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DISCOURS
Terride - 27/08/06 - Discours de Bruno MEGRET
L'autre scénario pour 2007
Discours de clôture de l'université d'été de 2006

Nous voici maintenant à quelques mois d'échéances décisives. Et déjà certains médias nous annoncent comment cela va se passer. À droite ce sera Nicolas Sarkozy, à gauche ce sera Ségolène Royal, à l'extrême gauche les candidatures vont se multiplier, à l'extrême droite, comme ils disent, Villiers va neutraliser Le Pen et ce n'est pas Bayrou qui va changer la donne.

Donc, l'affaire est entendue. Certes, on nous laisse dans l'incertitude quant à savoir si l'heureux élu sera Ségolène ou Sarko. Il faut bien ménager le suspense pour vendre du papier et soutenir l'Audimat. Mais, pour le système, il n'y a pas d'incertitude : que ce soit le candidat socialiste ou le candidat UMP, peu importe ! Ce sont pour lui deux produits tout aussi valables, chacun dans son registre, Sarkozy pour requinquer l'UMP et Royal pour redorer le PS. Dans les deux cas on ne remet rien en cause. Le système en place pourra perdurer. D'autant que Sarkozy fait des appels du pied à la gauche et que Royal lance des oeillades à la droite.

Quel qu'en soit le dénouement, le scénario est donc déjà écrit. Les maîtres du politiquement correct peuvent dormir tranquille : rien ne changera !

Est-ce bien sûr ? Moi, en tout cas, je suis convaincu du contraire. Je suis convaincu que la situation n'a jamais été aussi instable. Je crois que les assises du système sont ébranlées. Je suis certain que les Français aspirent à un profond changement. Alors bien sûr, je ne dis pas que ce grand chargement est une certitude. Je dis simplement qu'il existe un autre scénario pour 2007. Un scénario qui permettrait un vrai changement politique et qui offrirait à la France l'opportunité d'un redressement spectaculaire. Un autre scénario qui permettrait de réagir enfin et de faire face aux graves menaces qui obscurcissent notre avenir.

Et ce scénario n'est pas un rêve ni une utopie, il est de l'ordre du possible. Comment d'ailleurs ne pas le voir en perspective quand on observe la classe politique à l'oeuvre ? Jamais en effet celle-ci n'a été aussi impuissante, aussi fragile et aussi discréditée. Et comment en serait-il autrement ? Cette classe politico-médiatique n'ose plus se préoccuper des questions majeures, elle ne s'intéresse qu'à des sujets secondaires, elle n'agit que dans le superficiel, l'anecdotique, l'éphémère. D'ailleurs, tous les événements qui ont ponctué la vie politique au cours de ces derniers mois se caractérisent par leur insignifiance, leur côté dérisoire.

N'est-ce pas le cas de l'affaire du CPE ? Une réforme pour laquelle M. Galouzeau de Villepin s'est engagé sabre au clair dans une charge héroïque, prêt à vaincre ou à mourir, selon une posture digne de la geste napoléonienne. Une réforme contre laquelle la gauche a mobilisé toutes ses forces en un sursaut populaire quasi révolutionnaire, digne des plus grandes épopées prolétariennes. Or, cet affrontement titanesque qui a duré plusieurs semaines portait sur une mesurette inoffensive et a finalement débouché sur rien, c'est-à-dire sur le statu quo : la durée de la période d'essai du contrat d'embauche de certains salariés ne sera finalement pas allongée.

Et que dire de l'affaire Clearstream qui a agité les médias et le microcosme pendant des semaines ? Une pitoyable embrouille de bras cassés ! En tout cas, une affaire qui n'a rien de clair comme son nom de l'indique pas. À première vue, il s'agirait d'une opération montée de toutes pièces pour compromettre un personnage de premier plan. Mais on peut aussi se demander si l'affaire n'a pas été mal montée pour permettre au personnage soi-disant visé de jouer les victimes et d'accuser l'autre d'être le manipulateur. À moins que tout cela n'ait été manigancé pour permettre au premier d'accuser le second d'être l'auteur d'une opération au troisième degré. Je ne sais pas si vous me suivez ? On met au jour une fausse corruption pour accuser l'un d'avoir accusé à tort le premier d'avoir accusé à tort le second d'avoir manipulé les faits. On s'y perd et peu importe car cette affaire tordue a dans tous les cas ceci de particulier, c'est que pour une fois il n'y a pas de corruption. Aujourd'hui, la classe politique est tellement déboussolée qu'elle sécrète des affaires avec rien.

