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DISCOURS
Paris - George V - 12/06/05 - Discours de Bruno MEGRET
Une stratégie pour la France
Intervention au colloque : Quel avenir pour la France ?

La France est une très grande nation. Elle a été pendant des siècles l'une des premières puissance mondiales. À l'époque où l'Europe dominait le monde, elle a maintes fois été en situation de dominer l'Europe. La France est porteuse d'une culture, d'un art de vivre, d'un esprit qui ont marqué la planète. La France a été admirée, crainte, respectée, enviée. La France est riche, elle a été parmi les nations les plus inventives, les plus créatives et les plus prospères. La France a compté et, forte de cet héritage, elle compte encore.

Pourtant, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et, seule à l'échelle de la planète, elle compte maintenant bien peu. Elle bénéficie encore d'un crédit, mais celui-ci va s'amenuisant, à mesure que diminue son poids relatif dans le monde. Population limitée, croissance économique médiocre, forces armées réduites, la France est devenue une puissance moyenne. Et, contrairement à ce que nous promettait Giscard d'Estaing, elle n'est même plus dans le peloton de tête des puissances moyennes. En tout cas elle ne fait pas preuve des ambitions et du dynamisme propre à ceux qui se placent en tête d'une compétition.

À vrai dire la France n'est plus vraiment elle-même, elle est en retrait, comme déprimée, certains diraient en décadence. Les Français quant à eux ont bien perçu cette formidable régression de leur statut national et ils la subissent passivement sans qu'aucune perspective ne leur soit offerte. Aucun de leurs dirigeants n'est capable de leur expliquer où ils vont, où ils devraient allaient, quels objectifs il faudrait se fixer et qu'elle voie il faudrait suivre.

Et tout se passe comme si la France n'avait plus d'avenir. Comme si elle ne pouvait plus que subir les événements et attendre, dans la crainte et dans l'ignorance, les conséquences des évolutions qui se décident en dehors d'elle. Comment s'étonner dans ces conditions que chacun ait le sentiment de vivre une crise, un marasme, un déclin ? Comment s'étonner que la classe politique soit si discréditée et que les politiciens soient si rejetés ? Comment s'étonner que chacun se replie sur ses seules préoccupations personnelles et privées ? Si la France n'a plus d'avenir, comment s'étonner que la France aille si mal ?

Dès lors la question majeure doit se poser. Notre pays est-il condamné ? Les civilisations sont mortelles, nous dit-on, les nations aussi ! Et la nation française est peut-être arrivée au terme de sa belle et grande existence. Beaucoup le croient et croient qu'il en va de même d'ailleurs des autres nations européennes et donc de toutes les nations. D'ailleurs, nous explique-t-on, l'heure est au mondialisme. Les échanges vont encore se développer, les frontières vont achever de disparaître et c'est bien vers un village planétaire que l'on s'achemine, vers une formidable globalisation qui ne pourra, nous dit-on, que sonner le glas des nations et donc de la France. Selon ces prophète de malheur, il est inutile de se voiler la face, la vérité est devant nous : la France n'a plus d'avenir !

Eh bien, je crois qu'il n'en est rien. Je crois fondamentalement que la vision macabre et funeste d'une France achevant sa vie ne correspond nullement à la réalité. Et tout l'objet de ce colloque, tout l'objet de mon intervention est de montrer que la France a bien un avenir.

Certes la France a aujourd'hui de lourds handicaps. Sur le plan économique d'abord, elle se situe parmi les pays européens les moins performants pour le poids des impôts, pour la charge de la dette et l'importance numérique de sa fonction publique. Avec la loi sur les 35 heures elle est de surcroît l'un des pays où l'on travaille le moins. La France est donc un pays où le travail, la création, l'entreprise et donc la productivité et la compétitivité sont lourdement pénalisés. Pas étonnant que notre pays figure aussi parmi les nations d'Europe les plus touchées par le chômage !

La cohésion de notre société est par ailleurs ébranlée. L'immigration massive et incontrôlée a détruit des équilibres multiséculaires. Avec l'apparition de générations inassimilées et déracinées qui ne respectent plus ni lois ni morale, la barbarie et son cortège d'incivilités, de délinquance et de crimes, se sont installés dans la vie quotidienne de beaucoup de nos compatriotes. Avec la montée en puissance de l'islam, qui cherche maintenant ouvertement à imposer ses moeurs et ses coutumes exotiques à notre société, ce sont des habitudes et un style de vie ancestraux qui se trouvent mis en causes.

