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DISCOURS
Paris Bercy - 12/02/05 - Discours de Annick MARTIN
Le renouveau démographique
Intervention au colloque "L'Europe, première puissance ?"

L'Europe pourrait redevenir une très grande puissance, voire la première puissance mondiale, à condition d'être offensive sur le plan industriel, scientifique et monétaire. Mais il est certain que cette renaissance ne pourra se faire si l'Europe ne prend pas conscience d'une autre nécessité, tout aussi stratégique, celle d'un renouveau démographique. En effet, nous traversons une très grave crise démographique : l'Europe ne renouvelle plus ses générations. Faute d'une natalité suffisante, et du fait de l'allongement de la durée de vie des individus, on assiste à un vieillissement très préoccupant de la population européenne.

Cette récession est loin d'être négligeable, puisque non seulement elle affecte le moral des peuples, mais qu'elle va de plus hypothéquer la relance économique et l'avenir social des nations européennes.

La situation démographique de l'Europe
En un siècle, alors que la population mondiale a été multipliée par 4, une nouvelle répartition s'est faite très largement au détriment de l'Europe. Dans les années 1900, l'Europe représentait encore 25 % de la population mondiale, ce qui la mettait à égalité avec la Chine. Aujourd'hui, si l'on additionne les populations de l'Europe des 25, de la Russie et des ex-pays de l'Est, on arrive à peine à 12 %. Ce n'est pourtant pas négligeable puisque c'est encore deux fois et demie celle des Etats-Unis. Mais - il est important de le souligner - cette population diminue et vieillit. C'est pourquoi nous devons travailler à un véritable renouveau démographique si nous voulons reconquérir la place qui était la nôtre.

L'hiver démographique
Dans les pays développés, le renouvellement des générations nécessite un indice conjoncturel de fécondité de 2,1. La dénatalité frappe l'Europe qui ne renouvelle plus ses générations. Ce phénomène est somme toute assez récent et donc, espérons-le, encore réversible : en 1970 presque tous les pays d'Europe renouvelaient encore leur population.

Aujourd'hui, les pays à familles traditionnellement nombreuses comme l'Italie et l'Espagne sont à 1,2. Quant à la France, elle s'enorgueillit d'un indice de 1,8, mais si on exclut les naissances étrangères, il tombe à 1,6 enfant par femme. L'Europe de l'Est est encore plus touchée que l'Europe de l'Ouest, avec un indice moyen de 1,2 et la Russie va perdre 1 million de personnes par an à partir de 2007.

''L'Europe n'est pas isolée dans cette évolution, même si elle en est l'avant-garde, et la natalité descend presque partout à un rythme vertigineux, y compris dans les pays en voie de développement '' déclarait déjà Philippe Bourcier de Carbon en 1998. Ceci est vrai, sauf dans les pays arabo-musulmans où la fécondité reste très élevée.

Le vieillissement
Deuxième motif d'inquiétude : le vieillissement de la population qui s'observe partout en Europe. La durée de vie s'allonge en raison de meilleures conditions de vie et de soins plus performants, le taux de mortalité baisse et la moyenne d'âge augmente '' mécaniquement ''. En France, 16 % de la population a plus de 65 ans, 20,5 % plus de 60 ans et 25 % moins de 20 ans. Ce vieillissement qu'on peut qualifier de normal va encore être majoré par l'arrivée à la retraite des générations du baby-boom. Il est aussi aggravé par la diminution de la fécondité (on fait moins d'enfants, la moyenne d'âge de la population est donc plus élevée) et par le profil d'âge des immigrés : en effet, un immigré qui arrive sur le sol européen à l'âge de 40 ans bascule dans les effectifs des retraités 20 ans plus tard. La récession démographique va donc s'accentuer inexorablement si des mesures de relance ne sont pas prises.

Une nécessité : le renouveau
En quoi ces mesures sont-elles nécessaires pour faire de l'Europe une vraie puissance ? On ne comprend pas toujours l'importance de la vitalité démographique en période de récession économique et de chômage. Le réflexe malthusien qui consiste à penser que ''moins on est nombreux pour se partager le gâteau, plus les parts sont grosses'' et ''avec 10 % de chômeurs, mieux vaut ne pas accroître encore la population'' a la vie dure !

Ce qui pourrait presque passer pour une lapalissade est économiquement faux dans les sociétés développées. Certes, le coût d'un individu aux deux extrémités de sa vie est de plus en plus élevé, mais il n'en demeure pas moins que ce même individu, de sa naissance à sa mort, ne coûte que le tiers de ce qu'il rapporte à la collectivité. Tout individu supplémentaire contribue donc à augmenter la taille du ''gâteau'', bien au-delà de la part qu'il va ''consommer''.

Quant à l'argument du chômage, si l'on y regarde de plus près, la grande disparité des taux de chômage en Europe n'est pas liée à la surpopulation, mais plutôt à des éléments structurels en rapport avec l'organisation du travail et les charges qui pèsent sur lui. Le Royaume-Uni a un indice de fécondité de 1,64 - parmi les plus hauts d'Europe - et un taux de chômage de 4,7 % - un des plus bas d'Europe !