Certes, tout n'est pas secondaire et mineur dans ses préoccupations. Il y a en effet des questions majeures pour lesquelles elle sonne l'armistice, à propos desquelles elle organise le consensus et provoque la mobilisation nationale. Je veux parler de la coupe du monde de football. Là, on ne plaisante plus. La question est déclarée d'intérêt national. Le sort du pays est en jeu. La victoire est indispensable. Pensez donc, il y va de l'intégration des immigrés et de la relance de l'économie ! Pour obtenir la coupe rien n'a donc été laissé au hasard. L'équipe a été soigneusement sélectionnée, à la fois d'ailleurs pour représenter la France telle qu'on la voit ou telle qu'on la souhaite, mais aussi pour assurer sa victoire. Et on a donc délibérément choisi les joueurs en conséquence.

Avec de tels atouts, cela devait donc marcher. On y a cru et déjà on s'apprêtait à chanter la France black blanc beur, celle qui gagne. Hélas, au dernier moment, cela a tourné à des échanges d'insultes et au coup de boule comme dans la cour d'une cité. Devant près d'un milliard de téléspectateurs, l'idole de la classe politico-médiatique, l'archétype de l'immigré intégré qui réussit, s'est comporté comme un vulgaire jeune des banlieues et a fait perdre le match. La statue du héros a dégringolé à grand fracas de son piédestal et la France a été battue.

Les politiques ont été réduits à un silence piteux et il a fallu que la plupart des médias fassent preuve de leur sens habituel des responsabilités pour défendre l'intéressé, minimiser l'affaire, ignorer sa portée symbolique et éviter que tout ceci ne tourne à la déroute pure et simple du système. Pourtant, à l'étranger on ne s'y est pas trompé. J'étais cet été en Croatie. Au fin fond du pays, un commerçant, réalisant que je suis français, m'interpelle et me lance avec un grand sourire : '' french, Zidane, boum ''. Tout est dit !

Et, malgré cela, la classe politique continue de privilégier l'accessoire et l'insignifiant. On sait maintenant quelle sera la question clef de la prochaine présidentielle. Vous savez, la question à la mode, celle qui préoccupe les médias, celle que l'on pose de façon récurrente aux politiques, celle qui provoque des polémiques orchestrées de toutes pièces par les radios et les télévisions. Sera-ce la sécurité des personnes ? Non ! La montée de l'islam ? Certainement pas ! La mondialisation économique ? Pas du tout ! Le chômage ? Même pas ! Non, ce sera le mariage des homosexuels et l'adoption des enfants par les couples gays.

Voilà la question majeure, fondamentale, essentielle. Les homosexuels ont-ils le droit de se marier ? Cela me fait penser au débat qui agitait les caciques de l'empire byzantin décadent. Alors que les Turcs étaient aux portes de Constantinople, leur principale préoccupation était de savoir si les anges relevaient du sexe masculin ou du sexe féminin. Excusez-moi de la comparaison, je ne dis pas que les homos sont des anges ni d'ailleurs des démons, je dis que cette question - à laquelle nous donnons d'ailleurs une réponse claire et négative - est une question dérisoire qui ne correspond à la préoccupation de personne ou presque et qui montre, là encore, combien la classe politico-médiatique ignore l'essentiel.

Car sur les questions majeures, elle ne répond pas, elle est aux abonnés absents ou, plutôt, elle répond à côté de la plaque. Sur l'immigration par exemple dont les conséquences néfastes ne cessent de s'accumuler, elle a fait preuve d'une irresponsabilité et d'une cécité effarante. Et cela d'ailleurs en contradiction avec certains de ses principes d'action qu'elle proclame pourtant avec beaucoup d'ostentation et d'autosatisfaction.