Enfin avec la mondialisation sauvage et les délocalisations qui en résultent, c'est la précarité, la marginalité et la misère qui se développent. Notre société se disloque et cesse de jouer son rôle de structuration et de régulation de la vie nationale. Les Français n'ont plus de repères, ils n'ont plus de protection et ont le sentiment que leurs dirigeants les abandonnent ou pire qu'ils se mettent dans le camp de leurs tourmenteurs.

Car la vie publique a par ailleurs perdu son caractère démocratique. Les politiques n'ont plus le pouvoir. Les médias régentent tout, imposent avec arrogance les normes implacables du politiquement correct, occultent ou discréditent ceux qui s'en écartent. Résultat : les politiques ne dirigent plus, ils font de la communication. Ils ne cherchent plus à peser sur le réel, ils veulent influer sur l'opinion. Quant aux saltimbanques médiatiques qui font les soirées télévisuelles à coup de talk-show et de reality-show, ils poursuivent inlassablement leur travail de sape, ridiculisant et discréditant les valeurs qui ont fait notre civilisation, usant tour à tour de la provocation, de la dérision et de la dénonciation, le tout sur fond de vulgarité, de bêtise et de plaisanteries salaces.

Et sous ces coups de boutoir, les fondements traditionnels de notre société s'affaissent. La famille se morcelle et se marginalise, la vie est bafouée et la natalité insuffisante pour assurer le renouvellement des générations. Quant à l'éducation et la recherche elles sont en crise puisque tout ce qui demande rigueur et excellence est ignoré, pénalisé ou détruit.

On peut donc le dire, notre pays connaît, c'est vrai, des handicaps majeurs. Des handicaps économiques et sociaux mais aussi, des handicaps pesant sur nos valeurs et notre identité qui pourraient obérer notre avenir.

Pourtant rien n'est dit car dans le même temps, la France dispose encore d'atouts considérables qui, si on les valorisait, pourraient devenir déterminants.

Ainsi la France dispose encore d'un peuple étonnamment brillant et vigoureux. Dans le domaine économique, dans celui du développement technologique, les Français possèdent un remarquable savoir-faire. Nos ingénieurs, nos chercheurs et nos entrepreneurs mais aussi nos ouvriers et nos techniciens, sont capables des plus belles prouesses. Que ce soit Airbus, le TGV, Ariane les centrales nucléaires, la France, pourvu qu'elle le veuille, peut relever tous les défis technologiques. La meilleure preuve en est l'extraordinaire capacité de l'économie française à survivre et à se maintenir au meilleur niveau en dépit de toutes les contraintes qu'on lui impose.

Les Français, même s'ils donnent parfois le sentiment d'être complètement annihilés par le politiquement correct sont par ailleurs, de tous les peuples européens, parmi ceux qui y résistent le mieux. Ainsi, c'est en France que la droite nationale a réalisé ses scores les plus beaux et les plus durables. C'est en France qu'on s'est le mieux opposé à l'impérium américain, notamment lors de la dernière guerre en Irak. Et ce n'est pas un hasard si c'est la France qui a pris la tête du non à la constitution européenne. Notre peuple, à l'évidence, a encore du ressort. Au fond de lui-même, il a conservé cette aptitude à la liberté et à la résistance en même temps que cette aspiration à l'indépendance et à la grandeur. C'est d'ailleurs en France que le projet d'une Europe européenne, indépendante et puissante est le mieux ressenti.

Par ailleurs, et au-delà de son peuple, notre pays dispose encore d'atouts objectifs considérables. Son territoire est vaste, encore peu occupé et placé de façon stratégique au coeur de l'Europe. La France jouit encore d'un statut de grande nation hérité de son histoire : un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU et une force nucléaire stratégique autonome. Et sur le plan économique, malgré le marasme qui l'accable, elle dispose encore d'un PIB de 1500 milliards d'euros qui la place en septième position dans le monde. Elle est encore le cinquième exportateur mondial.

Bref la France possède de façon potentielle les bases et le souffle pour un renouveau d'envergure. Encore faut-il qu'elle y croit et qu'elle se fixe une stratégie pour le rendre possible.

Il faut d'abord qu'elle y croit et la condition n'est pas que de pure forme. Car nombreux sont ceux qui pensent qu'elle serait condamnée face à la mondialisation et à la globalisation. Comme d'ailleurs toutes les nations, elle serait appelée à se dissoudre dans un vaste melting-pot plus ou moins planétaire où les responsables politiques céderaient la place aux décideurs économiques et où les seules entités tolérées ne seraient plus que les marques commerciales et les équipes de football.

Une telle perspective est sans aucun fondement. Il faut mettre un terme à cette vision erronée et déprimante du monde de demain. La mondialisation qui correspond, c'est vrai, à une réalité objective liée au rapetissement des distances et à l'intensification des échanges, ne conduit nullement à l'unification et encore moins à l'uniformisation de la planète.