Les arguments qui plaident en faveur d'un regain démographique sont nombreux et solides :

- C'est d'abord, sans tomber dans le populationnisme à outrance, la puissance liée au nombre. Il ne s'agit pas de '' multiplier les sujets et les bestiaux '' mais de ne pas négliger le poids du nombre. Et pour prendre le cas de la Turquie, nous sommes d'autant plus opposés à son entrée dans l'UE, qu'elle pèse 80 millions d'habitants et a un indice de fécondité voisin de 3.

- Le poids du nombre est aussi un facteur capital pour la relance économique par augmentation de la consommation. Le meilleur exemple en est le boom démographique des années 50 qui a permis et produit les Trente glorieuses.

- Mais le renouveau démographique est aussi et surtout un puissant moteur économique. Ce ne sont pas les financiers qui font la richesse d'un pays mais les entrepreneurs. Une économie prospère exige l'esprit d'initiative et d'entreprise, la faculté d'adaptation, le sens de l'innovation et de la créativité qui sont l'apanage des jeunes générations. Ce sont toutes ces qualités qui ont fait de l'Europe le berceau des grandes découvertes. L'inventivité, la fougue dont a besoin l'Europe pour conserver son éclat scientifique, industriel, artistique et littéraire, sont le fait des '' jeunes actifs '', la sagesse et l'expérience étant l'apanage des plus âgés, dit-on...

- Un nouvel élan démographique, c'est aussi la garantie d'une politique populaire et sociale. Les nations européennes ont mis en place un système de protection sociale qui, malgré les disparités d'un pays à l'autre, est globalement le plus protecteur et le plus coûteux du monde. La dénatalité et le vieillissement mettent en péril ce système, surtout dans sa branche retraite. Or ce sont les actifs jeunes qui produisent la richesse indispensable au paiement de la protection vieillesse, qu'elle soit redistributive ou capitalisée.

Pour toutes ces raisons économiques, l'Europe a besoin de retrouver sa vigueur démographique.

- Mais au-delà des aspects purement matériels, il ne faut pas mésestimer l'impact psychologique de la dénatalité et du vieillissement. Un pays qui vieillit entre dans la spirale du vieillissement des mentalités : la société se structure peu à peu en faveur de la classe d'âge prépondérante et restreint la place faite à la jeunesse (la publicité, par exemple, s'adresse plus volontiers à la femme de 50 ans qu'à la jeune mère de 25). Un pays qui vieillit perd l'espoir, se tourne vers le passé plutôt que vers l'avenir, devient triste et s'étiole. Sa population s'amenuise et finit par être remplacée par d'autres plus prolifiques ou plus déterminées.

L'essor démographique européen est naturellement la première protection de l'identité nationale et européenne et la vitalité est une arme efficace contre l'uniformisation mondialiste.

Les objectifs et les moyens techniques
De tous les arguments en faveur d'un renouveau démographique européen, ce n'est pas ce dernier argument qui a inspiré les dirigeants français, mais celui, plus prosaïque, du risque économique. Et des projets de redressement se sont faits jour.

Pour faire face à la récession démographique, il n'y a que deux leviers : l'augmentation de la natalité, qui a un effet progressif et l'augmentation de l'immigration, qui a un effet immédiat.

Il y a d'abord eu le projet de l'ONU, en 2000, qui prévoyait de doubler la population tous les 40 ans et d'implanter 160 millions d'immigrés supplémentaires en Europe à échéance 2025 (soit 24 millions pour la France). Cela dans le but de corriger le vieillissement. Hypothèse aberrante qui conduirait à une explosion démographique et qui a fait dire en 2002, à Didier Blanchet : ''Il n'est pas réaliste d'espérer compenser le vieillissement par la migration'' . Aujourd'hui, certains démographes soucieux d'objectifs plus réalistes prônent une simple stabilisation de la population active. Pour la France 120 000 à 150 000 immigrés supplémentaires seraient donc invités chaque année à '' combler '' le déficit de natalité et assumer au moins 15 % du renouvellement de notre population. Ainsi, le recours à l'immigration est la seule solution proposée. La solution nataliste n'est même pas évoquée. Pourquoi ?

Faire le bon choix politique
En matière démographique, les choix politiques se recoupent avec les choix faits en matière de main d'oeuvre. Pour la main d'oeuvre il y a une alternative : réorienter et reconvertir les résidents vers les activités où sévit une pénurie de main d'oeuvre ou... recourir à l'immigration ; pour la démographie une alternative similaire existe : aider les familles résidentes avec l'objectif d'un regain de natalité ou ... recourir à l'immigration.

Evidemment, quand on a choisi l'option immigration pour la main d'oeuvre, on choisit ipso facto la même option pour le déficit démographique. Ce sont des choix indissociables. Pourtant, que ce soit en matière d'emploi ou de démographie, le choix de l'immigration extra-européenne est un mauvais choix.