Ainsi en est-il du principe de précaution qu'elle avance à tout bout de champ. Un principe au demeurant très discutable puisqu'il interdit toute initiative ou tout produit dont on n'a pas acquis la preuve qu'il n'engendre aucun effet néfaste. Heureusement que nos ancêtres ignoraient ce pseudo-principe, sinon il y a fort à parier que Pierre et Marie Curie n'auraient jamais étudié la radioactivité et que Christophe Colomb n'aurait jamais découvert les Amériques.

Mais mon propos n'est pas là. Il est de constater que, même dans l'application de ses propres principes, la classe politique s'intéresse à l'accessoire et ignore l'essentiel. Elle va donc, au nom du principe de précaution, interdire tel produit, proscrire tel matériau, interrompre telle recherche, réglementer telle expérimentation, exiger tel dispositif. Elle interviendra pour les médicaments, les plantes, les tunnels, la médecine, les aliments, les bâtiments publics, que sais-je. Mais elle laisse venir sur notre sol des millions et des millions d'immigrés. Sans la moindre réserve, sans la moindre retenue, je dirais, sans la moindre précaution, elle accepte, encourage, organise un véritable transfert de population d'Afrique et du tiers-monde vers notre territoire. Est-ce sage, est-ce raisonnable ? A-t-on dans cette affaire majeure appliqué un tant soit peu le principe de précaution ? S'est-on préoccupé d'obtenir la preuve qu'une telle immigration était sans danger pour l'équilibre de la société ?

Certainement pas ! Non seulement les politiciens n'appliquent pas à l'immigration le principe de précaution et ne se préoccupent pas d'obtenir la preuve préalable que ce processus est sans danger, mais pis, lorsqu'ils obtiennent a posteriori la preuve qu'il est bien dangereux, ils n'en tirent aucune conclusion et persévèrent dans leurs erreurs. Lorsque les émeutes se déclenchent dans les banlieues, lorsque les voitures brûlent toujours plus nombreuses, lorsque les terroristes islamistes intégrés multiplient les attentats, la classe politique n'en tire aucune conclusion. Elle poursuit sa politique comme si de rien n'était.

Ou, plutôt, elle poursuit son action en expliquant qu'elle est étrangère aux conséquences néfastes qui en résultent et en en rejetant la faute sur d'autres. Selon les bonnes vieilles méthodes totalitaires, elle s'est en effet trouvé un bouc émissaire et affirme à qui veut l'entendre que, si l'immigration pose des problèmes, ce sont les Français qui en sont responsables. Sinon tous les Français, du moins tous ceux qui accueillent mal les immigrés, tous ceux qui ne veulent pas leur louer un appartement, qui ne veulent pas les recruter dans leur entreprise ou les accepter dans leurs boîtes de nuit. Tous ceux qui sont mécontents de les avoir comme voisins et de les croiser le soir dans les trains de banlieue.

Car si les Français ne pratiquaient pas cette odieuse discrimination, si les Français accueillaient les immigrés à bras ouverts, s'ils leur laissaient une meilleure place parmi eux, s'ils payaient pour eux de meilleure grâce, bref s'ils les aimaient vraiment et sincèrement, tout irait bien.

Quand on y réfléchit, il est donc totalement faux de prétendre que la classe politique ne fait rien pour résoudre le problème de l'immigration. Elle déploie en réalité une activité intense, elle fait preuve d'une volonté de fer, elle mobilise tous les moyens possibles. Sauf que pour elle le problème ne se situe pas chez les immigrés mais chez les Français. La priorité n'est donc pas d'expulser les clandestins, d'imposer les lois républicaines, de remettre de l'ordre dans les banlieues. Non, la priorité est de contraindre ces horribles Français à aimer réellement les immigrés. Et pour cela tous les moyens doivent être mis en oeuvre et tous les moyens sont effectivement mobilisés. La loi, l'école, les médias, les associations, la police et la justice. Tout est fait pour les convaincre et, s'ils ne sont pas convaincus par la pédagogie, tout est fait pour les contraindre par la répression. C'est donc le monde à l'envers ! Les victimes sont transformées en coupables. Et les coupables s'érigent en accusateurs !