D'ailleurs, le monde de ce début du XXIe siècle est beaucoup moins uni et moins uniforme que celui du début du XXe siècle. À l'époque, l'Europe dominait le monde et imposait à tous les peuples de la planète sa tutelle politique et sa suprématie culturelle. Le monde était en quelque sorte unifiée par la civilisation européenne dont les normes et les valeurs s'imposaient, au moins superficiellement, à l'ensemble de la terre.

Depuis, la décolonisation est survenue, les peuples soumis se sont émancipés et ont revendiqué non seulement leur indépendance et leur souveraineté, mais aussi leur identité et leur histoire. Puis est venu l'effondrement du bloc soviétique et la fin de la guerre froide qui, libérant les nations de la tutelle des deux grands et notamment de l'URSS, a suscité une nouvelle vague d'émancipation et un formidable réveil des identités. Le nombre d'États indépendants a décuplé, des civilisations endormies, comme celle de l'islam, de l'Inde ou de la Chine, se sont réveillé.

La crise que connaît la France est donc un phénomène qui lui est propre et qui se limite aux nations européennes. Ailleurs en effet, il n'y a aucun état d'âme. Les traditions nationales, l'indépendance, la souveraineté sont chéris comme des biens essentiels, et brandis avec assurance et bonne conscience. Chacun se ressource dans ses origines et l'occidentalisation, véhiculée par le commerce, l'industrie et la technologie, n'est bien souvent qu'un vernis superficiel qui n'entrave nullement la volonté de ces peuples à vivre selon leurs valeurs et leurs traditions.

L'idée d'un monde qui se globaliserait et s'uniformiserait est donc très fallacieuse. Elle est le fait d'une vision égocentrée des peuples européens qui voient le monde à leur image. Ainsi par exemple l'idée du nécessaire brassage multi-ethnique si chère à la pensée politiquement correcte, ne correspond à aucune réalité mondiale. Les phénomènes migratoires si traumatisants pour les pays occidentaux ne concernent nullement les autres nations du monde. En dehors de certains pays pétroliers où la richesse est sans commune mesure avec la population, en dehors de certains pays africains dont les frontières ne correspondent à aucune réalité ethnique, l'immigration est inexistante dans le monde non occidental : pas d'immigration au Japon, en Chine ou en Inde !

La réalité du monde et son évolution ne conduisent donc nullement à la disparition des communautés ou des civilisations. Et ce qui est vrai de leur identité est vrai aussi de leur souveraineté.

Là encore, et contrairement à ce que laisse entendre une pensée occidentale très politiquement correcte, la souveraineté n'est pas une idée morte. Certes, la mondialisation fait rage, mais, à l'évidence, il ne s'agit pas d'un processus de globalisation qui ferait disparaître les rivalités et les antagonismes. Bien au contraire cette mondialisation, en resserrant l'espace et en multipliant les échanges, décuple les facteurs d'affrontement et de conflit. Certes, les enjeux sont maintenant essentiellement économiques et ne débouchent généralement pas sur des conflits guerriers. Mais la compétition économique à laquelle elle donne lieu, dans le cadre d'un ultralibéralisme international, s'apparente, à bien des égards, à une guerre économique mondiale.

En ce sens, la mondialisation n'est pas le creuset de l'unification du monde, mais la nouvelle arène dans laquelle les peuples et les nations s'affrontent. Et de ce point de vue, les lois immémoriales de la guerre et de la politique demeurent inchangées. Quelles que soient les règles et les contraintes qui s'imposent à tous, chacun cherche à utiliser tous les moyens possibles pour défendre son intérêt et pousser son avantage. Pour ce faire, les protagonistes de ce nouveau jeu international usent, comme par le passé, de leur souveraineté et de leur puissance.

De ce point de vue, le politique n'a pas disparu de l'Histoire et celui-ci demeure toujours régi par le rapport de force. Aussi ont un avenir collectif les seules entités politiques organisées et constituées comme telles, c'est-à-dire celles qui sont aptes à mobiliser la puissance au service d'une communauté. Et en ce sens la France, la France concrète que nous connaissons aujourd'hui, celle d'une nation organisée en république, demeure, malgré toutes ses faiblesses, un point d'appui essentiel pour agir et peser dans le monde. Vouloir aujourd'hui la faire disparaître au profit par exemple de communautés ethniques ou régionalistes, serait suicidaire. Car à ce niveau, il n'existe aucune forme de puissance politique et il n'est pas prêt d'en exister qui puisse valablement se substituer à celle de la France, toute imparfaite qu'elle soit.

