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DISCOURS
Thenissey - 27/08/04 - Discours de Bruno MEGRET
Perspectives pour le MNR
Discours d'ouverture de l'université d'été 2004

Cette université est à cet égard un peu différente des autres car elle se tient à un moment charnière dans la courte histoire de notre mouvement. Nous sortons en effet d'une longue période où les élections se sont multipliées en achevant en quelque sorte un cycle complet d'élections. Le MNR avait commencé à exister lors des élections européennes de 1999 et nous sortons aujourd'hui des élections européennes de 2004 après avoir été aux municipales, aux cantonales, aux présidentielles, aux législatives et aux régionales. Or, après avoir connu cette période d'intense activité électorale, nous nous retrouvons maintenant devant une période qui, sauf événement majeur, ne devrait pas connaître d'élections avant trois ans.

Nous devons donc mettre à profit ce moment privilégié pour réfléchir aux problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés. À ceux qui menacent la France et l'Europe, ceux qui mettent en cause la pérennité de notre peuple et de notre civilisation. Et bien sûr, il nous faut aussi réfléchir à la manière dont nous pouvons agir et ce que nous devons faire avec le MNR.

À cet égard je ne voudrais pas parler la langue de bois. Et comme vous tous, je regarde avec lucidité les résultats qui ont été les nôtres dans le passé récent et notamment ceux de l'année écoulée. Je dirai donc ceci. Nous avons réussi à être présents aux élections, non seulement aux élections régionales, mais aussi aux élections européennes et cela alors même que nous n'avions pas prévu à l'origine de participer à ces scrutins car cela nous paraissait impossible. Pourtant, nous l'avons fait, et cette présence constitue en elle-même un réel succès. Un succès qui n'a été possible que grâce à vous et pour lequel je tiens donc très chaleureusement, très vivement, à vous remercier.

Grâce à cette présence aux élections régionales, nous avons pu faire entendre notre voix dans les médias régionaux et, au cours des élections européennes, nous avons pu faire passer notre message lors des émissions officielles à la radio et à la télévision. Mais au-delà, bien sûr, les résultats n'ont pas été à la hauteur de nos ambitions et tout particulièrement ceux des élections européennes. En effet les circonstances ont été telles que les résultats ont été plus que modestes.

Certains pourraient en concevoir un découragement définitif et considérer que, lorsqu'on atteint des scores de ce niveau, il ne sert plus à rien de continuer. Je crois que ce serait une erreur. Car la politique n'est pas un examen. Les scores électoraux ne sont pas des notes sur la valeur des gens, leurs compétences ou la qualité de leur programme. Il s'agirait plutôt d'une sorte de concours où il faut être préféré aux autres. Or si nous n'avons évidemment pas été préférés aux autres, c'est d'abord parce que nos compatriotes ne nous connaissent pas tels que nous sommes. Et ensuite, on ne peut vraiment pas affirmer que ceux qui ont été choisis par les Français l'ont été avec enthousiasme. C'est même à regret et avec beaucoup de réticences que nos compatriotes sont allés voter. En l'occurrence on peut affirmer que si le MNR n'est pas sorti des épreuves, nos adversaires s'enfoncent eux dans les difficultés.

La vie politique française se trouve en effet plongée dans un marasme tout à fait exceptionnel comme elle n'en a pas connu depuis longtemps. Car il n'y a pas d'exemple d'élections qui se soient succédé de façon aussi rapprochée et qui aient donné des résultats aussi contrastés et aussi violents. Ainsi en 2002, lors de l'élection présidentielle, la gauche a été liquidée ne parvenant même pas à franchir le cap du premier tour et en 2004, à peine deux ans après, la droite qui avait été triomphalement élue est à son tour rétamée et ne parvient pas à sauver plus de deux régions françaises. Quant à la gauche qui était complètement défaite, elle se trouve propulsée à la tête d'une écrasante majorité de Conseils régionaux.

Tout se passe comme si la vie politique française était animée par un phénomène de zapping. Un zapping qui en soi n'est pas nouveau mais qui devient de plus en plus rapide et de plus en plus violent. Un peu comme une machine qui s'emballe et qui finit par se déglinguer ou par entrer en court-circuit. Ce phénomène est d'ailleurs encore renforcé par l'abstention qui devient de plus en plus importante à tel point qu'aux élections régionales le parti au pouvoir n'a recueilli que 17 % des électeurs inscrits.