Pourtant, on le voit, la situation est grave et la planète sur laquelle nous vivons n'est pas ce village sympa où tout le monde se donne la main. Elle est au contraire un vaste champ de conflits de plus en plus durs où seuls les peuples unis et les pays puissants peuvent se faire respecter et faire entendre leur voix.

Et le Liban nous en apporte à nouveau la preuve. Ce pauvre Liban déchiré et martyr, victime d'un conflit dans lequel il ne devrait pas être partie prenante. Je voudrais d'ailleurs saisir cette occasion pour exprimer mon soutien et celui du MNR aux chrétiens du Liban qui, plus que d'autres, se trouvent aujourd'hui les victimes d'une guerre qui n'est pas là leur.

Une guerre dont on peut maintenant clairement désigner les responsables. Car, quelles qu'aient pu être les causes passées de ce conflit, qui aujourd'hui a intérêt à entretenir cet antagonisme maintenant cinquantenaire ? Pas les Israéliens qui ont renoncé au grand Israël et qui acceptent désormais le principe d'un État palestinien. Pas non plus la plupart des Palestiniens qui rêvent maintenant, à côté Israël, d'un État où ils puissent vivre dignement et librement. Non, ceux qui ont intérêt à la poursuite de ce conflit, ceux qui l'attisent en permanence ce sont les islamistes. Car ce conflit leur est utile. Il leur permet de souder les musulmans contre un ennemi commun et de les rassembler partout dans le monde sous leur bannière. Et dans cette affaire le principal responsable est à l'évidence le Hezbollah qui utilise le Liban contre Israël.

Une fois de plus l'islam extrémiste fait peser une grave menace sur la paix. Et les attentats programmés cet été sur les avions reliant Londres aux États-Unis en ont apporté une preuve supplémentaire. Alors certes, la France a été à ce jour épargnée mais la menace n'en est pas moins réelle. Car ce que l'on connaît aujourd'hui au Liban pourrait bien un jour toucher la France. Les mélanges artificiels de populations, de cultures, de religions ou de races différentes sont toujours des ferments de troubles, de déséquilibres et d'affrontements.

La mondialisation est donc lourde de menaces et de dangers. D'autant qu'elle n'a pas fini de transformer le monde et qu'elle ne produit pas ses effets négatifs dans le seul domaine de l'immigration et de l'insécurité. Sur le plan économique aussi, ses conséquences sont déstabilisatrices et plus traumatisantes encore qu'il n'y paraît. Car il y a celles que l'on connaît et que l'on dénonce comme les délocalisations qui engendrent le chômage et la précarité. Mais il y a aussi des phénomènes moins décriés et pourtant tout aussi visibles et tout aussi néfastes. Je pense aux transformations que provoque la mondialisation sur le capitalisme mondial. Un capitalisme qui est en train de changer de nature et de prendre une forme qui n'est pas sans danger pour les peuples et les nations.

Le capitalisme mondial connaît en effet un processus de concentration qui semble n'avoir pas de limites et qui dépasse maintenant largement les frontières, privant beaucoup d'États de leurs industries de base. On l'a vu récemment en France avec l'achat d'Arcelor pas un groupe à direction indienne. Un achat qui a privé notre pays de son indépendance en matière de production d'acier. Comme l'achat de Péchiney par Alcan avait, il y a quelques années, fait perdre à la France son indépendance pour la production d'aluminium.

Et jusqu'où iront ces fusions ? Déjà, dans le domaine aéronautique, il n'y a plus que deux grands groupes et, dans les vingt ans qui viennent, combien restera-t-il de compagnies d'assurance, de banques, de sociétés d'automobiles, de producteurs d'électricité ou d'entreprises de télécommunication ? Et combien d'entre elles seront françaises ou européennes ? Ce processus conduit à terme à l'instauration de monopoles ou à d'oligopoles à l'échelle du monde et sonne donc la fin d'une réelle et saine concurrence. Il mène par ailleurs à la constitution de mastodontes économiques et financiers sans contrôle susceptibles de dominer les États et d'imposer leur volonté aux peuples.