Vouloir de même dissoudre entièrement la France dans un vaste conglomérat prétendument européen, comme Bruxelles en a le projet, serait tout aussi dangereux. Car si l'Europe est une nécessité comme nous le verrons, ce serait une erreur fatale de croire qu'elle peut aujourd'hui s'affirmer sans le moteur que constituent encore les nations qui doivent la composer. Aussi la France demeure-t-elle indispensable pour les Français. Aussi la France n'est-elle nullement condamnée à disparaître.

Encore faut-il que la France se forge un avenir. Car elle ne continuera pas d'exister par le seul fait d'avoir été et d'être encore. En ces temps difficiles, une nation comme la nôtre ne peut avoir un avenir que si elle décide de le forger. Son avenir ne peut être que le fruit d'un acte volontaire. Un acte volontaire enraciné lucidement dans la réalité et porté par une vision ambitieuse et prospective. En clair la France n'a d'avenir que si elle se dote d'une stratégie.

Au milieu du siècle dernier, notre pays avait une telle stratégie. On pourrait la contester, mais elle avait le mérite d'exister et elle a permis à notre peuple de surmonter les épreuves de l'après-guerre. Car au lendemain du deuxième conflit mondial, la France, vaincue en 1940, a réussi dans les années 50 et surtout dans les années 60 et 70 à revenir au premier plan de la scène mondiale.

Sur le plan intérieur, elle avait entrepris la modernisation du pays à marche forcée : ça a été la construction massive de logements modernes et l'équipement du pays en grandes infrastructures de transport et de télécommunications. La France avait alors choisi la voie de l'économie mixte avec le développement de stratégies industrielles portées par la puissance publique qui ont permis de grandes réalisations telles le TGV ou les centrales nucléaires.

Sur le plan extérieur, la France, tout en faisant partie des pays libres, avait recherché son indépendance vis-à-vis des États-Unis en sortant de l'OTAN et en se dotant de l'arme nucléaire stratégique. Dans cet esprit est s'était érigée en porte-parole des pays non-alignés, se faisant le chantre du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et conservant de ce fait un statut et un rayonnement international de premier rang.

La France faisait face aux défis de l'époque, tirait le meilleur profit de la situation internationale et cherchait à se renforcer au maximum par ses propres moyens. Jusqu'en 1968 et même jusqu'en 1974, la France a connu, grâce à cette stratégie, une période relativement florissante, faite de prestige international et d'expansion économique, une période qu'on a qualifiée justement de trente glorieuses.

Aujourd'hui une telle stratégie est à l'évidence dépassée : le monde n'est plus coupé en deux et la mondialisation a créé une donne nouvelle. D'ailleurs cette stratégie a été abandonnée. Mais le drame est que depuis 1974, et surtout bien sûr depuis 1981, il n'y a pas de nouvelle stratégie. La France n'incarne plus rien, n'a plus aucune vision, aucune perspective, aucun projet. Elle se contente de se laisser porter par les événements et d'habiller cette passivité et cette résignation par un discours moralisateur et politiquement correct. Il n'y a plus de lignes de force pour définir la politique de la France, ni sur le plan intérieur ni sur le plan extérieur.

Redonner un avenir à la France, c'est donc définir une stratégie pour notre nation, une stratégie qui lui assure de nouveau un rôle majeur à l'échelle de l'Europe et du monde. Et c'est possible car la situation présente est sans doute plus favorable que celle des années 60 et 70. Le monde dans lequel nous vivons n'est plus figé comme il l'était entre deux blocs idéologiques qui se partageaient la planète et qui contraignaient peu ou prou chaque État à s'inféoder à l'un des deux pôles.

Aujourd'hui le monde est multipolaire et laisse en conséquence une plus grande liberté à chaque nation. Autant la stratégie des années 60 et 70 pouvait donc être considérée comme un pis-aller provisoire dans le contexte de la guerre froide, autant, en revanche, la stratégie qu'il nous est possible de mener aujourd'hui peut ouvrir la voie d'un redressement durable et majeur. A condition bien sûr de prendre en compte la réalité du monde tel qu'il est, c'est-à-dire celle d'un monde multipolaire où les grands pôles de puissance sont d'une dimension quasi continentale, tels les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil mais aussi d'une façon un peu différente l'islam, le Japon ou la Russie.

Pour exister dans le monde de demain, la France n'a pas la taille suffisante. Toute seule, elle ne dispose pas d'une population assez nombreuse ni d'une économie assez puissante pour exercer la moindre pression, ni s'inscrire favorablement dans le moindre rapport de force. Seule, elle ne peut que subir.