Dans un exposé du 3 mars 2004, Mme Tribalat souligne ''la situation catastrophique des enfants d'immigrés d'Algérie'' dont le taux de chômage moyen varie de 30 à 50 % selon le niveau d'études. Ces observations ont été confirmées par le rapport de la Cour des Comptes sur l'immigration. Or aujourd'hui, en Europe, ce sont les pays du Maghreb, de l'Afrique noire et la Turquie qui sont nos principaux pourvoyeurs de populations, populations qui ne sont pas en adéquation avec les besoins européens.

Au-delà de l'aspect purement arithmétique des phénomènes démographiques, les individus ne sont pas interchangeables d'une civilisation à l'autre, et le danger de disparition menace les peuples européens s'ils ne renouvellent pas eux-mêmes leurs générations et acceptent que cette mission soit accomplie par des populations extra-européennes dont l'indice de fécondité sur notre sol dépasse largement 3 enfants par femme.

Des mesures de faveur de la natalité européenne
Seule une politique volontariste des pays d'Europe aura des effets sur la natalité . Il n'est pas facile de savoir précisément ce qui motive les couples à procréer, mais toutes les enquêtes montrent qu'ils n'ont pas autant d'enfants qu'ils le désirent et qu'il existe une corrélation entre le nombre d'enfants et les conditions économiques des familles.

Les jeunes couples n'acceptent pas de voir leur niveau de vie trop dégradé par rapport à celui de leurs aînés, ou par rapport à celui des célibataires de leur génération, du fait de la présence d'enfants. Cette observation est corroborée par de nombreux exemples historiques qui vont tous dans le même sens : dans les pays développés, la fécondité remonte lorsque les conditions économiques faites aux familles s'améliorent. Mettre en oeuvre une politique en faveur de la natalité européenne n'est pas très difficile et le succès de ces mesures dépend autant de leur pertinence que de leur lisibilité.

Des mesures d'ordre économique
Dans les pays pauvres, sans protection sociale collectivisée, les dépenses des enfants sont prises en charge intégralement par les parents, et ceux-ci devenus âgés ou malades seront pris directement en charge par les enfants qu'ils ont élevés. Ces enfants sont leur capital individuel et ils en récoltent les fruits à proportion des efforts qu'ils ont fournis. Dans les pays développés, les parents financent 55 % des dépenses pour leurs enfants, mais ces enfants sont ''nationalisés'' à 100 %, l'ensemble des enfants payant ensuite pour l'ensemble des parents (ou non parents). Le parent qui a élevé un enfant recevant autant que celui qui en a élevé 3, 4, 5 ou plus. Le retour d'investissement n'est pas équitable, ce qui nuit à la natalité.

Il faut donc favoriser le retour d'investissement au niveau collectif : c'est le rôle de la politique pro-familiale qui va compenser l'effort des familles en faveur de la collectivité et préserver le niveau de vie de ces familles. Les allocations familiales ne doivent donc pas être considérées comme des aides, mais comme un investissement, parce qu'il est légitime de considérer les enfants comme un capital humain . Il faut favoriser aussi le retour d'investissement individuel : avec notamment la mise en place d'un statut de la mère de famille, avec salaire maternel et retraite tenant compte des années consacrées aux enfants et du nombre d'enfants élevés.

Organisation sociale tournée vers les familles
Pour être efficace, une politique familiale doit aussi tenir compte du désir des jeunes couples d'une qualité de vie comparable à celle des aînés et en particulier du désir pour la femme de conserver une activité hors du foyer. Répondent à cette demande toutes les mesures pour l'aménagement des rapports famille / travail : crèches dans les villes et les entreprises, horaires de travail aménagés, possibilité de travailler à temps partiel , etc.

Dernier volet qui ne peut être passé sous silence : le poids des avortements dans la dénatalité. 200 000 avortements sont pratiqués chaque année en France. Il est certain que beaucoup d'entre eux n'auraient pas lieu si une vraie politique familiale était engagée, qui pourrait, de plus, être renforcée par une campagne de sensibilisation au respect et à l'amour de la vie.

La démographie est un secteur plus stratégique encore que celui de l'énergie. On ne s'achète pas un nouveau peuple comme on s'achète des barils de pétrole, sauf à importer des millions d'immigrés et à s'autodétruire. Comme il y a une guerre économique, il y a une guerre démographique. Ce n'est pas un combat d'arrière garde. Pour l'Europe, ce combat n'est pas perdu d'avance. En France on condamne à la mort politique un maire qui instaure une prime de naissance pour les nouveaux-nés dont un parent est européen. Cela en dit long sur les choix de nos responsables actuels. Mais ce n'est pas une raison pour désespérer et je pense que nous trouverons en Europe et, pourquoi pas en France, des dirigeants qui auront à coeur de conserver à notre Europe son rang de puissance mondiale. Il faudra renoncer au palliatif inadapté qu'est l'immigration et oser faire de la natalité une priorité nationale et européenne !

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