Ce phénomène correspond à une crise très importante des différentes forces politiques françaises. Ainsi, la gauche qui a gagné les élections récentes a remporté une victoire par défaut. À l'évidence les électeurs ne se sont pas tournés vers elle avec enthousiasme comme si elle avait su changer son discours, renouveler ses hommes et présenter des options claires, innovantes capables d'offrir des perspectives et de susciter un espoir. Et les électeurs ne s'y sont pas trompés. Ils ont majoritairement voté à gauche pour sanctionner la droite mais sans se faire aucune illusion sur la réalité du parti socialiste et de ses alliés. La gauche est demeurée identique à ce qu'elle était en 2002 lorsqu'elle a essuyé un désaveu cinglant. Et aujourd'hui elle n'a toujours rien à proposer, son idéologie est à bout de souffle et elle se révèle incapable d'en tirer quelque chose qui soit à la fois nouveau et réaliste.

Du côté de la droite, la situation est différente, mais la crise n'en est pas moins tout aussi majeure. On peut dire en effet que l'UMP est un échec monumental. Rappelez-vous en effet quels étaient les objectifs de l'UMP lors de sa création juste avant les élections présidentielles. Il s'agissait de créer un parti unique capable de rassembler l'ensemble des forces de droite et de faire évoluer la vie politique vers un système bipolaire à l'Anglo-saxonne. Il s'agissait aussi de mettre fin aux querelles qui ont traditionnellement toujours affaibli la droite et conduit notre pays à être si souvent et si longtemps gouverné à gauche. En soi, d'ailleurs, le projet n'était pas sans intérêt.

Mais aujourd'hui, à peine trois ans après sa création, l'UMP se révèle être un échec total. Elle n'a pas réussi à faire l'unité des forces de droite. Car, même si l'on ne tient pas compte de la droite nationale, l'UDF s'est imposée face à l'UMP et représente près de 60 % de son potentiel électoral. Pis encore, cette nouvelle formation, qui était censée mettre fin aux guerres, est maintenant le siège d'une querelle monumentale entre Chirac et Sarkozy. Une querelle qui pourrait bien être la pire que la droite est jamais connue.

Quant au FN, il est clairement en déclin. Le FN en effet aurait dû bénéficier de la situation politique tout à fait exceptionnelle que connaît actuellement notre pays. Une situation historique qui aurait dû le propulser au premier rang de la scène politique et même lui permettre d'accéder au pouvoir. Les Français n'ont en effet plus confiance dans la classe politique. Ils ne veulent plus de la gauche comme ils l'ont dit en 2002 mais ils ne veulent plus de l'UMP comme ils l'ont exprimé en 2004. Au lieu de pratiquer le zapping électoral, ils auraient donc dû se tourner vers une force alternative et le FN aurait dû constituer cette troisième voie hors du système en place.

Il n'en a rien été. Le FN n'a nullement profité de cette configuration exceptionnelle. Et même s'il a encore réalisé des scores honorables, il a néanmoins régressé par rapport aux élections précédentes. Le FN est donc bien, comme nous n'avons cessé de le dire, un parti moribond qui n'existe plus que par la personne de Le Pen. Peu importe que son discours soit devenu indigent, peu importe que son programme soit dépassé, peu importe qu'il n'incarne aucun espoir, aucune alternative, peu importe qu'il soit divisé, qu'il n'ait plus de troupes et qu'il ne serve que les intérêts de Le Pen et de sa famille, les électeurs s'en moquent car ils n'en attendent plus rien. Ils demandent simplement à pouvoir mettre des bulletins de vote FN dans les urnes pour pouvoir manifester leur mécontentement. Le FN est un parti sans espoir.

Cette situation délétère de la classe politique doit nous conduire à persévérer dans notre combat avec en tête deux mots clefs : l'espoir et le devoir.