Certes, on me fera remarquer que des petits pays vivent très bien tous seuls en offrant à leur peuple la sécurité et la prospérité comme c'est le cas, par exemple, de la Suisse. Mais une telle démarche n'aurait aucun sens pour la France. Notre pays est en effet beaucoup trop important pour rester seul tranquille. S'il renonce à la puissance, il sera une proie, comme il commence déjà à l'être, une proie économique, une proie migratoire et pourquoi demain une proie militaire. De plus, le peuple français est un grand peuple qui a marqué l'histoire et le monde. S'il devait être condamné à la petitesse et à la soumission, il dépérirait, comme il a d'ailleurs commencé à le faire.

Non! La seule voie possible pour notre peuple est celle du retour à la grandeur, au rayonnement et à la puissance. Mais pour cela, dans le monde multipolaire que nous connaissons, il faut qu'il fasse le choix de l'Europe. Non pas l'Europe de Bruxelles, qui ne lui apporte rien, et dont les Français ne veulent plus. Non ! L'Europe européenne, indépendante et puissante que nous proposons. Une Europe qui rassemble la famille des peuples européens dans le respect de leur souveraineté et de leur identité et qui leur apporte la puissance qu'ils ont perdu chacun pris isolément. Une Europe qui rende aux États nationaux l'essentiel de leurs prérogatives et qui donc cesse de vouloir tout régenter dans le détail pour se consacrer en revanche à l'essentiel, c'est-à-dire à leur puissance collective. La puissance qui assure l'indépendance et la protection. La puissance qui permet de rayonner, d'être respecté, de connaître la paix et la prospérité.

La France doit donc faire le choix stratégique de cette Europe là. Mieux encore, elle doit faire le choix d'être porteuse de ce projet européen, d'en être l'avocat et le moteur. Il faut qu'elle cesse d'être le bon élève de la classe bruxelloise pour devenir, comme les Français en ont donné le signal en votant non au référendum sur la constitution, la nation qui incarne l'autre projet européen, celui de l'Europe puissance.

Alors bien sûr, on me répondra que la France ne peux pas faire l'Europe toute seule et qu'elle ne pourra jamais imposer ses vues aux 24 autres membres. C'est pourquoi, et c'est le deuxième axe de sa stratégie, la France doit faire le choix d'une démarche européenne non institutionnelle. Au lieu de s'échiner dans des négociations bruxelloises interminables qui ne débouchent que sur des compromis et des pis-aller, elle doit privilégier les projets concrets qui vont dans le sens de l'indépendance et de la puissance du continent c'est-à-dire ceux qui concernent la défense, l'industrie, la science, la monnaie et la démographie. Et pour ce faire il faut privilégier les actions à la carte avec un nombre limité de pays.

Ainsi par exemple, la France pourrait-elle entraîner quelques pays à sortir de l'Otan pour créer une alliance militaire autonome. L'Europe de Bruxelles avait été créée au lendemain de l'échec de la Communauté européenne de défense. Pourquoi ne pas lancer, après l'échec de l'Europe bruxelloise, la construction d'une réelle puissance militaire européenne ?

La France pourrait aussi prendre l'initiative d'une intensification de la recherche spatiale avec, pourquoi pas, le projet d'une station lunaire ou d'un voyage habité vers Mars. La France pourrait peser de tout son poids pour la création de grands groupes européens dans le secteur de l'électronique ou de la robotique. Notre pays pourrait aussi pousser au lancement de nouveaux programmes comme Galiléo afin de nous dégager systématiquement de la tutelle américaine. La France pourrait par ailleurs prendre des initiatives avec certains autres pays pour imposer dans le commerce international l'euro comme véritable monnaie de change et de réserve.

Lorsque j'entends les dirigeants français expliquer que l'Europe est en crise parce que le traité constitutionnel a été rejeté et qu'il n'y a pas d'autre solution en vue, je suis consterné par leur manque d'imagination, leur manque de vision et d'audace. Car, et c'est le troisième volet de sa stratégie européenne, la France pourrait prendre l'initiative de créer autour de son projet d'Europe puissance un noyau dur de deux ou trois pays européens afin de créer, au coeur de l'Europe, un premier cercle qui pourrait ensuite, par sa cohésion, sa détermination, son dynamisme, entraîner l'Europe de Bruxelles et la transformer en une Europe européenne, indépendante et puissante.

L'Europe est aujourd'hui diluée et impuissante par les mauvaises orientations qu'elle a prises, mais aussi par le fait qu'elle rassemble maintenant un nombre considérable d'États ayant un passé, des intérêts et des perspectives divergents et parfois contradictoires. Or les modes de fonctionnement actuels de l'Europe bruxelloise n'empêchent nullement quelques pays de créer entre eux des liens supplémentaires de nature plus politique et dès lors de pouvoir parler d'une même voix au sein des institutions de l'Union.

