence n'a pas pu lancer cette dynamique comme il en avait l'intention à cause de sa fille et du petit groupe qui l'entoure. Préférant défendre ses intérêts personnels dans une démarche de fermeture qui va contre les intérêts électoraux de son père, elle a pris le risque de gâcher un atout majeur. Elle qui est directrice stratégique de la campagne de son père aurait du savoir que dans une campagne, la première des stratégies est de rassembler au plus large. Or, en réservant aux membres de l'Union patriotique le plus mauvais accueil qui soit, elle a au contraire lancé un message négatif comme quoi les nouveaux venus ne sont pas les bienvenus autour de son papa. Ce qui est négatif sur le plan électoral.

Heureusement il y a les prestations médiatisées de Jean-Marie Le Pen. Heureusement il y a la force du message politique que porte Jean-Marie Le Pen. Et puis il y a aussi la vigueur des aspirations des Français. Et de ce point de vue je pense que l'on peut être optimiste car les événements viennent à notre rencontre. Les incidents dramatiques de la gare du Nord sont ainsi venus rappeler dans la campagne que les problèmes de la sécurité et de l'immigration n'étaient nullement résolus. Ils ont même montré que sur ce terrain, la situation se dégrade dangereusement. Et nos compatriotes, qui sont confrontés quotidiennement à la réalité de la vie, savent ce que je veux dire. Ils savent que la loi recule, que les honnêtes citoyens sont de moins en moins protégés et qu'en revanche le désordre progresse et que les voyous imposent de plus en plus leur loi.

L'affaire de la gare du Nord permet de le mesurer. L'individu qui resquille, qui se bat contre les contrôleurs de la SNCF et qui est à l'origine des émeutes est à cet égard emblématique de la situation. Le dénommé Angelo, comme l'appelle la presse et qui n'est pas italien mais congolais, était en effet un clandestin délinquant multirécidiviste. Clandestin depuis des années puisqu'il serait entré en France à l'âge de 10 ans et qu'il en a aujourd'hui 33. Or il a déjà fait l'objet de deux interdictions de séjour en 1993 puis d'un refus de séjour assorti d'une invitation à quitter le territoire en 2004. Et frappé d'un arrêté de reconduite à la frontière en 2006, il a bénéficié en septembre d'une décision du tribunal administratif annulant cet arrêté. Voilà donc un clandestin délinquant qui reste en France avec le soutien de la justice.

Car en matière de délinquance son dossier est chargé : 22 condamnations d'après le ministre de l'Intérieur ! Non 7 d'après l'avocat de l'intéressé ! Sept condamnations seulement nous dis-t-on comme si sept ça changeait tout ! Comme si sept ça n'était rien !

On voit à l'occasion de cette affaire combien rien n'est réglé ni en matière d'immigration ni dans le domaine de la sécurité. Les clandestins se maintiennent en France au vu au et au sus de tout le monde en bafouant la loi, la police, la justice et l'ensemble des autorités sans jamais être expulsés. '' On ne peut pas aller chercher les gens chez eux pour les expulser de force '' aurait-on expliqué à cette occasion place Beauvau, le ministère de M. Sarkozy ! Et pendant ce temps-là, les Français, qui eux sont sévèrement réprimés à la moindre incartade, pendant ce temps là les Français se font agresser, racketter, insulter sans que cela n'émeuve personne.

Aussi je le dis à nos compatriotes : il est temps de réagir. Ça ne peut plus durer. Et si vous voulez que ça change, il n'y a que Le Pen.

C'est pourquoi nous, au MNR, nous n'avons pas d'états d'âmes. Quel que soient ceux de Marine Le Pen, nous ne nous laissons pas dérouter de la voie que nous avons choisie. Nous avons pris un engagement et nous le tenons sans états d'âme. Nous faisons la campagne de Jean-Marie Le Pen et nous allons l'intensifier dans les trois semaines qui viennent. Nous jouons le jeu de l'Union patriotique et nous entendons, quelque soient les obstacles, qu'elle se développe et se consolide dans l'avenir.

Pour les législatives nous sommes prêts pour des candidatures uniques avec le FN. Nous avons aujourd'hui investi des candidats dans la plupart des circonscriptions de France, mais nous proposons au Front national, conformément à la logique de l'Union, un partage des circonscriptions dans un rapport correspondant au poids électoral de chaque mouvement. Nous proposons donc un accord électoral prévoyant 60 candidats pour le MNR et donc 517 candidats pour le FN. Cette répartition est juste et loyale, elle ne lèse aucun des deux partis et elle créerait pour les législatives une dynamique qui peine à s'exprimer à la présidentielle.

Elle montre en tout cas que notre démarche est sans ambiguïté. Nous avons fait le choix de l'Union et ce choix nous le suivons jusqu'au bout. Car au-delà des législatives viendront les municipales et les cantonale, l'Union devra alors s'épanouir.

Car chers amis, même si nous pouvons être déçus de la manière dont l'Union patriotique a pris corps, cette union est indispensable pour l'avenir de notre combat et de notre pays. Non pas bien sûr dans son inconsistance actuelle, non pas dans la configuration étroite qui est la sienne aujourd'hui. Mais sous une forme rénovée, ambitieuse et moderne. Car quelques soient les difficultés, l'avenir est à un vaste regroupement à droite. À une époque où le vent souffle dans notre sens, au moment où les Français aspirent aux idées qui sont les nôtres, il faudra dans un avenir proche réaliser un '' Epinay '' de la droite de conviction pour rassembler tous ceux qui à un titre ou à un autre participent à ce vaste courant qui est le nôtre. Il faudra rénover notre famille politique, la refondée et lui donner l'envergure qui est nécessaire pour en faire une force crédible de gouvernement.

Avec cette élection présidentielle on pourrait bien voir s'amorcer un bouleversement politique. Si Bayrou était élu se serait même un remodelage d'envergure. Pensez donc, le Parti socialiste écarté du deuxième tour pour la seconde fois serait en pleine crise. Sarkozy, le gagneur se trouvant vaincu, l'UMP serait en pleine déroute. Avec de surcroît des ralliements des deux côtés vers le nouvel élu et un UMP comme d'ailleurs un PS cassé en deux.

Certes, cette situation n'est pas la plus probable, mais, quelque soit le résultat, de nouveaux équilibres seront trouvés. Et nous devons prendre notre part à cette recomposition en réalisant dans notre camp ce grand travail de renouveau. Et j'en suis convaincu, le MNR peut-être l'élément moteur de ce vaste chantier. Nous avons en effet pour nous de ne pas être divisés, de porter une vision novatrice et ambitieuse et d'être en situation de travailler avec tout le monde que ce soit le FN mais aussi par exemple le MPF, voire Dupont Aignan et son groupe.

Chers amis, pour accomplir cette mission, pour être le catalyseur de ce renouveau, nous devons simplement continuer à jouer notre rôle. Et c'est pourquoi nous serons présents massivement aux législatives. C'est pourquoi aussi, dans les trois semaines qui viennent, nous devons nous mobiliser dans la bataille présidentielle pour faire gagner nos idées. Il y va de l'avenir de la France.

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