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DISCOURS
Paris Bercy - 09/04/05 - Discours de Annick MARTIN
Le choc des civilisations
Intervention au colloque "La civilisation, le nouvel enjeu ?"

Mise en perspective historique
Le choc des civilisations est un phénomène nouveau et récent ; au point que son existence même a donné lieu à une véritable polémique. Il s'agit pourtant non seulement d'une réalité mais d'une véritable clé pour comprendre les affrontement d'un type nouveau que nous vivons et pour évaluer les menaces qui pèsent sur notre civilisation.

Pour comprendre il faut se rappeler la lente histoire des interactions entre les groupes humains. Pendant trois mille ans et jusqu'au XVIe siècle de notre ère, il y eut peu de connexions entre les différentes civilisations. Les distances, les frontières naturelles, les difficultés de déplacement et de communication faisaient que l'interpénétration des cultures restait limitée. La plupart des conflits eurent lieu au sein d'une même civilisation, les phénomènes de friction à la marge des grands blocs étant plus rares.

A partir des grandes découvertes, la cohabitation entre les civilisations devint de plus en plus concrète. On assiste alors à un phénomène très important : l'émergence de la civilisation européenne comme la civilisation dominante. Elle s'avère être la civilisation à la fois la plus avancée et la plus dynamique. C'est ''la'' civilisation qu'on oppose à la barbarie, c'est-à-dire aux autres civilisations, dont l'identité sera sinon niée, du moins considérée comme secondaire. C'est la conscience qu'elle a de sa propre valeur qui lance l'Europe dans une mission civilisatrice du monde.

Au XXe siècle, tout change. Alors que la civilisation européenne est à son apogée, on assiste au réveil d'identités non-européennes. Le communisme - pourtant pur produit européen - séduit des peuples non européens qui croient y trouver un moyen de se ''libérer'' de la tutelle de l'occident.

En quelques décennies s'organise un monde bipolaire. Deux blocs regroupés par affinités philosophico-politiques s'affrontent en une ''guerre froide'' est/ouest. Dans cette configuration, les groupes humains s'identifient à une idéologie qui devient leur principale, voire dans les pays les plus totalitaires, leur seule identité. C'est pourquoi la chute du communisme entraîne des conséquences capitales.

Un monde multipolaire
Les phénomènes post-communistes signent certainement l'acte de naissance de la nouvelle partition de la planète en blocs de civilisations. La chute du communisme a trois grandes conséquences.

Elle affirme la domination quasi sans partage de la civilisation nord-américaine ; elle confirme l'effacement relatif de la civilisation européenne qui, n'étant plus la civilisation universelle qu'elle croyait être, renonce à sa mission civilisatrice et subit une érosion importante de son influence ; enfin, les peuples non occidentaux se mettent à la recherche d'une identité. On assiste à la résurgence de cultures non occidentales couplée à un processus général d'indigénisation qui se fait contre la civilisation européenne affaiblie.

Dans un premier temps c'est l'affirmation que les valeurs occidentales ne sont pas universelles ; dans un deuxième temps, vient la négation de la supériorité des valeurs occidentales (résurgence de l'islam et ré-islamisation des pays musulmans, hindouisation politique et sociétale en Inde, nihonjinron japonais) ; enfin, dans une troisième phase, les civilisations renaissantes affichent un réel mépris pour la culture, les institutions et la ''décadence'' occidentale.

Les peuples se rassemblent au sein de grands groupes, remplaçant le monde bipolaire qui les canalisait par un monde multipolaire, dont la compréhension est beaucoup plus complexe.

Nouveau type de conflits
Le mépris pour tout ce qui est ''occidental'' et un désir de revanche sont à l'origine de conflits d'un type nouveau. Il n'est plus seulement question de s'affronter pour l'exploitation de champs pétroliers ou de gisements de nickel. Depuis la chute du Mur et la disparition qui s'en est suivie de l'ennemi désigné, on assiste à un déplacement des conflits identitaires vers le niveau le plus élevé, celui de la civilisation. Cette montée se fait d'autant plus facilement que certaines civilisations sont dépourvues des structures intermédiaires, du type état-nation, qui auraient pu endiguer le phénomène. C'est le cas des civilisations islamique et africaine.

Les protagonistes de ces nouveaux conflits se définissent par leur appartenance à une communauté de civilisation, et non pas dans le cadre strict d'une tribu, d'une ethnie ou d'un Etat. Ce sont les affrontements entre ces nouvelles entités qui constituent le ''choc des civilisations.''