Aussi la France pourrait-elle oeuvrer à la constitution d'un noyau dur formé par exemple des six pays fondateurs ou en tout cas des trois plus importants : L'Allemagne, l'Italie et la France. Si un tel noyau dur existait, il pourrait multiplier les initiatives entre ses membres. Des initiatives ayant ainsi valeur d'exemple et effet d'entraînement. Mais il pourrait aussi, par la cohérence de ses positions, imposer ses vues à l'intérieur du magma européen. On a beaucoup parlé du couple franco-allemand. Et c'est en effet cette alliance qui pourrait être formalisée pour donner corps à ce noyau dur. Mais à une condition : qu'il soit porté par un projet et par une volonté d'agir.

Car, un tel noyau dur, s'il en a la volonté, pourrait diriger l'Europe et lui donner un axe et une âme. Un tel ensemble très resserré de nations solidaires pourrait en effet prendre des décisions rapides et audacieuses et, fort de son poids dans l'union, il pourrait ensuite les imposer aux autres pays ou en tout cas les amener peu ou prou à s'y rallier. Comme les sociétés humaines, les grands ensembles multinationaux ne peuvent fonctionner sans un leader, sans un guide qui sait où il va et qui y va. Un tel noyau dur de nations voulant faire de l'Europe un pôle de puissance et prenant les initiatives nécessaires pour atteindre son but, transformerait très vite ce magma mou et immobile qu'est l'Europe en un ensemble structuré qui avancerait et agirait.

Et la France est particulièrement bien placée pour créer ce noyau dur et pour l'animer. La France est en effet au coeur de l'Europe. Elle l'est d'abord sur le plan géographique puisqu'elle est à la fois ouverte à toutes les mers et ouverte sur le coeur du continent. Elle l'est aussi au plan culturel puisqu'elle fait la synthèse entre l'Europe du Nord et celle du Sud, entre les influences latines, celtes et germaniques. La France constitue en quelque sorte un condensé de l'Europe, elle en est la synthèse et la quintessence. La France est aussi de tous les grands pays du continent celui qui est le mieux placé pour jouer ce rôle de moteur ou de leadership. L'Espagne, l'Italie ou la Pologne sont trop excentrées. La Grande-Bretagne, elle-même trop maritime, est par ailleurs trop liée aux États-Unis. Enfin l'Allemagne est encore trop marquée par son passé pour pouvoir assumer cette mission.

Pour accomplir ce projet, pour mener cette stratégie la France doit par ailleurs se renforcer. Comment pourrait-elle viser un leadership européen sans être elle-même exemplaire, sans développer pour elle-même d'abord un modèle qui puisse servir de référence ? Aussi faut-il qu'elle développe sur le plan intérieur une stratégie pour rétablir, au sein même de notre société, la prospérité, la sécurité et l'harmonie, c'est-à-dire tout ce qui est nécessaire pour que les Français se sentent à nouveau bien chez eux.

Et là encore, il faut regarder vers l'avenir en prenant acte de la nouvelle donne politique et idéologique. Et de ce point de vue il faut maintenant tourner la page des errements qui ont si fortement déstructuré notre société depuis plus de 30 ans et je pense à mai 68 et au socialisme.

Notre pays n'en finit pas de subir les avatars de mai 68, de cette révolution libertaire qui rejetait la morale bourgeoise et voulait interdire d'interdire. Aujourd'hui ses animateurs, qui peuplent aujourd'hui les palais nationaux, les palais de justice et les salles de rédaction, nous interdisent de penser librement et nous font la morale tous les matins. Le résultat en est une destruction systématique de nos valeurs qui a conduit à la faillite de l'école, à l'explosion de la délinquance et de la criminalité, au développement de la drogue, à la perte d'identité, à l'abêtissement télévisuel et culturel et plus globalement à une grave régression intellectuelle et morale.

Notre pays n'en finit pas de subir par ailleurs les conséquences d'une idéologie communiste et socialiste qui a lamentablement échoué et qui nous vaut aujourd'hui une société bloquée, compartimentée et sclérosée. Une société paralysée par des acquis sociaux sans légitimité, minée par des syndicats et des partis tournés vers le passé, démobilisée par l'assistanat, la perte de responsabilité, le refus du travail et fonctionnant principalement à l'envie et au ressentiment. Cette conception gauchiste de la vie nationale, qui est responsable de notre régression économique et sociale, est maintenant arrivée à son terme. Le socialisme a donné tout ce qu'il pouvait donner, il n'a plus rien à proposer. Il est en fin de cycle.