Et cela est d'autant plus grave que la nature de ce capitalisme a totalement changé : il n'est plus industriel, il est financier. Il secrète de moins en moins de capitaines d'industrie, comme les Michelin ou les Citroën. Il produit principalement des hommes d'affaires qui jouent au Monopoly avec des usines. Il ne s'agit plus pour eux de créer ou de réaliser mais d'acheter et de vendre. L'objectif n'est plus la réalisation industrielle mais le taux de profit. Et pour cela tout est bon. On vend les filiales qui n'ont pas la rentabilité requise, on externalise tout ce qui peut l'être, on licencie, on délocalise, on ferme quand ça ne rapporte pas assez. L'entreprise ne doit plus être qu'un centre de profits. Et celui qui compte ce n'est pas le client, encore moins le salarié, mais l'actionnaire et lui seul. Il en résulte les délocalisations et le chantage social avec à terme, si l'on ne réagit pas, des États qui seront totalement dominés par ces grands groupes.

Il suffit de voir comment les politiciens ont réagi lorsque Mittal a voulu acheter Arcelor. Dans un premier temps, ça a été un tollé. Au nom du patriotisme économique, les membres du gouvernement, comme ceux de la gauche, ont poussé des cris d'orfraie. Et puis, quelques semaines plus tard, après que Mittal eut amélioré son offre et réussi son OPA, aucun membre de la classe politique n'a plus protesté. Et pour cause, en dehors de crier, ils ne pouvaient rien faire. Et comme c'était fait, ils se sont tus. La mondialisation incontrôlée telle que nous la subissons menace notre identité et notre sécurité mais aussi notre prospérité.

Face à ces défis la classe politique demeure impuissante et soumet son discours et ses actes au politiquement correct. Même M. Sarkozy qui nous parle de rupture, qui se présente comme un homme de volonté capable d'agir et de changer les choses, M. Sarkozy se révèle incapable de mettre en pratique les quelques menues décisions qu'il prend. Ainsi avait-il annoncé qu'il ferait expulser les étrangers impliqués dans les émeutes de novembre dernier. Or, on apprend de bonne source par le journal Le Monde qu'un Marocain de vingt ans, condamné à dix mois de prison dont quatre ferme, pour sa participation aux émeutes, a échappé à l'expulsion après avoir purgé sa peine.

La préfecture avait en effet engagé une procédure en ce sens mais le préfet y a renoncé pour suivre l'avis de la Commission des expulsions. C'est, nous explique-t-on, son intégration réussie qui a joué en sa faveur. En effet, lorsqu'il a incendié des voitures, l'intéressé, précise le Monde, avait bu de l'alcool parce qu'il était déprimé par son quatrième échec au permis de conduire. Alors, là, je ne comprends plus très bien. Est-ce parce qu'il a bu ou parce qu'il a échoué à son permis de conduire qu'il était intégré ? Peut-être les deux. Mais alors cela veut dire que la commission considère que les Français sont des alcooliques et des incapables et que l'ivresse et l'échec sont des signes d'intégration. Pis, on a fait valoir que ce garçon n'avait plus d'attaches au Maroc qu'il avait quitté à l'âge de treize ans et que son retour dans ce pays serait pour lui difficile. Si je comprends bien là encore, il ne fallait pas le sanctionner, car la sanction lui aurait causé un préjudice. Mais si toutes les sanctions doivent être annulées lorsqu'elles présentent des inconvénients pour le coupable, où va-t-on ? Faudra-t-il imaginer des sanctions qui ne soient pas gênantes ?

Ceci dit, en cautionnant ces pantalonnades, M. Sarkozy est au fond fidèle à ce qu'il écrit sur la double peine. Dans son livre phare Témoignage, il écrit en effet ceci : '' je suis fier d'être l'homme politique de droite qui a supprimé la double pleine. Ce que la gauche avait rêvé de faire sans oser le mettre en oeuvre, nous l'avons réalisé, démontrant l'ouverture d'esprit de la société française et la capacité de la droite. '' Tout le drame de l'UMP se trouve condensé dans ce morceau d'anthologie. Car si l'on se positionne sur le terrain de son adversaire et que l'on cherche à faire mieux que lui, autant le rejoindre ou lui céder la place.