Le choc des civilisations
L'expression apparaît pour la première fois en 1990 sous la plume de Bernard Lewis . En 1991, Barry Buzan la reprend pour décrire une ''guerre froide sociétale qui s'installe entre Occident et Islam, dont l'Europe pourrait être le théâtre.'' En 1996, l'expression est consacrée dans l'ouvrage éponyme de Samuel Huntington , qui resurgira lors des attentats terroristes de 2001.

Exit le découpage du monde en 184 Etats, en blocs Est/Ouest, en rivalités Nord/Sud. Alors que certains Etats sont atomisés en tribus et ethnies, plus de la moitié des conflits de la planète opposent des protagonistes de civilisations différentes, qui font de leur appartenance civilisationelle un motif d'affrontement.

Au cours des dernières décennies, la situation géopolitique s'est encore compliquée puisqu'au delà des guerres frontales, du fait des migrations, certaines civilisations s'exportent et constituent de nombreuses enclaves qui deviennent autant de zones de belligérance. Si bien que les frontières entre les diverses civilisations sont éclatées et que les zones de tension se multiplient.

Ainsi, le monde se distribue selon un nouveau découpage, de moins en moins géographique, en un certain nombre de civilisations majeures , qui s'entrechoquent les unes les autres dans un jeu stratégique beaucoup plus difficile à pratiquer à neuf qu'à deux. Jeu qui ne se limite pas, comme certains le pensent de façon simpliste, au choc entre un occident uni face à la civilisation islamique. Dans cette nouvelle répartition, toute civilisation peut être l'alliée, la rivale ou l'ennemie de n'importe quelle(s) autre(s).

Certes, le monde islamique est une menace pour les autres civilisations : il suffit d'observer les heurts les plus violents de la planète. Pour la plupart, ils opposent l'islam à ses voisins, qu'il s'agisse des Orthodoxes, des Hindous, des Africains ou des Chrétiens. Sur vingt huit conflits dans le monde, dix-neuf (soit les deux tiers) impliquent des musulmans contre des non musulmans. Mais il ne faut pas négliger les autres antagonismes : la menace latino-américaine qui pèse sur l'Amérique du Nord, la rivalité atavique qui oppose les civilisations chinoise et japonaise, la guerre froide entre le monde européen orthodoxe et le bloc chinois, la possibilité d'un conflit ouvert entre l'Amérique du Nord et la Chine et, pour en revenir au monde islamique, l'entreprise de conquête de l'Afrique subsaharienne non islamique par l'islam...

Les chocs sont multiples ; ils ne sont pas forcément guerriers et sont le plus souvent économiques et culturels. Mais la nouveauté est qu'ils se produisent sous la bannière de nouvelles entités rassemblées au sein des grandes civilisations du monde.

Menaces sur la civilisation occidentale
- Civilisation nord-américaine
On doit d'abord évoquer la civilisation nord-américaine qui impose au monde entier sa suprématie. L'Amérique est un concurrent économique féroce qui a pris la place de l'Europe en tant que bloc dominant, et qui nous menace par sa puissance et son impérialisme. Mais on ne peut dire qu'il fasse trembler les fondements et les valeurs de notre société. Dans certains domaines, comme la religion et l'attachement à la patrie, il s'arrime même plus solidement à la culture européenne que les Européens eux-mêmes. Mais il ne faut pas perdre de vue que si l'Amérique ne menace pas fondamentalement notre identité, elle menace notre existence en tant qu'hyper puissance.

- Civilisation chinoise
La civilisation chinoise, rivale économique redoutable, implante ses comptoirs dans les chinatowns des grandes métropoles européennes, sans toutefois afficher de volonté d'influer sur notre propre identité. Il existe un essaimage important des Chinois en Europe, qui doit être contenu, mais dont l'objectif n'est pas de faire de nous des adeptes de Confucius.

Notons néanmoins que le risque d'un conflit ouvert avec l'Amérique du Nord n'est pas nul : la montée en puissance de la Chine pourrait l'amener à contester les institutions internationales qui fonctionnent sous la houlette américaine ou à rechigner à financer indéfiniment le déficit américain...

L'impact des civilisations africaine et islamique est beaucoup plus important et grave pour nous. Pour des raisons historiques et géographiques, nous sommes confrontés à la guerre froide sociétale qu'annonçait Barry Buzan, qui ne se limite pas à nos rapports avec l'islam mais concerne aussi nos rapports avec les sociétés africaines non islamiques.