Il faut dès lors rompre avec les errements du passé pour construire un nouveau modèle, un modèle français enraciné dans nos valeurs et adapté au temps présent. Un modèle qui n'ait rien à voir avec le prétendu modèle français dont la gauche et Chirac nous ont rebattu les oreilles pendant toute la campagne du référendum.

Car, soyons clairs, si le modèle français, ce sont les syndicats tout-puissants qui refusent toute réforme et qui, au sein des entreprises publiques, prennent régulièrement les Français en otage. Si le modèle français, c'est une sécurité sociale qui pratique le gaspillage, décourage le travail et favorise les étrangers. Si le modèle français, ce sont des entreprises accablées de charges qui se délocalisent et des patrons, des chercheurs, des travailleurs qui se découragent et se résignent, alors, je le dis, le modèle français n'est pas un bon modèle. Mais ce n'est pas le modèle français, c'est le modèle socialiste, le modèle soixante-huitard, le modèle Bobo.

Nous devons donc refermer cette funeste période ouverte en 1968 puis en 1981 pour imaginer un vrai modèle français, c'est-à-dire un modèle équilibré et humain, un modèle de compétition et d'ambition.

Sur le plan économique et social, notre pays doit faire aujourd'hui une vraie synthèse entre l'efficacité et la protection, entre le libéral et le social, entre l'individualisme et le collectif. Et comme la balance a totalement penché du côté du socialisme, il faut d'abord réorienter notre système pour favoriser le travail, l'entreprise et donc la création de richesses et d'emplois. Il faut réduire les charges et le poids des impôts, il faut libérer et récompenser le travail. Bref, il faut remettre en mouvement toutes les forces vives de notre pays.

En second lieu, et la France serait particulièrement apte à ce type d'initiative, il faut développer des actions industrielles volontaristes à l'échelle de l'Europe, comme cela a été réalisé dans l'aéronautique avec Airbus. Il faut lancer des actions stratégiques d'intelligence économiques alliant le privé au public, comme le font d'ailleurs les Américains, afin de défendre nos positions, de reconquérir des marchés ou d'en créer de nouveaux à partir de technologies innovantes.

Dans cet esprit, il faut privilégier la recherche et reconstruire l'enseignement en se laissant guider par le seul principe qui vaille dans ce domaine : l'excellence. Bref il s'agit de prendre acte de l'état de guerre économique pour multiplier les offensives et organiser notre défense.

Car il est aussi indispensable d'assurer la protection de notre système économique et social et c'est aussi en ce sens que le nouveau modèle français se différencie du modèle anglo-saxon. Car il s'agit aussi de préserver nos intérêts des excès de la mondialisation, qu'ils se manifestent par la délocalisation des entreprises ou par l'immigration des personnes. En ce sens il convient de s'inspirer des idées de Maurice Allais qui prône une régulation du commerce mondial par des écluses aux frontières, en l'occurrence de l'Europe. Mais il s'agit aussi de façon plus pragmatique de se battre, comme le font d'ailleurs les Américains ou les Japonais, pour préserver notre industrie nationale et européenne.

Ainsi la France pourrait-elle incarner les principes d'un renouveau économique original, fondée sur les principes de la liberté, du volontarisme, de l'excellence et de la protection.

Par ailleurs, la France devrait développer un second axe stratégique, celui de la cohésion nationale. Je dis bien nationale et non pas sociale, car les problèmes auxquels sont confrontés nos compatriotes ne sont pas des problèmes sociaux au sens classique du terme. Une partie importante des problèmes qu'on nous décrit comme sociaux résultent en effet d'une immigration souvent clandestine de personnes sans qualification qui viennent artificiellement et massivement aggraver les problèmes sociaux dans notre pays et cela sans qu'il puisse y avoir de solution puisque de nouvelles vagues viennent sans cesse renouveler le problème.

Quant aux Français en graves difficultés sociales, leur situation est d'autant plus insupportable qu'ils ont, souvent à juste titre, le sentiment que les efforts de la communauté nationale sont prioritairement destinés aux immigrés.

Notre société est en effet en train d'éclater en communautés antagonistes avec des Français modestes de plus en plus pauvres et de plus en plus marginalisés dans leur propre pays. La société se fragmente sous l'effet de tensions communautaires, elles-mêmes alimentées par la délinquance et par les revendications identitaires et religieuses. Et le fossé se creuse entre la majorité de la population soumise à cette pression et la classe dirigeante qui en est protégée, qui en est responsable et qui refuse d'y porter remède.