Et dans ce registre Sarkozy semble particulièrement doué. N'est-ce pas lui qui a créé le Conseil français du culte musulman, ne s'est-il pas prononcé pour le financement public des mosquées, s'il est élu ne veut-il pas instaurer la discrimination positive et tout récemment encore n'est-il pas à l'origine de nouvelles régularisations de clandestins ? Après avoir fait voter une énième loi sur l'immigration, qui comme les précédentes ne changera rien à rien, voilà en effet qu'il procède à la régularisation de plusieurs milliers de personnes, ouvrant ainsi encore plus les vannes de l'immigration clandestine. Car maintenant c'est simple, il suffit de venir en France et d'inscrire son enfant à l'école pour prétendre à un titre de séjour.

Laxiste, toujours plus laxiste, telle semble être la règle dans la classe politique. Et même Sarkozy, le dur de dur, celui qui veut karchériser les banlieues, n'est au fond qu'un mou de mou. Ces politiciens me font penser à de la crème pâtissière sur un loukoum entouré de guimauve et agrémenté de pudding. C'est flasque, ça tremblote, ça dégouline, ça s'écrase et en plus c'est indigeste. Et ce n'est pas une formule creuse : ils sont flasques dans leurs idées, ils dégoulinent de bons sentiments, ils tremblotent devant les médias, ils s'écrasent face à leurs adversaires et ils sont indigestes pour les Français !

Il est vrai que du côté de la gauche c'est très différent, car à gauche il y a Ségolène. Et Ségolène c'est une femme. Mieux c'est une jolie femme. J'ai même lu cet été dans un magazine que Ségolène était pour les Français la sixième plus belle femme de France et j'en suis resté un peu surpris parce que tout de même il y a Laetitia Casta, Adriana Karembeu, Ophélie Winter, Judith Godrèche, Emmanuelle Béart, Corinne Touzet, Sophie Marceau et tant d'autres. Alors c'est vrai je n'ai pas vu le sondage qui a établi ce classement capital. Peut-être n'y avait-il que six choix possibles ? Peut-être aussi s'agissait-il des seules femmes politiques de l'établissement. Alors là évidemment face à Arlette Laguiller, Marylise Lebranchu, Roselyne Bachelot, Dominique Voynet, Martine Aubry, là évidemment on peut comprendre.

Ceci dit peu importe, c'est une belle femme, c'est vrai, et comme homme politique elle a donc tout pour elle. Il suffit d'écouter les médias. Ça marche, ça va marcher, ça marchera. Il paraît d'ailleurs que François Hollande a déjà contacté David Douillet pour préparer, au cas où, la passation de pouvoir pour les pièces jaunes !

On en rit et si on en rit ce n'est évidemment pas parce qu'il pourrait y avoir une candidate féminine du PS à l'élection présidentielle, c'est parce que son sexe est en l'occurrence son principal atout et même son seul argument. Car pour le reste Mme Royal comme les autres candidats socialistes à la candidature n'a rien d'important à proposer. Comment d'ailleurs les uns et les autres pourraient-ils faire des propositions d'envergure puisque l'essentiel de leur démarche consiste maintenant à combattre tout changement et à rendre impossible toute réforme si modeste soit-elle ? Il est vrai que la situation actuelle est le produit achevé de vingt, voire trente ou quarante ans de socialisme. Il est donc logique que la gauche n'ait plus d'autres projets que de préserver cet acquis aussi médiocre et catastrophique soit-il. Quand on le décrypte, son programme est d'ailleurs finalement très simple : c'est l'abrogation des dernières lois UMP plus le mariage des homosexuels. En réalité, le socialisme est maintenant le champion de l'immobilisme, le zélateur du nouveau conformisme.

Or les Français aspirent à une profonde amélioration de leur situation. Conscients du déclin de notre pays, ils rêvent d'un grand changement. Aussi, face à l'échec de l'UMP et à l'immobilisme de la gauche, il existe un autre scénario que la perpétuation du système en place. Et cette autre voie ne peut être que la nôtre. C'est nous qui incarnons la réponse aux défis d'aujourd'hui, c'est nous qui sommes dépositaires des valeurs indispensables au renouveau, c'est nous qui sommes porteurs d'un projet ambitieux crédible et moderne.