- Civilisation africaine
Le cas africain est un cas assez particulier puisque les historiens et les ethnologues ne sont pas tous d'accord pour reconnaître l'existence d'une véritable civilisation africaine. La plupart s'accordent à voir en Afrique une juxtaposition de sociétés plus ou moins tribales, ne réunissant pas les critères communs nécessaires pour définir une civilisation ; par commodité nous appellerons civilisation africaine l'ensemble de ces sociétés.

On voit mal l'Europe séduite par les sociétés africaines comme ont pu l'être dans le passé les Africains voyant arriver les Européens avec une technologie avancée, un langage évolué et la Bible sous le bras. Aujourd'hui l'Europe subit l'empreinte africaine parce que des peuples africains s'y implantent par millions d'immigrés dont la présence massive a un effet destructeur sur notre civilisation. Cet effet dévastateur est défini par le vocable ''communautarisme'', qui est un euphémisme politiquement correct pour désigner la tribalisation de notre société sous l'influence africaine. Les enclaves africaines sur le sol européen témoignent du phénomène : on est passé de l'occupation de territoires, sorte de paix froide, à la guerre froide, puis aux affrontements physiques. Il suffit de se rappeler les récents évènements de racisme anti-blanc lors de la manifestation lycéenne du 5 mars 2005 à Paris pour s'en convaincre... Même si le peu de consistance de la civilisation africaine ne permet pas à un pseudo modèle africain de concurrencer le modèle européen, l'africanisation, la tribalisation érodent nos valeurs et déstructurent notre société.

C'est le mordançage, le décapage qui prépare le terrain pour une autre civilisation, celle-là conquérante et organisée : la civilisation islamique. Et nous avons tout à craindre de cette synergie, car c'est avec l'islam que se produit le choc le plus redoutable.

- Civilisation islamique
Pourquoi l'islam est-il, plus que toute autre civilisation, un danger majeur pour l'Europe ? D'abord en raison de l'hostilité historique entre l'islam et l'occident chrétien. Il faut se rappeler que l'islam est la seule civilisation à avoir mis en danger l'Europe, et ce à plusieurs reprises (au VIIIe siècle en Espagne, en 1453 à Constantinople, en 1529 et 1683 à Vienne) et que l'Europe est sa cible historique privilégiée.

En second lieu, l'islam vit la troisième phase de l'indigénisation (désir de revanche, mépris de nos valeurs et de notre société décadente) couplée à la volonté de laver l'affront de la colonisation et enfin, troisième raison capitale, la civilisation islamique repose sur un postulat de type sectaire : ''l'islam est la solution.''

La résurgence islamique se concrétise dans un mouvement fondamentaliste dont la traduction institutionnelle est l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), organisation inter-étatique unique, dont l'équivalent n'existe ni chez les Chrétiens, ni chez les Bouddhistes ou les Hindous. L'idée d'Etat-nation étant incompatible avec la croyance en la souveraineté d'Allah et la primauté de l'Oumma, il s'agit d'installer le règne de l'islam à la place des Etats sur toute la planète ; l'islam est ainsi dans une démarche de conquête.

La résurgence islamique est d'autant plus dangereuse qu'elle se développe au moyen d'un processus de type révolutionnaire : l'islam investit méthodiquement la société européenne .
- Les étudiants et les intellectuels prennent le contrôle des syndicats et des associations ;
- Des cadres militants jeunes et bien formés (souvent des scientifiques) infiltrent institutions et entreprises ;
- Les classes moyennes traditionnelles (avocats, médecins, commerçants) sont progressivement pénétrées ;
- Enfin, l'islam joue un rôle non négligeable auprès des masses urbaines laissées pour compte, ce qui assoit sa crédibilité et lui permet de rassembler des fonds sous couvert d'action sociale.

Pour parvenir à ses fins, il utilise tous les moyens de la propagande politique : diffusion de cassettes, prêches, organisation de colloques et de séminaires de formation. L'endoctrinement est prégnant, les arguments les plus aberrants sont utilisés. Par exemple, affirmer que la richesse engendrée par le pétrole est la preuve de la supériorité de l'islam !