Il est donc essentiel de rétablir la cohésion nationale et d'abord de reprendre le contrôle de l'immigration. Il faut refouler sans état d'âme la mauvaise immigration, c'est-à-dire l'immigration clandestine et celle qui refuse d'observer nos lois et nos coutumes. La France et les Français doivent se faire respecter et faire respecter leur mode de vie, leurs traditions et leur identité. Il faut imposer de nouveaux chez nous nos propres valeurs et nos propres lois et cela tout particulièrement à l'encontre de l'islam qui doit accepter le caractère chrétien de notre identité et de notre civilisation et qui doit disparaître de la sphère publique pour se cantonner au seul domaine privé.

Il convient par ailleurs de rétablir la sécurité publique par une répression sans faiblesse de tous ceux qui défient notre nation, qui bafouent nos lois et qui s'en prennent à nos compatriotes. L'État doit assurer pleinement son rôle de protection, protection des Français, de leurs personnes et de leurs biens.

Pour rétablir la cohésion nationale, il importe également de réhabiliter la fierté de ce que nous sommes, la fierté de la France et de l'Europe. Il est temps d'en finir avec les repentances incessantes et d'exalter au contraire nos traditions, notre histoire, notre identité et notre civilisation européenne et chrétienne. Il faut mettre fin au relativisme généralisé et accepter le principe de la préférence nationale qui pourrait d'ailleurs devenir, dans bien des domaines, une préférence européenne.

La cohésion nationale exige également une politique active de solidarité et de protection envers tous nos compatriotes en difficulté. Mais là encore, il faut rompre avec les méthodes actuelles, à la fois passéistes et inefficaces, qui s'inscrivent dans les schémas éculés de la lutte des classes. La véritable solidarité sociale ne consiste pas à assujettir les Français par des aides généralisées mais à les rendre autonomes et à leur restituer leur dignité. Pour cela il faut notamment qu'ils puissent devenir propriétaires de leurs logements et qu'ils puissent vivre dignement de leur travail. La solidarité passe donc par une politique de l'emploi et par une politique de la propriété populaire.

Enfin, le dernier impératif à observer pour rétablir la cohésion nationale est celui de la priorité aux familles. Alors que notre pays connaît une crise morale majeure et que beaucoup de nos compatriotes ont perdu leurs repères, la famille peut constituer un point d'ancrage très bénéfique pour réconcilier les préoccupations individuelles et égoïstes avec celle de la communauté mais aussi pour remettre à l'honneur le sens des responsabilités et le sens moral sans lesquels notre nation ne pourra pas se redresser.

Il est donc essentiel de mener une grande politique familiale. Cela passe par un statut juridique privilégié qui rompt avec les tentatives de banalisation comme le Pacs. Cela exige aussi des aides financières importantes afin de rétablir l'égalité entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas.

Ainsi, la cohésion nationale peut être rétablie si l'on prend conscience des vrais problèmes et si l'on agit avec détermination pour l'identité, la sécurité, la fierté, la solidarité et les familles.

Notons d'ailleurs que la priorité aux familles, qui devrait être l'une des caractéristiques essentielles du nouveau modèle Français, comme elle l'était d'ailleurs dans l'après guerre, permettrait de relancer la natalité au moment où les générations ne sont plus renouvelées et où les peuples français, comme les peuples européens, sont menacés de régression physique.

Une grande politique nataliste serait d'ailleurs la marque la plus éclatante de la volonté de la France, et derrière elle de l'Europe, de ne pas renoncer et de se forger un avenir. Un avenir qui passe d'abord par le développement de la vie.

Voilà ! Voilà la stratégie que la France pourrait suivre pour se doter d'un avenir. À l'extérieur, la France pourrait s'ériger en moteur d'une l'Europe européenne, indépendante et puissante par une démarche concrète, non institutionnelle, mais ambitieuse et audacieuse, reposant sur un noyau dur de quelques États. À l'intérieur, la France doit se renforcer en développant un modèle original fondé sur un renouveau économique et une nouvelle cohésion nationale.

Si une telle stratégie était affichée avec clarté et suivie avec détermination, tout pourrait changer. Chacun saurait où va la France et comment elle y va. Certains bien sûr pourraient contester les principes et les objectifs d'une telle stratégie. Mais notre pays serait à nouveau en mouvement et chacun pourrait contribuer à l'effort collectif en en connaissant le sens et la portée. L'horizon se dégagerait, les Français auraient un but, des espoirs et des motifs de fierté. Les liens qui les unissent et les valeurs qui les rassemblent reprendraient un sens.

En une décennie notre pays pourrait s'imposer de nouveau. La France pourrait redevenir la première puissance en Europe et l'Europe pourquoi pas la première puissance dans le monde.

La France et l'Europe auraient un avenir. Un avenir brillant et fécond au service de leurs peuples mais aussi au service du monde.

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