Nous savons qu'il est temps de rétablir l'autorité de la loi, que l'ordre et la sécurité doivent à nouveau régner partout sur notre sol et que le retour à la sanction, à la dissuasion et à la fermeté est pour cela indispensable.

Nous savons qu'il faut maintenant préserver notre pays des dangers de l'immigration et de l'islamisation et qu'il faut avoir le courage d'expulser les clandestins, les fauteurs de trouble et les profiteurs. Nous savons qu'il faut cesser de fabriquer des Français de papier et s'occuper à nouveau en priorité de nos compatriotes.

Pour établir la prospérité, nous savons qu'il faut rompre avec l'assistanat, alléger les charges et rendre leur liberté et leur motivation à tous ceux qui travaillent, entreprennent et créent.

Nous savons qu'il faut transformer l'Europe de Bruxelles et créer, sans la Turquie, une Europe européenne, indépendante des Etats-Unis, libérée de la menace islamique et suffisamment puissante pour réguler la mondialisation, développer une industrie forte et retrouver le plein-emploi et la croissance.

Nous savons qu'il n'y a pas de renouveau national sans un retour à la fierté, qu'il faut en finir avec l'autoculpabilisation et les repentances tous azimuts.

Nous savons qu'il faut renouer avec nos valeurs et notre identité, retrouver la spiritualité et développer entre les membres de notre communauté une authentique solidarité.

Bref, nous savons comment sortir la France du déclin. Et ce projet qui est le nôtre, nous pouvons le réaliser. Contrairement à ce que croient certains, rongés par le doute, le scepticisme ou le désespoir, ce projet peut-être mis en oeuvre par un gouvernement de renouveau habité par le courage et mû par des convictions. Oh ! certes un tel programme susciterait oppositions et critiques. Mais si nous nous retrouvons demain dans la situation de Chirac et de l'UMP en 2002, c'est-à-dire détenteurs de tous les pouvoirs, alors ce projet, je vous le dis, nous pouvons le mettre en oeuvre malgré les critiques et les oppositions. Car nous utiliserons une double technique des plus performantes, celle du '' et alors ! '' et celle du '' si c'est ça, alors... ''.

Il est probable en effet qu'en mettant en oeuvre notre projet en matière d'immigration, nous suscitions un tollé de la gauche et de certains médias. Eh bien nous continuerions en leur répondant : ça ne vous plaît pas, vous manifestez et alors ? Et je vous pose la question : que voulez-vous qu'il se produise ? Les gauchistes protesteront quand on expulsera les clandestins comme ils le font déjà quand Sarkozy expulse d'un immeuble insalubre quelques squatters immigrés ? Et alors ? Là d'ailleurs ce ne sera pas quelques dizaines tous les six mois mais quelques milliers toutes les semaines et pas d'un immeuble mais du territoire national. Donc c'est vrai, la première semaine ils brailleront. Et alors ? La seconde semaine ils crieront de plus belle. Et alors ? La troisième, la quatrième, la cinquième aussi. Et ensuite il y aura un tsunami dans le Pacifique, un tremblement de terre en Iran, ou une autre réforme qui leur déplaira et ils passeront à d'autres sujets pendant que les expulsions continueront. Elles seront devenues normales, comme aujourd'hui on nous explique qu'il est normal que les voitures brûlent.

Alors c'est vrai, nos réformes économiques pourront aussi jeter les syndicats dans la rue et provoquer des grèves massives des services publics. Et là nous leur répliquerons en leur disant : vous refusez les lois votées par les représentants du peuple ? Si c'est ça, alors votre monopole aux élections professionnelles sera supprimé. Vous persistez ? Si c'est ça, alors vos subventions seront supprimées. Vous continuez ? Si c'est ça, alors le 1% du chiffre d'affaire d'EDF, les fonctionnaires payés mis gratuitement à votre disposition et tous vos privilèges seront supprimés.

Et peut-être serons-nous impopulaires les premières années mais, quand toutes les mesures prises commenceront à produire leurs effets bénéfiques, nous deviendrons populaires comme aucun mouvement ne l'a été depuis longtemps.