L'espoir, parce que cette situation de crise prélude à des bouleversements de grande ampleur. À l'évidence tout ne pourra pas continuer comme cela. Une redistribution des cartes est inéluctable. Et sans doute se fera-t-elle en priorité dans la partie de l'échiquier la plus fragile, celle qui est occupée actuellement par le FN et celle où nous avons bien sûr nos plus forts ancrages. Tout demeure donc possible pour notre mouvement et pour notre combat et nous devons conserver l'espoir.

Encore faut-il accomplir notre devoir. C'est-à-dire assurer le rôle qui doit être le nôtre. Celui de construire une alternative politique qui soit fondée sur nos valeurs, nos convictions et notre vue du monde, mais qui soit aussi crédible, réaliste et en phase avec notre époque. Une alternative au système politique actuel que personne aujourd'hui n'est en mesure d'incarner et que nous sommes donc les seuls à pouvoir proposer.

Et pour cela il nous faut travailler. Maintenant que nous avons un peu de temps devant nous à l'abri des turbulences électorales, nous devons d'abord nous préparer à concevoir la force de renouveau dont notre pays a besoin. Lorsqu'on y regarde de près, c'est la formule de la droite nationale traditionnelle qui a échoué. Car ce qui est vrai en France avec le FN l'est aussi, reconnaissons-le, dans beaucoup d'autres pays européens comme par exemple en Autriche avec Haider ou dans d'autres pays comme les Pays-Bas. Ces mouvements font des scores, ces mouvements secouent la classe politique mais au bout du compte, ils ne font pas évoluer la réalité de la société dans le sens de nos idées. Nous devons donc imaginer pour les années qui viennent une formule différente de celle du FN à son heure de gloire.

Il nous faut en conséquence travailler à un autre modèle politique et mener un travail de réflexion et de préparation dans plusieurs directions.

Il faut d'abord réfléchir au programme dans un sens que nous avons déjà commencé à explorer pour adapter nos valeurs et nos convictions au XXIe siècle. C'est ce que nous avons fait sur le terrain européen et que nous devons continuer à faire un peu dans tous les domaines.

Nous devons aussi travailler à reconstruire notre appareil selon une formule différente de celle qui a prévalu jusqu'à présent de façon à pouvoir traverser sans difficultés majeures les années qui s'ouvrent devant nous.

La troisième tâche est de nous préparer aux échéances de 2007. Nous devrons à nouveau être présent aux élections qui s'annoncent. Et il y a notamment deux échéances pour lesquelles il faut se préparer à l'avance : ce sont les législatives et les municipales. Nous devons en effet nous mettre en situation de présenter aux législatives des candidats partout afin de réaliser un score qui nous permettra de renouveler notre subvention publique. C'est très important pour assurer notre avenir et c'est aussi parfaitement possible dès lors que l'on s'y prépare suffisamment tôt.

Nous devons aussi commencer à préparer les élections municipales car aux élections municipales, dès lors que nous donnons la priorité à des villes de moindre importance et que nous travaillons avec une relative discrétion, nous pouvons espérer ne pas avoir de concurrence FN et dès lors réaliser des scores significatifs qui nous donneront une crédibilité nouvelle.

Et bien sûr, nous ne devons pas perdre de vue les présidentielles avec la collecte des signatures.

Dans ce contexte, nous devons enfin travailler comme nous avons commencé à le faire à renouveler notre image. Il faut continuer à rompre avec ce qui nous vient du FN et s'affirmer comme un mouvement nouveau, jeune, de vraie droite qui propose une alternative au système sans laxisme mais sans extrémisme. De ce point de vue, la période d'occultation médiatique que nous subissons ne présente pas que des inconvénients car, en se faisant un peu oublier, nous pourrons réapparaître le moment venu comme une force nouvelle avec une image renouvelée.

Voilà chers amis, nous avons des perspectives et des objectifs. Nous avons donc du travail et c'est la raison pour laquelle cette université est importante. Notre pays a besoin d'un grand renouveau politique et les conditions de ce renouveau peuvent être réunies. Notre devoir est donc de nous préparer pour cette échéance majeure. Tel est le défi que nous devons relever et telle est la perspective dans laquelle nous devons agir. Voilà pourquoi je vous souhaite, pour cette université, un excellent travail.

Bruno MEGRET dans le trombinoscope
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