Le monde arabo-musulman utilise en outre sa vigueur démographique comme une arme de déstabilisation du monde européen par le biais de l'immigration : le taux de fécondité des femmes maghrébines est plus élevé en Europe que dans leur pays d'origine ! Officiellement il y a onze millions de musulmans en Europe, dont un peu plus de quatre millions en France, mais ces chiffres sont minorés par le politiquement correct et l'omission délibérée des clandestins.

Aujourd'hui, la situation est inquiétante : les territoires abandonnés à la tribalisation, notamment dans les banlieues des capitales européennes, ne sont plus des ''zones de non droit'' car une loi s'y impose désormais, mais ce n'est plus la nôtre. C'est celle de l'islam !

Il n'y a plus comme autrefois une ligne de partage unique et précise entre l'Europe et le monde islamique. La ligne de friction entre les civilisations n'a pas disparue, mais il faut lui adjoindre d'innombrables autres fronts : en raison de l'expansion de l'islam ''en peau de léopard'', les enclaves islamiques se multiplient dangereusement en Europe.

Sur la terre européenne, nous sommes passés de la guerra fria, expression inventée par les Espagnols au XIXe siècle pour désigner leurs rapports avec les musulmans de Méditerranée, à la guerre sanglante de l'ex-Yougoslavie et aux attentats perpétrés en France, aux Pays-Bas et en Espagne l'an dernier. Il est illusoire d'escompter que l'islam va changer au prétexte qu'il serait ''de France'' ou d'un quelconque pays d'Europe.

Le choc des civilisations n'est pas une vue de l'esprit, mais un phénomène violent et multiforme que l'Europe est en train d'expérimenter à ses dépens : il est violent et se traduit aussi bien par les conflits armés, le terrorisme ou la terreur urbaine ; il est multiforme car il utilise l'infiltration des idées et des hommes, la submersion démographique et la guerre économique.

Destin de la civilisation européenne
La civilisation européenne est donc confrontée à une attaque double et synergique : déstructurante de la part des sociétés africaines, conquérante de la part de la civilisation islamique.

L'issue de ce double choc dépend évidemment de la fragilisation de notre civilisation car dans un conflit, on doit prendre en considération, non seulement la puissance de l'adversaire, mais aussi l'état de ses propres forces. Ce qui a fait la force de la civilisation européenne, c'est sa pensée, la pensée hellénique, la pensée chrétienne, la pensée humaniste. Or l'Europe, pourtant mère de toutes les idéologies politiques, semble en panne de pensée et de volonté.

La philosophie des droits de l'homme, pensée officielle que l'on veut nous faire prendre pour la pensée de demain, ne peut pas être le stimulant dont a besoin l'Europe. Elle est même vouée à l'échec car elle ne répond pas aux résurgences des identités ; elle n'est pas en phase avec le monde contemporain où les peuples se rassemblent dans ces grands ensembles spécifiques très différenciés les uns des autres que sont les civilisations.

Le passage à vide que nous connaissons actuellement est-il provisoire ou est-ce l'amorce du déclin ? Le génie de l'Europe saura-t-il produire une nouvelle pensée politique ? L'Europe aura-t-elle la volonté de survivre ? Saura-t-elle inventer une organisation capable de lui rendre sa puissance ?

La civilisation européenne se trouve confrontée à ses propres interrogations et son destin est d'autant plus problématique que ses adversaires sont conscients de sa faiblesse. Face à la fragilisation de la civilisation européenne, l'islam, parce qu'il est intrinsèquement fondamentaliste, restera toujours l'islam. La civilisation européenne restera-t-elle toujours la civilisation européenne ?

Plusieurs scénarios sont possibles : le pire, l'Europe se rend et est islamisée sans combattre ; le plus probable si rien d'efficace n'est entrepris : l'Europe en guerre, déchirée entre deux blocs appartenant à des civilisations différentes ; enfin, la troisième hypothèse, celle que nous espérons : une Europe décidée, ressoudée autour d'une unité de pensée et de culture, qui trouve la force de repousser l'entreprise afro-islamique ... Cela reste possible si l'on croit à la capacité et à la volonté de renouveau de notre civilisation.

Comme on l'a vu aussi bien en Russie malgré le communisme qu'en Afrique malgré la colonisation, les cultures indigènes jouissent d'une grande capacité de résilience. Espérons - et agissons de telle sorte - que notre propre civilisation trouve en elle, et en nous, la capacité, elle aussi, de résister aux chocs.

Annick MARTIN dans le trombinoscope
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