Car au fond d'eux-mêmes les Français dans leur grande majorité souhaitent la mise en oeuvre de notre projet. Aujourd'hui ils rejettent la classe politique et, avec elle, les idées de gauche qui la conditionnent depuis tant d'années. Plus positif encore, ces idées de gauche sont à bout de souffle. Nous sommes en train de vivre un retournement idéologique. Le socialisme qui a dominé la politique pendant plusieurs décennies est en fin de cycle. Or, la politique comme la nature ayant horreur du vide, ce sont nos idées et nos valeurs qui vont maintenant occuper l'espace et avoir le vent en poupe.

Voilà pourquoi tout peut changer. Notre projet est en train de devenir majoritaire et la classe politicienne est discréditée. Pour que le basculement se produise, il faut simplement pouvoir proposer aux Français une force nouvelle et crédible capable d'incarner nos valeurs et de porter notre projet. Pour l'instant ce n'est pas le FN, trop usé par son histoire passée, qui peut constituer cette force. Ce n'est pas non plus Villiers qui apparaît comme un opportuniste roulant pour le système. Hélas aujourd'hui ce n'est pas non plus le MNR encore trop boycotté par les médias. En revanche, cette force pourrait venir d'un rassemblement, d'une union de toutes ces composantes pour en faire non pas un ensemble hétéroclite d'intérêts électoraux, mais une dynamique nouvelle et puissante en réponse aux aspirations des Français. L'Union patriotique peut en effet changer la donne et permettre demain ce qui était impossible hier.

Je voudrais donc saluer l'initiative de Jean-Marie Le Pen qui a lancé un appel en ce sens. Nous avons eu avec lui de très graves différends et nombre d'entre eux subsistent encore. Mais le moment est venu de les mettre de côté et de les dépasser dans l'intérêt supérieur de notre pays.

Bien sûr, si cette Union devait être minimaliste et servir de simple relookage à un FN déclinant, cela n'aurait aucun intérêt et cela d'ailleurs ne se ferait pas car nous refuserions d'y participer. Il n'est pas question pour nous d'un ralliement au Front national quelle qu'en soit la forme.

Mais si cette Union est réelle, sincère et loyale, s'il s'agit, tout en respectant l'identité et l'indépendance de chaque partie, de construire ensemble une force fédératrice, puissante et nouvelle, capable d'ouvrir aux Français la voie de renouveau qu'ils attendent, alors là je dis oui, nous disons oui !

Car un tel projet peut être l'instrument d'une véritable alternative politique. Il peut créer une puissante dynamique qui rassemblera les partisans du MNR et du FN mais aussi ceux qui se fourvoient chez Villiers ou qui ont posé leur sac, qui doutent, s'interrogent ou se dispersent. Alors que dans chaque camp on se querelle ou on se déchire, une réconciliation spectaculaire au sein de la droite nationale peut montrer aux Français abstentionnistes déçus de la politique que nous sommes d'une autre trempe.

Cette Union peut aussi par sa nouveauté provoquer la surprise et l'enthousiasme. En regroupant des organisations et des hommes différents, elle montrera la richesse et le pluralisme de notre courant et favorisera le ralliement d'autres hommes et d'autres organisations, créant ainsi un engrenage de succès et de rassemblement.

Cher amis, les conditions peuvent être réunies pour qu'un autre scénario voie le jour en avril 2007. Un scénario qui ne serait pas un duel Royal-Sarkozy, mais un duel entre notre candidat et un candidat du système, avec cette fois la crédibilité pour bouleverser en profondeur la classe politique et l'emporter ou, à tout le moins, pour jeter les bases qui permettront de l'emporter la fois suivante.

Je crois que tout peut être différent de ce que nous avons connu jusqu'à présent. Je pense que les efforts extraordinaires que nous avons déployés pour tenir et durer peuvent porter leurs fruits. Je suis convaincu que nous pourrons être le ferment de cette alliance et rendre féconds et bénéfiques les succès à venir de notre courant. Je pense que le renouveau de notre nation peut être au rendez-vous.

Il suffit pour cela que nous sachions prendre sur nous, surmonter aigreurs ou rancunes dans l'intérêt de la France.

Je sais que vous y êtes prêts. Pour ma part j'y suis résolu.

Il existe un autre scénario pour 2007.

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